La révolution du Mooc a commencée

Du moins en Amérique ….

L’acronyme MOOC (Massive Open Online Course, qui pourrait se traduire par Cours massivement ouvert en ligne, mais l’acronyme serait moins joli) date de 2008. Il a été expérimenté sous des formes très ouvertes, au départ pour populariser la théorie du connectivisme par George Siemens, Stephen Downes et Davec Cormier. Un MOOC, c’est un cours en ligne, ouvert au sens où les contenus sont ouverts, mais aussi au sens où il est ouvert à tous. Cette seconde acception d’ouvert est importante car pour fonctionner, un MOOC doit être massivement suivi, à savoir qu’il fonctionne d’autant mieux que le nombre d’inscrits est important. En effet, un élément central est l’interaction entre pairs. On est dans une production collaborative.

D’autres formes expérimentales ont été proposées. Citons par exemple la P2PU qui propose des cours variés, définis par la communauté, ou la célèbre Khan Academy qui offre une méthode vraiment nouvelle d’apprendre les mathématiques. Derrière ces formes pédagogiques, on trouve des penseurs, comme Sugata Mitra, qui témoigne comment les enfants peuvent apprendre par eux-mêmes ou Ken Robinson qui dénonce la mise à mort de la créativité par l’école traditionnelle. Derrière ces expérimentations, il y a une volonté de rupture.

Mais depuis, les grandes universités américaines expérimentent, se positionnent, affichent leurs ambitions. Depuis longtemps le MIT propose son initiative Open Course Ware de mise en ligne de contenus ouverts. Mais ce printemps, il s’associe à Harvard pour franchir une étape : proposer des cours complets en ligne, ouverts à tous et en complément des cours du campus. Cela s’appelle edX, et s’accompagne d’une campagne de communication dans laquelle on parle de révolution. Révolution peut être, mais certains (Techcrunch) considèrent que celle-ci n’est pas encore complète. En effet, le mode pédagogique reste transmissif (vidéos d’amphi en ligne), avec des exercices standardisés (automatisables), et ces vénérables institutions ne semblent pas (encore) prêtes à délivrer des diplômes aux personnes qui auront suivi ce cours.

De son coté Stanford a fait un carton avec un cours d’introduction à l’intelligence artificielle, le CS221, avec plus de 20 000 inscrits. Et de ce coté de l’Amérique, on peut y gagner des crédits. Seule limitation, on reste encore dans des formes de travail dont la correction est automatisable. À la mode californienne, cela à conduit à deux créations de startups complémentaires :

  • Coursera, qui peut se définir comme un portail permettant à plusieurs universités de proposer des cours ouverts ;
  • Udacity, qui propose des cours originaux et se permet ainsi d’explorer d’autres manières d’aborder l’informatique et le futur de l’université. Les enseignants de CS221 ne se voient pas retourner en amphi.

Bref, cela bouge. Et de nombreuses idées vont fleurir et ouvrir de nouvelles voies. L’excellent billet « Massive Open Online Professor » en cite deux (dont une dans les commentaires) :

Face à cette révolution, voici quelques questions dont nous ne pourrons pas faire l’économie de ce coté de l’Atlantique :

