Plate-formes de MOOCs, déjà la seconde génération

Certains découvrent à peine le phénomène MOOC (si nécessaire lire un résumé de l’année américaine 2012) mais aux États Unis on en est déjà à la saison 2.

Au niveau des plate-formes/startups, Novoed met en avant collaboration, travail en groupes, entre pairs pour améliorer les taux de poursuite dans les MOOCs. Si certains MOOCs l’ont déjà pratiqué (par exemple Learning Creative Learning ou Designing a New Learning Environment), il s’agit bien ici de l’intégrer à part entière dans la plate-forme proposée par cette nouvelle startup issue de Stanford, et d’en faire sa valeur ajoutée.

Au niveau des activités, ici aussi une nouveauté intéressante : Introductory Physics I with Laboratory nous propose d’exploiter les vidéos de notre téléphone pour faire des TP avec des données issues de notre propre environnement. Après l’environnement Python de Udacity, l’éditeur de circuits électriques de edX, on voit poindre une dimension « mobile learning »/BYOD/AVAN qu’il conviendra de suivre.

Coté Europe, si les portails institutionnels ne sont pas encore satisfaisants, signalons deux initiatives originales :

  • La commission ‘européenne a lancé une initiative Academic Cube, qui, si elle n’est pas très MOOC, a par contre le mérite de proposer une vision systémique pour une adéquation entre marché de l’emploi et formation en ligne dans le domaine du numérique ;
  • Dans une démarche très startup, iversity, plate-forme qui nous vient de Berlin, a lancé un concours pour supporter la production de 10 cours et propose aux internautes de contribuer au choix des heureux gagnants parmi les 200 et quelques candidats. Bien vu pour l’entreprise pour identifier les meilleurs cours, et espérons le pour créer une saine émulation ;

Plateformes, prise en compte de la dynamique de groupes et de pairs, élargissement des activités proposées aux participants, ouverture vers la formation tout au long de la vie, crowdsourcing, les acteurs des MOOCs intègrent une à une les dimensions de l’âge de la multitude.

Crédit photo : 703. L’éducation suffit-elle ? par un singe qui parle – licence CC-by-nc-sa

Écologie des MOOC, une belle diversité

Certains auteurs regrettent une standardisation des cours en ligne dans cette course à copier le modèle MOOC des universités américaines . Et pourtant dès la reprise de l’acronyme par les universités américaines, il y a eu deux modèles très différents entre la mise en ligne de cours d’universités (que l’on a appelé des xMOOCs) et la formule pronée par les canadiens autour de la notion de connectivisme basé sur l’idée que l’apprentissage est un parcours social au cœur d’une abondance de ressources sur Internet (dit aussi cMOOC). Le seul caractère commun entre ces deux manières d’apprendre étant que les cours sont ouverts et sans limitation de nombre d’inscrits (d’où l’idée de masse).

Et depuis cela, chaque chercheur, chaque concepteur de cours ouvert cherche à qualifier des variantes de cours. La première a été le cours basé tâche pour essayer de caractériser le cours ds106 sur la culture des medias. On en trouve d’autres, comme par exemple le pMOOC (pour MOOC en approche par projets). L’éveilleur attire notre attention sur un article de blog qui nous propose une taxonomie de 8 formes différentes. Bref, une belle variété pour un monde soit disant standardisé.

Que se passe-t-il en fait ? Il y a en effet un mouvement important de mise en ligne de cours standards d’universités américaines, qui si on ne regarde que cela et que les cours venant par exemple du domaine informatique peuvent donner une impression d’uniformisation.

Mais en même temps cette ouverture des cours repose beaucoup de question : sur la forme de la transmission, sur la gestion du passage à l’échelle des inscrits, sur les dynamiques sociales possibles grâce au nombre d’inscrits, sur comment rendre des activités possibles pour des publics variés, sur la nature des activités pertinentes en fonction des apprentissages. Cette variété est renforcée par la diversité des disciplines qui sont maintenant proposées, et par la volonté de différentiation de chaque porteur de projet MOOC. On est donc bien dans une période d’intense expérimentation, tant sur les formes de présentation, les types d’activités, le déroulement, l’autonomie des apprenants. La problématique de développement d’esprit critique apparaît clairement au travers d’approches de controverses, mais aussi dans le connectivisme, et dans les cours sur la créativité. Gageons que le développement des compétences de tous nécessitera la plus grande diversité d’approches possibles.

