Point européen sur les MOOCs

L’EPFL a pris les devants et organisé « dans l’urgence » une réunion des acteurs autour des MOOCs en Europe. Réunion sur invitation, par manque de place nous a-t-on assuré, avec comme objectif d’organiser une conférence ouverte sur ce sujet, j’ai eu la chance de participer à cette première du genre. Pierre Dillenbourg et son équipe ont bien fait les choses. Efficaces et sympathiques, ces gens ont du talent. Leur centre sur l’éducation numérique, hébergé dans le Rolex Learning Center mérite la visite.

Ouverture à deux voix entre Karl Aberer et Pierre Dillenbourg qui ont détendu l’atmosphère, tout en positionnant clairement la nature des débats : pas question d’embellir, de dénigrer, ni de dire qu’il n’y a rien de nouveau, rester dans une ligne concrète. C’est un réseau d’échanges qui démarre ici. Un chiffre en passant : 70% des élèves qui ont suivi un MOOC à l’EPFL annoncent qu’ils préfèrent cette modalité.

Dans la foulée, nous avons fait un tour d’Europe avec un récapitulatif rapide par pays des MOOCs ouverts, en préparation et des initiative d’entreprise. Plutôt riche, l’Allemagne et l’Espagne paraîssent très dynamiques, avec notamment des nouveaux portails comme Iversity ou Difundi (basé sur OpenMOOC:-) ). 13 pays étaient présents. La situation en France a pu paraître confuse à l’assemblée. Notons d’ailleurs que la délégation française était particulièrement nombreuses, avec des établissements prestigieux qui ont, ou non pas encore, annoncé officiellement leurs projets (et qui sont restés excessivement discrets), avec des chercheurs (CNRS et INRIA), avec des associatifs, avec l’AMUE et autres associations, et avec deux industriels dont Orange qui continue à affiner et à affirmer son projet. En tout cas, jetez un coup d’œil sur ce tour d’Europe.

Deuxième volet de présentations, les associations supra-nationales (européennes) qui n’ont pas encore de position affirmée sur le sujet, excepté Fred Mudler (chaire Unesco sur les OER et EADTU, qui a monté le portail Openuped) qui considère que les MOOCs sont un outil pour faire avancer l’Open Education.

Nous sommes ensuite passés à un panel assez complet de représentants des portails, censés nous présenter leur stratégies et leurs modèles pour eux et leurs partenaires : Coursera, edX, Google, FutureLearn, MiriadaX, Defundi et IMC. Présentation dynamique et salve des questions de la salle. EdX, terriblement convaincant, réaffirme son coté « non profit », en soulignant que les cours sont partagés entre les partenaires, que le code est libre, et disponible, que leur but est d’améliorer les campus. En tout cas, ces partenaires ont été très présents, ainsi qu’Orange.

IBM, Cisco, F-Secure étaient pour leur part venus prendre la température.

Le lendemain matin, séparation en 4 groupes : « europeanism or platformism », « Bologna2.0 ? », « University strategies », « disruption or Continuity ? » – nos hôtes ont le sens des titres chocs.

Le groupe « europeanism or platformism » a convenu de l’importance d’avoir plusieurs plate-forme et modèles économiques, de l’approche ouverte, de la collaboration, de l’intérêt d’avoir des cultures multiples et du caractère vital de l’éducation. La proposition de ce groupe est de développer rapidement un portail mettant en avant les MOOCs européens, fédérant les plate-formes européennes.

« Bologna2.0 » semble dire qu’il va de soi que des crédits ECTS puissent être échangés, mais qu’il est difficile d’aller plus loin (trop difficile par exemple de développer des centres d’examens de MOOCs). On espère plutôt des progrès sur l’évaluation en ligne. Notons en passant la proposition, faite la veille, de l’EPLF d’échanger des informations pour permettre à des élèves d’une université de suivre un MOOC et passer les examens.