  • Est ce que demain nos étudiants suivront des cours offerts outre-atlantique ? Est ce un risque, une opportunité ? Les universités françaises seront-elles productrices de cours, consommatrices de contenus, ou simplement dépassées ?
  • Dans la perspective d’intégrer les MOOCs dans l’enseignement supérieur, comment articuler les curriculums de formations avec ces MOOCs ? Est ce simplement ouvrir des cours à l’extérieur comme le fait le MIT ? Est ce de proposer les cours du MIT et faire l’évaluation en interne dans les universités ? Est ce de mutualiser des cours et les proposer sur plusieurs campus ? Est ce que l’on s’appuie sur les ressources en ligne pour développer l’esprit critique de nos étudiants ?
    Répondre à cela va nous obliger à revisiter nos objectifs de formation, et donc nos évaluations, et par rebond nos méthodes pédagogiques (avec au centre motivaion et alignement pédagogique). (Je note ici pour souvenir une petite liste de 10 capacités professionnelles pour 2020, relayée par Stephen Downes)
  • Quelles formes peuvent prendre des MOOCs francophone ? (à la française diraient certains, ou pour la communauté francophone ce qui est plus large) Notre culture n’est pas celle du monde anglo-saxon. Nos modèles d’université sont (heureusement) différents et moins sensibles aux notions de marché. Par contre, faut-il simplement mettre en ligne des cours classiques avec des captures vidéos (dans nos universités numériques) ou y-a-t-il une place pour des formules plus dynamiques (en phase avec le connectivisme, la créativité …) ?
  • Liée à cette question se pose celle des moyens. Il est amusant de se dire que la mise en line de cours standards semblent coûter plus cher (nécessité notamment de captation correcte, et aux plate-formes d’évaluation) que les formules plus ouvertes et participatives (Khan a juste eu besoin d’une tablette pour démarrer, les cours de Siemens et al. utilisent des outils standards du Web). Que faut-il automatiser ? Pour quelle dynamiques de cours ?
  • Pour quels publics ? Étudiants ? Enseignants ? Plus large (apprendre tout au long de la vie) ?
  • Au fait quelles sont les postures possibles des enseignants dans ces MOOCs ?
  • Pour quels objectifs ? Formation à la « science » informatique ? Formation au connectivisme ? Autres ?
  • Quelle stratégie ? Il y a une courbe d’apprentissage : il faut d’abord maîtriser les mécanismes de participation avant de pouvoir proposer un cours sur un sujet quelconque.
  • Quels points d’entrée ? Siemens, Downes, Cormier se sont fait connaître en tant que chercheurs et ont créé des cours pour diffuser et valider leurs approches. Le MIT, Harvard, Stanford jouent sur leur réputation planétaire (ce sont les 3 premiers du classement de Shangai). P2PU, Wikiversity sont pour leur part des acteurs du libre.

Suivant nos métiers, nos employeurs, nos expériences, nos valeurs, nous n’aurons pas tous les mêmes réponses. Mais pour comprendre l’esprit des MOOCs, il nous faudra apprendre à partager, à collaborer, et pour coller à l’esprit d’Internet chercher le consensus. Et créer un écosystème …

Crédit photo : MOOC Art #ds106 #manchester par heloukee (CC-by-nc-sa)

Ces cours qui ne pourraient pas se faire sans une posture AVAN

Si certains se posent encore de l’intérêt de pousser les étudiants à venir en cours avec leurs propres équipements numériques, il est des cours que nous n’aurions pu proposer sans dire à nos étudiants : Apportez Vos Appareils Numériques (AVAN).

Premier exemple, avec un collègue nous avons proposé pour la seconde année des “cours” basés sur des questions, des problèmes nécessitant des recherches en groupe. Aller trouver de l’information sur Internet, croiser les définitions, écrire en groupe des synthèses, des présentations, sont les activités de base sur lesquelles nous rebondissons pour démontrer l’intérêt du web sémantique, social, pervasif, construire collaborativement les modèles sous-jacents, et explorer les outils informatiques de développement. Certes, nous pourrions investir une salle de TP informatique, mais les postes y sont prévus pour accueillir 2 élèves par poste, et les tables sont fixes, ce qui ne permet pas la confrontation en groupe de plus de deux. De plus, en incitant les élèves à apporter leurs propres équipements, nous les incitons à utiliser des services collaboratifs dans leurs environnements propres, et à installer des logiciels techniques sur leurs propres machines, ce qui permet de démystifier cette étape pour les moins geeks d’entre eux. Bien sûr, nous assurons de pourvoir un équipement à qui n’en posséderait pas. Cette année cela concernait 2 élèves : un, le premier jour, qui avait laissé sa machine chez lui, et le second dont le PC portable était en panne. Précisons qu’il s’agit de cours en dernière année d’ingénieurs.

