MOOC une innovation de rupture ? point de vue économique

Le diaporama ci dessous me semble être une analyse assez poussée sur le sujet. Je le dépose donc sur mon blog, car il regroupe pas mal de données instructives.

À chacun son modèle économique

Pour beaucoup, le numérique c’est d’abord une question d’économie. Pour pouvoir être innovant, il faut pouvoir vivre de son innovation. La question de définir un modèle économique viable est alors stratégique. C’est pourquoi j’ai beaucoup aprécié les 2 présentations auxquelles j’ai assisté à l’Open Coffee à Brest le 19 septembre dernier.

Peter Keates a été très convaincant sur comment construire un modèle économique innovant et l’outil business model canvas qui permet d’explorer les différentes options pour un service à construire.

Certainement un outil à exploiter dans les startup week-ends et dans les incubateurs.

Le témoignage de Michel Nizon (Edulang, Morlaix) était une parfaite illustration d’un modèle économique innovant pour une petite entreprise bretonne, qui en faisant preuve de courage, puisqu’elle a complètement changé son modèle économique, peut aborder le marché mondial. Les deux éléments que j’ai retenu : faire appel à la communauté (ici des profs de langue) pour faire sa publicité, et proposer un modèle de paiement avec ticket minimal, pouvant être augmenté au choix de l’acheteur. Modèle non viable en France, mais qui est possible dès qu’on ouvre au-delà de la France, il fallait l’oser depuis Morlaix, et ça semble marcher.

Ce qui m’interpelle à chaque fois que l’on parle de ces modèles économiques, c’est que ces choix modifient complètement l’architecture technique. Deux leçons donc, les ingénieurs doivent intégrer ces contraintes pour proposer des solutions performantes, et ils doivent intégrer la nécessité de proposer des solutions qui pourront s’adapter à des changements de modèles.

Merci à l’AFEIT et au Technopôle Brest-Iroise d’organiser ces rencontres enrichissantes, qui permettent de nous croiser entre acteurs du web d’horizons variés.

 

Crédit photo : Mobile Monday Amsterdam Business Model Canvas par marcfonteijn – licence CC-by-nc-sa

Opportunité pour la motivation et pour la formation tout au long de la vie : les badges ouverts

Jusqu’à présent, on pouvait gagner des badges dans un jeu, sur un site précis, pour le fun ou pour la gagne. Et puis, si on voulait faire quelque chose d’équivalent ailleurs, il ne nous restait plus qu’à recommencer.

Moins facile à obtenir, un diplôme ou un certificat, donne droit à un document unique, dont il est difficile (voire impossible) d’obtenir une copie. Pour pouvoir démarrer, il est nécessaire de passer par une évaluation des diplômes précédents. Pour obtenir des crédits dans une autre université, il est nécessaire de faire valider son parcours par son université d’origine.

Ensuite, la validation des connaissances ultérieures s’avère compliquée, et la formation tout au long de la vie (FTLV) pourtant affirmée comme indispensable dans le cadre d’un rallongement des carrières, passe souvent par un processus complexe.

Aucun rapport entre tout cela ? Et pourtant, il s’agit bien de valider par un organisme extérieur l’acquisition de connaissances, voire de compétences et de pouvoir les valoriser auprès de tiers pour continuer Son parcours propre (et librement choisi).

Pour faciliter cette construction, pour permettre à chaque institution, à chaque site de proposer des badges (cela recouvre aussi bien un passage de niveau dans un jeu, qu’un niveau d’acquisition de connaissances sur un site didactique, qu’une UV ou un diplôme dans une université prestigieuse), la fondation Mozilla propose Open Badges, une infrastructure complète, ouverte et décentralisée permettant aux institutions et aux sites de délivrer des badges et de les valider, aux personnes de les accumuler, et de les afficher.

