Opportunité pour la motivation et pour la formation tout au long de la vie : les badges ouverts

Jusqu’à présent, on pouvait gagner des badges dans un jeu, sur un site précis, pour le fun ou pour la gagne. Et puis, si on voulait faire quelque chose d’équivalent ailleurs, il ne nous restait plus qu’à recommencer.

Moins facile à obtenir, un diplôme ou un certificat, donne droit à un document unique, dont il est difficile (voire impossible) d’obtenir une copie. Pour pouvoir démarrer, il est nécessaire de passer par une évaluation des diplômes précédents. Pour obtenir des crédits dans une autre université, il est nécessaire de faire valider son parcours par son université d’origine.

Ensuite, la validation des connaissances ultérieures s’avère compliquée, et la formation tout au long de la vie (FTLV) pourtant affirmée comme indispensable dans le cadre d’un rallongement des carrières, passe souvent par un processus complexe.

Aucun rapport entre tout cela ? Et pourtant, il s’agit bien de valider par un organisme extérieur l’acquisition de connaissances, voire de compétences et de pouvoir les valoriser auprès de tiers pour continuer Son parcours propre (et librement choisi).

Pour faciliter cette construction, pour permettre à chaque institution, à chaque site de proposer des badges (cela recouvre aussi bien un passage de niveau dans un jeu, qu’un niveau d’acquisition de connaissances sur un site didactique, qu’une UV ou un diplôme dans une université prestigieuse), la fondation Mozilla propose Open Badges, une infrastructure complète, ouverte et décentralisée permettant aux institutions et aux sites de délivrer des badges et de les valider, aux personnes de les accumuler, et de les afficher.

On voit bien l’intérêt pour permettre aux personnes de se construire des courses au trésor de badges, facteur de motivation reconnu auprès des jeunes. L’aspect ludique, validation d’acquisition avec des retours tangibles est une option intéressante pour outiller l’évaluation formative et la ludifier. En tout cas dans le domaine de l’apprentissage de la programmations cela marche, avec 500 000 inscrits en un mois à la Codacademy. C’est un facteur de motivation étonnant pour nos jeunes.

De manière plus professionnelle pour permettre de développer ses compétences tout au long de la vie, l’idée est également séduisante. Une telle infrastructure doit permettre à chacun de valoriser des parcours plus personnels, et de les justifier auprès d’employeurs potentiels. Cela devrait permettre à terme d’ouvrir les curriculums pour plus de flexibilité, de faciliter les équivalences internationales, et de permettre de valider simplement les acquis.

On peut également imaginer des sites de validation et de certification indépendants. Smarterer en est un prototype, en permettant des valider des connaissances d’outils du Web qui peuvent intéresser des entreprises (en tout cas, c’est leur discours: "show what you know"). La question de la reconnaissance sera centrale, dès les effets de mode et d’essai passés.

J’avoue que l’idée de mélanger médailles de jeu, et diplômes dans le même pot commun m’a fait tout drôle et en suivant les différents liens sur les OpenBadges, j’ai parfois eu l’impression de tomber sur des jeux (sérieux;-) ) pour gamins. Mais après tout pourquoi pas, le Web regorge de systèmes où l’on trouve de tout, les croisements permettant d’ouvrir de nouvelles opportunités.

Bien entendu, cela n’empêchera pas de construire des portfolios, pour valoriser des expériences plus personnelles, et professionnelles, tout en mettant de l’humain dans le système.

Si vous êtes tentés, il est d’ores et déjà possible de délivrer des badges (voir : Open Badges: Want to Make Your Own Badges by Hand? Here’s How). Les pin’s numériques vont ils devenir à la mode ? Quand on voit le succès des twibbons affichés pour toute sorte de cause, on peut le penser. Surtout si ces insignes font sens.

Un vraie opportunité pour soutenir la motivation, une solution ouverte pour la certification tout au long de la vie, un moyen pour les institutions de se faire reconnaître. Une bonne solution technologique qui peut devenir une cause à soutenir.

Crédits photos :

Techlaration badge par Lucius Kwok – licence CC-by-sa

Badges & pins par david roessli – licence CC-by-nc-sa

Des mobiles aux objets : Internet pour apprendre

Depuis quelques années, mon école se fait un plaisir d’accueillir pendant une semaine des élèves de CPGE (classes préparatoires aux grandes écoles). Cette année nous avons ainsi accueilli  des élèves du lycée Gustave Eiffel (Bordeaux) et Lakanal (Sceaux).  On m’a gentiment demandé de leur faire une présentation pendant une heure, au milieu d’un programme chargé (visites de labos, moment de détente, mais aussi travail avec leurs propres enseignants). Sachant qu’un collègue leur faisait une présentation dont l’intention était de leur montrer que ce qu’ils apprenaient actuellement leur servirait plus tard en école d’ingénieurs, pour compléter son point de vue, je me suis amusé à prendre le contre pied en leur montrant en quoi le numérique  modifiait les façons d’apprendre et les objectifs d’une formation d’ingénieurs.

Cela donne ceci :

Des mobiles aux objets : Internet pour apprendre.