Le second exemple concerne deux cours en parallèle d’introduction à des technologies du moment : une initiation à la programmation sur mobiles et l’autre sur la découverte des arduinos dans un contexte de fablab. On est ici typiquement dans des cours choisis, dans lesquels les élèves viennent parce que cela les intéresse, et où certains ont déjà des projets en tête.

Les outils de développement sont disponibles sur toute plate-forme (logiciels libres), et largement diffusés. Il est probable que les élèves continueront après les cours, et c’est quelque part l’objectif de développer chez eux le goût du DIY, qui a conduit à ces technologies. Et qui sait s’ils ne créeront ou ne rejoindront pas une startup en se basant sur ces technologies qui permettent le prototypage rapide, le déploiement d’idées à un coût toujours plus faible.

Dernier point, il est très difficile d’équiper un laboratoire complet avec des équipements comme des smartphones. L’administration est réticente à faire de tels achats, car ces équipements ne sont pas considérés comme des cibles de développement. En plus la rapidité d’obsolescence obligerait à en racheter plus souvent que ce qui se fait pour des PCs pour être en phase avec l’état du marché. Sans parler de l’intendance pour éviter toute perte d’équipement dans la salle.Bref, cela coûterait cher pour un résultat peu satisfaisant. Il est donc beaucoup plus logique de demander aux élèves de venir avec leur parc qui donne une bonne base de travail et de le compléter avec les équipements que nous avons acheté pour divers développements spécifiques.

Pour la petite histoire, si la diversité des équipements peut parfois poser un problème de configuration pendant les phase de mise en œuvre, elle évite par contre d’avoir une salle entière bloquée par un problème non identifié avant la mise en place (et comme chacun sait, histoire adore se répéter).

En résumé, encourager les élèves à venir avec leurs propres équipements simplifie l’organisation d’une classe participative, permet une plus grande implication, améliore et simplifie l’intendance. Tout cela permet de libérer les énergies pour mieux apprendre et explorer de nouvelles voies.

 

 

Ont-ils l’air moins intéressés ?

Certains affirment que les élèves sont distraits lorsqu’ils ont un équipement numérique devant eux.

Ce n’est semble-t-il pas toujours le cas !

C’est Aymeric Poulain-Maubant qui leur dévoilait les principes de développement pour Android. Si certains sont tournés vers leurs machines, ils n’ont pas l’air pour autant de s’y endormir, ils sont plutôt soit en train de regarder les transparents, soit en train de tester une fonctionnalité en direct.

Le mot d’ordre d’un tel cours : Apportez Vos Appareils Numériques ! Ici PC portables et mobiles !

AVAN : une politique souhaitable pour les écoles d’ingénieurs et les universités

AVAN, c’est un slogan « Apportez Vos Appareils Numériques ! », qui entraîne des modifications des rôles (enseignant, élève,…) et de la relation au savoir. Deux lectures récentes me confortent dans l’importance d’adopter ce point de vue.

What I’ve Learned from Teaching with iPads analyse les plus et les moins de l’iPad, en les comparant avec les PC portables et autre smartphones, avec une approche assez technologique. Ce qu’on peut y lire en creux avec un point de vue « AVAN », c’est que :

  1. il n’y a pas d’équipement idéal, chacun ayant ses qualités et ses défauts ;

  2. et chaque étudiant a ses préférences en fonction de ses habitudes, de ses modes de travail.

On sent notre rédacteur un peu gêné par le fait qu’il ait imposé un équipement donné. Sa solution serait d’imposer le même outil à tout son département, élèves et enseignants. Ce qui paraît illusoire aujourd’hui sachant la diversité des besoins, des solutions, et l’évolution des outils. Par ailleurs, nombre de logiciels fonctionnent sur des plate-formes variées, et il est possible de retrouver à peu près les mêmes fonctionnalités, avec plus ou moins d’aisance. Si on inverse la logique, en annonçant ses besoins, le type de services/logiciels nécessaire (en restant raisonnable), il paraît possible d’offrir des équipements en salle permettant à tout à chacun de travailler, tout en acceptant que les élèves puissent utiliser leurs propres équipements. On y note néanmoins tout un paquet de bonnes raisons d’apporter des équipements en classe : prise de notes, lecture et annotation de cours, consultation de vidéos, recherche d’informations, échange d’informations, réponse à des exercices.

