jnum12 : innovation numérique et équipements mobiles des étudiants

Le 28 mars, je ferai à Paris Descartes aux Jnum12 une présentation que nous avons nommé : “aborder l’innovation numérique à travers l’environnement mobile des étudiants”. Il parait que ce sera en amphi Vulpian. Ce sera exemplifié au travers de 2 cours que j’ai eu la joie d’assurer avec deux de mes collègues @cecilebothorel et @garlatti .

J’en ai profité pour tester Prezi, ce qui m’a pris beaucoup de temps pour un résultat que j’ai du mal à juger à chaud, on verra. Vous pouvez me donner votre avis.

Le résumé envoyé aux organisateurs était le suivant :

Thème 3 : Les outils et applications mobiles, des supports à l’apprentissage ?

La formation des ingénieurs est aujourd’hui face à trois défis sociétaux liés au numériques qui correspondent à trois niveaux différents dans la révolution du numérique [1] : la maîtrise des usages des environnements numériques, la maîtrise de la science informatique, et la capacité d’innover. Le premier concerne la littératie numérique [2], qui se développe au travers d’un usage maîtrisé d’Internet et des médias sociaux [3]. Le second impose des enseignements intégrant l’informatique en tant que discipline. Le dernier se développe notamment en encourageant un esprit critique mêlant initiative, créativité et curiosité, mais aussi au travers de technologies propices à l’innovation comme les Fablabs [4,5] et les mobiles. Nous présentons deux dispositifs qui ont été conçus dans cet esprit et proposés à nos étudiants.

Le premier dispositif se déroule sur une semaine bloquée. Sur un mode projet, nous proposons à nos élèves de découvrir les technologies mobiles (au travers d’Android) [6] ou électroniques (au travers d’Arduino [7]) pour développer par les élèves leur idée d’application. Ces technologies sont délibérément choisies pour être proches des étudiants, et pour permettre de donner à voir des résultats, y compris en les emmenant avec soi. Vu la popularité des ces enseignements (choisis parmi une longue liste variée d’enseignements), nos étudiants affirment leur intérêt sur ces technologies.Ce non-cours démarre par une phase de prise en main, suivie d’une phase d’échange et de validation d’idée, avant de prendre le temps de développer sur un mobile ou sur une carte électronique Arduino. La semaine se clôture sur une exposition des réalisations dans un lieu de passage détourné, où les étudiants assurent des démonstrations courtes.

Durant toute la semaine, les étudiants sont invités à utiliser leur matériel (PC portables comme base d’information et station de développement, ordiphones comme cible pour l’application), ce qui permet de passer facilement du lieu de développement, à la zone d’exposition, et de continuer les développements au delà des heures programmées. Des équipements restent bien sûr disponibles, si nécessaire. Par ailleurs, l’encadrement est mixte entre enseignants-chercheurs, développeurs professionnels et pairs. Cet accompagnement est orienté sur de l’accompagnement technique.

Le second dispositif concerne un cours d’informatique, sur le web social, mobile, pervasif et sémantique, dans lequel les étudiants abordent les notions développées dans le cours au travers de questionnements proposés par les enseignants sur le blog du cours (disponible ici : http://molene.enstb.org/fipC0320A_Cours/ ). Les étudiants développent une activité collaborative de recherche et de synthèse d’informations. Ils rédigent leurs conclusions de manière collaborative. Le résultat de leur recherche permet l’échange entre pairs et avec l’enseignant. L’enseignement mêle compréhension des usages et concepts techniques sous-jacents. Au travers d’une analyse des évolutions, des expérimentations en cours, et des nouvelles technologies émergentes, les étudiants sont invités à proposer de nouveaux services dans des domaines comme la formation, le tourisme, les réseaux sociaux d’entreprise, l’Internet des objets …

Ici aussi, les étudiants sont invités à apporter leurs propres équipements mobiles en salle, tant pour la recherche, le travail collaboratif, ou l’utilisation de technologies informatiques. Le rôle de l’enseignant alterne entre tuteur accompagnant les réflexions des étudiants, et référent reprenant les résultats au travers d’intervention de restructuration. Les mobiles sont ici à la fois sujet d’étude et outils de travail. Le travail en groupe avec des outils collaboratifs est plébiscité, tant comme moyen d’apprentissage, que comme future pratique de leur métier d’ingénieur

Parmi les motivations qui ont sous tendu la mise en place de ces enseignements, nous avons cherché à nous rapprocher de démarches projets équipées d’outils mobiles, qui correspondent à une part importante de l’activité des ingénieurs dans les activités d’innovation. Il nous semble également important de sensibiliser nos étudiants aux problématiques du développement de l’identité numérique.

Au delà de ces expérimentations s’ouvrent des questions liées à la généralisation. Nous en identifions deux qui découlent directement de notre expérience. La première est de savoir s’il est possible et comment de diffuser plus largement de telles approches dans la formation.