On voit bien l’intérêt pour permettre aux personnes de se construire des courses au trésor de badges, facteur de motivation reconnu auprès des jeunes. L’aspect ludique, validation d’acquisition avec des retours tangibles est une option intéressante pour outiller l’évaluation formative et la ludifier. En tout cas dans le domaine de l’apprentissage de la programmations cela marche, avec 500 000 inscrits en un mois à la Codacademy. C’est un facteur de motivation étonnant pour nos jeunes.

De manière plus professionnelle pour permettre de développer ses compétences tout au long de la vie, l’idée est également séduisante. Une telle infrastructure doit permettre à chacun de valoriser des parcours plus personnels, et de les justifier auprès d’employeurs potentiels. Cela devrait permettre à terme d’ouvrir les curriculums pour plus de flexibilité, de faciliter les équivalences internationales, et de permettre de valider simplement les acquis.

On peut également imaginer des sites de validation et de certification indépendants. Smarterer en est un prototype, en permettant des valider des connaissances d’outils du Web qui peuvent intéresser des entreprises (en tout cas, c’est leur discours: "show what you know"). La question de la reconnaissance sera centrale, dès les effets de mode et d’essai passés.

J’avoue que l’idée de mélanger médailles de jeu, et diplômes dans le même pot commun m’a fait tout drôle et en suivant les différents liens sur les OpenBadges, j’ai parfois eu l’impression de tomber sur des jeux (sérieux;-) ) pour gamins. Mais après tout pourquoi pas, le Web regorge de systèmes où l’on trouve de tout, les croisements permettant d’ouvrir de nouvelles opportunités.

Bien entendu, cela n’empêchera pas de construire des portfolios, pour valoriser des expériences plus personnelles, et professionnelles, tout en mettant de l’humain dans le système.

Si vous êtes tentés, il est d’ores et déjà possible de délivrer des badges (voir : Open Badges: Want to Make Your Own Badges by Hand? Here’s How). Les pin’s numériques vont ils devenir à la mode ? Quand on voit le succès des twibbons affichés pour toute sorte de cause, on peut le penser. Surtout si ces insignes font sens.

Un vraie opportunité pour soutenir la motivation, une solution ouverte pour la certification tout au long de la vie, un moyen pour les institutions de se faire reconnaître. Une bonne solution technologique qui peut devenir une cause à soutenir.

Crédits photos :

Techlaration badge par Lucius Kwok – licence CC-by-sa

Badges & pins par david roessli – licence CC-by-nc-sa

une question américaine : comment faire de l’argent avec des MOOCs?

Cet article vient de sortir et fait le buzz : Comment faire de l’argent avec les MOOCs ? Typique du fait que les universités et le domaine de l’enseignement supérieur sont là bas des entités à but lucratif. On n’en est pas là en France, comme le rappelle Thot Cursus.

Mais tout de même, les subventions des universités, des établissements supérieurs publics en général, sont liées au nombre d’inscrits. Si un jour des MOOCs s’ouvrent dans le cadre d’établissements supérieurs français, c’est sans doute dans ces termes que la question se posera.

En attendant, nos amis américains se demandent comment monétiser une offre de type MOOCs. Quatre pistes sont détaillées dans l’article :

  • Vendre des certificats. On parle de quelques dizaines de dollars. C’est une rentrée possible, mais clairement insuffisante pour déclencher la joie des investisseurs ;
  • Se positionner en Chasseur de têtes pour permettre aux entreprises de recruter les meilleurs. Nettement mieux (on parle de 15 000 $ par recrutement), avec en bonus la possibilité de donner accès aux courbes de réussite. Par contre, cela ne marche que pour les entreprises privées, et reste aléatoire. En passant, on pourrait faire remarquer que cela ne permettra d’ouvrir que des cours dont les compétences sont directement monnayables, mais ce n’est visiblement pas le problème de nos analystes américains ;
  • Vendre services complémentaires : accès à la bibliothèque, tutorat, et autres aides pour apprendre … Là pour le coup, le marché de l’aide existe déjà en France. Mais cela ne vaut que pour des MOOCs qui proposeraient des cours classiques universitaires. Peut être pour ces entreprises peut on voir une possibilité d’offrir un service pour accéder aux MOOCs américains ;
  • et finalement, on pourrait envisager de proposer des événements pour les abonnés de type premium. Les auteurs imaginent de proposer cours, ateliers … dans les différentes villes du monde. Les professeurs se retrouveraient alors à aller donner des conférences aux quatre coins du mondes. Pourquoi pas, mais là l’avantage est du coté des universités qui ont développé une marque, comme le MIT ou Stanford.