Si à un niveau donné, tel équipement (la tablette en 2011, le PC portable en 2006 …) est le plus pertinent, sa généralisation devrait aller de soi. Il me semble pour l’instant qu’en école d’ingénieurs la tablette ne soit pas l’équipement idéal. Si il est plus pratique en cours, il ne convient pas à tout ce qui est production de documents structurés, et à des développements liés aux domaines scientifiques abordés, qui se font de manière plus naturelle avec des PC portables.

 

Pascal Jughans nous pose la question de la pertinence de la présence d’équipements dans la salle de classe Ecole : faut-il interdire les ordinateurs en salle de cours ? En posant la question du coté déstabilisant de la prise d’informations en dehors de la classe, il adresse en fait la posture de l’enseignant, et son rapport au savoir. Il me semble que cela impose à l’enseignant d’avoir une bonne culture sur de ce qu’il enseigne (ce qui est un minimum) et de savoir dire qu’il ne connaît pas tel ou tel élément, mais qu’il est prêt à en discuter (ce qui semble obliger à passer à des niveaux de compréhension plus approfondis, ce qui est souhaitable et ce pour tous les étudiants).

Le deuxième questionnement de Pascal Jughens concerne l’argument de l’enseignant qui propose un point de vue plus approfondi que ce qui peut se trouver par ailleurs, et qu’il ne veut pas perdre du temps à se battre contre des idées préformatées. Et pourtant, les informations préformatées peuvent correspondre à des préconceptions des étudiants. Il est donc nécessaire d’un point de vue didactique de les déconstruire pour permettre un point de vue plus approfondi.

De plus, je me pose toujours la question de la pertinence d’enseigner un point de vue de spécialiste en cours. C’est sans doute recevable dans un cours de niveau Master recherche, mais pas dans des cours plus généraux. Et même, dans un cours de Master recherche, le questionnement, l’analyse, la réflexion sur l’existant devraient faire partie intégrante du cours. Cela rend la posture de l’enseignant qui ne veut pas être perturbé par des questions de compréhension tout aussi suspect. Bref, ce deuxième fonctionnement me paraît souvent une mauvaise défense plutôt qu’un point de vue volontariste.

Dans tous les cas, il reste possible de demander de mettre de coté les équipements de coté pour une raison donnée, tout comme on demandait dans le temps d’arrêter la prise de notes pour permettre de prendre le temps de réfléchir à un concept difficile.

En résumé, le premier article met en évidence l’important de permettre aux étudiants de choisir les outils qui lui conviennent pour travailler. Et le deuxième nous parle de l’évolution nécessaire des enseignants pour leur permettre de mieux comprendre les questionnements qui peuvent émerger de leurs élèves.

Crédit photos : How many non-Mac are there (collection from Internet) par Quang Minh (YILKA) licence by-nc

 

l’évolution de la technologie (disponible) dans la salle de classe

Allez, juste une copie d’image (en fait un code html à intégrer).

  • Parce que nos amis américains ont l’air d’adorer cette année cette forme de carte (flashcard), principe expliqué  récemment dans Thot, et que ces petites synthèses sont souvent percutantes (et parfois pertinentes)
  • Parce que dans cette petite carte, on voit l’évolution des supports, et la montée de la vidéo. Les technologies passent. Le numérique évolue, mais reste. L’important est ailleurs (pédagogie, éducation, culture … ).
  • Également, pour ce petit chiffre (ça aussi les américains le font très bien) : plus de 80% des enseignants en collège (cela correspond à l’enseignement supérieur) usilisent les médias sociaux dans leur enseignement !
  • Et finalement, parce qu’ici la question n’est pas de savoir si chaque élève aura un équipement, mais l’affirmation que 73% des étudiants n’imaginent plus étudier sans PC portable, smartphone, tablette ou livre numérique… Arrêtons de biaiser, de dire que d’autres en reviennent, qu’il y a des salles libre services si jamais les élèves ont besoin d’un ordinateur…

History of ed tech
Courtesy of: OnlineSchools.com

PS : désolé, cette carte n’est pas en licence libre …

Quelle éducation numérique pour l’Ingénieur Informatique et Télécom ?