La seconde adresse les modes d’intégration du numérique dans la classe, que ce soit au niveau de l’environnement d’apprentissage personnel [8] en complément à l’ENT, ou au niveau de l’équipement des étudiants (démarche AVAN pour « Apportez Vos Équipements Numériques » [9]) plutôt que systématiquement dans des salles dédiées. Une approche centrée étudiants présente plusieurs avantages. Elle permet d’intégrer les outils mobiles naturellement, de mieux lier les apprentissages au sein de l’institution et les usages externes que ce soit dans des cadres d’apprentissage ultérieurs, professionnels ou d’innovation.

références :

[1] rapport de l’association Pascaline (2011) : économie numérique, innovation et enseignement : quelles conséquences ?

[2] Gilster, P., Ed. (1997). Digital Literacy, Wiley.

[3] Franklin, T. and M. Harmelen. (2007). “Web 2.0 for content for learning and teaching in higher education.”, from http://ie-repository.jisc.ac.uk/148/1/web2-content-learning-and-teaching.pdf.

[4] Mangels J. (2009) Fabrication labs let student and adult inventors create products, solve problems et

[5]Fing 2008 Faire émerger et connecter des fablabs en France

[6] Bothorel C., Gilliot J.M (2011) CodeCamp : un non-cours pour apprendre à programmer sur un mobile

[7] Mellis, D. A., M. Banzi, D. Cuartielles und T. Igoe (2007) Arduino: An Open Electronics Prototyping Platform. In: CHI 2007, San Jose, USA, Apr. 2007. ACM Press.

[8] Chatti, M. A., M. Jarke, et al. (2007). “The future of e-learning: a shift to knowledge networking and social software ” International Journal of Knowledge and Learning 3(4/5): 404-420.

[9] Gilliot J.M. (2012) Equipements à l’école. Et si on jouait à l’AVAN ?

Ajout 30 mai : le lien vers la vidéo de la présentation à Paris Descartes

Frémissements autour d’une Université plus numérique, sociale, collaborative

En cette fin d’année 2011, on notera plusieurs événements qui montrent bien que le clan des convaincus de l’intérêt d’intégrer les médias sociaux progresse. Revenons-y.

Premier événement de taille, la MINES (Mission …) a permis l’organisation d’un barcamp sur l’Internet participatif. Bien différent des traditionnelles conférences, ou autres universités Vivaldi ou quelques uns présentent leurs résultats au plus grand nombre, un barcamp oblige chaque participant à être actif. Celui-ci a permis de mélanger les manières d’être actifs. Quelques grands témoins sont venus présenter leurs points de vue (et semble-t-il avec des différences suffisantes pour chauffer la salle). Chacun a pu soit présenter une expérimentation, soit partager ses outils préférés, soit même interagir à distance pour quelques uns. Et échanger, échanger, échanger.

J’ai d’ailleurs particulièrement apprécié de pouvoir apporter mon grain de sel via twitter, d’avoir été invité quelques instants derrière ma webcam, et d’avoir pu suivre les avancées des travaux via les cartes conceptuelles, sondages et autres documents partagés.

Mais le plus intéressant de ce barcamp à la sauce universitaire réside sans doute dans ces projets qui ont été initiés et qui vont se poursuivre jusqu’au printemps. La liste semble complète : on y couvre la capitalisation des expériences, la formation des enseignants, la valorisation, le donner à voir, la collecte… L’objectif du barcamp est que les projets soient aboutis en mars. Comme les objectifs sont ambitieux, on peut sans doute considérer que mars sera un point d’étape, espérons des preuves de concepts.

Ainsi, le projet de Tour de l’innovation universitaire, qui semble fusionner avec l’idée de roulotte 2.0 sera sans doute juste initié à cette date. Aller recueillir sur place les innovations des enseignants, recueillir leurs témoignages, et échanger sur d’autres pratiques … voilà un beau projet qui nécessitera sans doute des relais dans les universités, mais qui créerait du lien, et pourrait donner un éclairage intéressant sur les dessous de l’iceberg, sur ce qui se fait dans les facs en toute discrétion. On murmure dans les coulisses que ce Tour de l’innovation pourrait passer par le forum des usages en juillet 2012 à Brest, et donner lieu à des edu/explorcamps mémorables.

C’est un travail que nous avons entamé depuis longtemps à Télécom Bretagne. Nous avions par exemple organisé un explorcamp pédagogique il y a déjà 3 ans, où plusieurs collègues présentaient leurs expériences. Cela a permis de mieux valoriser des expériences connues, mais aussi de découvrir des choses tout à fait étonnantes, comme ce collègue qui faisait du tutorat à distance pour des élèves préparant leur rattrapage à l’étranger, en utilisant skype et en tournant sa webcam vers son tableau blanc. Du bricolage comme je les aime.

Autre frémissement dans les réseaux sociaux, cette expérimentation d’usage d’un réseau social pour favoriser l’apprentissage qui vise à créer du lien autour des ressources pédagogiques proposées par Unit. Il s’agit ici d’un axe visant à mixer de manière fine le lien social et les éléments d’apprentissage. Cela a l’immense mérite de tenter de donner une valeur ajoutée, j’ai envie de dire de la vie, aux portails de ressources qui sont aujourd’hui trop figés.

Mais le frémissement le plus important, même s’il n’est pas aujourd’hui visible est sans nul doute l’appel à projets Idefi. Il a obligé nombre d’institutions à se projeter à un horizon de 7 ans, d’identifier des changements systémiques, d’intégrer la pédagogie et l’innovation pédagogique dans leur politique. J’en ai vu passer plusieurs. Le numérique y apparaît, mais à sa place le plus souvent, c’est à dire comme un élément dans un changement plus global. On verra les résultats en mars.