« University Strategies » nous donne comme idées : que les amphis sont morts, que la valeur ajoutée des campus est bien l’expérience de vie et les échanges qu’il permet. Il rappelle (et cela a été dit à de nombreuses reprises) que les MOOCs visent d’abord l’apprentissage tout au long de la vie. Il considère également que le curriculum doit rester de la responsabilité des universités, pas des personnes, ni des entreprises, mais les raisons ne m’ont pas paru convaincantes. Dernier point évoqué, la possibilité de synergies entre établissements au travers de l’infrastructure et de la mise en place de mécanismes d’interopérabilité.

Je n’ai retenu de « Disruption or continuity ? » encre une fois que le fait que la formation tout au long de la vie était une opportunité pour les MOOCs.

La dernière partie de cette rencontre a donc été consacrée à un échange sur cette future première conférence européenne sur les MOOCs : ce sera donc à Lausanne, vraisemblablement en janvier 2014, avec des temps de rencontre, d’échanges, une journée préalable de tutoriaux, et 4 sessions en parallèle : politique, retours d’expérience, recherche, et business. Il y aura également des temps pour apprendre à construire son propre cours. Rendez-vous pris début 2014 (date à confirmer).

Et pour finir, une question posée plusieurs fois : et vous, comment vous positionnez vous dans 5 ans dans une offre de cours ouverts ?

Crédit photo : Rolex Learning Center par nicolasnova – licence CC-by-NC

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Plate-formes de MOOCs, déjà la seconde génération

Certains découvrent à peine le phénomène MOOC (si nécessaire lire un résumé de l’année américaine 2012) mais aux États Unis on en est déjà à la saison 2.

Au niveau des plate-formes/startups, Novoed met en avant collaboration, travail en groupes, entre pairs pour améliorer les taux de poursuite dans les MOOCs. Si certains MOOCs l’ont déjà pratiqué (par exemple Learning Creative Learning ou Designing a New Learning Environment), il s’agit bien ici de l’intégrer à part entière dans la plate-forme proposée par cette nouvelle startup issue de Stanford, et d’en faire sa valeur ajoutée.

Au niveau des activités, ici aussi une nouveauté intéressante : Introductory Physics I with Laboratory nous propose d’exploiter les vidéos de notre téléphone pour faire des TP avec des données issues de notre propre environnement. Après l’environnement Python de Udacity, l’éditeur de circuits électriques de edX, on voit poindre une dimension « mobile learning »/BYOD/AVAN qu’il conviendra de suivre.

Coté Europe, si les portails institutionnels ne sont pas encore satisfaisants, signalons deux initiatives originales :

  • La commission ‘européenne a lancé une initiative Academic Cube, qui, si elle n’est pas très MOOC, a par contre le mérite de proposer une vision systémique pour une adéquation entre marché de l’emploi et formation en ligne dans le domaine du numérique ;
  • Dans une démarche très startup, iversity, plate-forme qui nous vient de Berlin, a lancé un concours pour supporter la production de 10 cours et propose aux internautes de contribuer au choix des heureux gagnants parmi les 200 et quelques candidats. Bien vu pour l’entreprise pour identifier les meilleurs cours, et espérons le pour créer une saine émulation ;

Plateformes, prise en compte de la dynamique de groupes et de pairs, élargissement des activités proposées aux participants, ouverture vers la formation tout au long de la vie, crowdsourcing, les acteurs des MOOCs intègrent une à une les dimensions de l’âge de la multitude.

Crédit photo : 703. L’éducation suffit-elle ? par un singe qui parle – licence CC-by-nc-sa

MOOC en français, où en sommes nous ?

Il y a eu beaucoup d’agitation en France autour de l’acronyme MOOC et du mouvement lié aux États-Unis.

Rappelons d’abord que c’est bien le nombre d’inscrits à ces cours (par milliers ou dizaines de milliers par cours) qui a retenu l’attention. Notons également que le mouvement pour décoller est passé par quelques étapes clés : d’abord l’initiative d’enseignants qui ont choisi d’ouvrir l’inscription à leur cours sur Internet, ensuite ces mêmes enseignants ont créé des portails suscitant et regroupant une offre visible, chaque cours étant accessible en 1 clic, avec comme affichage : 1 sujet attirant, 1 vidéo de présentation, 1 professeur et/ou un nom d’université.