Pour aborder cette diversité, Matthieu Plourde revisite les différentes lettres de MOOC en affirmant que chaque lettre est négociable, ce qui permet d’envisager une variété encore plus importante :

En conclusion de ITyPA, nous avions identifié plusieurs dimensions dites d’ouverture :

  1. Choix des objectifs d’apprentissage, soit par le concepteur du cours, soit par l’apprenant lui-même ;
  2. Choix des ressources, soit définies par l’instructeur, soit constituées collaborativement par les participants. Le contenu du cours est alors émergent. C’est ce qui se passe dans un cours connectiviste ;
  3. Les activités peuvent être proposées ou imposées, guidées ou libres. C’est un paramètre important par rapport à la maturité « numérique » des participants visés. C’est au travers de ces activités que l’on visera l’acquisition de compétences plus ou moins évoluées, plus ou moins engageantes ;
  4. Ces ressources peuvent d’ailleurs être libres ou non ;
  5. Choix de la plate-forme. Le cours peut se tenir sur une plate-forme unique ou sur le web dans son entier ;
  6. Le cours lui-même peut être démarré à l’initiative des participants, sur des plate-formes comme la P2PU.

Bref, cette simple ouverture de l’inscription à tous permet d’en envisager bien d’autres. On assiste actuellement à des variations d’autant plus bienvenues qu’elles sont visibles de tous. Il est certain qu’il y aura à moyen terme une convergence vers quelques modèles qui auront fait leurs preuves. Loin d’une standardisation, nous sommes dans une période d’intense expérimentation.

Essayons, corrigeons, et comparons sans a priori.

Crédit photo : MOOC Poster par mathplourde – licence CC-by

MOOC Introduction aux réseaux cellulaires : visite guidée

Ça y est Télécom Bretagne propose un Cours Ouvert sur un sujet scientifique au cœur de son expertise : une introduction aux réseaux cellulaires. Et un #MOOC de plus, pourrait-on dire. Je ne vais pas vous faire ici l’annonce officielle, mais plutôt m’y intéresser de mon point de vue habituel, moins corporate.

Certes les annonces se multiplient, mais on peut retenir quelques petites choses intéressantes dans cette série d’annonces. D’abord, cela veut dire qu’après avoir regardé, discuté, réfléchit, nos amis français se lancent. Il y a une belle dynamique derrière cela, on verra ce qu’il en ressortira. Ensuite, cela veut dire que nous allons peut être vers une abondance de cours accessibles à tous, ce qui serait déjà une superbe avancée. Mais surtout, il y a une vraie et belle diversité dans toutes ces annonces : sur les sujets, sur la manière de les annoncer, sur le comment ils sont construits, etc. un vrai écosystème est en train de se mettre en place. Et puisqu’ils sont ouverts, nous pourrons apprendre les uns des autres, et progresser ensemble :-)

Alors quelles nouveautés peut-on découvrir sur ce site qui pour l’instant n’est qu’un site en construction :

  • Les enseignants d’abord : Xavier Lagrange est un expert reconnu du domaine, auteur de nombreux livres et publications scientifiques, et enseigne aussi bien en présentiel qu’à distance . Gwendal Simon (son blog mérite le détour) est également un chercheur de classe internationale, revenu en août dernier d’un séjour au canada, convaincu que les MOOCs étaient une vraie révolution. Alexander Pelov est jeune chercheur dans l’école, et apporte son énergie. À eux trois ils ont l’expertise scientifique du sujet, la maîtrise technique pour mettre en place des solutions techniques, l’habitude de relever des challenges ;
  • Les élèves ensuite : ce cours est ici d’abord un cours pour les élèves de Télécom Bretagne. Nos élèves seront évalués et accrédités à la fin de ce cours. C’est donc ici un cours proposé à des élèves en formation, et ouvert au reste des internautes. Il faut également savoir que notre école est géographiquement distribué sur trois sites. Dans le cas de ce cours, les enseignants sont à Rennes et les élèves à Brest. Ces derniers ont prévu d’accompagner nos élèves à distance et de proposer quelques séances de questions sur Brest en présentiel ;
  • le timing d’annonce. Si quelques informations avaient été données ici ou là, l’équipe qui monte ce projet a fait le choix de travailler avant d’annoncer. Tout n’est certes pas prêt, mais 1) les solutions techniques sont suffisamment mûres pour passer à la mise en ligne, 2) les cours commencent dans 10 jours. Ce timing est très variable suivant les cours. Le premier cours en français annoncé par l’EPFL n’est pas encore ouvert, par contre son cours d’Analyse numérique pour Ingénieurs a démarré juste après son annonce
  • La langue. Regardez en haut à droite, il y a deux langues de proposées ;
  • La plate-forme : c’est une instance d’OpenMooc, une solution espagnole récente et open-source. Il y a encore peu d’exemples de MOOCs qui reprennent une plate forme existante pour la mettre en place sur d’autres serveurs. Cela a été une réelle difficulté, car les plate-formes existantes ne sont pas matures, évoluent rapidement et de nouvelles solutions apparaissent tous les jours (l’option edX est arrivée trop tard)
  • L’hébergement : cette plate-forme est hébergée sur des serveurs de notre école. Cela nous garantit le contrôle des données, et nous donnera des retours sur la charge. Les vidéos seront sur un service externe ;
  • L’institutionnalisation : d’autres cours sont affichés sous le label d’une institution. Ici, l’école labellise, héberge, mais notez aussi le label de L’Institut Mines-Télécom, qui démontre un engagement plus large ;