Je parle de frémissements, car la route est encore longue :

  • Le barcamp n’a compté que 48 inscrits, avec des vieux habitués du circuit et beaucoup de conseillers ou ingénieurs pédagogiques. Il reste du chemin avant de voir de nombreux enseignants se déplacer. C’est un peu la même chose dans l’expérimentation d’usage, on y compte des participants avec double casquette ou déjà convaincus. D’où l’importance d’aller vers les enseignants qui n’ont pas encore fait le pas ;
  • L’appel à projets reste très léger par rapport aux besoins. Il met en avant la différence entre les besoins ressentis (on parle de 300 dossiers déposés) et les moyens proposés (20 projets seront retenus. Quelle sera la suite ? Comment cela-va-t-il se prolonger dans le temps ? Est-ce un investissement Était ce Si la démarche projets permet de se projeter dans l’avenir, la manière dont elle est gérée peut témoigner d’un projet politico-économique, déjà bien engagé au niveau de la recherche. Il semble indispensable que ce projet soit clairement affiché : on nous parle clairement de regroupements, d’autonomie. Quelles en sont les implications pour le paysage universitaire français ? Va-t-on se donner les moyens des enjeux ? Qui travaillera sur la motivation des enseignants, et comment en tirer parti ?

Crédit photo : Turquoise par Claudine Booth licence CC-by-nc-sa

Médias sociaux : on y va ? participons !

Le débat autour d’Internet tourne souvent autour de la vacuité des échanges qui s’y déroulent et sur les dangers supposés. Discours de rejet, de crainte, d’attentisme. Mais est-il vraiment fondé ?

Slate nous montre que non dans son plaidoyer : Fuyez les livres, fuyez l’école, fuyez Facebook! En montrant que c’est la même dialectique qui a été utilisée lors de l’avènement de l’imprimerie, et qu’elle ne s’appuie sur aucun résultat tangible. (NdA : je suis preneur d’autres références dans la même veine).

Owni a proposé un blog « pedagogeek » qui regroupe quelques résultats intéressants montrant que finalement Internet est plutôt plus sûr que la rue, et que les jeunes y ont besoin d’accompagnement plutôt que de mises en garde édictées par la préfecture ou le diocèse.

Et ils y vont, car cela correspond à leur modernité. Voir : Comment les jeunes vivent-ils et apprennent-ils avec les nouveaux médias ? Qui nous permet de comprendre les mécanismes sociaux à l’œuvre.

Positivons donc, en ayant conscience des limites et des changements en cours, mais sans nous bloquer. Faisons nous plutôt avocat de l’ange en identifiant les possibles plutôt que les obstacles, comme le dit François Bocquet dans sa conférence sur la mobiquité. Convainquons nous qu’il est urgent de repenser notre rapport aux jeunes, en tant que parents, qu’enseignant. Et partageons, collaborons, entre adultes, avec les jeunes. Faisons le pari de l’intelligence collective. Apprenons à respecter les différences de rythmes, de style.

Et si comme moi,vous faites partie de l’enseignement supérieur, que vous soyez hésitants ou convaincus qu’il faut accompagner les nouveaux entrants, allez au barcamp à Sèvres « Pratiques de l’Internet Participatif et des médias sociaux dans l’Enseignement supérieur » (j’ai une majuscule de plus que sur le site, et j’y tiens;-)) du 6 au 9 décembre. Ou au moins ouvrez un compte twitter pour suivre les débats (hasthtag #ms_sevres11 et compte @ms_ens_sup).

Crédit photo :  Effets des médias sociaux sur la mémorisation par Relief2010, licence CC-by-nc-sa

 

Du Tactile pour collaborer

Tactile, tangible, multitouch, les interfaces homme machine sont en train de se modifier profondément pour devenir plus intuitives (sans parler de la reconnaissance vocale qui existe maintenant sur Android).

La table ou le tableau graphique basés sur un grand écran multitouch en sont devenus les figures emblématiques. On le voit bien par exemple dans cette vidéo résumant le forum sur l’interaction tactile et gestuelle (FITG) de Lille en 2010.

Ça marche, c’est joli, impressionnant … mais cela nécessite des équipements dédiés, des salles dédiées. Du coup cela reste dans les showrooms (comme celui des Bell Labs à Murray Hills à partir de 3’00 sur la vidéo), ou dans certains musées.

Si on veut pouvoir mettre en place des plate formes de collaboration tactiles, il faut à mon avis s’appuyer sur des équipements existants, ou avec peu d’ajouts. Sur un campus, cela veut aujourd’hui dire s’appuyer sur les équipements des étudiants (portable, tablette, smartphone) et sur le « poste du conférencier (PC, vidéoprojecteur, éventuellement TBI), et sur un réseau sans fil pour la communication et étendu pour la localisation. La plateforme Rammus développée dans nos laboratoires constitue un excellent support dans ce sens.