Ces cours ouverts s’appuient donc sur un cours, souvent existant, présentés pour encourager l’adhésion, et mis à disposition de manière visible pour être trouvés facilement. Cette approche propose un mouvement nouveau d’offre de cours rendant l’accès à la connaissance plus facile que jamais à tous les internautes.

Où en sommes nous donc de ce coté de l’Atlantique ? (Je me concentre ici sur ce que je connais mieux, à savoir la France, mais les tribunes de Mario Asselin me laissent penser que la situation n’est pas très différente au Québec)

Du coté des enseignants, nous avons eu trois MOOCs proposés : ITyPA (Internet Tout y Est Pour Apprendre) dans lequel les promesses étaient de mieux maîtriser les dynamiques du Web pour apprendre et de découvrir une modalité appelée connectivisme, GdP (Gestion de Projet) dans lequel la promesses était d’obtenir un certificat lié à la maîtrise des techniques de gestion de projet, et l’introduction aux réseaux cellulaires proposé avant tout à des élèves ingénieurs (de Télécom Bretagne) sur une plateforme dédié aux MOOCs hébergée localement et permettant aux participants de partager ce cours d’école. Bref, on trouve ici une poignée d’innovateurs, tous d’accord sur cette volonté de diffusion de la connaissance.

Ces trois cours ont suscité l’intérêt mais pas encore un mouvement, peut être parce que ces cours n’émanaient pas directement d’établissement aussi emblématiques que Stanford ou le MIT. Peut-être aussi parce qu’il fallait être attentif pour apprendre leur existence, et les retrouver sur leurs sites respectifs sur Internet.

Deux écoles, nos amis suisses de l’EPFL et des collègues de l’école Polytechnique ont choisi de profiter des portails/plate-formes américaines pour se faire la main. L’EPFL a ainsi acquis une expérience sur des cours de quelques dizaines de milliers d’inscrits. Pour Polytechnique, rendez-vous à la rentrée. Passer par un tel portail/plate-forme facilite le montage d’un MOOC, et surtout garantit une audience importante. C’est donc une bonne tactique pour démarrer un mouvement de MOOCs francophone, mais intimement liée aux visions des hiérarchies américaines. Coursera a comme politique de choisir les 5 meilleures universités par pays (selon quel classement ? Je n’aimerai pas être dans la 6ème). C’est un modèle de développement cohérent pour une entreprise, pas pour une zone linguistique. Parmi les autres limites, citons : être lié à une solution de plate-forme non choisie, accord par université, et surtout non contrôle des données d’apprentissage.

Coté portail, du coté de l’Europe, on a l’impression d’une main mise des Open-university : FutureLearn coté anglais a été initié par l’Open-University et OpenUpEd est finalement principalement un regroupement des ces universités ouvertes, à tel point qu’on se demande pourquoi le ministère de l’enseignement supérieur de la recherche y participe. Quel est le problème me direz-vous ? Eh bien, on assiste à une mise en coupe des MOOCs par les spécialistes de l’enseignement à distance, qui ne font qu’essayer de récupérer le mouvement en reproduisant leurs règles : des contenus libres et une inscription payante. Pour rappel, c’est justement parce que les cours étaient issus de cours d’universités présentielles, et que l’inscription est gratuite que le mouvement s’est déclenché. Je ne dirai rien sur l’ergonomie du site, ne permettant pas de recherche particulière (pas de date, de catégorie …), tout en anglais pour présenter des cours dans de nombreuses langues européennes.

Et pourtant de nombreuses annonces de MOOCS d’universités mériteraient d’être rendues visibles, fédérées pour permettre aux différentes initiatives d’être connues.

Mais surtout le problème reste d’inviter de futurs participants francophones à apprendre. C’est le prérequis indispensable qui semble souvent oublié. Chaque professeur qui voudra créer son cours sous forme de MOOC devra se poser la question de ce qui donnera envie à quelqu’un de l’extérieur de son établissement de suivre son cours. La multitude des participants à des MOOC francophones reste à créer

Et aujourd’hui pour recueillir des participants, soit il faut faire une grosse campagne de publicité (les innovateurs de ITyPA et GdP ont fait cet effort), soit faire partie des happy few admis par Coursera ou edX. Il n’y a pas encore d’alternative.

