Comprendre les MOOCs selon Sir John Daniel

Sir John Daniel a proposé récemment un article où il fait une revue des différents éléments caractéristiques des MOOCs. La démarche est intéressante car elle fait le pont entre les nombreux articles de blogs ou de journaux qui ont parlé des MOOCs et une rédaction plus académique sur le phénomène. Comme le relève cet article de blog, son plan est assez complet et le style plutôt engagé pour un article qui se veut scientifique. Il traite principalement des xMOOCs, considérant que c’est devenu le phénomène principal dans les MOOCs.

C’est néanmoins une bonne base pour faire le point sur le phénomène. Je pense reprendre plusieurs informations et points de vue dans la perspective de présentations futures sur les MOOCs. Je ne reprend ici que le plan. Je ferai des focus sur les différentes parties dans les prochaines semaines au fur et à mesure du temps libéré, et de l’avancement de mon travail d’analyse. La jolie histoire viendra plus tard.

On pourra reprendre les points principaux, et quelques approfondissements intéressants (ici en vrac)

  • en introduction : le fait que les universités en proposant des MOOC passent du modèle de pénurie dans le monde de la connaissance au monde de l’ouverture (et donc de l’abondance)
  • Qu’est ce que sont les MOOCs ? On retrouve la classification xMOOC contre cMOOCs, mais aussi d’autres types de cours en ligne comme le travail proposé par Academic Partnerships ;
  • Taux de participation et de réussite. Il note que le taux de réussite est de l’ordre de 7% dans les MOOCs des grandes universités. Ainsi le MITT 6.0002x Circuits and electronics a eu 155000 inscriptions venant de 160 pays (US, Inde et Angleterre en tête), 23 000 ont essayé le premier problème, 9000 ont passé la moitié, 7157 ont suivi le cours jusqu’au bout (ce qui est supérieur à l’ensemble de la participation de ce cours au MIT en 40 ans). Il revient sur ce point en fin d’article pour montrer que l’on peut obtenir de meilleurs taux, en améliorant la qualité et en n’étant pas impactés par des phénomènes de popularité qui font que des simples curieux peuvent s’inscrire pour voir ;
  • Tricherie ou travail entre pairs ? C’est une petite anecdote mais qui pose la question de l’alignement entre pédagogie et évaluation : peut-on faire des évaluations automatisées alors que les participants travaillent en commun ;
  • le modèle économique des MOOCs. Il élargit la question en notant que les plate-formes comme Coursera visent des modèles économiques de manière indépendante des universités. La question des partenariats est ouverte ;
  • les plate-formes : on peut retenir 3 sous questions à ce niveau, même si elles ne sont pas aussi claires que cela dans le texte
    • le logiciel. Il pointe le fait que le logiciel Coursera semble propriétaire, et que pour les LMS, l’open source a permis la diffusion de tels logiciels. Il cite également l’initiative de Google Open Course builder. Il semble qu’il n’ait pas identifié le fait que Stanford (avec Class2Go) et le MIT (avec edX) veulent proposer leurs plate formes en open source ;
    • l’hébergement. En soulignant, à la fois la plus grand simplicité par rapport à une plateforme d’université et la nécessité de tenir la charge venant du monde entier, amenant pour nombre d’universités à adopter une structure cloud ;
    • la visibilité. C’est sans doute un des intérêts de Coursera que de pouvoir partager la page d’accueil avec d’autres universités de renom ; je recite ici la piste Academic partnership qui bien que moins visible permet des retours sur investissement plus évidents pour les universités ;
  • MOOC en perspective. En montrant que les pseudo-révolutions ont été nombreuses en éducation, l’auteur relativise le phénomène MOOC. Il note néanmoins que ce phénomène a des chances de durer, d’abord parce qu’il s’appuie sur les « médias de la connaissance » qui permettent de manipuler les symboles mêmes de l’apprentissage (mots, nombres, formules, images …) et permettent la diffusion et le partage de ressources à moindre frais ;
  • la certification, ou non de l’atteinte des objectifs du cours, l’obtention de crédits pour sa réussite. Ce point fait l’objet de plusieurs développement, soulignant les contradictions actuelles d’un système qui se met en place ;
  • La qualité. Parmi les mythes qu’il remet en question, le premier est qu’une université renommée propose les meilleurs cours. Il montre qu’au contraire d’autres initiatives méritent qu’on s’y intéresse ;
  • La pédagogie. Il souligne la pauvreté des premières plate-formes de xMOOC, qui n’ont pas intégré l’expérience pédagogique existante, mais il onsidère qu’elles devraient rapidement s’améliorer du fait de l’ouverture qui permet de capitaliser sur les différentes offres ;
  • L’offre de cours pour permettre de développer l’enseignement supérieur dans les pays en développement sonne à ces oreilles comme une forme de néo-colonialisme. Il considère que les OER (Ressources éducatives libres) contribuent au développement de l’offre universitaire et constituent de vraies voies d’amélioration, mais il semble que cette notion de faire le bien ou d’alimenter les biens communs ne sont que des pseudo désirs louables, pas des raisons pragmatiques.
  • Les possibles. Il évoque l’idée qu’un classement pourrait apparaître obligeant chacun à s’améliorer pour rester dans le jeu. En le basant sur des critères de qualité et de rigueur intellectuelle, cela l’amène à dire que les universités vont devoir se préoccuper de pédagogie et des étudiants comme jamais. Il évoque également l’idée que cela devrait amener à valoriser la dimension enseignement à coté de la dimension recherche dans les carrières des professeurs.

Sur la dimension de développement des carrières d’enseignants, le premier obstacle en France sera sans doute le problème de traduire la participation à un MOOC en Heures Équivalent TD qui sont la base de discussion dans la charge d’un enseignant.

Bref une bonne base. Je rajouterai sans doute une notion de classement des différentes offres de MOOCs, et un élément sur le M (Massive) de MOOC qui me semble-t-il devrait montrer les limites de telles offres.

Crédit photo : The belgian political system par Lounge! licence CC-by-nc

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7 Réponses to “Comprendre les MOOCs selon Sir John Daniel”

  1. rémi bachelet Says:

    Le papier est effectivement très bien, par contre, je ne comprends pas bien ce qu’il veut dire en haut en de la p 16 : « Some MOOC institutions claim to be using learning analytics. Perhaps they should be careful what they wish for, because the widespread use of learning analytics would make it intellectually reprehensible to make recognition of mastery conditional on unrelated processes. »

    ??


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