Le projet Kaleidoscope développé dans le cadre des ateliers de créativité de Muséolab3 à Erasme est un prototype plus proche de ce que j’imagine en termes d’interface, car s’appuyant sur des équipements individuels. Dit autrement c’est presque déployable dans nos salles aujourd’hui. Presque car suppose une projection verticale et un zonage de couleur, ce qui reste contraignant par rapport à nos espaces.

Autre élément très intéressant de l’expérience Kaleidoscope, c’est la bibliothèque sur laquelle est basée ce projet. PyMT (c’est son nom) est en effet multi-plateforme, développée en Python sous licence LGPL, et semble particulièrement adaptée à du prototypage rapide.

Du numérique dans mon association

Dans le billet “s’organiser grâce aux environnements numériques”, je citais 10 scénarios. Commençons par un premier simple et de bon goût : organiser les échanges au sein d’une association.

Frédéric Soussin dans sa vidéo « dynamiser un réseau de parents d’élèves » détaille 3 temps dans la vie d’une telle association :

  • le temps du présentiel en réunion qui constitue souvent les seuls temps où l’on arrive à travailler ce qui est souvent insuffisant ;
  • le temps des échanges distants synchrones qui trop souvent se réduisent aux échanges par téléphone ;
  • le temps des échanges distants asynchrones qui se compliquent souvent s’il est réduit à des échanges de mails ;

Il distingue également trois cercles de parents :

  • le noyau dur de l’association ;
  • le groupe des participants réguliers, ce qui pour une association de parents correspond aux différents délégués ;
  • l’ensemble des gens parents qui veulent être au courant.

C’est en effet une typologie que l’on retrouve dans les associations, qu’elles soient de parents, sportives ou culturelles. Et les outils du web peuvent effectivement fluidifier les échanges en les facilitant au delà de réunions qui sont souvent longues et dans lesquelles il est difficile de réunir beaucoup de monde.

Mais plutôt que de proposer un ensemble d’outils, il vaut sans doute mieux aborder les choses de manière progressive. En reprenant la même typologie d’outils on peut démarrer passer par les outils asynchrones qui remettent moins en cause les habitudes, tout en rendant des services appréciables :

  • première étape, convaincre le premier cercle. Simple à mettre en œuvre, et tellement pratique, le partage automatique de fichiers à travers d’un dossier Dropbox. On travaille ainsi avec ses outils habituels et les fichiers se trouvent naturellement partagés sur les différents équipements des membres du bureau. Tout le monde a ainsi accès aux documents de base, et il n’y a plus de risque de travailler sur une vieille version récupérée dans un mail poussiéreux. Dernière cerise sur le gâteau, cela facilitera le passage de flambeau entre équipes successives ;
  • deuxième étape pour aller faire ses premiers pas sur le web. Un petit questionnaire pour caler un créneau d’une réunion. Doodle a été le premier outil dans ce genre. Il existe maintenant une alternative libre appelée Framadate. C’est complètement évident à utiliser et ça marche. À utiliser absolument dès qu’on veut se mettre d’accord pour une date, de réunion, de sortie, … Ça marche également pour un sondage, par exemple pour déterminer qui amène quoi à un buffet (entre entrée, salade, plat principal ou dessert) et ainsi éviter de n’avoir que des quiches ou des crêpes ! (bien sûr j’adore les crêpes) ;
  • en passant, on peut également créer un compte de courrier électronique au nom de l’association plutôt que de donner une adresse personnelle, ce n’est pas compliqué, mais être bien agréable à terme ;

Pour diffuser au delà du premier cercle, deux solutions complémentaires s’offrent à nous :

  • créer une liste de diffusion pour les membres du second cercle, c’est à dire les adhérents actifs dans l’association. Si vous avez un hébergeur qui vous propose des mlistes comme l’hébergeur associatif brestois infini. Sinon google groups qui ne fait plus que cela, mais le fait bien. La limite de google groups est que les adhérents doivent accepter l’invitation qui est faite la première fois. D’autres solutions existent, comme emailposte, que je n’ai pas testé, mais qui paraît complète (propose notamment la notion de bulletin d’information) et gratuite.
  • Si l’on veut pouvoir diffuser au delà, l’ouverture d’un blog ou d’un site simple paraît inévitable. Le blog, qu’il soit hébergé par wordpress, par google ou autres, est très simple à prendre en main. (voir un exemple de site de parents sur wordpress ou cette page que vous êtes en train de lire). Mais certains le trouvent trop linéaire. Une autre solution simple est de se construire un site google, sachant que des modèles de sites d’associations de parents existent déjà. D’autres options type affinitiz ou ning permettent de créer son propre réseau social autour de son association ! Notons pour les parents d’élèves l’initiative du mini réseau, qui couvre toutes les écoles de France, qui parait sympathique, pour autant que l’on adhère avec les documentations proposées.
  • Si l’on veut pouvoir interroger les troisième cercle, il faudra pouvoir proposer des questionnaires. Nous avons déjà vu Framadate comme solution simple pour trouver une date ou poser une question par trop compliquée. Sinon, on pourra s’essayer aux formulaires de google, dans la suite google docs qui sont aisés de prise en main pour ceux qui démarrent, et bourrés d’options pour ceux qui veulent aller plus loin. Il existe évidement plein d’alternatives, chacun est libre de faire son choix.  On publiera le questionnaire sur le site précédemment ouvert, et on fera la publicité par tous les moyens permettant de joindre le maximum de personnes ;

Tous ces éléments pourront d’ailleurs être repris par les équipes des années suivantes (surtout si ces services ont été utilisés via l’adresse courriel de l’association)

Si tout a bien marché, l’équipe sera prête à passer à l’étape suivante.