Crédit photo : Grabbing some sushi in Vegas – par Stuck in Customs – licence CC-by-nc-sa

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Écologie des MOOC, une belle diversité

Certains auteurs regrettent une standardisation des cours en ligne dans cette course à copier le modèle MOOC des universités américaines . Et pourtant dès la reprise de l’acronyme par les universités américaines, il y a eu deux modèles très différents entre la mise en ligne de cours d’universités (que l’on a appelé des xMOOCs) et la formule pronée par les canadiens autour de la notion de connectivisme basé sur l’idée que l’apprentissage est un parcours social au cœur d’une abondance de ressources sur Internet (dit aussi cMOOC). Le seul caractère commun entre ces deux manières d’apprendre étant que les cours sont ouverts et sans limitation de nombre d’inscrits (d’où l’idée de masse).

Et depuis cela, chaque chercheur, chaque concepteur de cours ouvert cherche à qualifier des variantes de cours. La première a été le cours basé tâche pour essayer de caractériser le cours ds106 sur la culture des medias. On en trouve d’autres, comme par exemple le pMOOC (pour MOOC en approche par projets). L’éveilleur attire notre attention sur un article de blog qui nous propose une taxonomie de 8 formes différentes. Bref, une belle variété pour un monde soit disant standardisé.

Que se passe-t-il en fait ? Il y a en effet un mouvement important de mise en ligne de cours standards d’universités américaines, qui si on ne regarde que cela et que les cours venant par exemple du domaine informatique peuvent donner une impression d’uniformisation.

Mais en même temps cette ouverture des cours repose beaucoup de question : sur la forme de la transmission, sur la gestion du passage à l’échelle des inscrits, sur les dynamiques sociales possibles grâce au nombre d’inscrits, sur comment rendre des activités possibles pour des publics variés, sur la nature des activités pertinentes en fonction des apprentissages. Cette variété est renforcée par la diversité des disciplines qui sont maintenant proposées, et par la volonté de différentiation de chaque porteur de projet MOOC. On est donc bien dans une période d’intense expérimentation, tant sur les formes de présentation, les types d’activités, le déroulement, l’autonomie des apprenants. La problématique de développement d’esprit critique apparaît clairement au travers d’approches de controverses, mais aussi dans le connectivisme, et dans les cours sur la créativité. Gageons que le développement des compétences de tous nécessitera la plus grande diversité d’approches possibles.

Pour aborder cette diversité, Matthieu Plourde revisite les différentes lettres de MOOC en affirmant que chaque lettre est négociable, ce qui permet d’envisager une variété encore plus importante :

En conclusion de ITyPA, nous avions identifié plusieurs dimensions dites d’ouverture :

  1. Choix des objectifs d’apprentissage, soit par le concepteur du cours, soit par l’apprenant lui-même ;
  2. Choix des ressources, soit définies par l’instructeur, soit constituées collaborativement par les participants. Le contenu du cours est alors émergent. C’est ce qui se passe dans un cours connectiviste ;
  3. Les activités peuvent être proposées ou imposées, guidées ou libres. C’est un paramètre important par rapport à la maturité « numérique » des participants visés. C’est au travers de ces activités que l’on visera l’acquisition de compétences plus ou moins évoluées, plus ou moins engageantes ;
  4. Ces ressources peuvent d’ailleurs être libres ou non ;
  5. Choix de la plate-forme. Le cours peut se tenir sur une plate-forme unique ou sur le web dans son entier ;
  6. Le cours lui-même peut être démarré à l’initiative des participants, sur des plate-formes comme la P2PU.

Bref, cette simple ouverture de l’inscription à tous permet d’en envisager bien d’autres. On assiste actuellement à des variations d’autant plus bienvenues qu’elles sont visibles de tous. Il est certain qu’il y aura à moyen terme une convergence vers quelques modèles qui auront fait leurs preuves. Loin d’une standardisation, nous sommes dans une période d’intense expérimentation.