L’échange en tout cas a été très sympathique :-)

Apprendre à programmer ? C’est en ligne

Impressionnant le nombre de cours en ligne pour apprendre à programmer :

  • la codeschool propose des formations courtes et amusantes : Rail for Zombies en est un titre particulièrement accrocheur et gratuit Mais ce n’est pas le cas pour les autres cours, qui eux sont payants ;
  • le site du zéro regorge de tutoriels en français et est bien connu des étudiants ;
  • il est courant de trouver des tutoriels en ligne pour un langage, un environnement de développement qui sont souvent aussi bien fait (voire mieux et en tout cas plus souvent mis à jour) que les livres que l’on trouve dans les librairies. Par exemple, les site de développeurs android est auto-suffisant pour quelqu’un qui maîtrise un langage de type Java (qui lui même peut s’apprendre en ligne …).

Mais si vous désirez aller plus loin, pourquoi ne pas s’inscrire dans un vrai cours, à l’université ?

Vous êtes difficile et souhaitez une véritable université, voire un certificat ou un diplôme ? Pas de problème :

  • Udacity vous propose des cours terriblement modernes : « construire son moteur de recherche », « programmer une voiture autonome » … proposé par des professeurs ou des professionnels renommés (David Evans en grand organisateur), avec examen et évaluation à l’américaine ; c’est libre et issu de la côte ouest (Google, Palo Alto, Stanford, Virginia U …), et cela attire des dizaines de milliers d’étudiants ;
  • Coursera propose plusieurs cours issus d’universités reconnues (Satnford, Berkeley, Michigan) mais ne propose pas de credits : Model thinking, design and analysis of Algorithms.  on est bien au delà de la programmation ;
  • le MIT nous annonce son initiative MITx pour très bientôt, mais pour le moment seul un cours d’électronique est proposé, à suivre.

Quatre petites remarques pour finir :

  • au début de cette année, il y a eu plusieurs échanges sur l’importance de savoir coder au XXIème siècle: je retiens par exemple Les codeurs sont la nouvelle élite politique sur Framablog. Beaucoup de voix s’élèvent pour dire que cela fait partie de notre culture, de notre citoyenneté ;
  • Pour le coup, il y a un cours d’informatique (au sens scientifique : représentation de l’information, architecture, programmation, algorithmique, …) qui se met en place en terminale. Insuffisant pour certains (cela ne concerne qu’une option pour l’instant) un renouveau pour d’autres, un pas dans le bon sens en tout cas. Ma question est de savoir comment ces cours s’articuleront avec toutes ces ressources en ligne. S’appuieront-ils dessus ou les ignoreront-ils comme l’ensemble de l’éducation nationale ignore encore wikipédia, première ressource des tous les élèves à la maison (avec raison) ;
  • Au niveau de l’université (de l’enseignement supérieur) quel impact ? Ici aussi on a tendance à ignorer ce qui se fait en ligne. Et pourtant, quel confort de s’appuyer sur de telles ressources pour amener les étudiants à de vrais problèmes. C’est une des raisons pour lesquelles un cours comme le CodeCamp est si dynamique. On s’appuie sur les ressources android et du coup on peut parler d’idées, d’organisation de code, de réutilisation, bref d’informatique et non pas de syntaxe ;
  • Un autre modèle possible (c’est en tout cas celui que voit presse-citron) serait une uniformisation des cours, au travers d’une industrialisation/standardisation liée à ces cours en ligne massifs qui pourraient délivrer des crédits. Cela ne peut donner que des cours de base. Quel modèle d’université en découlera : à 2 vitesses, au rabais, ou se concentrant sur des compétences de haut niveau, laissant les étudiants apprendre de manière autonome certains champs de connaissance ?

PS : ressources complémentaires bienvenues

Crédit photo : Northern Voice 2009 Program Committee par Cyprien licence CC-by-nc-sa

Médias sociaux : on y va ? participons !

Le débat autour d’Internet tourne souvent autour de la vacuité des échanges qui s’y déroulent et sur les dangers supposés. Discours de rejet, de crainte, d’attentisme. Mais est-il vraiment fondé ?

Slate nous montre que non dans son plaidoyer : Fuyez les livres, fuyez l’école, fuyez Facebook! En montrant que c’est la même dialectique qui a été utilisée lors de l’avènement de l’imprimerie, et qu’elle ne s’appuie sur aucun résultat tangible. (NdA : je suis preneur d’autres références dans la même veine).

Owni a proposé un blog « pedagogeek » qui regroupe quelques résultats intéressants montrant que finalement Internet est plutôt plus sûr que la rue, et que les jeunes y ont besoin d’accompagnement plutôt que de mises en garde édictées par la préfecture ou le diocèse.

Et ils y vont, car cela correspond à leur modernité. Voir : Comment les jeunes vivent-ils et apprennent-ils avec les nouveaux médias ? Qui nous permet de comprendre les mécanismes sociaux à l’œuvre.

Positivons donc, en ayant conscience des limites et des changements en cours, mais sans nous bloquer. Faisons nous plutôt avocat de l’ange en identifiant les possibles plutôt que les obstacles, comme le dit François Bocquet dans sa conférence sur la mobiquité. Convainquons nous qu’il est urgent de repenser notre rapport aux jeunes, en tant que parents, qu’enseignant. Et partageons, collaborons, entre adultes, avec les jeunes. Faisons le pari de l’intelligence collective. Apprenons à respecter les différences de rythmes, de style.