Sinon, il s’agit d’un cours déjà donné en interne sous un format classique, d’aucuns diraient un xMOOC, ce qui nous donnera une expérience très différente de celle d’ITyPA, je dirai complémentaire.

Attendez pour vous inscrire que le site soit un peu plus complet si vous voulez, mais retenez la date de démarrage : le 2 avril, et le site mooc.telecom-bretagne.eu, on en reparlera.

Vous aimerez peut-être :

ReSOP – un MOOC sur les réseaux sociaux comme Outils Pédagogiques

Une nouveau MOOC démarre ce matin. Il s’agit de ReSOP (pour Réseaux sociaux comme Outils Pédagogiques). Logiquement pour un tel sujet, il s’agit d’un MOOC connectiviste. Sébastien Reinders, que j’ai appris à connaitre et à apprécier lors de 2 écoles d’été Ludovia, m’a demandé de jouer le rôle de l’intervenant de lancement.

J’ai donc produit une petite vidéo, un peu seul pour démarrer, en rentrant de vacances, qui me parait bien imparfaite :

Je remet ici les quelques liens cités :

Conférence : Nomadisme, mobilité – utiliser les Equipements Numériques pour apprendre

J’ai été invité par l’Université de Brest (dite de Bretagne Occidentale) a faire une présentation sur ce qu’apportent l’usage des mobiles à l’université. La présentation aura lieu en centre ville à l’université Victor Segalen en salle B001 à 14 heures. (Mise à jour 13/02/2013 : vous pouvez retrouver l’enregistrement vidéo en ligne)

En résumé :

L’usage des mobiles rend possible de nouveaux modes d’apprentissages. La mobilité n’est ainsi pas que spatiale, mais ouvre aussi de nombreuses autres dimensions : temporelle, thématique, sociale, informative, technique. Comprendre le champ des possibles de ces nouveaux outils permet de les intégrer dans ses apprentissages pour les étudiants, et dans sa pédagogie pour l’enseignant.

L’immense majorité des étudiants disposent aujourd’hui d’équipements personnels, PC portables, smartphones, voire tablettes qu’ils utilisent au quotidien. La fracture numérique ne se situe plus au niveau du matériel, mais bien au niveau des usages. En permettant à nos étudiants de tirer parti de ces équipements au cœur de nos établissements, nous inversons nombre de logiques d’enseignements qui permettent de renouveler nos pédagogies, de valoriser l’étudiant et de réduire la fracture des usages en leur permettant d’acquérir une littératie numérique indispensable au XXIème siècle.

Au travers d’expérimentations réussies, nous explorerons quelques pistes d’usages au sein d’enseignements ou la participation devient le cœur de la pédagogie.

Pour les curieux et ceux qui ne pourront se joindre à nous voici le diaporama.

Un premier agenda du MOOC en France

Mais où, quand, avec qui peut-on échanger sur ce sujet qui est sur toutes les bouches ? Clairement, après la phase d’étonnement, nous sommes entrés dans la phase d’échanges et discussions. Au niveau des annonces, après le pionnier ITyPA, en attendant les décisions de l’Etat, nous en sommes à l’étape des annonces préalables du coté politique et des early-adopters du coté des cours annoncés.