Ces modèles sont intéressants car ils montrent bien l’imagination des américains pour explorer des modèles économiques viables. Il est d’aillerus amusant de voir que l’on ne parle que des MOOCs gravitant autour des universités les plus connues, pas des MOOCs plus ouverts dans leurs apprentissage. Trop libres sans doute.

Par contre, cela ne se transfère pas du tout de ce coté de l’Atlantique.Ce n’est pas grave, l’approche budgétaire n’est pas forcément centrale ici, puisqu’il existe d’autres modèles de diffusion. La question reste pour nous de trouver des modèles attractifs pour les participants, mais aussi de convaincre de la pertinence d’une telle approche ouverte.

 

Crédit photo : Heads up! par eltpics licence CC-by-nc

MITx l’initiative e-learning du MIT

Le MIT a annoncé le 19 décembre le lancement d’une initiative sur le online learning (apprentissage en ligne, souvent appelé par chez nous e-learning) appelée MITx.

L’objectif de cette initiative est de proposer un ensemble de cours en ligne sur une plate forme interactive :

  • permettant d’organiser et présenter des cours permettant aux étudiants d’apprendre à leur rythme ;
  • mettant en avant interactivité, expérimentations en lignes et communications entre étudiants ;
  • permettant l’évaluation individuelle du travail de l’étudiant et la délivrance de certificats délivrés par MITx ;
  • basée sur une infrastructure open-source, passant à l’échelle, qui soit extensible et utilisable par d’autres institutions.

Cette initiative va bien plus loin que l’Open Course Ware bien connue, puisqu’il s’agit :

  1. de proposer des certificats d’aptitude en ligne ;
  2. de proposer une plate-forme, un LMS, qui intégrera les derniers résultats de la recherche en éducation : tuteur en ligne, apprentissage automatique…

Elle semble largement basée sur l’automatisation des apprentissages, avec une dimension d’apprentissage entre pairs.

On s’achemine vers un modèle à la Open University où le contenu est disponible gratuitement en ligne (sous forme de ressources éducatives libres, puisque l’initiative OCW se poursuit) , mais (c’est une hypothèse car non spécifiquement écrit, mais réaliste vu les modèles économiques américains) dont l’obtention de crédits serait payante. Les universités en ligne se développent largement dans les pays anglo-saxons. Il n’y a pas grand monde dans le paysage français qui se positionne franchement à ce niveau pour l’instant. Nos amis québécois ont au moins la TELUQ. Nos universités thématiques, en ne se posant qu’en portail de contenu, ne s’associant ni équipes d’enseignement, ni équipes de recherche ne peuvent prétendre à prendre ce créneau.

En tout cas le MIT passe la vitesse supérieure et cherche à former des millions d’étudiants à travers le monde.

La plate forme devrait être lancée au printemps 2012.

 

PS : merci à Nicolas Jullien pour le lien

Crédit photo : MIT par Live, Love, Cupcakes, licence CC-by-nc-sa

Le numérique en classe : moins cher que le stylo !

On annonçait cette semaine un PC à moins de 20 euros, c’est à dire moins cher que la moindre calculette de nos enfants, que chaque famille est pourtant obligée de payer. Certes sans écran, mais quand même…

Bon considérons qu’il faille un vrai portable, une tablette ou un équipement de ce type, en y intégrant une assurance. Comme il doit être facile de faire des commandes groupées, on va tomber dans les 250- 300 euros. Il n’y a certainement pas besoin d’une machine extraordinaire au collège ou au lycée, il y a peut être moyen de descendre en dessous. Ça c’est pour les coûts.