Et si comme moi,vous faites partie de l’enseignement supérieur, que vous soyez hésitants ou convaincus qu’il faut accompagner les nouveaux entrants, allez au barcamp à Sèvres « Pratiques de l’Internet Participatif et des médias sociaux dans l’Enseignement supérieur » (j’ai une majuscule de plus que sur le site, et j’y tiens;-)) du 6 au 9 décembre. Ou au moins ouvrez un compte twitter pour suivre les débats (hasthtag #ms_sevres11 et compte @ms_ens_sup).

Crédit photo :  Effets des médias sociaux sur la mémorisation par Relief2010, licence CC-by-nc-sa

 

Mon EAP à moi

EAP ? Environnement d’apprentissage Personnel. C’est un angle d’attaque. J’aurai pu appeler cela mon environnement de production personnel et social, ou mon environnemnent personnel de gestion de la connaissance.  Cela correspond finalement à la même chose dans la société du XXIème siècle : j’apprends,  je gère mes connaissances, je produis, le tout dans un univers de partage.

Impressionnant le nombre d’articles, de pages, de cartes mentales qui parlent de l’environnement personnel de chacun. J’ai failli faire le mien mais je me suis arrêté en me demandant ce que cela apporterait. Du coup ce billet de ma série autour de S’organiser grâce aux environnements numériques va prendre une forme différente.

Revue partielle :

Quelques remarques qu’il ne me semble pas retrouver partout :

  • s’organiser en ayant une vue cohérente de tout cela. Un exercice intéressant pour soi et pour les autres est de construire l’agrégat de sa vie numérique. J’ai joué avec FriendFeed pour cela (mais google plus n’y est pas encore référencé). Un certain nombre de personnes suivent mas activités par ce biais semble-t-il ;
  • se construire sa base de connaissance (notamment au travers de mots-clés, on dit tags) pour pouvoir s’y retrouver. Là j’avoue que j’ai des marges de progrès, même sans parler d’ontologie ;
  • un EAP se construit petit à petit et évolue. En fonction de l’évolution de ses méthodes de travail, de ses intérêts (toutes les communautés, les personnes ne travaillent pas de la même manière, ni ne fréquentent les mêmes réseaux sociaux), de ses outils (quand j’achète une tablette, je veux communiquer avec elle. Quand une alternative libre de doodle apparaît, je peux me laisser tenter), de ses (re)découvertes puisque des outils apparaissent (et disparaissent) régulièrement ;
  • j’apprécie aujourd’hui l’articulation d’outils qui sont accessibles au travers de différentes plate formes matérielles de manière transparente. Le fait de prendre des photos (souvent un tableau blanc, ou une posture) sur son smartphone, sa tablette et les retrouver regroupées automatiquement via Instant Upload (fonction Google) dans son environnement Google est très confortable. L’idée de faire un dessin via Skitch sur sa tablette, l’annoter par Evernote et continuer à compléter cette note sur son portable permet de tirer parti des avantages de chacun des équipements disponibles. Et finalement, pouvoir accéder à toutes ces données depuis n’importe quel navigateur permet de se sentir partout chez soi. Cela fait un peu riche aujourd’hui d’annoncer de disposer d’un PC, d’une tablette et d’un smartphone. Mais à y regarder d’un peu près, c’est sans doute une tendance de fond naturelle.

S’organiser son EAP, c’est accepter de se voir évoluer. Cela ne veut pas non plus dire que l’on abandonne ses outils locaux. Ce billet a été commencé sur Evernote qui me sert de brouillon, mais continué sur OpenOffice sur mon PC, qui conserve moult outils de bureautique et de développement. EAP ne rime pas avec tout cloud comme certains peuvent sembler le faire croire.

crédit photo : My PLE par vilsrip – licence CC-by-nc-sa

Evernote, cahier de notes multi usages trans-plate-formes

Après avoir reçu une superbe tablette Galaxy Samsung à Ludovia2011, j’ai cherché les meilleurs outils pour pouvoir l’utiliser. Et j’ai retrouvé Evernote, qui sur les tablettes se voit accompagné d’un outil de dessin (skitch) ma foi fort pratique. Et comme souvent les informations arrivent par rafale, le bulletin d’Evernote m’a proposé des articles très intéressants sur l’usage d’Evernote par des étudiants. Dans la série S’organiser grâce aux environnements numériques, voici donc un scénario plutôt basé outil pour l’étudiant qui suit des cours.

Le couplage croquis / texte est particulièrement plaisant sur la tablette, cela m’a permis de construire plus rapidement l’article .

Parmi les autres points particulièrement séduisants d’Evernote, j’en note 3 :

  • la capacité de mixer des sources très différentes (lien web, extraits de pages web, croquis, photos, enregistrement sonore) bref de noter rapidement et de n’importe quelle manière tout ce qui nous paraît important ou ce qui nous passe par la tête sur le moment, et le tout dans le même cahier de notes numérique.
  • Le fait qu’il soit disponible sur n’importe quelle plateforme : PC, web, smartphone, tablette, ce qui rend possible la récupération de notes de n’importe où, de n’importe quoi, à n’importe quel moment et de le retravailler ensuite sur l’équipement qui vous tombe sous la main ;
  • les capacités de classement de ces notes : par date, par tags, par classeur, par tâche … qui s’adaptent aux méthodes de chacun ;

Et du coup, passant d’une plateforme à une autre j’ai commencé à l’utiliser de manière régulière depuis un mois. Par contre, je le vois comme un carnet personnel, et je continue à effecuter mes partages par d’autres canaux (dont mon blog).