Il me semble que travailler à distance de manière synchrone nécessite une plus grande volonté d’utilisation des outils du web. Cela tombe sous le sens si les gens sont plutôt distants ou si l’on considère qu’il y a un ordinateur (ou une tablette) allumée ou facilement accessible. indispensable dans une grande ville, moins évident dans un village.

Le chat (nos amis canadiens parlent de clavardage), skype ou tout autre système de visioconférence qui permet de retrouver toute l’équipe fera l’affaire, pour une mise au point rapide, ou pour travailler ensemble sur un document. Framapad pour un premier jet, Google Docs pour un document mis en forme, ou un système équivalent permettra de partager ce document en écriture. Ce sera effectivement beaucoup plus efficace que de passer sa soirée au téléphone, ou de s’échanger les modifications par mail.

Et voilà, avancez à votre rythme, testez ces outils un à un, essayez-vous, regardez ce qu’on en dit sur Internet et sans doute vous ne pourrez plus vous en passer.

Beaucoup d’alternatives existent. Elles sont souvent simple à mettre en œuvre. Trois points méritent d’être soulevés :

  • d’abord, pour les outils collaboratifs, il faut que tout le monde se mette sur le même outil pour pouvoir échanger. C’est évident, mais c’est aussi la raison pour laquelle il y a de si nombreuses discussions sur les outils, chacun vantant la solution qu’il a déjà appréciée ;
  • ensuite, on peut se poser la question des données. Est-on d’accord pour que ses données soient hébergées par une société lointaine. Google propose ainsi des outils très conviviaux et complets, mais fait transiter nos données à l’autre bout du monde (avec un impact carbone non négligeable) et se réserve des droits qui peuvent en choquer plus d’un (coupure de compte possible et analyse automatique). Il y a aussi la question de l’image de l’association. Est ce acceptable ou non de porter le nom d’un fournisseur dans son lien web ?
  • ce qui amène à la question du gratuit ou non. Gratuit veut dire hébergé par un fournisseur qui se rémunère autrement (publicité notamment). Il faut savoir également que certains services « gratuits » deviennent parfois payants, ou disparaissent. Les solutions payantes ne sont en général pas très chères, donnent un peu plus d’autonomie, parfois un peu plus de travail si on passe par un hébergeur (sans que cela soit insurmontable). Ce qui va quand même au delà de ce billet.

Au delà de la découverte, il faudra également être flexibles, pour pouvoir suivre l’évolution des technologies et des offres, souvent pour plus de facilité. Au fait , tous ces outils sont dotés de didacticiels, de prises en main rapides, bien faites, claires. Consultez-les. Ce sera plus efficace que de vous faire des copies d’écran statiques qui n’apporteront pas grand chose.

Crédit photo :  Strawberry and chocolate crêpe on the griddle par travelingmcmahans licence CC by-nc

Dessine moi Internet

Joli sujet ouvert pour une séance de travail de groupe. C’est le prétexte retenu pour un apprentissage sur l’organisation d’une séance de débat en groupe et la découverte des cartes conceptuelles. De plus , se poser la question de ce qu’est Internet au démarrage d’une formation d’ingénieurs en “Télécom” ou plutôt STIC paraît assez légitime. C’est donc le sujet de la seconde séance de notre projet élèves d’apprentissage par projets.

Mais au fait, qu’est ce qu’Internet ?

  • Wikipedia nous précise bien qu’Internet est bien le réseau des réseaux, système standardisé d’interconnexion des réseaux, à ne pas confondre avec le Web, qui n’en est qu’une des applications, en tant que toile d’hyperliens accessibles depuis un navigateur, tout comme le courrier électronique ;
  • Mon collègue Gwendal Simon (@gwendal) a fait une présentation « Internet, pourquoi ça marche ? », juste après que j’ai commencé à préparer cette séance. Du coup, il a commencé ses transparents par une série de schémas/ images qui permettaient de donner des vues de ce qu’est Internet ;
  • On peut également admirer la galerie sur Flickr qui m’a donné l’idée d’une telle séance ;

La préparation de la séance s’effectue par une attribution préalable des trois rôles standards d’une telle séance :

  • l’animateur de la réunion, à qui l’on donne le sujet et un déroulé type de la séance ;
  • le scribe, qui gère le tableau, et qui prend connaissance de ce qu’est une carte conceptuelle ;
  • le secrétaire de séance à qui l’on demande de prendre des notes pour pouvoir s’y référer si besoin ;

La séance est bien évidemment suivie par un tuteur qui effectuera en fin de séance un court débriefing avec les élèves pour les aider à qualifier leur dynamique de groupe, et les points marquants de la séance.

Bilan après la séance du jeudi 8 septembre 2011 ici.