J’avais botté en touche quelques sujets pendant les vacances (voir le billet Associer approche système, technologie, culture et économie numériques, pour la formation et l’innovation dans lequel je cite notamment le rapport de l’association Pascaline : économie numérique, innovation et enseignement : quelles conséquences ? )

En quoi l’accès numérique généralisé concerne les élèves ingénieurs, et donc leurs enseignants (également chercheurs …) ? En fait à trois niveaux, dont deux devraient être communs à tous les citoyens :

  1. La litéracie numérique en tant que compétence, j’entends ici à la fois la capacité à gérer, produire et partager de l’information et la capacité à le faire en groupe et dans un environnement social. Cela veut également dire comprendre l’écologie du numérique (les enjeux sociétaux, les modèles économiques …). C’est un élément fondamental pour permettre le débat social. Le niveau de compétence atteint par ces élèves doit être suffisant pour qu’il puissent être vecteurs d’innovation ;
  2. L’utilisation de l’environnement numérique pour apprendre et gérer la connaissance, et ce dans un contexte social (qui démarra au niveau de l’esprit de promo tel qu’on le connaissait au siècle dernier et qui s’étend aujourd’hui bien au delà dans les réseaux sociaux) ;
  3. L’action de l’ingénieur est d’abord technique. Il doit donc être capable d’imaginer, de concevoir et de développer les services numériques innovants. Ce domaine doit donc faire partie intégrante des enseignements qui lui seront proposés. À ce niveau, il est indispensable qu’il maitrise les fondements de l’informatique et des traitements numériques en général, et qu’ils soit capable de les intégrer dans le cadre d’une vision système.

Dans les projets d’innovation, nos élèves intègrent actuellement systématiquement les aspects sociaux dans les systèmes qu’ils proposent, ils doivent maintenant apprendre à y intégrer les aspects mobiles, d’agrégation des données, et d’accès systématique à l’information et au cloud.

Demain, ce sera par exemple l’interaction entre tous ces équipements et tous les objets (Internet des objets) pour des actions coordonnées. Peut être imaginera-t-on également de telles actions de groupes entre utilisateurs… Peut- être dans des cadres hybrides.

crédit photo :  Arduino controlled flash trigger par Enrique Jorreto, licence CC-by-nc-sa

Dessine moi Internet (2) : petit bilan

Dans le cadre d’activités d’initiation à l’ingénierie sous forme de projets, nous commençons notre formation sur des séances mettant en avant la dynamique de groupe et quelques outils méthodologiques. Parmi celles-ci la séance « Dessine moi Internet » vient d’être testée pour la première fois.

L’activité a été appréciée, les échanges nourris. Parmi les apports de la matinée, les élèves ont bien compris l’importance d’une organisation minimale dans un groupe (présence d’un animateur, d’un ordre du jour, gestion du tableau …) et ils ont pris en main une organisation nouvelle d’un tableau autour de cartes conceptuelles. De manière intéressante, sur un tel sujet nos élèves étrangers avaient un point de vue différent et d’autres connaissances, ce qui a enrichi la discussion et les a aidé à trouver leur place dans le groupe. Premier exercice de présentation informel vers les autres groupes également, ce qui a mis un peu de pression à certains.

Sur le fond, on trouve au delà des aspects techniques, les valeurs de partage, de communication, d’échange et aussi de divertissement, l’idée que c’est pour tout le monde. Ils n’oublient pas non plus les aspects de sécurité, mais en tant qu’un élément parmi d’autres. L’impact au niveau de la société ne leur échappe pas. L’économie, les services et les différents acteurs sont également abordés. En bref, ils proposent bien une vue système couvrant différentes facettes, et ne se limitant pas à un point de vue disciplinaire.

Un bonne base pour se poser des questions sur l’évolution des formations, et s’inviter au débat sur l’évolution des formations.