Mais surtout, ce qui a attiré mon attention c’est l’article suivant Student Ryan Kessler Transformed His Workflow, Raised His GPA and Left His Textbooks at Home (Back-to-School Series), ce qui peut se traduire en français par « comment l’étudiant Ryan a transformé sa manière de travailler, amélioré ses résultats, et laissé ses livres de cours à la maison » (le GPA intéresse particulièrement nos élèves à Télécom Bretagne, car c’est ce que regardent nos partenaires internationaux qui accueillent des élèves en semestre d’études à l’étranger). Pour faire simple, ce garçon utilise Evernote :

  • pour prendre des notes en cours. Mais ces notes sont enrichies par des photos des tableaux, de notes manuscrites, d’enregistrements audio (pour les cours de langue). La fonction photo de son téléphone lui sert de scanner généralisé. Je fais cela depuis longtemps, et l’intègre ensuite dans mes compte rendus, mais ici cela devient naturellement couplé.
  • pour s’organiser. Il a ainsi un répertoire par cours, ce qui facilite son classement. Grâce au système de tâches, il peut organiser son travail.  Il utilise les facilités d’evernote pour s’organiser avec ses partenaires de projets en partageant des notes et en communiquant au travers de l’adresse courriel d’Evernote. Tout reste ainsi groupé et facilite le classement.
  • et ainsi il peut voyager léger. Tout est dans son téléphone. Il a ainsi pris l’habitude de scanner des extraits de livre sur lesquels il travaille. Il prend des notes manuscrites qu’il prend en photo, et tout cela est de plus classé ! En cas de besoin d’impression, il passe par un PC libre service de l’école.

Il cite un autre exemple intéressant, un étudiant en design a utilisé Evernote pour noter, photographier toutes les idées qui l’inspiraient pour son projet de fin d’études : son carnet de notes est d’ailleurs en ligne. Le point de vue de l’enseignant par contre ne m’a pas complètement convaincu sur les aspects gestion de cours.

L’article 10 trucs pour l’étudiant reprend à peu près les mêmes idées, avec comme petit truc supplémentaire, le pense bête où l’on enregistre tous les numéros à retenir ou l’enregistrement du discours de l’enseignant avec le micro du smartphone. Et un petit focus sur les à coté : l’extrascolaire ou la prise de photo de l’objet dont vous rêvez.

On pourrait aussi mentionner la possibilité de partager facilement ses notes de cours.

En résumé, Evernote joue le rôle de super cahier de prises de notes/ brouillon/classeur numérique, avec toutes les fonctionnalités qui vont avec : partage, classement …

Il ne remplace pas les outils dédiés comme Diigo pour les recherches bibliographiques, ni un Zotero ou un Mendeley pour la gestion bibliographique scientifique. Les exports doivent être retravaillés avant publication, mais c’est bien un gros carnet dans le nuage, presque un cartable numérique à lui tout seul.

Crédit photo : Evernote par Johan Larsson, licence CC-by

Du numérique dans mon association

Dans le billet "s’organiser grâce aux environnements numériques", je citais 10 scénarios. Commençons par un premier simple et de bon goût : organiser les échanges au sein d’une association.

Frédéric Soussin dans sa vidéo « dynamiser un réseau de parents d’élèves » détaille 3 temps dans la vie d’une telle association :

  • le temps du présentiel en réunion qui constitue souvent les seuls temps où l’on arrive à travailler ce qui est souvent insuffisant ;
  • le temps des échanges distants synchrones qui trop souvent se réduisent aux échanges par téléphone ;
  • le temps des échanges distants asynchrones qui se compliquent souvent s’il est réduit à des échanges de mails ;

Il distingue également trois cercles de parents :

  • le noyau dur de l’association ;
  • le groupe des participants réguliers, ce qui pour une association de parents correspond aux différents délégués ;
  • l’ensemble des gens parents qui veulent être au courant.

C’est en effet une typologie que l’on retrouve dans les associations, qu’elles soient de parents, sportives ou culturelles. Et les outils du web peuvent effectivement fluidifier les échanges en les facilitant au delà de réunions qui sont souvent longues et dans lesquelles il est difficile de réunir beaucoup de monde.

Mais plutôt que de proposer un ensemble d’outils, il vaut sans doute mieux aborder les choses de manière progressive. En reprenant la même typologie d’outils on peut démarrer passer par les outils asynchrones qui remettent moins en cause les habitudes, tout en rendant des services appréciables :

