Mooc francophone – y a plus qu’à

Christine Vaufrey nous a encore proposé un excellent article sur Thot dénommé Le MOOC, mode d’emploi. À lire.

Elle y distingue clairement deux formes de MOOC, le cours ouvert en ligne, proposant une forme standard de cours où un enseignant enseigne et des étudiants s’essayent au travers d’exercices standardisés, et le MOOC, vu par les canadiens Dave Cormier, Stephen Downes ou George Siemens, basé sur les principes du connectivisme, proposant une exploration partagée d’un sujet.

Par contre, elle cherche à nous interpeller, en regrettant qu’aucun acteur francophone ne se soit positionné.

Le centre de son article est un excellent résumé du guide en anglais édité par Inge De Waard, réalisé à l’occasion d’un MOOC sur le mobile learning (à suivre, en anglais en septembre 2012), en remarquant que la traduction en français manque encore. Il s’agit bien là de la vision la plus ouverte d”un MOOC .

Et bien, faisons le premier pas. Clarifions déjà ce qu’est un MOOC en traduisant ce guide en français, par exemple sur un wikilivre.

C’est parti ! Le Wikilivre est ouvert. Nous pouvons dès à présent contribuer à sa construction.

On y va ?

Crédit photo : récupéré sur le MoocGuide, publié sous licence CC-by-nc-sa

Le numérique en classe : moins cher que le stylo !

On annonçait cette semaine un PC à moins de 20 euros, c’est à dire moins cher que la moindre calculette de nos enfants, que chaque famille est pourtant obligée de payer. Certes sans écran, mais quand même…

Bon considérons qu’il faille un vrai portable, une tablette ou un équipement de ce type, en y intégrant une assurance. Comme il doit être facile de faire des commandes groupées, on va tomber dans les 250- 300 euros. Il n’y a certainement pas besoin d’une machine extraordinaire au collège ou au lycée, il y a peut être moyen de descendre en dessous. Ça c’est pour les coûts.

Coté économies, le premier poste auquel on pense, ce sont les livres papiers qui peuvent devenir naturellement numériques et donc moins chers pour pleins de raisons : d’abord l’édition peut faire de nombreuses économies qui devraient logiquement se retrouver dans le prix final. Par ailleurs, ce passage au numérique peut encourager le développement de ressources éducatives libres qui peuvent permettre d’autres réductions (sans parler du reste). Ces coûts sont aujourd’hui supportés par la collectivité, mais peuvent en tout cas équilibrer une partie du prix (voire entièrement).

Second poste d’économies potentielles : le prix des fournitures scolaires supporté par les familles. On parle de 150 € chaque année. Parmi cela une soixantaine d’euros va dans l’équipement pour le sport. Disons qu’il y a encore une vingtaine d’euros pour des équipements comme les arts plastiques. Reste 70 € pour les cahiers, classeurs, crayons, gommes …. Sur 3 ans : 210 €, presque la valeur du PC précédemment cité.

Tout cela pour dire qu’en couplant un effort public et une participation des familles équivalente ou moindre qu’actuellement, on doit largement pouvoir financer des équipements numériques pour tous.

Bon, je force un peu le trait, c’est vendredi soir. Et je sens que le chiffrage exact me prendrait trop de temps (et est-il indispensable?) Cette réflexion me vient en fait d’une lecture d’un article de Steve Wheeler sur les technologies pour 2020 (en anglais) dans lequel il considérait que les technologies numériques deviendraient aussi naturelles que le crayon et le stylo le jour où elles seraient aussi abordables. Sauf que … un ordinateur ne remplace pas que le stylo, mais aussi la feuille sur laquelle on écrit, le livre que l’on consulte, la calculette pour le cours de maths, et j’en oublie.

D’où ce petit calcul, pour arriver à la conclusion, que si on le voulait, il serait possible d’équiper tous nos enfants dès la rentrée. L’obstacle n’est pas financier.

Vous n’y croyez toujours pas ? Quel est le taux d’équipement de téléphones mobiles ? 89 % au niveau du lycée en 2010! Or un mobile aujourd’hui c’est la puissance du PC d’il y a disons 5 ans. Et à cette date, on pouvait déjà faire tenir toutes les applications nécessaires pour une formation de ce niveau dans n’importe quel PC du commerce.

Si en plus, on se pose la question en termes de rééquilibrages des sommes engagées entre l’équipement à la maison, le cartable, et l’équipement dans les établissements, il doit y avoir moyen de dégager des économies et de réduire l’empreinte carbone.

Non décidément, l’argument de ne pas passer au numérique pour des raisons de prix ne tient pas.

La question est ailleurs :

  • Définissons ce que pourrait être un cartable numérique (j’entends un équipement qui prenne la place du contenu du cartable), entre parents, pédagogues, éditeurs. Il sera sans doute plus solide, à l’image de la calculette sur laquelle plus personne ne se pose de questions et qu’il remplacera élégamment ;
  • Formons les enseignants, permettons leur de s’approprier cet outil ;
  • Ne laissons pas les politiques décider d’investir au coup par coup tel ou tel établissement en fonction de la mode du moment. Équipement qui est alors imposé aux enseignants et qui ne savent alors pas quoi en faire. Mais demandons leur d’être volontariste et de définir un plan ambitieux qui revisite les modes de financement de toutes les fournitures et autres livres à l’école, et qui surtout accompagne les premiers intéressés à savoir les enseignants ;
  • et finalement abordons la dimension de l’équipement numérique dans sa globalité. Pas d’un coté l’école, de l’autre la maison, et du troisième la réduction de la fracture numérique.