Voici quelques rendez-vous et annonces que j’ai pu glaner. C’est avec plaisir que je compte participer à certains d’entre eux (notés avec un astérisque *).

Je compléterai cette liste suivant vos retours, et les annonces.

Rendez-vous public

MOOCs francophones

Passés :

à compléter, merci de votre aide :-)

Sinon, beaucoup d’informations sur le sujet sont également collectées sur un wiki / fil d’actualité initié par Michel Briand

Crédit photo : Una semana es… un tiempo prudencial par s.o.f.t. licence CC-by-nc-nd

Vous avez dit (formations) ouvert(es) ?

Ouvert, ouverture, jolis mots. C’est engageant, cela donne envie d’y souscrire. Cela renvoie à une vision de partage. Mais en fait ces termes ont de bien différentes acceptions suivant le nom auquel il est accolé. Certaines sont plutôt décevantes, d’autres au contraire enthousiasmantes et offrent de belles opportunités qu’il s’agit de cerner. Le panorama est plus fourni que la simple notion parfois associée au logiciel libre. Ces dimensions nous sont en effet apparues pendant la mise en place du premier MOOC francophone ITyPA. Faisons un petit tour dans le domaine de la formation.

Accès Ouvert

Pour commencer, passons par la Formation ouverte à distance (ou FOAD).  La notion d’ouverture réside dans la capacité de personnaliser ses contenus et de ne pas être lié à des dates de début et de fin. Par extension, certains continuent à adjoindre ce O à la formation à distance, même quand cette ouverture de contenu et de durée disparait. Il faudra montrer patte blanche pour s’y inscrire. Allons plus loin.

Ressources ouvertes

Deuxième étape du coté des ressources. L’Unesco, les universités numériques, le gouvernement français encouragent la production de ressources ouvertes, souvent appelées ressources éducatives libres. L’idée est de permettre le libre accès à tous à la connaissance, ce qui est une vraie noble cause. L’idée est ici de proposer une licence d’utilisation – typiquement choisie parmi les licences Creative Commons – plus permissive que ce qu’autorise le droit d’auteur appliqué par défaut.

Mais si la licence la plus libre CC-by permet bien la réutilisation, l’amélioration, un travail ultérieur sur cette ressource (et donc aussi de permettre une appropriation par les utilisateurs, parfois élèves), les autres options restreignent ces libertés. Je renvoie à cet autre article pour cette discussion. Il y a donc différents niveaux d’ouverture dans le monde des ressources.

Ouverture aux publics

Continuons du coté des universités ouvertes. L’acception initiale est l’idée d’ouverture de cours dans les universités pour une formation culturelle désintéressée, et continue d’exister dans certaines villes (université de tous les savoirs …), qui renvoie à la mission de diffusion de connaissance des universités. La traduction dans le numérique, nous vient de l’anglais (Open University), et se propose donc de délivrer des diplômes en FOAD. L’idée est ici de proposer des diplômes universitaires à des publics adultes. Nullement désintéressée, l’université vise ici à équilibrer ses budgets, dans un contexte de formation continue qui s’avère concurrentiel. Un modèle finalement classique et déjà bien implanté dans différents pays européens.

Les modèles de ces universités s’appuient bien souvent sur des ressources ouvertes, ce qui renforce l’idée que ce n’est pas dans les ressources (la connaissance « brute »), mais bien dans le cursus que se situe la valeur ajoutée des universités.

Ouverture à tous les publics

Si au niveau des ressources, au delà des contenus on rend disponible le déroulement et les interactions, si on permet à tous de s’inscrire pour autant que l’on possède une adresse mail. Viennent alors les curieux, mais aussi ceux qui n’avaient pas accès, pas le temps, ceux qui souhaitent mettre à jour leurs connaissances … On rentre là dans une logique d’abondance, de grand groupe permise par le numérique. C’est bien la nouveauté première que proposent les MOOCS.

Ouvrir le dispositif

Dans une formation, les objectifs du cours, les ressources, les activités sont souvent définis. C’est le choix des MOOCs des grandes universités américaines. L’organisation du dispositif est donc préétablie, fermée. Si au contraire, on ouvre au participant la possibilité de définir ses propres objectifs, de proposer des ressources, d’échanger, de débattre, on permet à chacun d’adhérer et d’enrichir le dispositif. On s’ouvre ainsi à la notion d’apprenance chère à Philippe Carré. Cette flexibilité dans un contexte de mise en réseau des connaissances, des savoir-faire et des personnes est l’opportunité que nous offre l’approche connectiviste des cMOOCs, qui sont porteurs de construction de biens communs d’apprentissage. De manière incidente, on passe ainsi d’une transmission à une appropriation du savoir.