  • première étape, convaincre le premier cercle. Simple à mettre en œuvre, et tellement pratique, le partage automatique de fichiers à travers d’un dossier Dropbox. On travaille ainsi avec ses outils habituels et les fichiers se trouvent naturellement partagés sur les différents équipements des membres du bureau. Tout le monde a ainsi accès aux documents de base, et il n’y a plus de risque de travailler sur une vieille version récupérée dans un mail poussiéreux. Dernière cerise sur le gâteau, cela facilitera le passage de flambeau entre équipes successives ;
  • deuxième étape pour aller faire ses premiers pas sur le web. Un petit questionnaire pour caler un créneau d’une réunion. Doodle a été le premier outil dans ce genre. Il existe maintenant une alternative libre appelée Framadate. C’est complètement évident à utiliser et ça marche. À utiliser absolument dès qu’on veut se mettre d’accord pour une date, de réunion, de sortie, … Ça marche également pour un sondage, par exemple pour déterminer qui amène quoi à un buffet (entre entrée, salade, plat principal ou dessert) et ainsi éviter de n’avoir que des quiches ou des crêpes ! (bien sûr j’adore les crêpes) ;
  • en passant, on peut également créer un compte de courrier électronique au nom de l’association plutôt que de donner une adresse personnelle, ce n’est pas compliqué, mais être bien agréable à terme ;

Pour diffuser au delà du premier cercle, deux solutions complémentaires s’offrent à nous :

  • créer une liste de diffusion pour les membres du second cercle, c’est à dire les adhérents actifs dans l’association. Si vous avez un hébergeur qui vous propose des mlistes comme l’hébergeur associatif brestois infini. Sinon google groups qui ne fait plus que cela, mais le fait bien. La limite de google groups est que les adhérents doivent accepter l’invitation qui est faite la première fois. D’autres solutions existent, comme emailposte, que je n’ai pas testé, mais qui paraît complète (propose notamment la notion de bulletin d’information) et gratuite.
  • Si l’on veut pouvoir diffuser au delà, l’ouverture d’un blog ou d’un site simple paraît inévitable. Le blog, qu’il soit hébergé par wordpress, par google ou autres, est très simple à prendre en main. (voir un exemple de site de parents sur wordpress ou cette page que vous êtes en train de lire). Mais certains le trouvent trop linéaire. Une autre solution simple est de se construire un site google, sachant que des modèles de sites d’associations de parents existent déjà. D’autres options type affinitiz ou ning permettent de créer son propre réseau social autour de son association ! Notons pour les parents d’élèves l’initiative du mini réseau, qui couvre toutes les écoles de France, qui parait sympathique, pour autant que l’on adhère avec les documentations proposées.
  • Si l’on veut pouvoir interroger les troisième cercle, il faudra pouvoir proposer des questionnaires. Nous avons déjà vu Framadate comme solution simple pour trouver une date ou poser une question par trop compliquée. Sinon, on pourra s’essayer aux formulaires de google, dans la suite google docs qui sont aisés de prise en main pour ceux qui démarrent, et bourrés d’options pour ceux qui veulent aller plus loin. Il existe évidement plein d’alternatives, chacun est libre de faire son choix.  On publiera le questionnaire sur le site précédemment ouvert, et on fera la publicité par tous les moyens permettant de joindre le maximum de personnes ;

Tous ces éléments pourront d’ailleurs être repris par les équipes des années suivantes (surtout si ces services ont été utilisés via l’adresse courriel de l’association)

Si tout a bien marché, l’équipe sera prête à passer à l’étape suivante.

Il me semble que travailler à distance de manière synchrone nécessite une plus grande volonté d’utilisation des outils du web. Cela tombe sous le sens si les gens sont plutôt distants ou si l’on considère qu’il y a un ordinateur (ou une tablette) allumée ou facilement accessible. indispensable dans une grande ville, moins évident dans un village.

Le chat (nos amis canadiens parlent de clavardage), skype ou tout autre système de visioconférence qui permet de retrouver toute l’équipe fera l’affaire, pour une mise au point rapide, ou pour travailler ensemble sur un document. Framapad pour un premier jet, Google Docs pour un document mis en forme, ou un système équivalent permettra de partager ce document en écriture. Ce sera effectivement beaucoup plus efficace que de passer sa soirée au téléphone, ou de s’échanger les modifications par mail.

Et voilà, avancez à votre rythme, testez ces outils un à un, essayez-vous, regardez ce qu’on en dit sur Internet et sans doute vous ne pourrez plus vous en passer.

Beaucoup d’alternatives existent. Elles sont souvent simple à mettre en œuvre. Trois points méritent d’être soulevés :

  • d’abord, pour les outils collaboratifs, il faut que tout le monde se mette sur le même outil pour pouvoir échanger. C’est évident, mais c’est aussi la raison pour laquelle il y a de si nombreuses discussions sur les outils, chacun vantant la solution qu’il a déjà appréciée ;
  • ensuite, on peut se poser la question des données. Est-on d’accord pour que ses données soient hébergées par une société lointaine. Google propose ainsi des outils très conviviaux et complets, mais fait transiter nos données à l’autre bout du monde (avec un impact carbone non négligeable) et se réserve des droits qui peuvent en choquer plus d’un (coupure de compte possible et analyse automatique). Il y a aussi la question de l’image de l’association. Est ce acceptable ou non de porter le nom d’un fournisseur dans son lien web ?
  • ce qui amène à la question du gratuit ou non. Gratuit veut dire hébergé par un fournisseur qui se rémunère autrement (publicité notamment). Il faut savoir également que certains services « gratuits » deviennent parfois payants, ou disparaissent. Les solutions payantes ne sont en général pas très chères, donnent un peu plus d’autonomie, parfois un peu plus de travail si on passe par un hébergeur (sans que cela soit insurmontable). Ce qui va quand même au delà de ce billet.

