Un MOOC pour alimenter le débat citoyen

Nous commençons mardi dans le cadre de l’UeB C@mpus une nouvelle expérience qui s’annonce passionnante, à savoir tenter d’amener chercheurs, décideurs, associations, représentants de la société civile, enseignants, détenteurs de connaissances et d’attentes à échanger dans un espace numérique, et à se constituer comme communauté abordant des questions de sociétés.

Nous avons choisi pour amorcer cette communauté la forme d’un événement de construction collaborative, sur une durée limitée. Bref un MOOC au sens connectiviste, sur le modèle des cours proposés par George Siemens. Nous pensons particulièrement aux cours où il pose la question de l’évolution des systèmes éducatifs (CHFE12 , ou edfuture  pour le plus récent).

Si la question du futur de l’éducation est effectivement une question importante, d’autres questions se posent dans nos sociétés modernes. Parmi celles-ci, la thématique « risques, aléas et vulnérabilité pour les sociétés littorales » peut fédérer, notamment en Bretagne, où un réseau de recherche sur le sujet est en cours de création. La question est heureusement plus large que la Bretagne, et ce débat sera ouvert à tous ceux qui voudront s’y joindre.

Nous profitons donc de cette dynamique pour proposer une forme originale de mobilisation pour construire un consensus au travers d’une appropriation sociale des sciences.

Certains voient la diversité comme une source de réussite des MOOCs dits connectivistes. Les différences de parcours des participants et la nature profondément pluridisciplinaire du questionnement seront donc nous l’espérons des éléments qui contribueront à la réussite de notre projet. Il paraît également important d’expérimenter ces formes d’enrichissement mutuel dans des contextes autres que la problématique de l’éducation. Une des difficultés principales sera sans doute l’appétence des participants à contribuer dans un environnement numérique ouvert.

La première phase à donc débuté mardi 2 avril, à l’occasion des conférences de recherche organisées par l’UeB à Brest. Nous avons réuni les scientifiques qui ont répondu favorablement au sujet, pour les mobiliser, construire avec eux la trame des thématiques qui donneront l’ossature au projet.

Nous travaillerons ensuite à l’organisation d’un corpus accessible. Notre objectif est de lancer le cours en lui-même après les municipales de l’an prochain, pour éviter des positionnements par trop partisans en période électorale.

Je vous laisse découvrir les différents partenaires de ce projet au travers du programme du séminaire de lancement. Je trouve pour ma part enthousiasmante la phrase finale : « Ce projet s’inscrit donc dans le cadre des humanités numériques ».

Ma participation s’inscrit bien dans la diffusion de ce que nous, animateurs, avons appris dans ITyPA, mon diaporama est donc largement inspiré de ce que l’équipe de ITyPA a déjà présenté par ailleurs, comme exemple d’inspiration et comme base de travail pour cette nouvelle aventure.

À L’issue de cette première réunion, je ressors très impressionné par la multiplicité des questionnements suscités par ce projet : la question de la constitution d’un corpus partagé, de la multiplicité des points de vue qui vont apparaître, les questions des modes de construction de la connaissance non seulement chez les chercheurs mais aussi les autres acteurs, mais surtout ce qui ressort est bien la question de l’impact sur les pratiques des chercheurs, la position du chercheur entre observateur de phénomènes, constructeur de sens, diffuseur et acteur. On touche bien ici toutes ces dimensions dans ce projet. La question de la place du chercheur dans la société se posera bien au travers de ce projet, qui nous fera donc avancer dans nos réflexions.

Crédit photo : 091028 019 900 par François à L’Imprévu – licence CC-by-nc-nd

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7 Réponses to “Un MOOC pour alimenter le débat citoyen”

  1. Un MOOC pour alimenter le débat citoyen Says:

    [...] See on tipes.wordpress.com [...]

  2. rémi bachelet Says:

    Une très belle initiative, c’est dommage que la thématique ne m’intéresse pas directement, mais tous les chercheurs travaillant sur débat public en lien avec les parties prenantes devraient s’y impliquer !

  3. Armand Stroh Says:

    Il est très stimulant de voir que la structure "MOOC connectiviste" permet de dépasser des objectifs simplement d’un "cours" ( au sens traditionnel d’un "enseignement , même "ouvert et en ligne" ), pour participer plus largement à la réorganisation de l’ "espace public" dans lequel de nouvelles fomes de "citoyenneté" peuvent émerger.
    Au-delà de la mise en réseau de "connaissances" ( supposées "idéologiquement neutres" ) et de personnes, institutions ou d’entreprises, la mise en réseau d’ objectifs éthiques et politiques en liaison avec des valeurs communes partagées par les participants deviendra sans doute de plus en plus nécessaire, dans la mesure même où les formes traditionnelles de la "représentation" politique démocratique (et notamment les partis et les syndicats ) semblent de moins en moins capables de répondre à cette fonction..
    J’ ai bien compris évidemment que le MOOC précis dont il est ici question de vise pas ( pas encore …) à se substituer aux dispositifs institutionnels du "débat citoyen", mais de même que les institutions "universitaires" et de "formation" traditionnelles sont ébranlées par les MOOC, il se pourrait bien que les institutions du "débat citoyen" le soient de façon analogue si cette extension de la structure MOOC au débat citoyen se développe … et réussit sa percée.
    Les "partis" survivront-ils au remplacement progressif de leurs "congrès" et de leurs cellules locales, par des "collectifs politiques en ligne, ouverts et massifs" ?

    • Jean-Marie Gilliot Says:

      merci pour ce retour encouragent.
      La question de l’évolution représentative à l’époque d’Internet se pose effectivement dans d’autres enceintes. Nous n’avons pas cette ambition.
      Je ne crois pas que l’objectif soit de se substituer au débat, mais plutôt de le relayer, de l’augmenter.

      L’intérêt des partis est bien de faire émerger une cohérence, et donc de donner de pouvoir mieux mettre en avant des alternatives. Les modes de construction de ces cohérences par contre vont sans doute évoluer si on peut les ouvrir, et donc influer sur le fonctionnement des partis.


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