Coté économies, le premier poste auquel on pense, ce sont les livres papiers qui peuvent devenir naturellement numériques et donc moins chers pour pleins de raisons : d’abord l’édition peut faire de nombreuses économies qui devraient logiquement se retrouver dans le prix final. Par ailleurs, ce passage au numérique peut encourager le développement de ressources éducatives libres qui peuvent permettre d’autres réductions (sans parler du reste). Ces coûts sont aujourd’hui supportés par la collectivité, mais peuvent en tout cas équilibrer une partie du prix (voire entièrement).

Second poste d’économies potentielles : le prix des fournitures scolaires supporté par les familles. On parle de 150 € chaque année. Parmi cela une soixantaine d’euros va dans l’équipement pour le sport. Disons qu’il y a encore une vingtaine d’euros pour des équipements comme les arts plastiques. Reste 70 € pour les cahiers, classeurs, crayons, gommes …. Sur 3 ans : 210 €, presque la valeur du PC précédemment cité.

Tout cela pour dire qu’en couplant un effort public et une participation des familles équivalente ou moindre qu’actuellement, on doit largement pouvoir financer des équipements numériques pour tous.

Bon, je force un peu le trait, c’est vendredi soir. Et je sens que le chiffrage exact me prendrait trop de temps (et est-il indispensable?) Cette réflexion me vient en fait d’une lecture d’un article de Steve Wheeler sur les technologies pour 2020 (en anglais) dans lequel il considérait que les technologies numériques deviendraient aussi naturelles que le crayon et le stylo le jour où elles seraient aussi abordables. Sauf que … un ordinateur ne remplace pas que le stylo, mais aussi la feuille sur laquelle on écrit, le livre que l’on consulte, la calculette pour le cours de maths, et j’en oublie.

D’où ce petit calcul, pour arriver à la conclusion, que si on le voulait, il serait possible d’équiper tous nos enfants dès la rentrée. L’obstacle n’est pas financier.

Vous n’y croyez toujours pas ? Quel est le taux d’équipement de téléphones mobiles ? 89 % au niveau du lycée en 2010! Or un mobile aujourd’hui c’est la puissance du PC d’il y a disons 5 ans. Et à cette date, on pouvait déjà faire tenir toutes les applications nécessaires pour une formation de ce niveau dans n’importe quel PC du commerce.

Si en plus, on se pose la question en termes de rééquilibrages des sommes engagées entre l’équipement à la maison, le cartable, et l’équipement dans les établissements, il doit y avoir moyen de dégager des économies et de réduire l’empreinte carbone.

Non décidément, l’argument de ne pas passer au numérique pour des raisons de prix ne tient pas.

La question est ailleurs :

  • Définissons ce que pourrait être un cartable numérique (j’entends un équipement qui prenne la place du contenu du cartable), entre parents, pédagogues, éditeurs. Il sera sans doute plus solide, à l’image de la calculette sur laquelle plus personne ne se pose de questions et qu’il remplacera élégamment ;
  • Formons les enseignants, permettons leur de s’approprier cet outil ;
  • Ne laissons pas les politiques décider d’investir au coup par coup tel ou tel établissement en fonction de la mode du moment. Équipement qui est alors imposé aux enseignants et qui ne savent alors pas quoi en faire. Mais demandons leur d’être volontariste et de définir un plan ambitieux qui revisite les modes de financement de toutes les fournitures et autres livres à l’école, et qui surtout accompagne les premiers intéressés à savoir les enseignants ;
  • et finalement abordons la dimension de l’équipement numérique dans sa globalité. Pas d’un coté l’école, de l’autre la maison, et du troisième la réduction de la fracture numérique.

Bref, définissons ensemble le remplaçant de la calculette, et des autres fournitures.