La tentation du tout Google

Mon objectif n’est pas ici de faire la critique de l’hégémonie de Google, ni de faire le point sur les problèmes que cela pose en termes de confidentialité, d’identité numérique, de visibilité, de dé-référencement de la concurrence dans l’outil de recherche …

Il n’est pas non plus question de comparer les 2 approches pour essayer de rendre le web plus unifié, donc pas de savoir s’il faut choisir entre rendre interopérable les services web de nombreuses sociétés, ou regrouper tous ses usages dans ce qu’il faut bien appeler une suite de services, dans un environnement unique tel Facebook ou Google, ce que d’aucun appelle un silo de données.

Non, la question du jour est de savoir si on peut (quasiment) tout faire dans l’environnement Google, pour mesurer où en est arrivé cette entreprise, en termes d’intégration de services. En effet, deux nouveautés de l’été ont étendu l’emprise de la firme américaine : l’ouverture de Google+ et l’arrivée de la tablette tactile Samsung Galaxy Tab.

Celle-ci peut se visualiser facilement selon 3 axes :

  • le premier qui est la variété des équipements supportés ;
  • le second qui est le nombre de services aujourd’hui proposé avec un seul compte ;
  • le troisième correspond aux domaines sur lesquels Google avance des offres ;

Coté plateforme tout d’abord, les services Google étant d’abord dans les nuages (Cloud computing) , il sont accessibles de la plupart des plateformes numériques existantes, via un navigateur. Ils permettent donc de regrouper les données dans un même silo, entre services et entre équipements.

Cela dit, Google développe des plateformes d’accueil pour permettre une meilleure intégration.

D’où puis je accéder à mes données ?

  • Le navigateur Chrome tout d’abord, qui bénéficie de plugins spécifiques, ou du moins avant les autres navigateurs, qui vous faciliteront la vie. J’ai apprécié le fait de pouvoir envoyer mes SMS directement depuis mon navigateur en me synchronisant avec mon smartphone (Android) ;
  • Les smartphones Android, qui permettent l’accès à vos données au travers de nombreux services tirant parti de la géolocalisation et des fond de cartes. Mais aussi qui permettent de partager (publier) et de sauvegarder dans les nuages toutes les données générées sur cet équipement : votre localisation, vos contacts, vos photos et vidéos … ;
  • Et maintenant les tablettes Android qui proposent un confort comparable avec celles de la concurrence, et la même passerelle que celle des smartphones.

Quelle intégration en découle ?

Le principe de mobiquité est ainsi assuré, permettant de se connecter en mobilité, depuis n’importe quel équipement à ses données et ses services, pour autant qu’ils soient chez Google. La synchronisation y est très forte puisque l’on peut y retrouver ses marque-pages d’un équipement à l’autre, ainsi que les photos prises (Instant Upload), ses contacts … On y trouve également le principe de partage généralisé, tant en publication qu’en production. Notons également que Google revisite les interfaces, non seulement en simplifiant au maximum, mais aussi en proposant la reconnaissance vocale en complément d’une saisie clavier, en attendant la réalisation d’actions par le même canal, et la traduction automatique.

Coté services, qu’en est il ?

  • Tout d’abord, la suite de base : mail, agenda, documents (tete, tableur, diaporama). Efficace, collaborative, avec outils de recherche intégrés, elle convient à la majorité des usages ;
  • Le partage d’images et vidéos, avec Picasa et Youtube. Picasa propose également un ensemble d’outils de retouche suffisants pour l’amateur. Cela manque à Youtube, mais ne chipotons pas ;
  • La publication web, soit au travers d’un blog, soit au travers d’un site. Sans oublier la possibilité de faire ses statistique avec Analytics, ou de récupérer quelques centimes en faisant de la pub ;
  • L’actualité, la météo, et le comparatif d’achat (Shopping)
  • La gestion de flux RSS au travers de Google Reader pour une veille efficace, ou via des alertes ;
  • La vue du monde entier sous forme de cartes, de photos satellites ou depuis la rue ;
  • L’interaction avec ses amis par réseau social grâce à Google Plus, alternative
  • La communication par courriel, par liste dans un groupe, par chat, et maintenant par vidéo via les bulles dans Google Plus ;
  • La recherche classique sur le web, mais aussi dans les publications scientifiques (Scholar), les livres (Books), les photos (géographiquement : Panoramio ou selon les formes de la photo Goggle), géographique (dans Maps) ;
  • Le développement logiciel, avec la forge logicielle qui permet de gérer vos projets, la publication de nombreuses API ou des outils de développement comme App Inventor qui permet de développer de manière graphique ;
  • J’en oublie … des existants (SkectchUp par exemple permet de faire des schémas 3D) et ce qui se prépare dans les labs (encore merci à Daniel Liewon pour sa présentation passionnante de Google Squared

Et souvent des ponts, des raccourcis existent entre les services. On arrive donc ici avec une série de services basés sur l’accès, le partage et l’exploitation de données, avec des interfaces renouvelées et avec une gamme complète d’équipements mobiles. Pas mal du tout, et en tout cas plus large que n’importe quelle autre compagnie !

Et pour qui tout cela ?

Clairement Google s’intéresse depuis longtemps à l’éducation, via Google Apps fo Education, des exemples d’usages (voir par exemple Android For Academics), ou même en donnant des leçons aux états. Il s’intéresse évidemment aux entreprises et aux développeurs (voir ci-dessus), aux associations, …. Bref à tous (du moins à leurs données), partout, toujours.