Essayons, corrigeons, et comparons sans a priori.

Crédit photo : MOOC Poster par mathplourde – licence CC-by

Enseigner dans l’UEBC@mpus : un nouveau défi

C’est le titre de la journée organisée mardi dernier 16 avril, à Rennes par l’UeB. Nous y avons découvert de nombreux services mis en place pour accompagner les enseignants, notamment à organiser des classes ouvertes en ligne (classe virtuelle) ou sur plusieurs site (par visio), qui démontre un savoir-faire certain de notre belle région. Il a été également question de construction de bâtiments pour mieux servir ces dimensions et de nouveaux projets proposés par les enseignants-chercheurs, et financés par l’UeB. On y voit comment le numérique, la maîtrise des données impacte à la fois sur le métier du chercheur, que sur la diffusion des connaissances. L’un de ces projets est bien évidemment notre projet de MOOC sur les risques et aléas pour les sociétés littorales.

Les organisateurs m’ont également demandé une présentation spécifique MOOC, en me proposant le titre de MOOCs, formations en ligne de demain ? J’ai donc abordé la question en montrant sur quels éléments actuels ces cours s’appuyaient:Web2.0, hybridation, collaboration, abondance des contenus. J’ai ensuite développé l’évolution possible du modèle issus des facs américaines, en intégrant les dimensions plus connectivistes, et repris les impacts auxquels il faut se préparer au niveau universitaire.

Par rapport aux présentations précédentes, mes 2 premiers transparents visent à montrer que les MOOCs sont au e-learning ce qu’est le web2.0 au web original.

Crédit photo : How long does it take to learn a meta-skill? 366/138 May 17, 2012 Par ConnectIrmeli – licence CC-by-nc-nd

Le travail collaboratif et les MOOCs

Aujourd’hui, c’est à Brest que je parle de MOOCs dans le cadre d’une journée « apprendre avec le numérique ». Le point d’entrée qui m’a été demandé est de partir du travail collaboratif. Je commence donc sur des exemples de travail collaboratif qui enrichissent l’expérience dans la vie de tous les jours dans la classe, pour ensuite présenter les MOOCs, et me concentrer sur les aspects d’échanges, ce qui va m’amener naturellement au connectivisme:-)

On a parlé dans la matinée de l’importance du multimédia, de la question qui se pose face à des entreprises du softpower comme Coursera. Michel Briand a introduit la journée en parlant de l’importance du phénomène collaboratif, de l’ouverture pour construire une société numérique.

L’ensemble des vidéos de cette journée sont accessibles en ligne. Mon intervention a également été enregistrée.

 

Crédit photo : LabFab_20_fev_12_065 Par flamand_laurent – licence CC-by-sa

le numérique au coeur des espaces d’apprentissage, de la salle de cours au MOOC

Pour sa 5ème édition du "Printemps des TICE", les organisateurs m’ont gentiment invité à venir faire une présentation.

Lors de la préparation, nous avons échangé sur la question des espaces d’apprentissage, les dimensions collaborative dans le numérique, et évidemment de MOOCs tant le sujet est à la mode. J’ai donc cherché à montrer les continuités que l’on pouvait trouver entre le réaménagement des espaces d’apprentissage dans les enceintes universitaires et les tensions que l’on retrouve entre xMOOCs, transcription numérique des amphithéâtres rendus un peu plus interactifs, et les cMOOC basés sur l’échange et la communauté comme on peut les retrouver dans les tiers lieux. Parmi les sujets du numérique, je trouve passionnant ces influences croisées entre espaces numériques et espaces physiques.

Les participants ont pu expérimenter pendant cette présentation une prise de notes collaborative sur framapad.

 

Pour ceux qui préféreraient une version vidéo, Paris I a publié un enregistrement vidéo des échanges.

crédit photo : Faculdade de Direito de Paris / Law School at Paris par Marcio Cabral de Moura licence CC-by-nc-nd

MOOC une innovation de rupture ? point de vue économique

Le diaporama ci dessous me semble être une analyse assez poussée sur le sujet. Je le dépose donc sur mon blog, car il regroupe pas mal de données instructives.