Et de manière amusante, ils considèrent normal dans ce type de séance de ne pas accéder à des ressources en ligne « pour ne pas brider notre réflexion » par des conceptions de gens extérieurs au groupe.

Crédit photo : une série de photos a été prise et déposée sur Flickr par nos amies de la com. en licence CC-by-sa. Les illustrations de cet article en sont tirées.

Associer approche système, technologie, culture et économie numériques, pour la formation et l’innovation

C’est en résumé l’esprit de ce qui est défendu dans ce blog. C’est également ce que l’on retrouve dans le rapport de l’association Pascaline dans son rapport intitulé : économie numérique, innovation et enseignement : quelles conséquences ?

En réaffirmant l’importance des débats sur la place de l’innovation dans l’économie, et les liens évidents avec le développement du numérique, elle tire toutes les conséquences sur l’importance d’intégrer les différents aspects du numérique dans la formation. CE rapport est basé sur de nombreux autres qui soit abordent les aspects de l’économie numérique, de l’éducation, des green TIC, … mais c’est le premier rapport « officiel » qui précise aussi clairement les différents niveaux d’action sur la formation. On pourra juste regretter que le style soit parfois télégraphique, ou que des éléments comme les besoins en simulation numérique semblent arriver sans grande justification.

Concernant les niveaux de formation, ce rapport s ’appuie sur la définition européenne des e-skills qui intègre 3 niveaux, et qui leur permet de proposer 3 niveaux de formation à la litéracie numérique pour la formation en France.

La formation à l’esprit critique est également explicitement citée, ce qui est cohérent, c’est en effet un aspect qui fait partie intégrante de la culture numérique et de l’approche système. On pourrait en fait considérer que c’est en fait bien l’élément central à développer dans nos formations, ce qui reste clairement un enjeu central tant nos élèves sont persuadés qu’ils se doivent de donner la « bonne » réponse, qu’ils imaginent que nous attendons.

Espérons que ce rapport aura un impact sur les formations en général et sur l’intégration de la culture numérique dans celles-ci.

Étant en vacances, je ne détaille pas plus, je retombe juste sur un ensemble d’informations en retard, que je ne reprendrai sans doute pas à la rentrée. Ce rapport ne me semble pas devoir subir le même sort, ni les suites du voyage du programme First à NewYork.  Ce programme est d’ailleurs un excellent exemple de ce que l’on peut espérer d’élèves ingénieurs dans le cadre de projets d’innovation dans le cadre de la culture et de l’économie numériques.

Crédit photo :  Jean-Marie Gilliot – licence CC-by

Une vue du web 2.0 pour les collègues : self-marketing

Cet après midi, dans le cadre d’une formation au outils du web2.0 dans mon école, je co-anime une présentation sur le « self-marketing ».

On va voir comment cela se déroule, dans un esprit interactif avec la salle, je reprendrai peut être plus tard ce billet pour faire une synthèse de ce débat (mais cela risque d’attendre un peu, je préfère prévenir).

Les liens principaux que je compte utiliser sont regroupés dans le groupe Diigo de l’école.

Quelques points :

Investir progressivement : savoir ce que l’on veut montrer, comment le faire

Idée globale : mettre en valeur sa production : pour être lu, pour être (re)connu, pour valoriser

    • point de vue professionnel : chercheur mais aussi enseignant ou tout autre
    • point de vue personnel : employabilité

crédits photos :

Des camps et des barcamps pour apprendre l’innovation

Différentes formes de barcamps sont associées à l’idée d’innovation, de créativité. Il en fleurit un peu partout et permettent des nouvelles formes d’échanges plus variés, plus proactives, plus décomplexées. Les étudiants les plus actifs investissent ces échanges, y côtoient des professionnels et apprennent beaucoup, en un temps resserré.

