J’aurai bien aimé savoir écrire un article simple et percutant avec un tel titre.
C’est Mario Asselin qui l’a réalisé. Chapeau l’artiste.
J’aurai bien aimé savoir écrire un article simple et percutant avec un tel titre.
C’est Mario Asselin qui l’a réalisé. Chapeau l’artiste.
C’est le titre de la journée organisée mardi dernier 16 avril, à Rennes par l’UeB. Nous y avons découvert de nombreux services mis en place pour accompagner les enseignants, notamment à organiser des classes ouvertes en ligne (classe virtuelle) ou sur plusieurs site (par visio), qui démontre un savoir-faire certain de notre belle région. Il a été également question de construction de bâtiments pour mieux servir ces dimensions et de nouveaux projets proposés par les enseignants-chercheurs, et financés par l’UeB. On y voit comment le numérique, la maîtrise des données impacte à la fois sur le métier du chercheur, que sur la diffusion des connaissances. L’un de ces projets est bien évidemment notre projet de MOOC sur les risques et aléas pour les sociétés littorales.
Les organisateurs m’ont également demandé une présentation spécifique MOOC, en me proposant le titre de MOOCs, formations en ligne de demain ? J’ai donc abordé la question en montrant sur quels éléments actuels ces cours s’appuyaient:Web2.0, hybridation, collaboration, abondance des contenus. J’ai ensuite développé l’évolution possible du modèle issus des facs américaines, en intégrant les dimensions plus connectivistes, et repris les impacts auxquels il faut se préparer au niveau universitaire.
Par rapport aux présentations précédentes, mes 2 premiers transparents visent à montrer que les MOOCs sont au e-learning ce qu’est le web2.0 au web original.
Crédit photo : How long does it take to learn a meta-skill? 366/138 May 17, 2012 Par ConnectIrmeli – licence CC-by-nc-nd
J’ai été invité par l’Université de Brest (dite de Bretagne Occidentale) a faire une présentation sur ce qu’apportent l’usage des mobiles à l’université. La présentation aura lieu en centre ville à l’université Victor Segalen en salle B001 à 14 heures. (Mise à jour 13/02/2013 : vous pouvez retrouver l’enregistrement vidéo en ligne)
En résumé :
L’usage des mobiles rend possible de nouveaux modes d’apprentissages. La mobilité n’est ainsi pas que spatiale, mais ouvre aussi de nombreuses autres dimensions : temporelle, thématique, sociale, informative, technique. Comprendre le champ des possibles de ces nouveaux outils permet de les intégrer dans ses apprentissages pour les étudiants, et dans sa pédagogie pour l’enseignant.
L’immense majorité des étudiants disposent aujourd’hui d’équipements personnels, PC portables, smartphones, voire tablettes qu’ils utilisent au quotidien. La fracture numérique ne se situe plus au niveau du matériel, mais bien au niveau des usages. En permettant à nos étudiants de tirer parti de ces équipements au cœur de nos établissements, nous inversons nombre de logiques d’enseignements qui permettent de renouveler nos pédagogies, de valoriser l’étudiant et de réduire la fracture des usages en leur permettant d’acquérir une littératie numérique indispensable au XXIème siècle.
Au travers d’expérimentations réussies, nous explorerons quelques pistes d’usages au sein d’enseignements ou la participation devient le cœur de la pédagogie.
Pour les curieux et ceux qui ne pourront se joindre à nous voici le diaporama.
« Le plaisir est souvent associé à un qualificatif : plaisir sexuel, alimentaire, intellectuel, professionnel, parental, moral, civique (ou du devoir accompli), etc. » L’université d’été Ludovia de cette année nous propose d’associer plaisir avec éducation numérique.
Continuons de parcourir l’article de Wikipédia :
En lisant les nombreuses contributions préparatoires sur le site de Ludovia Magazine, j’en suis arrivé rapidement à me poser beaucoup de questions :
En tout cas, et c’est la première réussite du thème de cette année de Ludovia, celle de proposer un terme résolument positif et personnel pour revisiter des notions comme engagement, motivation, jeu, et de l’associer à apprendre … et à enseigner.
La deuxième réussite, c’est d’avoir mobilisé de nombreux intervenants, qui se positionnent sur ce thème et revisitent ainsi leurs discours.