Cet équipement serait solide comme une calculette, communicant et mobile comme un smartphone, grand et tactile comme une tablette. Peut être l’écran de lecture serait « fixe » pour un confort de lecture. De manière amusante le projet OLPC (One Laptop Per Child ou un portable par enfant) a été défini pour les pays émergent, pourquoi ne peut on penser un OLPC pour nos contrées ?

Au fait l’ordre de prix d’un OLPC c’est entre 75 et 130$…

Crédit photographique : OLPC flat Par dnwallace licence CC by nc SA

NB : Cet article a été rédigé comme contribution au débat pour le colloque Le numérique pour changer l’École du 18 mai 2011. Publié initialement sous licence CC-by, il a été repris sur le site du colloque, sur la plate forme citoyenne Educavox, et sur @-brest.

Tous les ingrédients pédagogiques d’un startup weekend

Olivier Ezratti, conseiller pour entreprises high-tech, nous livre tous les ingrédients d’un Start Up week end réussi : l’intérêt de s’adosser à une « marque », l’importance du mixage de cultures, de la présence de mentors … l’article ? La force pédagogique des startup weekends !

On y trouve des vidéos prises sur le vif d’intervenants (vidéo ici faite par Simon Robic sur le financement des startups), la référence à droite sur le Guide de l’Accompagnement des Star­tups High­tech en France, qui m’a l’air tout à fait passionnant au premier survol (et en Creative Commons, ce qui ne gâte rien). Bref, plein de matière pour ceux qui sont intéressés par le sujet. Des ressources éducatives si je reprend ma casquette d’enseignant.

Il insiste donc sur la dimension pédagogique des ces événements, ce que je soulevai ici. Le point qui me paraît particulièrement intéressant, c’est qu’il montre la complémentarité des apprentissages de chacun dans son rôle propre. Du partage, de la confrontation, du coté théâtral (unité de lieu, de temps et d’action) nait une situation particulièrement riche. Et c’est en augmentant la diversité que l’on augmente la richesse de l’expérience.

Un dernier point particulièrement sympathique dans cette communauté, c’est son caractère positif et fonceur. Il s’agit juste d’y aller, d’y croire et de s’accrocher. Belle leçon de vie. J’espère qu’elle se retrouvera dans l’Innovation Camp de cet été dans lequel 2 équipes d’élèves de l’école ont été sélectionnées.

Quel curriculum pour l’innovation ?

« Qu’est-ce qui doit être enseigné ? Comment en décide-t-on ? Quelles formes cela peut-il prendre ? De nombreux pays accordent de plus en plus d’importance à ces questions, au sein de leurs politiques éducatives. » Cette introduction du dernier numéro de la Revue Internationale d’éducation de Sèvres paraît être une évidence. Sauf que l’on apprend juste après que c’est un outil absent en France. Et que ce qui doit être enseigné ne va pas de soi.

Et effectivement, deux autres articles vus cette semaine montrent bien que même le positionnement ne va pas de soi. D’une part le Monde Diplomatique annonce que « En Europe, (ce sont) les compétences contre le savoir », c’est à dire que le socle minimal doit permettre une employabilité de tous en garantissant « dynamisme et flexibilité ». La réussite de tous est en fait une maitrise minimum, la « surqualification » actuelle est alors une perte d’argent puisque tous n’auront pas besoin d’être qualifiés (ni donc trop payés). L’article cite Claude Thélot, président de la commission du débat national sur l’avenir de l’école, reprit la même thèse dans le rapport remis en 2004 au ministre de l’éducation François Fillon : « La notion de réussite pour tous ne doit pas prêter à malentendu. Elle ne veut certainement pas dire que l’école doit se proposer de faire que tous les élèves atteignent les qualifications scolaires les plus élevées. Ce serait à la fois une illusion pour les individus et une absurdité sociale, puisque les qualifications scolaires ne seraient plus associées, même vaguement, à la structure des emplois (6). »

La « société de la connaissance » ou la « nouvelle économie » resteront réservées à une élite. L’université pourra utilement se poser la question de quelle est la dimension de cette élite. L’école pourrait se poser de la pertinence de développer des enseignements différenciés pour permettre au plus tôt de différencier le bon grain de l’ivraie. Sauf que cela pourrait reposer de manière aigüe le problème de l’équité de l’éducation.