L’enseignant ouvert

Dans les contextes où l’on s’intéresse à l’apprenant, autour de notions telles que la motivation, le plaisir, l’apprenance, la posture de l’enseignant change nécessairement. L’enseignant n’est plus dans une posture transmissive, mais bien dans une posture d’accompagnement, ouvert aux aspirations et aux besoins des apprenants. C’est a priori ce que l’on met derrière la définition de tuteur. Son rôle est donc aussi de valoriser, de développer un climat de confiance, indispensable pour permettre l’ouverture à des idées nouvelles.

Ouverture entre les métiers, les disciplines

Nombre d’écrits soulignent que l’apprentissage auto-guidé, en réseau ne suit pas une ligne disciplinaire. Si les disciplines conservent leur valeur en termes de structuration de contenus, comme boite à outils pour comprendre un aspect d’un système. Si l’apprentissage est une mise en réseau, alors les disciplines doivent pouvoir accepter ces mises en réseau, ce qui est bien une forme d’interdisciplinarité.

D’autres métiers peuvent aussi à apporter leur pierre à l’édifice, notamment les documentalistes et les spécialistes de la communication, pour apprendre à mieux accéder à l’information, et à restituer ses réflexions. On peut aussi penser à des personnes ressources pour une approche stratégique de la construction des ses apprentissages, pour un accompagnement sur les méthodes … Sachant que chacun de ces métiers doit s’approprier les évolutions liées à la mise en réseau des apprentissages. Mais de par leur posture plus classique d’accompagnement je dirai qu’ils sont souvent en avance sur les enseignants disciplinaires. Collaborer au sein d’un enseignement entre ces différents métiers (par exemple au cours de projets) est une expérience passionnante.

Ouverture sur la nature des ressources

Je reste frappé par l’attachement de certains à un genre de document particulier. Certains ne jurent en effet que par les articles scientifiques, seuls porteurs de vérité car seuls validés par des pairs (voir par exemple à ce sujet réviser la révision par les pairs). On retrouve le même phénomène pour les ressources éducatives qui se devraient d’être validées par un spécialiste. Il me semble que ce type de documents sont effectivement indispensables à une construction organisée des savoirs. Mais qu’ils ne sont nullement suffisants pour l’appropriation par les apprenants, ni pour l’exploration de nouveaux axes.

D’autres médias, plus visuels, plus sonores, plus tactiles peuvent également permettre d’aborder différemment nos apprentissages de manière plus vairée, mais aussi plus sensible. Il nous faut donc aussi apprendre à nous ouvrir sur les différentes formes de ressources.

Il existe sans doute d’autres axes d’ouverture possibles. Pour le concepteur de dispositif de formation, il faut à apprendre à se positionner sur ces différentes dimensions. En effet, un dispositif de formation n’est pas et ne sera pas un système désorganisé. Il nous faut trouver des sujets pour nous rencontrer, des règles pour pouvoir échanger, des guides pour nous construire. On sait que la créativité et l’innovation sont fécondes lorsque l’on donne des (bonnes) contraintes.

Pour une vue schématique des axes d’ouverture possibles, le schéma sur la pédagogie ouverte de Jacques Dubois est très synthétique, et éclairant. Je le réinsère donc ici :

crédits photos :
 Open/ouvert par mag3737 – licence CC-by-nc-sa et Le plongeoir par 1D110  licence CC-by-nc-nd
Modifications :

  • le 14/11/12 pour intégrer les excellentes propositions de @cvaufrey et @cousin
  • le 19/11/12 pour intégrer le schéma de @jackdub

Quelques manières d’aborder le MOOC ITyPA

ITyPA est un cours ouvert en ligne pour utiliser Internet efficacement pour apprendre. Son titre long est « Internet Tout y est Pour Apprendre ». Il démarre le 4 octobre, et les inscriptions resteront ouvertes jusqu’à sa clôture le 13 décembre.