Une difficulté sera de confronter cette dimension de plaisir, à la nécessité, l’injonction d’évaluation. En effet si les concepteurs de jeu mettent en avant la dimension d’engagement (et de leur point de vue de plaisir), ils sont confrontés à la nécessité de rentabilité des investissements liés aux développements de tels jeux. De même, l’éducation dans son ensemble est soumise à évaluation, la variable plaisir est elle corrélée à la mesure de l’apprentissage ? Voilà qui justifie pleinement les questionnements d’André Tricot.
Il sera intéressant de profiter de ces rencontres pour essayer d’identifier les vecteurs de plaisir, de les corréler avec des éléments pouvant favoriser l’apprentissage (engagement, motivation, vécu …), et d’interroger les instances de gouvernance sur une politique permettant l’épanouissement et le plaisir dans les établissements.
Nos hôtes font un travail de préparation absolument formidable, en recueillant des avis, des analyses, des résumés des présentations scientifiques qui se feront à Ax-les-Thermes fin août.
Quels plaisirs avec le numérique ? Patrick Mpondo-dicka en propose plusieurs : le plaisir démiurgique de création, le plaisir du bricolage, le plaisir du la médiation, le plaisir sensible (au travers de nouvelles interfaces)
Comme le souligne Serge Soudoplatoff, il semble plus facile de parler de plaisir d’apprendre que de plaisir d’enseigner. Et cela pose question tant on sait que l’enseignant reconduit les schémas qu’il a vécu. Il devient naturel de dire qu’il faut souffrir pour apprendre.
Et pourtant… comment motiver, comment « donner » du plaisir si l’enseignant lui-même n’est pas dans cette posture. Caroline Jouneau-Sion et Stéphanie de Vanssay, dont on connaît l’engagement pour le numérique, nous interrogeront sur « En quoi utiliser les TICE et les réseaux sociaux participe au plaisir d’une pédagogie renouvelée ? »
Parmi les invités, il y aura aussi comme les années précédentes des blogueurs. À la fois, rapporteurs des échanges et poil à gratter, ils participent aussi au débat. C’est à ce titre que je participerai à cette édition.
Et si Ludovia 2012 permet de lier durablement plaisir, à enseigner, à apprendre et au numérique, alors cette édition aura vraiment contribué à changer l’école.
Crédit photo : Évaporation…!!! par Denis Collette…!!! licence CC-by-nc-nd
George Siemens vient de publier une introduction à ce cours dans un article au titre évocateur suivant : Le futur de l’enseignement supérieur et autres impondérables. Ce cours « Current/Future State of Higher Education » est ouvert à tous, et démarrera le 8 octobre 2012. sera organisé par demultiples institutions qui s’intéressent à cette évolution d’un point de vue systémique. Retenez son sigle CFHE12, vous le retrouverez sans doute ici et là.
Son approche se veut être une approche de chercheur, et donc d’analyse approfondie des éléments en présence, des interactions et des facteurs d’influence, des solutions alternatives possibles…
Il détaille ainsi 5 parties, et montre comment elles peuvent être revisitées.
IIl montre ainsi que tous ces éléments doivent être repensés au travers de la nature distribuée d’Internet face à des institutions qui se considèrent centralisées. Le point de vue de Diana G. Oblinger, Présidente et Directrice Générale de EDUCAUSE, était similaire lors de la conférence de clotûre du CIUEN, où elle revisitait l’université sous forme d’une chaîne de valeur et montrait que chacun de ses maillons pouvait être recomposé par des services extérieurs (des entreprises donc). On y trouvait en plus le recrutement … Une autre vue de ce type décomposant les fonctions de l’université se retrouve dans l’infographie de Steve Blank.
Dans l’article, on trouve ainsi un lien vers un living lab sur l’université du XXIème siècle, hébergé par Georgia Tech. Si on retrouve des éléments dans la conférence CIUEN, je n’ai pas vu en France de réflexion au niveau systémique sur l’université.
On peut se demander dans quelle mesure ces changements peuvent impacter l’enseignement supérieur français. Il y a sans doute 2 niveaux d’impact à considérer : le premier est d’intégrer pleinement l’impact du numérique, des formes d’ouverture, d’Internet et de sa nature distribuée sur nos institutions (y compris sur nos « grandes écoles »), le second est de se demander dans quelle mesure cette « révolution » qui se déroule aux États-Unis peut modifier le paysage mondial et s’inviter en France.