Au delà de la découverte, il faudra également être flexibles, pour pouvoir suivre l’évolution des technologies et des offres, souvent pour plus de facilité. Au fait , tous ces outils sont dotés de didacticiels, de prises en main rapides, bien faites, claires. Consultez-les. Ce sera plus efficace que de vous faire des copies d’écran statiques qui n’apporteront pas grand chose.

Crédit photo :  Strawberry and chocolate crêpe on the griddle par travelingmcmahans licence CC by-nc

S’organiser grâce aux environnements numériques

La rentrée, le moment où il faut se remettre au travail, où on planifie son année, où l’on range son disque dur (quand on en a encore un), où l’on prépare ses espaces de travail, où l’on se met d’accord avec ses collègues, partenaires, camarades sur comment on va partager l’information.
Et là chacun y va de son expérience, de ses habitudes, de son envie de tester le dernier outil si cool. Et dieu sait qu’ils sont nombreux ces outils. Le débat s’enflamme et tout le monde a raison, mais après coup beaucoup se sentent perdus. A-t-on fait le bon choix ? Est ce que mon outil me rendra de bons et loyaux services ? Est ce que mon accès à mes données est pérenne ? Et que se passera-t-il si je change d’outil ? Et vais-je être obligé d’en changer ?
De manière intéressante trois écoles de pensée convergentes mettent en avant l’idée que la constitution d’un tel espace est d’abord personnelle mais s’inscrit dans un contexte social :
  • pour l’apprentissage, un mouvement assez fort existe dans le monde anglo-saxon autour des PLE (Personal Learning Environment), que l’on peut traduire en français sous l’acronyme EAP (Environnement d’Apprentissage Personnel). L’idée sous-jacente est que les objectifs et les modes d’apprentissage sur le web sont définis par l’apprenant lui même, ce qui est sans doute la raison pour laquelle le concept ne prend pas vraiment dans le monde francophone. Une autre difficulté pour s’approprier le concept est qu’il est souvent présenté sous forme d’architecture informatique et non pas en termes d’usages ;
  • le domaine de la gestion de connaissances (Knowledge management) est passée d’une approche de formalisation des connaissances à un approche de construction collaborative autour de la notion de communauté de pratique (définie par Wenger). L’idée est que du coup les collaborateurs et l’organisation apprennent. On passe alors au concept de PKM ou gestion de connaissances personnelles. Comme on est dans le domaine de l’entreprise, la gestion du temps et l’idée que les apprentissages sont guidés par les besoins de l’entreprise apparaissent comme étant des éléments de cadrage. Les outils, les méthodes ressemblent néanmoins aux autres approches. Mohamed Chatti considère même que ces deux modèles PKM et PLE ont vocation à converger.
  • le domaine de la gestion documentaire, notamment au travers des excellentes synthèses des Urfist, nous présente les mêmes notions autour de la recherche documentaire.

Au delà de ces cadres méthodologiques, pour passer à l’acte il est nécessaire de s’intéresser aux usages afin de pouvoir démarrer. On trouve des catalogues d’outils qui peuvent donner des idées, par exemple le Top 100 pour apprendre en 2011(en anglais), qui peut donner des idées. On trouve a contrario des approches outils comme par exemple cet impressionnant article d’Evernote., ou l’article de Christine Vaufrey sur ses usages de Diigo "je suis sûr(e) d’avoir lu ce truc quelque part…". Reste à passer à des cas pratiques pour répondre à la question (toujuors de Christine Vaufrey)  "Comment accompagner les enseignants dans l’usage des outils numériques ?" Et j’y ajouterai bien : les élèves, les étudiants, les bénévoles dans les associations (sportives ou de parents d’élèves par exemple) … tant il me semble que les uns renforceront les autres. Les animateurs d’EPN nous ont montré le chemin en proposant des dispositifs d’auto-formation avec deux axes d’entrée : outils et scénarios. Avec un parti pris néanmoins, un choix unique d’outils en fonction de la situation visée.
Or chaque situation est différente, en fonction des connaissances préalables des participants, en fonction de la continuité visée entre outils ou équipements d’usages (portable, smartphone, tablette), en fonction de contraintes diverses liées par exemple aux hébergements acceptables.
Voici les profils types sur lesquels j’ai été interpellé ces derniers temps :
  1. L’élève au collège qui travaille sur ses cours avec un PC portable ;
  2. L’étudiant qui doit être plus autonome sur ses cours, et qui produit  des rapports, voire les publie ;
  3. Il peut travailler en groupe ;
  4. Il peut faire des recherches bibliographiques ;
  5. La constitution d’un réseau social de travail ;
  6. L’association 1901 qui veut organiser ses échanges ;
  7. celle qui veut être présente sur les réseaux sociaux pour se faire mieux connaitre ;
  8. et moi même je me suis interpellé pour renouveler mon propre EAP – PLE !
Je vais sans doute écrire quelques billets dans les prochains temps pour formaliser quelques solutions types, soit par ces scénarios, soit selon une approche outil (comme je l’ai déjà évoqué dans la tentation du tout Google). Il faudra sans doute avoir une approche qui montre qu’il est nécessaire d’aborder ces solutions avec une approche progressive, évolutive, d’apprentissage. L’idée est que les personnes qui s’engagent dans une utilisation d’outils collaboratifs, s’engage dans une démarche, progressive, simple, mais non figée.
Peut être serez vous tentés de proposer votre solution, j’ouvre un document google partagé à tout hasard. Les commentaires sont évidemment bienvenus.