Comme certains l’ont déjà remarqué, il n’y a pas une seule manière de « suivre », de participer à ce cours. Ce sont les participants qui font le cours. Comme nous sommes suffisamment nombreux (plus de 450 à ce jour), il y aura donc plusieurs discussions, plusieurs fils d’apprentissage qui se dérouleront en parallèle.

Nous commençons à avoir une certaine visibilité sur les inscrits, que certains expriment leurs attentes, projettent leurs envies dans ce cours sur différents supports (j’ai noté quelques articles de blog, twitter, des groupes sur linked-in …). Bref certains ont déjà démarré avant la date, et c’est très bien comme ça.

À ce stade, je vois apparaître donc quelques points d’entrée possibles ou exprimés. En voici quelques-uns :

  • premier niveau, la découverte. Comment utiliser les outils existants, comment trouver la bonne information, comment la transformer en connaissance pour moi, et pour d’autres ? C’est le sujet d’ITyPA. Si ces questions vous interpellent, ce cours est fait pour vous. Vous irez sans doute plus loin, car vous découvrirez l’importance et la puissance d’échanger avec d’autres ;
  • deuxième niveau, l’approfondissement. Vous avez l’impression de savoir trouver l’information qui vous est nécessaire, mais soit vous le faites au coup par coup, soit vous n’avez pas dépassé l’usage des moteurs de recherche, soit vous avez conscience que les réseaux sociaux peuvent vous apporter beaucoup mais que vous n’avez pas défini de stratégie pour en tirer le meilleur. Vous tirerez le plus grand profit des différents experts reconnus qui interviendront dans le cours (Jean-Michel Cornu de la Fing, Frédéric Domon de SocialLearning, François Magnan, Sébastien Magro, …) et des échanges avec tous les participants. En tout cas, ce cours est aussi fait pour vous.
  • Autre axe d’entrée, vivre un cours basé sur le connectivisme. Par curiosité, ou parce que votre métier (enseignant, formateur, ingénieur pédagogique, chercheur, …) vous laisse penser que cela peut renouveler vos pratiques. Sachez que le sujet du cours n’a pas été choisi au hasard, mais qu’il constitue bien le fondement d’un tel cours, basé sur l’abondance des ressources, l’échange entre pairs, l’émergence …. Ce cours vous apportera d’autant plus que vous y participerez ;
  • Peut-être venez-vous parce que le mot clé MOOC vous interpelle, ou que vous sentez que ce concept risque d’impacter sur votre travail. Sachez que ce cours est une forme possible de MOOC parmi d’autres. Cela reste néanmoins une bonne opportunité pour démarrer l’échange sur le sujet, comprendre les dynamiques à l’oeuvre, et cela permettra de poser les bases ensemble. Certains voudront sans doute échanger sur la pertinence des modalités retenues. Si vous êtes décideur dans un établissement de l’enseignemnt supérieur, vous voudrez peut être continuer l’échange dans un contexte plus dédié. , tout en gardant un œil sur ITyPA, pour parfaire votre culture sur l’intelligence collective.
  • Si vous êtes simplement curieux, ou volontaire pour démarrer un échange constructif, peut être constitutif d’une communauté de pratiques autour d’« apprendre avec Internet », ce cours vous intéressera sûrement.

Mais sans doute vous aurez d’autres idées, venez en parler avec les autres participants en vous inscrivant dès aujourd’hui.

crédit photo : Profusion of nectar par Max xx - licence CC-by-nc-sa

Venez participer à un cours en ligne ouvert à tous : Internet Tout y Est Pour Apprendre !

Internet, tout le monde connaît, s’y est connecté au moins une fois, a effectué une recherche sur un moteur de recherche. Internet, c’est l’accès à l’Information avec un grand I. Oui, mais comment s’orienter dans cette abondance d’information, comment comment reconstituer une structure qui transforme ces informations en connaissance pour apprendre et trouver ce qui nous intéresse personnellement ?

C’est toute la question de ce cours : Comment tirer le meilleur parti du Web pour apprendre ? Que vous soyez utilisateur occasionnel du navigateur, butineur ou accros aux environnements numériques, vous pouvez participer à nos discussions et, espérons-le, en retirer des méthodes, des outils, des techniques qui vous permettront d’avancer dans votre propre apprentissage.

Apprendre sur le Web, c’est d’abord échanger, discuter avec d’autres. C’est ce que nous vous proposons dans ce cours. Lire, écouter, commenter, découvrir d’autres approches, partager, s’ouvrir à d’autres expériences, synthétiser, seront les principales activités du cours.