On peut s’imaginer protégés par divers facteurs (faible prix des inscriptions, barrière de la langue, reconnaissance des diplômes en France …), mais que se passera-t-il si certaines de ces barrières s’abaissent : si nos étudiants décident qu’apprendre l’anglais vaut la peine pour faire de bonnes études (ou même simplement les meilleurs d’entre eux), si des formations de bon niveau deviennent accessibles financièrement, si le Canada propose des cours équivalents, si des versions françaises venaient à être proposées (voyez en combien de langues existent Wikipedia ou la Khan Academy), ou si les principales entreprises reconnaissaient des diplômes obtenus à partir de cours en ligne.
Il est sans doute stratégique de se poser la question en France. Une première étape pourrait être qu’un groupe suive le cours de cet automne et réfléchisse collaborativement sur la question du futur de l’enseignement supérieur français. Qu’en pensez vous ?
Crédit photo : George Siemens par Stephen Downes – licence CC-by-nc
Un cours démarre. Évidemment, quand vous êtes assis dans un amphi, vous le subissez. Et puis soudain, l’enseignant s’arrête, et une voix sur le coté vous demande : « et maintenant quelle suite choisissez-vous ? »
C’est l’idée de Anne-Céline Grolleau et de Céline Grousson, qu’elles nous ont fait vivre au cours du printemps d’Unit. Elles nous le présentent même sous forme de fiche :
Évidemment, c’est un amphi plein d’enseignants (ou proches) qui a subi cette expérience. Le cours proposé a été donné par Pol-Bernard Gossiaux des Mines de Nantes, à qui je tire mon chapeau d’avoir su jouer la mauvaise foi, digne des faux cours qui circulent en début d’année dans certains amphis. Tapant de la règle, usant de mauvaise foi, effectuant des raccourcis dans ses transparents, ignorant son public (blême ou amusé au bout de 1’30), il a été parfait et a frappé les esprits.
Placé de force en tant que participant, je n’ai pu m’empêcher d’observer la séquence.
En tout cas une bien belle idée que cet amphi dont vous êtes le héros ! Dont nous avons eu la chance d’avoir la primeur (eh oui, c’était le printemps). Un grand merci à Anne-Céline et à Céline !
Crédit photo : Album souvenir du printemps d’Unit – droits non précisés (donc copyright vraisemblablement)
3 jours au Ciuen cette semaine. Beaucoup d’échanges riches.
Ma petite pierre à cette belle manifestation était une réflexion sur les écritures collaboratives et l’adéquation des outils aux différents types d’écriture. Un petit diaporama :
et l’article type "scientifique" que j’ai écrit en préparation. Plutôt que de le recopier dans ce blog, je préfère le laisser dans sa forme originale :
Ce titre est excellent, car il résume toute la problématique : quelle école pour former les citoyens de la société en formation, et la place du numérique au centre de ce questionnement. Mais il n’est pas de moi, c’est le titre d’un livre L’école, le numérique et la société qui vient que je recommande à tous ceux intéressés par le sujet. D’un niveau soutenu, mais sans verbiage inutile, je l’ai dévoré dans un train (Paris – Brest 4h30).
Bernard Stiegler, Philippe Meirieu, Denis Kambouchner échangent à un niveau philosophique sur la nécessité de réformer l’école, vers plus d’exigence sur la nature des apprentissages (en développant une approche critique et créative des apprentissages) et sur la formation des enseignants. Ils convergent également sur la nécessité d’aborder le numérique de manière totalement différente, opposée, à l’approche des marchés, pour passer d’une addiction de contenu à un appropriation d’outils de réelle réflexion organisée, structurée par le développement de l’individu. Ils détaillent également l’ambivalence de l’expression de « société de la connaissance » qui reflète l’ambivalence des outils numériques, pouvant être source d’autonomie d’indépendance s’il est intégré culturellement ou source de dépendance, d’addiction aux mains des marchés des mass medias.
On notera l’analyse de Philippe Meirieu sur le dévoiement de l’approche par compétences dans un système qui se déresponsabilise en proposant des indicateurs faussement neutres, et qui ramène les compétences à des savoirs procéduraux et morcelés, accompagné par un encadrement intermédiaire qui ne comprend pas les enjeux du numérique et qui défend un discours infantilisant sur le numérique (tout ira mieux avec l’ordinateur). Le passage sur l’importance de la maitrise collective des indicateurs est également très clair. (p70 et précédentes).