Quelle éducation numérique pour l’Ingénieur Informatique et Télécom ?

J’avais botté en touche quelques sujets pendant les vacances (voir le billet Associer approche système, technologie, culture et économie numériques, pour la formation et l’innovation dans lequel je cite notamment le rapport de l’association Pascaline : économie numérique, innovation et enseignement : quelles conséquences ? )

En quoi l’accès numérique généralisé concerne les élèves ingénieurs, et donc leurs enseignants (également chercheurs …) ? En fait à trois niveaux, dont deux devraient être communs à tous les citoyens :

  1. La litéracie numérique en tant que compétence, j’entends ici à la fois la capacité à gérer, produire et partager de l’information et la capacité à le faire en groupe et dans un environnement social. Cela veut également dire comprendre l’écologie du numérique (les enjeux sociétaux, les modèles économiques …). C’est un élément fondamental pour permettre le débat social. Le niveau de compétence atteint par ces élèves doit être suffisant pour qu’il puissent être vecteurs d’innovation ;
  2. L’utilisation de l’environnement numérique pour apprendre et gérer la connaissance, et ce dans un contexte social (qui démarra au niveau de l’esprit de promo tel qu’on le connaissait au siècle dernier et qui s’étend aujourd’hui bien au delà dans les réseaux sociaux) ;
  3. L’action de l’ingénieur est d’abord technique. Il doit donc être capable d’imaginer, de concevoir et de développer les services numériques innovants. Ce domaine doit donc faire partie intégrante des enseignements qui lui seront proposés. À ce niveau, il est indispensable qu’il maitrise les fondements de l’informatique et des traitements numériques en général, et qu’ils soit capable de les intégrer dans le cadre d’une vision système.

Dans les projets d’innovation, nos élèves intègrent actuellement systématiquement les aspects sociaux dans les systèmes qu’ils proposent, ils doivent maintenant apprendre à y intégrer les aspects mobiles, d’agrégation des données, et d’accès systématique à l’information et au cloud.

Demain, ce sera par exemple l’interaction entre tous ces équipements et tous les objets (Internet des objets) pour des actions coordonnées. Peut être imaginera-t-on également de telles actions de groupes entre utilisateurs… Peut- être dans des cadres hybrides.

crédit photo :  Arduino controlled flash trigger par Enrique Jorreto, licence CC-by-nc-sa

Et si l’ENT, les réseaux sociaux et les tablettes étaient 3 facettes d’un même système d’apprentissage ?

À Ludovia en 2011, les promoteurs de l’ENT et ceux des réseaux sociaux s’opposaient ouvertement dans les débats. Les retours sur la tablette numérique semblaient plus consensuels, avec le bémol que ce n’est jamais que l’équipement de l’année, et donc vu comme anecdotique par certains, et comme révolutionnaire par ceux qui les ont testé.

Mais de fait, on peut se poser la question si ces oppositions ne sont pas stériles du fait que les opposants ne parlent pas vraiment la même langue, ou du moins n’abordent pas le problème avec le même angle. L’opposition vient alors plutôt que chacun voit son point de vue comme exclusif plutôt que comme complémentaires dans le débat. Revenons-y plutôt.

Derrière l’ENT se cachent avant tout des préoccupation d’organisation, de mise à disposition, de sécurité des jeunes et des données :

  • Organisation dans le sens où il est nécessaire que tous les participants à un établissement (élèves, enseignants, administratifs, parents …) puissent partager des informations dans des cadres clairs (la classe, le niveau, l’établissement, …). Cette contrainte est tout à fait légitime. Les problèmes peuvent venir de la traduction de celle-ci dans l’architecture informatique, qui est pensée comme unique, et donc imposée à tous. Cette architecture est de plus basée sur des techniques qui ne permettent pas de s’intégrer facilement avec d’autres services d’internet, que les tenants des ENT cherchent du coup à rejeter pour conserver l’intégrité d’un système d’information trop fermé ;
  • Mise à disposition d’outils pour l’enseignant pour lui permettre de proposer des compléments en ligne et de ressources « choisies » pour les élèves. Là encore, la mise à disposition d’outils est intéressante et peut convenir à des enseignants qui démarrent, mais de là à chercher à l’imposer comme exclusif il y a un pas qui ne devrait pas être franchi mais qui l’est trop souvent. Proposer des ressources, parce qu’elles sont intéressantes, parce qu’elles permettent aux élèves d’apprendre, parce qu’elles facilitent le travail de l’enseignant, c’est parfait. Ne pas envisager que celles-ci puissent être complétées serait nier la liberté pédagogique de l’enseignant., ou ne pas permettre l’évolution du système vers d’autres ressources plus pertinentes ou plus simples d’utilisation ;
  • La sécurité des jeunes est un problème légal. Il faut donc s’assurer que les élèves (mineurs) ne puissent pas être exposés à un risque pendant leur temps de classe. Il y va de la responsabilité des adultes de l’établissement (principal, enseignants…) C’est un argument fort qui ne peut être nié. Simplement, la manière d’aborder des risques varient dans les établissements. On apprend à l’école à manipuler un vélo, on passe son ASSR (attestation scolaire de sécurité routière) évaluée par des gens extérieurs à l’établissement et habilités (gendarmes, policiers…), on découvre les gestes de premiers secours. Le risque d’exposition des enfants sur Internet est encore mal compris donc non pris en charge, même s’il est avéré qu’ils utiliseront cet outil en dehors du temps de classe. Il s’agit donc que les adultes du collège comprennent mieux de quoi il est question et que les élèves soient formés. Malheureusement les premières expériences semblent avoir été malheureuses.