Et en effet, on peut poser le problème du socle commun de manière très, très différente. Emmanuelle Erny-Newton a trouvé un excellent argumentaire dans sa trilogie « la Fabrique de Citoyens : LibertéÉgalitéFraternité » Sa série démarre sur une réflexion de Joel Westheimer [vidéo, en], professeur à l’Université d’Ottawa :

« Imaginez que l’on vous bande les yeux et qu’on vous expédie dans un tout autre point du monde. Pour les besoins de la démonstration, imaginons que rien, dans l’apparence ni le langage des gens, ne vous permette de deviner où vous pourriez être.
On vous emmène dans une classe ; on retire le bandeau de vos yeux, et vous observez le déroulement de la leçon.
À partir de cette observation, seriez-vous en mesure de deviner si vous vous trouvez dans un pays démocratique, ou dans un pays totalitaire ? »

Je vous laisse découvrir la suite, c’est à ne pas manquer.

En fait la question se pose également au niveau de l’enseignement supérieur. Prenons l’innovation, qui est dans tous les rapports. Prenons les exemples donnés à nos élèves ingénieurs. Voulons nous des spécialistes du transfert des découvertes des laboratoires de recherche comme on nous le dit dans un certain nombre de publications récentes (voir par exemple Adapter la formation de nos ingénieurs à la mondialisation) ? Cherche-t-on à développer des as du business qui développeront le prochain Facebook ? Veut-on des citoyens qui puissent répondre aux besoins sociaux, comme le propose l’initiative Imagination for People qui cherche à valoriser ces innovations « disruptives » ?

Ou cherchera-t-on simplement à présenter des possibles pour permettre à chacun de trouver la place qui lui convient et à s ’épanouir dans une société qui ne l’oublions pas devra être durable ?

crédit photo : Innovation par Seth1492 licence CC-by

Ernest, raconte moi une histoire

Ou comment construire son business innovant à l’heure d’Internet

Petite discussion aujourd’hui avec un bon ami, sur les moteurs de l’innovation, sur les changements liés à Internet, et sur les méthodes pour convaincre. A la clé, un petit ensemble de références accessibles pour qui voudrait comprendre quelque clés concernant l’impact d’Internet sur le montage d’un nouveau business.

On a parlé du livre de Lawrence Lessig, Free Culture ou Culture libre en français, de celui de Chris Anderson, Free, pour les idées globales racontées au travers  d’histoires, d’anecdotes, sur le mode de la conversation, et finalement généralisées. Indispensables pour aborder les nouveaux modèles économiques et les droits liés. On y trouve les concepts principaux : le problème des droits d’auteurs et les équilibres liés,l’économie de l’attention, le modèle du gratuit

Le livre collaboratif "Business Model Generation" a été évoqué pour sa vue globale pour définir la structure d’une entreprise, et définir son modèle éconmique. Un Must, semble-t-il.

Autre étape importante pour développer son entreprise : convaincre. Que ce soient des futurs partenaires, des futurs clients ou des décideurs, le challenge est d’accrocher son auditoire, et de lui laisser une "image" pour la suite.  On a donc parlé du livre "Convaincre en 2 coups de crayons" qui propose une méthode basée sur la production de petits schémas simples et clairs. Le livre de Lessig est convaincant notamment au travers de ses schémas simples et synthétiques. L’heure est au schéma marquant, explicite, synthétique, ciblé pour construire et expliquer son argumentaire. A l’heure de l’économie de l’attention, il faut aller à l’essentiel.

Et cela se traduit au niveau des modes de communication. Les vidéos aux chiffres et idées clés fleurissent pour la prise de conscience, mais pour expliquer un élément un peu complexe la démarche de CommonCraft, qui privilégie les explications au travers de schémas dynamiques en 3 minutes reste inégalée.