Pendant 10 semaines, du 4 octobre au 13 décembre 2012, nous vous proposerons des thèmes d’échange, des éclairages progressifs, depuis les techniques de veille jusqu’à l’apprentissage social, bref autour de la constitution de son environnement d’apprentissage personnel. Certains voudront peut-être élargir, compléter le panorama, tout est possible comme le souligne ce premier billet d’un participant déjà actif.

Chacun pourra aller à son rythme, se concentrer sur ses envies, ses besoins et partager avec ceux qui auront des préoccupations comparables. Plus nous serons nombreux, et différents, plus nous apprendrons ensemble. La salle de classe est planétaire, c’est le web. Chacun y entre et sort comme il veut. Chacun peut donner son avis. Chacun peut écouter. Chacun peut présenter son cheminement dans son environnement préféré.

C’est en effet un MOOC (Massive Online Open Course), un cours gratuit, ouvert à tous, sans limite d’inscription, dans lequel chacun apporte sa pierre, chacun peut y puiser ce qu’il veut y trouver. Dans un MOOC, tout le monde est prof et apprenant en même temps.

Les organisateurs sont « simplement » là pour contribuer à l’animation du débat, pour proposer des thèmes « d’accroche » et proposer des invités qui apporteront leur expérience au travers de web-conférences. Ah si, contrairement à ce que laisse penser l’image, nous avons mis une contrainte, nous avons voulu que ce cours soit francophone, ou du moins en français.

Ce cours « Internet Tout y est Pour Apprendre » a un petit nom : ITyPA. Si ce projet vous motive, n’hésitez pas, venez vous inscrire et partager avec nous.

Vous avez encore un doute ? consultez l’article paru sur Thot Cursus, ou visitez le site du cours.

L’équipe d’animation du cours ITyPA :

Anne-Céline Grolleau, ingénieure pédagogique

Jean-Marie Gilliot, enseignant-chercheur en informatique

Christine Vaufrey, rédactrice en chef de Thot Cursus, formatrice

Morgan Magnin, maître de conférence en informatique

Crédit photo : My Mobile PLE par César Poyatos – licence CC-by-nc-sa

Échangeons sur l’impact du numérique dans l’évolution de l’enseignement supérieur français

Dans un mois, le 8 octobre, démarre un MOOC nord américain sur l’état et l’évolution de l’enseignement supérieur (déjà évoqué ici : Un cours ouvert, et à suivre, sur le futur de l’enseignement supérieur : CFHE12 sur ce blog) L’enjeu de ce cours est de cerner un certain nombre de facteurs (internationalisation, conditions économiques, "nouvelles" technologies, ressources éducatives libres) et d’étudier leur impact sur le système éducatif. La démarche, participative, s’annonce passionnante. La question est d’importance.

Mais on voit bien que la question ne se pose pas de la même manière pour le système nord-américain ou anglo-saxon que pour le système français. De nombreux éléments de contexte sont partagés, mais la différence entre l’approche très business des universités américaines et la mission de service public assurée par les universités françaises, permet d’explorer des réponses sans doute différentes.

La structure très souple de ce type de cours fait que chacun peut se donner ses propres objectifs d’apprentissage et mener ses propres réflexions. Ce choix peut également se construire par sous-groupes. Il serait me semble-t-il pertinent de fédérer un noyau qui suive ce cours avec une approche correspondant à cette culture de service public, et qui explore comment le numérique peut servir à l’évolution de l’enseignement supérieur.

C’est également une excellente occasion pour nous d’aller découvrir le mode de fonctionnement d’un tel cours, et les modes de raisonnement anglo-saxon.

Il me semble que cette réflexion, en marge des assises de l’enseignement supérieur et de la recherche qui a une structure de concertation très structurée et semble se préoccuper d’abord de gouvernance et d’organisation, pourrait contribuer néanmoins à alimenter le débat.

Vous qui travaillez dans ou avec l’enseignement supérieur, comptez vous participer à ce cours, que pensez vous de l’idée d’échanger sur le futur de notre enseignement supérieur ? On s’inscrit ?

 

Crédit photo : Présentation de quelques tendances intéressantes en matière de numérique pour la pédagogie par Centre de culture numérique – Unistra licence CC-by-nc-sa

 

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