Qu’est ce qui nous retient (encore) en dehors de Google ?

Quelques services manquent encore : la musique principalement (quoique, un service existe déjà aux États-Unis), et quelques babioles : les cartes conceptuelles, le partage de signets…

Sinon peut être d’y retrouver nos amis, nos réseaux sociaux, car ils n’ont pas tous migré, loin de là. Facebook bénéficie de la position établie face à Google Plus, Twitter semble moins inquiéter Google puisqu’il peut être intégré facilement dans « Plus ». Mais cet argument tombera peut être tant il est plus facile d’y entrer que d’en sortir. Tout est fait pour que nous amenions nos amis avec nous. Curieusement, les passerelles d’exportation de Google Plus ne sont pas encore opérationnelles : pas d’API, pas de flux RSS … Heureusement Google nous rassure en nous promettant qu’il est facile de le quitter pour d’autres cieux.

J’ai bien envie pourtant de me laisser tenter et de passer un temps à tester ce monde à lui tout seul qu’est devenu Google (et non plus une brique du Web), et en essayant de ne pas en sortir, en espérant que cela ne soit pas aussi dangereux que l’exploration des fast foods à la mode « Supersize me ».

Crédit photo : #googlerally @moveon bus @google don’t be evil #NetNeutrality par Steve Rhodes, licence CC-by-nc-sa

Quelques liens pour se donner des idées :

Ludovia – mobilité et ouverture – un lieu de rencontres

J’y serai ! J’ai libéré ma semaine et je viens de recevoir mes billets !

Et Impatient !

  • Retrouver des gens que j’apprécie, tous actifs et passionnés ;
  • Rencontrer des pointures que je suis avec intérêt depuis longtemps sur la toile ;
  • Profiter de l’ambiance conviviale si bien décrite par les bloggeurs de l’année dernière ;
  • Jouer moi-même ce rôle de bloggeur/observateur, en espérant contribuer à enrichir les débats et à prolonger la réflexion ;
  • Participer aux débats : sur la mobilité, sur les établissements du XXIème siècle qui sont 2 thèmes qui me tiennent à cœur ;

J’ai suivi l’année dernière sur Twitter et sur les blogs cet événement. J’ai donc eu envie de le vivre sur place. Les thèmes proposés ont achevé de me convaincre. J’en ai retenu plusieurs éléments qui me semble en faire un bon endroit de rencontres, et qui complètent ceux que certains ont déjà pu apprécier à QPES. Voici ce que nous laisse entrevoir le programme :

  • un cadre détendu, informel qui encourage les rencontres ;
  • le croisement de tenants du numériques, de chercheurs, d’entreprises et d’institutionnels. A noter que semble-t-il les institutionnels ne se contentent pas d’annoncer les réflexion du ministère et de disparaître juste après et que les entreprises viennent aussi pour écouter ;
  • l’organisation de « barcamps », ou du moins de réunions d’échanges sur un thème. D’après les retours de l’année dernière, au moins un temps d’échange très ouvert.
  • des tables rondes dites interactives, permettant des retours de la salle importants.
  • des ateliers de découverte et « explorcamps » (je croyais que le terme était une marque. Cela dit Mario Asselin est effectivement un « explorateur du web » membre de l’association), qui permettent à chacun de toucher du doigt des usages.

Sur les contenus, traiter de la mobilité me paraît de bon aloi, imaginer l’établissement du XXIème siècle, de la maternelle au supérieur, semble une ambition louable. Cela permettra sans doute d’évoquer les nécessaires évolutions tant sur les objectifs de formation que sur les méthodes pédagogiques.

J’ai un peu plus de mal avec l’item « tablette numérique » où l’on risque de se focaliser sur l’équipement à la mode, en décrivant ce qu’il permet. Après le portable, le livre numérique, et avant le smartphone, il me semble que l’on prend le problème à l’envers. Il serait plus intéressant de partir des besoins, des envies pédagogiques, même si il y a effectivement des allers-retours entre nouvelles opportunités et nouveaux usages. La tablette semble avoir bien des qualités, on la compare au cartable électronique. Est-ce également le cahier numérique, la calculette, l’outil de simulation, de collaboration … qui formera l’outil de travail de l’apprenant du XXIème siècle ? Nous aurons l’occasion d’en reparler. Mais je n’ai pas encore vu une description de l’outil « cartable » qui reste encore sans doute à définir par les enseignants, et aussi par les élèves…

L’autre item sur lequel j’ai des réticences, c’est L’ENT outil de structuration décrété par l’institution. L’enjeu devrait plutôt être l’appropriation par les enseignants, en s’appuyant sur leur liberté pédagogique dans le cadre d’une sensibilisation et d’une formation. Notons en passant que les enseignants mis en valeur ne sont pas en général des simples utilisateurs d’ENT, mais bien des innovateurs pédagogiques qui défrichent d’autres outils.

Je compte bien aborder ces points de questionnement. J’espère sincèrement que des réponses émergeront.

En tout cas, une bien belle fête du numérique en perspective, dont je compte bien pour reprendre la formule de Jean Jouquan revenir avec un nouvel ami, une nouvelle idée et un nouveau projet.