Le barcamp, rencontre ou non-conférence est à la mode. L’idée est de réunir des personnes en un lieu et de définir ensemble les sujets des échanges. Cette idée simple, qui peut apparaître comme étant un peu candide, marche bien auprès de ceux qui ont retenu les aspects collaboratifs du web et du monde associatif. Un barcamp peut se spécialiser autour d’un thème, on parle alors d’éducamp, de gamecamp, d’innovationcamp …

Les innovation camp prennent d’ailleurs plusieurs formes :

  • les startup week-end sont organisés au travers de la France entière (et du reste du monde), réunissant des experts (qui proposeront quelques présentations courtes), et des gens de tout bord, soit porteurs d’une idée qu’ils proposent d’approfondir pour en faire une start-up à la fin du week-end (d’où le nom), soit offreurs de compétences pour le temps d’un week-end. La rencontre est d’autant plus riche que le public est varié. Et parmi ce public participant, les étudiants de tout bord y trouvent facilement leur place (qu’ils viennent du design, des beaux arts, d’une école de commerce ou d’ingénieurs, ou tout autre formation).
  • Le Silicon Sentier de Paris a proposé son camping, qui est un accompagnement sur du plus long terme en proposant aux porteurs d’idées plusieurs temps forts pour les amener à affiner leurs idées.
  • Le Carrefour des Possibles est d’une forme un peu différente, puisque les idées sont présélectionnées. Mais le public vient ici sans programme et peut discuter ensuite avec les porteurs suivant sa préférence. L’accent est également sur l’échange informel, et les étudiants qui y sont régulièrement sélectionnés font plutôt bonne figure.
  • Le CDIO nous propose cette année sa CDIO Academy dans laquelle des étudiants du monde entier déposent des idées. Les porteurs de celles qui seront retenues se retrouveront en juin dans un grand Innovation Camp pour fusionner et donner corps à leurs idées.
  • Le Google Summer of Code est un autre moyen pour nos étudiants, de rencontrer des gens différents, sur le temps d’un été, en allant participer de manière rémunérée à un développement d’un logiciel libre. La dimension d’innovation peut être un peu plus lointaine, mais l’exercice est certainement formateur (ceci est juste une pub à destination d’un éventuel étudiant en informatique qui me lirait et qui n’aurait pas encore son planning bouclé pour cet été).
  • J’en oublie certainement …

En tout cas les étudiants qui participent à ce genre de réunion en reviennent ravis, persuadés d’avoir beaucoup appris, sur des aspects aussi bien d’innovation que liés à leur formation. La question est alors de savoir si on peut intégrer de telles rencontres à la formation. Jean Bézivin nous a dit sur twitter qu’à son avis tout élève ingénieur devrait obligatoirement participer à une telle expérience. Plusieurs options s’offrent à nous :

  • faire la publicité de ce genre d’événement, le message est reçu par certains, mais se perd au milieu des nombreux concours et autres activités proposées ;
  • organiser de tels événements, en tant que tels, ce qui se fait déjà chez nous, mais qui touche les étudiants déjà engagés dans ce processus d’innovation ;
  • proposer des enseignements calquant ce genre de rencontres. Notre expérimentation de codecamp semble prouver que c’est possible. Le passage à l’échelle d’une promotion permet de toucher tous les élèves, mais fait moins l’unanimité auprès de nos étudiants, même s’il est clair qu’un tel projet (nous l’apprenons Entreprendre) leur apporte énormément de choses. L’une des difficultés est sans doute de permettre des contacts variés et motivants, ce qui est possible sur des effectifs inférieurs à une promotion, mais qui est difficile à assurer pour plus de 200 élèves. Un tutorat incitatif mais exigeant, poussant à l’approfondissement, proposant des pistes complémentaires est sans doute un élément clé de la solution, mais nécessite des profils pointus.

D’autres formes d’enseignements sont maintenant proposés pour aborder l’innovation. Certains proposent d’aller trouver une idée dans les laboratoires de recherche et d’envisager sa valorisation (à l’Ecole Polytechnique). On est ici dans une opposition entre les innovations d’usage qui peuvent apparaître dans les *camps, et les innovations technologiques qui sont issus de travaux de recherche.

La formule d’une formation à l’innovation devra certainement coupler les deux pour concilier besoin social et avancée technologique.

Crédit photo : Startup Weekend Nantes par Simon Robic – licence CC-by

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