J’ai été également intéressé par les définitions de l’adaptation qui s’avère une négation de la dimension humaine.
On appréciera également, pour ceux qui ne connaissent pas les explications lumineuses de Bernard Stiegler sur la société de la connaissance.
J’ai souligné un paquet de phrases lumineuses, mais que je ne reproduirai par hors contexte. Retenons simplement la définition de l’école par les animateurs (Julien Gautier et Guillaume Vergne) du débat :
L’école peut et doit être envisagée dialectiquement comme le lieu de l’émancipation et de la formation individuelle à travers la transmission rigoureuse et l’étude exigeant des domaines fondamentaux de la connaissance et de la culture au sens large.
Pour le plaisir de la formule, Philippe Meirieu nous parle de la pédagogie de garçon de café, (p.170) pour décrire la salle de classe où l’enseignant est vampirisé par l’injonction de chaque élève cherchant à obtenir une information factuelle immédiate, ou simplement un échange pulsionnel. Le problème de recentrage, de concentration n’est pas que numérique.
Je retiendrai principalement :
A nous donc de relever le défi et de faire du numérique un support au développement d’un savoir rationnel. Première étape, lire, comprendre, s’approprier ce petit fascicule.
Pour prolonger en ligne :
"Immédiateté et éducation"
Steve Wheeler nous régale d’un nouveau diaporama « Researching Social Media in Education: What can we learn? », dans lequel on retrouve l’importance de l’engagement dans les apprentissages sur le web pour permettre des apprentissages en profondeur. Son triangle représentant la profondeur des apprentissages est parlant, ainsi que les écrans suivants (PP. 7 et 8 ) sur les niveaux d’apprentissage et les méthodes associées.
Lu par ailleurs « A framework fo Web2.0 Learning Design » de Matt Bower et al. Propose comme organisation la classique taxonomie de Bloom (revisité par Krathwohl et Anderson) pour classifier des usages pédagogiques de différents outils. Ils couvrent ainsi quasiment toute la taxonomie par des exemples d’usages de twitter, de blogs, de wikis, de vidéos dans des scénarios pédagogiques. L’intérêt selon eux d’une telle approche c’est que cela permet à un enseignant de trouver des exemples qui correspondent à ses intentions pédagogiques.
On peut alors regretter du nombre limité d’exemples, il y aurait sans doute un intérêt à développer un portail, une médiathèque de recueil d’expériences qui permette de paver une telle table. On pourrait l’imaginer de l’établir par discipline, par niveau.
Un autre aspect qui me paraîtrait important de creuser, c’est de voir les dimensions qui peuvent être couvertes par tel ou tel outil. Cela permettrait de voir les dimensions couvertes par les différents outils, de chercher à imaginer des usages pour élargir la surface couverte par un outil donné, de chercher à transférer d’un domaine à un autre… Et ainsi d’enrichir la base de connaissance.
Qu’en pensez vous?
Comme première table, si on reprend l’article en question, on arrive à quelque chose comme çà :
| Dimension savoirs |
Dimension processus cognitif |
|||||
|
Retenir |
Comprendre |
Appliquer |
Analyser |
Évaluer |
Créer |
|
| Factuel |
T |
P, S |
I |
W |
B,S |
I |
| Conceptuel |
I,P, W |
B,D,M, W |
DS, V |
P,W |
B,W |
E, M |
| Procédural |
P,V |
P,DS |
B, V |
V |
B,V |
I |
| Meta cognitif |
M |
M |
B |
B |
B |
M |
avec B pour blog, D pour Diaporama et outil de présentation, DS pour Digital Storytelling, E pour éditeur collaboratif, I pour création d’Image, M pour MindMap, P pour Podcast, S pour signets sociaux, T pour Twitter, W pour wiki.
Sur ce genre de tableau, on aurait bien envie de chercher à élargir l’usage de certains outils. Il est ainsi étonnant de voir twitter réduit à un usage de très bas niveau, tout comme le wiki. Ou l’éditeur collaboratif à une seule case de très haut niveau.
On pourrait se demander quel biais y-t-il lié aux auteurs, qui privilégient clairement certains outils comme le blog.
Et vous quelles propositions d’activités sur le web pourriez vous proposer sur un tel tableau ? Comment se positionnent vos activités ? Lesquelles vous intéresseraient ?
Pet être voudrez vous répondre à un questionnaire qui pose la question de la construction d’un recueil et de partage d’expériences pédagogiques.