Impatient, vous dis-je !

Et pour ceux qui voudraient découvrir quelques articles de ce blog en lien avec les thématiques de Ludovia de cette année, vous pouvez éventuellement consulter :

Retrouvons nous à Ludovia :

Une vue du web 2.0 pour les collègues : self-marketing

Cet après midi, dans le cadre d’une formation au outils du web2.0 dans mon école, je co-anime une présentation sur le « self-marketing ».

On va voir comment cela se déroule, dans un esprit interactif avec la salle, je reprendrai peut être plus tard ce billet pour faire une synthèse de ce débat (mais cela risque d’attendre un peu, je préfère prévenir).

Les liens principaux que je compte utiliser sont regroupés dans le groupe Diigo de l’école.

Quelques points :

Investir progressivement : savoir ce que l’on veut montrer, comment le faire

Idée globale : mettre en valeur sa production : pour être lu, pour être (re)connu, pour valoriser

    • point de vue professionnel : chercheur mais aussi enseignant ou tout autre
    • point de vue personnel : employabilité

crédits photos :

Et si on appliquait la liberté pédagogique à la classe numérique ?

Pourquoi demande-t-on aux enseignants de choisir leurs livres de cours et pas leur environnement numérique ?

Le principe de la liberté pédagogique, c’est que les enseignants peuvent choisir les moyens pédagogiques pour que les élèves maitrisent les objectifs définis par le programme, et les compétences visées.

Cela veut notamment dire que l’enseignant peut choisir :

  • les livres de ses cours, en concertation avec ses collègues (réunis en équipes pédagogiques) ;
  • les documents complémentaires sur lesquels il fera travailler ses élèves ;
  • les outils que les élèves utiliseront pour écrire ;

Mais par contre, l’institution cherche à imposer l’Environnement Numérique (de Travail) utilisé par tous, ce qui est en complète contradiction avec le principe de liberté pédagogique.

En fait, le premier problème est que personne ne se sent en responsabilité par rapport au numérique. Il y a bien les B2i et autres C2i qui ont été mis en place, mais ils sont définis de manière transversale, il y a donc un phénomène de fuite par rapport à ces problèmes là. Du coup la seule solution vu de l’administration semble être d’obliger les enseignants à investir l’ENT. Donc pas d’alternative possible dans ce mode là.

Second problème récurrent dans les problématiques du numérique : le corps professoral, qui demande encore à être convaincu, rassuré de ses expériences précédentes, et qui a pourtant un ordinateur chez lui.

Et pour finir, l’absence d’alternative identifiée. En effet, les outils du web2.0 sont souvent vus comme des machins, et ne sont pas pressentis comme des outils possibles à part entière, et qui demandent un investissement personnels, donc des enseignants convaincus.

Pour proposer des alternatives, permettant d’exercer une liberté pédagogique, il faut sans doute développer une offre externe, visible, ayant pignon sur rue, donc de type commercial. Difficile de dégager un budget pour cela, sachant que l’institution a beaucoup investi en interne. Quelles sont les alternatives ?

  • Le développement d’un marché au travers d’établissements qui ne relèvent pas directement de l’institution, ou qui comprendraient l’intérêt de passer par un prestataire externe pour l’ENT, au même titre que l’achat des PC passe par une telle externalisation. Les logiciels comme pronote sont basés sur ce créneau ;
  • Le développement d’offres couplées livre / environnement numérique. C’est le modèle économique du Livre Scolaire, qui en s’associant avec les enseignants collaboratifs pour créer ses livres en licence libre étend son offre à des environnements numériques par classe ;
  • Le développement d’une offre associative, comme le fait Sésamath. La nécessité de financement peut ici également passer par la formule d’offre couplée livre/site ;
  • Le développement d’une offre associative qui permettrait d’appréhender l’usage des outils du web et autres réseaux sociaux publics, ou d’environnements hébergés libres. La question dans ce cas est de comment développer et rendre cette offre accessible aux enseignants.

Plusieurs questions pourraient se poser :

  • Est ce qu’une concurrence aiderait à promouvoir le numérique, ou cela aurait-il pour effet de l’enterrer ?
  • Est ce qu’une telle solution aurait un effet positif ou non pour les élèves et leurs enseignants ?
  • Est ce que cela couterait plus ou moins cher à l’institution ?
  • Est ce qu’une concurrence entre associations d’enseignants et entreprises privées est possible à terme ?
  • Est-ce que le choix de l’environnement numérique doit se faire au niveau de la classe, de l’équipe pédagogique, de l’établissement ? Et si le choix était au niveau de chaque élève pour une personnalisation de son apprentissage (en anglais on parle de PLE pour Personal Learning Environment : environnement d’apprentissage personnel )?

Le problème est bien de dynamiser l’introduction du numérique dans la classe. Cela passe par une véritable intégration de la litéracie numérique dans les programmes disciplinaires, et par une proposition d’environnements pédagogiques d’apprentissage plutôt qu’une injonction d’Espace Numérique de Travail.

crédit photo : Virtual Classroom Project Meet-Up (April 19, 2008) par teachandlearn – licence CC-by-nc-sa-2.0

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