Un MOOC pour alimenter le débat citoyen

Nous commençons mardi dans le cadre de l’UeB C@mpus une nouvelle expérience qui s’annonce passionnante, à savoir tenter d’amener chercheurs, décideurs, associations, représentants de la société civile, enseignants, détenteurs de connaissances et d’attentes à échanger dans un espace numérique, et à se constituer comme communauté abordant des questions de sociétés.

Nous avons choisi pour amorcer cette communauté la forme d’un événement de construction collaborative, sur une durée limitée. Bref un MOOC au sens connectiviste, sur le modèle des cours proposés par George Siemens. Nous pensons particulièrement aux cours où il pose la question de l’évolution des systèmes éducatifs (CHFE12 , ou edfuture  pour le plus récent).

Si la question du futur de l’éducation est effectivement une question importante, d’autres questions se posent dans nos sociétés modernes. Parmi celles-ci, la thématique « risques, aléas et vulnérabilité pour les sociétés littorales » peut fédérer, notamment en Bretagne, où un réseau de recherche sur le sujet est en cours de création. La question est heureusement plus large que la Bretagne, et ce débat sera ouvert à tous ceux qui voudront s’y joindre.

Nous profitons donc de cette dynamique pour proposer une forme originale de mobilisation pour construire un consensus au travers d’une appropriation sociale des sciences.

Certains voient la diversité comme une source de réussite des MOOCs dits connectivistes. Les différences de parcours des participants et la nature profondément pluridisciplinaire du questionnement seront donc nous l’espérons des éléments qui contribueront à la réussite de notre projet. Il paraît également important d’expérimenter ces formes d’enrichissement mutuel dans des contextes autres que la problématique de l’éducation. Une des difficultés principales sera sans doute l’appétence des participants à contribuer dans un environnement numérique ouvert.

La première phase à donc débuté mardi 2 avril, à l’occasion des conférences de recherche organisées par l’UeB à Brest. Nous avons réuni les scientifiques qui ont répondu favorablement au sujet, pour les mobiliser, construire avec eux la trame des thématiques qui donneront l’ossature au projet.

Nous travaillerons ensuite à l’organisation d’un corpus accessible. Notre objectif est de lancer le cours en lui-même après les municipales de l’an prochain, pour éviter des positionnements par trop partisans en période électorale.

Je vous laisse découvrir les différents partenaires de ce projet au travers du programme du séminaire de lancement. Je trouve pour ma part enthousiasmante la phrase finale : « Ce projet s’inscrit donc dans le cadre des humanités numériques ».

Ma participation s’inscrit bien dans la diffusion de ce que nous, animateurs, avons appris dans ITyPA, mon diaporama est donc largement inspiré de ce que l’équipe de ITyPA a déjà présenté par ailleurs, comme exemple d’inspiration et comme base de travail pour cette nouvelle aventure.

À L’issue de cette première réunion, je ressors très impressionné par la multiplicité des questionnements suscités par ce projet : la question de la constitution d’un corpus partagé, de la multiplicité des points de vue qui vont apparaître, les questions des modes de construction de la connaissance non seulement chez les chercheurs mais aussi les autres acteurs, mais surtout ce qui ressort est bien la question de l’impact sur les pratiques des chercheurs, la position du chercheur entre observateur de phénomènes, constructeur de sens, diffuseur et acteur. On touche bien ici toutes ces dimensions dans ce projet. La question de la place du chercheur dans la société se posera bien au travers de ce projet, qui nous fera donc avancer dans nos réflexions.

Crédit photo : 091028 019 900 par François à L’Imprévu – licence CC-by-nc-nd

MOOC Introduction aux réseaux cellulaires : visite guidée

Ça y est Télécom Bretagne propose un Cours Ouvert sur un sujet scientifique au cœur de son expertise : une introduction aux réseaux cellulaires. Et un #MOOC de plus, pourrait-on dire. Je ne vais pas vous faire ici l’annonce officielle, mais plutôt m’y intéresser de mon point de vue habituel, moins corporate.