Quoique, pour les grandes idées, le format de TED : une personne présente une idée révolutionnaire en 18 minutes, et sa vidéo est retransmise sur le web fait des émules. l’ENS d’ULM propose ainsi ses Ernest, pour diffuser la connaissance. Puisque l’on est dans l’innovation, la compréhension des modèles économiques et les changements dus à Internet, deux vidéos "introductives" peuvent retenir l’intérêt.

A noter à titre d’exemple de l’importance de l’image la démarche de ces 2 orateurs. Pierre Bellanger construit son support sur des croquis simples et des idées clés, qui résument son discours. Serge Soudoplatoff lui se contente d’un  tableau dynamique de compteurs ( de Gary Hayes) qui résume l’impact d’Internet au travers de l’évolution les chiffres clés le temps de son discours, et qui reste derrière lui le temps de son intervention.

Voilà donc un début de petite bibliothèque pour mieux apprendre à construire dans le monde du début du XXIème siècle. En tout cas un contexte indispensable à comprendre pour le domaine de l’innovation.

Fish in water by Mc Beth - licence CC sur flickr

Concernant l’enseignement, les impacts sont :

  • les éléments à comprendre pour le futur ingénieur ;
  • l’impact du problème des droits d’auteurs sur la diffusion des ressources éducatives (libres notamment).
  • l’approche d’outils plus pertinents pour faire passer des concepts auprès des élèves.

Mais les deux derniers points feront l’objet de billets ultérieurs :-)

Les inscriptions à la P2PU sont ouvertes

Les inscriptions à la P2PU sont ouvertes aujourd’hui – venez choisir vos nouveaux cours

Traduction de l’article « P2PU Sign-up opens today – come and get your new courses! », par rebeccakahn du 26 août 2010.

La Peer 2 Peer University (P2PU : Université Pair à Pair) vient d’annoncer aujourd’hui l’ouverture de son troisième cycle de cours libres en ligne. Un nombre croissant de cours spécialisés dans des domaines allant de la gestion de cours collaboratifs jusqu’au trafic des êtres humains.

La P2PU est également heureuse d’annoncer le lancement de la P2PU School of Webcraft (école P2PU des métiers du web), mené en collaboration avec la Fondation Mozilla. L’école des métiers du Web est une nouvelle manière d’apprendre le développement sur les standards ouverts du web dans un environnement collaboratif. Les cours de cette école incluent « Débuter avec les services web Python » ou HTML5.

Toutes les classes sont universellement accessibles, gratuites et alimentées entièrement par les apprenants, les mentors et les contributeurs. L’objectif est de créer un système dynamique, guidé par les pairs, donnant un accès facile mondial permettant de bâtir sa carrière sur les technologies web ouvertes.

La communauté P2PU est en croissance et heureuse d’accueillir ces nouveaux cours leurs organisateurs en son sein.

Depuis la dernière série de cours, quelques changements ont eu lieu à P2PU, notamment sur le site P2PU sur lequel a été apporté une révision majeure, le rendant plus simple et plus facile à utiliser que jamais. La communauté P2PU conserve ses principes, de contenus générés par la communauté ouverts et partageables sous licence CC BY-SA.

La communauté P2PU se compose d’un groupe diversifié de personnes. Ils sont écrivains, enseignants, concepteurs, doctorants et autres étudiants diplômés, artistes, spécialistes du droit d’auteur, des scientifiques et des musiciens de blues de la guitare. Surtout, ils sont des apprenants travaillant ensemble pour apprendre les uns des autres.

Inscrivez-vous en ligne en parcourant la liste :
http://p2pu.org/course/list
. La date limite d’inscription est le 8 septembre 2010. Les cours ouvriront d’ici le 27 Octobre. L’inscription à un cours peut nécessiter des informations supplémentaires.

L’initiative P2PU est très intéressante, proposant une vraie communauté d’apprentissage, basée sur des productions ouvertes à tous. Cela dit pour l’instant la P2PU est uniquement anglophone. Faut-il envisager une déclinaison francophone ?

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