Coté réseaux sociaux, il y a un point de vue de praticiens réflexifs qui cherchent à faire évoluer leurs pratiques. Ils trouvent dans ces outils (et d’autres sur le web) : des outils de support à une animation pédagogique en classe et de soutien à la motivation, cette animation pouvant servir de prétexte à former leurs élèves à la littératie numérique et à la gestion de son identité numérique, des outils pour échanger avec leurs communautés de pratique,. Par ailleurs, on y retrouve l’idée d’une liberté pédagogique, dans la recherche de solutions, dans la prise de parole. Tout ceci nécessite sans doute encore un peu de structuration pour dépasser l’expérience vécue et passer à un ensemble de d’outils pouvant être utilisés par tous :

  • Outils dans la classe. Il y a un coté nouveauté qui fait que leur utilisation est source de motivation pour l’enseignant et pour la classe. Du coup la question qui apparaît est de savoir si tout cela tiendra dans le temps, et quel est l’apport réel de l’utilisation de ces outils ;
  • former à la littératie numérique. C’est là un des éléments de réponse. Beaucoup d’études convergent sur l’importance de maitriser la diversité des sources d’informations dans notre société, sur le fait qu’il faut amener nos élèves à apprendre autrement, que l’enseignant n’est plus le seul vecteur de savoir, mais un accompagnateur ;
  • apprendre à gérer son identité numérique. C’est un autre éléments de réponse, potentiel celui-là, bien qu’intéressant. Est ce qu’une telle approche permet de développer une prise de conscience du jeune, qui lui permettra à naviguer en sécurité ? Est ce qu’une telle formation peut s’organiser dans la classe de manière sûre, systématique et mesurable ? Est ce que cela veut dire que l’on passe par une phase contrôlée puis que l’on peut envisager d’ouvrir la porte d’Internet, un peu comme le proposent les Carnets de Paris Descartes ou au cœur du même réseau social certaines parties sont privées et d’autres ouvertes ? .
  • Échanger avec sa communauté de pratiques. L’une des richesses des communautés de pratiques qui se constituent aujourd’hui sur twitter, facebook ou google plus est la diversité des gens qui y participent. C’est un des fondements des approches coopératives que de parier sur l’ouverture. Certains voudraient un réseau spécifique éducation nationale. C’est ignorer ces dynamiques, et qui en plus amèneraient à se couper de nombreuses sources pertinentes : nos amis canadiens, belges, suisses, tunisiens …., les universitaires, les praticiens d’autres obédiences, les acteurs du monde social. Bref d’une certaine manière cela revient à stériliser le débat avant même de le débuter. L’argument contraire est de dire qu’il est plus compliqué, engageant de s’investir dans les réseaux sociaux. Peut être, mais est ce plus compliqué que de s’investir dans un réseau dans lequel il n’y a que des collègues et sa hiérarchie. Quant à vouloir créer de toute pièce un autre réseau qui soit à la fois dédié et ouvert, même si c’est techniquement possible cela paraît ambitieux ;
  • La liberté pédagogique et de ton. On y revient. C’est la condition indispensable pour pouvoir avancer. Les entreprises qui mettent en place des outils de gestion de la connaissance (par exemple au travers de réseaux sociaux d’entreprise) l’ont bien compris. Il semblerait que cette culture ne soit pas actuellement possible dans les institutions éducatives qui ont au contraire renforcé leurs structures hiérarchiques ces dernières années. C’est sans doute le plus gros point sur lequel il faudrait s’accorder. Peut être le sujet d’une table ronde à Ludovia 2012 ?

Et la tablette ? Elle repose de manière pertinent la question de l’accès à l’environnement numérique (au sens large !), en permettant un accès simplifié dans et au delà de la classe. Elle est ainsi vue comme une opportunité de renouveau, comme source d’activités, et comme un problème pour s’intégrer dans la structure. Faut il en faire un équipement fermé, dédié à l’ENT ? Un équipement déconnecté qui risque alors de ne pas pouvoir être utilisé au mieux dans la classe ? Ou une plate forme qui permet de faire le lien entre l’ENT, élément structurant d’un établissement et Internet et le Web, espace de connaissances et de partage ?

Il me semble qu’un système d’apprentissage numérique acceptable par tous serait bien constitué :

  • d’un équipement pour l’élève, intégré dans son établissement et qui lui permette d’accéder à la société de la connaissance.
  • d’un environnement support venant de l’établissement pour les premiers pas, pour gérer et se retrouver ;
  • d’une ouverture plus forte sur le monde numérique, pour des apprentissages plus complets.

crédit photo : schéma de l’auteur et  Using iPad par  Kathy Cassidy licence CC-by-nc-sa

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