Certes les annonces se multiplient, mais on peut retenir quelques petites choses intéressantes dans cette série d’annonces. D’abord, cela veut dire qu’après avoir regardé, discuté, réfléchit, nos amis français se lancent. Il y a une belle dynamique derrière cela, on verra ce qu’il en ressortira. Ensuite, cela veut dire que nous allons peut être vers une abondance de cours accessibles à tous, ce qui serait déjà une superbe avancée. Mais surtout, il y a une vraie et belle diversité dans toutes ces annonces : sur les sujets, sur la manière de les annoncer, sur le comment ils sont construits, etc. un vrai écosystème est en train de se mettre en place. Et puisqu’ils sont ouverts, nous pourrons apprendre les uns des autres, et progresser ensemble :-)

Alors quelles nouveautés peut-on découvrir sur ce site qui pour l’instant n’est qu’un site en construction :

  • Les enseignants d’abord : Xavier Lagrange est un expert reconnu du domaine, auteur de nombreux livres et publications scientifiques, et enseigne aussi bien en présentiel qu’à distance . Gwendal Simon (son blog mérite le détour) est également un chercheur de classe internationale, revenu en août dernier d’un séjour au canada, convaincu que les MOOCs étaient une vraie révolution. Alexander Pelov est jeune chercheur dans l’école, et apporte son énergie. À eux trois ils ont l’expertise scientifique du sujet, la maîtrise technique pour mettre en place des solutions techniques, l’habitude de relever des challenges ;
  • Les élèves ensuite : ce cours est ici d’abord un cours pour les élèves de Télécom Bretagne. Nos élèves seront évalués et accrédités à la fin de ce cours. C’est donc ici un cours proposé à des élèves en formation, et ouvert au reste des internautes. Il faut également savoir que notre école est géographiquement distribué sur trois sites. Dans le cas de ce cours, les enseignants sont à Rennes et les élèves à Brest. Ces derniers ont prévu d’accompagner nos élèves à distance et de proposer quelques séances de questions sur Brest en présentiel ;
  • le timing d’annonce. Si quelques informations avaient été données ici ou là, l’équipe qui monte ce projet a fait le choix de travailler avant d’annoncer. Tout n’est certes pas prêt, mais 1) les solutions techniques sont suffisamment mûres pour passer à la mise en ligne, 2) les cours commencent dans 10 jours. Ce timing est très variable suivant les cours. Le premier cours en français annoncé par l’EPFL n’est pas encore ouvert, par contre son cours d’Analyse numérique pour Ingénieurs a démarré juste après son annonce
  • La langue. Regardez en haut à droite, il y a deux langues de proposées ;
  • La plate-forme : c’est une instance d’OpenMooc, une solution espagnole récente et open-source. Il y a encore peu d’exemples de MOOCs qui reprennent une plate forme existante pour la mettre en place sur d’autres serveurs. Cela a été une réelle difficulté, car les plate-formes existantes ne sont pas matures, évoluent rapidement et de nouvelles solutions apparaissent tous les jours (l’option edX est arrivée trop tard)
  • L’hébergement : cette plate-forme est hébergée sur des serveurs de notre école. Cela nous garantit le contrôle des données, et nous donnera des retours sur la charge. Les vidéos seront sur un service externe ;
  • L’institutionnalisation : d’autres cours sont affichés sous le label d’une institution. Ici, l’école labellise, héberge, mais notez aussi le label de L’Institut Mines-Télécom, qui démontre un engagement plus large ;

Sinon, il s’agit d’un cours déjà donné en interne sous un format classique, d’aucuns diraient un xMOOC, ce qui nous donnera une expérience très différente de celle d’ITyPA, je dirai complémentaire.

Attendez pour vous inscrire que le site soit un peu plus complet si vous voulez, mais retenez la date de démarrage : le 2 avril, et le site mooc.telecom-bretagne.eu, on en reparlera.

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