Bref, définissons ensemble le remplaçant de la calculette, et des autres fournitures.

Cet équipement serait solide comme une calculette, communicant et mobile comme un smartphone, grand et tactile comme une tablette. Peut être l’écran de lecture serait « fixe » pour un confort de lecture. De manière amusante le projet OLPC (One Laptop Per Child ou un portable par enfant) a été défini pour les pays émergent, pourquoi ne peut on penser un OLPC pour nos contrées ?

Au fait l’ordre de prix d’un OLPC c’est entre 75 et 130$…

Crédit photographique : OLPC flat Par dnwallace licence CC by nc SA

NB : Cet article a été rédigé comme contribution au débat pour le colloque Le numérique pour changer l’École du 18 mai 2011. Publié initialement sous licence CC-by, il a été repris sur le site du colloque, sur la plate forme citoyenne Educavox, et sur @-brest.

Sur les ressources vidéos

Quelques points pour compléter mon précédent billet Des vidéos pour réinventer l’éducation.

Pourquoi ce billet ? Parce que nos élèves nous interpellent cette semaine sur le sujet. Nous avions il y a deux ans fait une saisie vidéo d’un certain nombre de cours, mais semble-t-il rien n’a bougé. Un article dans le journal des élèves regrette le manque de vidéo en France en général et chez nous en particulier. Un tweet nous interpelle plus gentiment en mettant la vidéo de Salman Khan en lien. En tout cas, une fois de plus, ce sont nos élèves qui nous font bouger !

Sur la durée. On hésite sur beaucoup de vidéos à les démarrer parce que trop longues, et qu’il est en général impossible de faire un survol rapide pour voir ce qu’on pourrait y trouver. Deux solutions donc : soit des vidéos courtes sur un sujet précis avec un maximum d’impact.

Sur la qualité. J’ai entendu des hésitations à mettre des vidéos en ligne par peur de la qualité. C’est effectivement une contrainte forte pour des enregistrements de conférences que l’on veut diffuser. Il est clair qu’une vidéo comme celles de La minute du chercheur nécessitent un travail important. Par contre, pour un cours le besoin de qualité n’est pas forcément le plus important. Ce que demande l’élève qui veut réviser son cours, c’est un accès rapide (et un bon son).

Par ailleurs, autant Commoncraft que KhanAcademy montrent que l’on peut faire une prise simple, pour autant que l’on privilégie schémas et dynamique. Ces derniers mettent en ligne leurs conseils pour faire ce genre de vidéo. (et nous invitent à traduire leurs vidéos en ligne pour ceux que cela tente, ce sont des ressources éducatives libres et donc réutilisables !).

Sur la réutilisation. Une chose intéressante du discours « Des vidéos pour réinventer l’éducation », c’est qu’il montre que l’on peut retravailler, traduire, réexploiter les vidéos. C’est pourtant un aspect qui m’inquiète jusqu’ici. Une vidéo même publiée sous forme de Ressource Éducative Libre me semblait plus difficile à adapter qu’un texte. Tant mieux si je me trompe.

Sur la culture française. Notre culture reste très écrite, surtout dans les écoles et autres universités. Nous ne maitrisons que trop peu la vidéo, qui parfois nous inquiète (j’avoue que j’ai encore plus de mal à me réécouter qu’à me relire). Nous n’avons pas non plus de schéma pédagogique claire pour une utilisation efficace de cet outil.

Sur la pédagogie. Un couplage livre de cours, banque d’exercices partagée et rappels de notions sous forme de vidéo permettrait de mettre en place des pédagogies plus personnalisées. Et de consacrer le temps de classe à l’appropriation des connaissances, pas à leur présentation, ce qui est à la fois plus noble, plus difficile et sans doute plus troublant pour les enseignants. On passe du tribun à l’accompagnateur. Pour le pratiquer en projet, cela me semble pourtant plus valorisant et plus épanouissant.

Sur les vidéos francophones disponibles. J’ai téléchargé sur mon téléphone Open Vidéo Education, qui est une forme d’UNT vidéo des «cours des meilleurs établissements ». Il reste à peupler. Et à être outillé pour permettre d’y trouver un sujet ou une vidéo précise de manière efficace. Pour l’instant c’est une vitrine, pas un outil de travail. Le modèle Open courseware du MIT n’a pas encore inondé l’hexagone. Bientôt peut-être ?

Crédit photo : Par bre pettishandmade video group – licence CC By-NC

Des vidéos pour réinventer l’éducation

Joli titre. C’est celui du show de Salman Khan à TED. Ce monsieur a produit plus de 2000 vidéos déposées sur Youtube, qui sont des petits cours d’une dizaine de minutes sur une notion mathématique de l’addition jusqu’aux notions les plus avancées. Il propose également un site http://www.khanacademy.org/ permettant de faire des exercices pour apprendre à son rythme. Le tout en licence CC BY-NC-SA.

Dans son discours, il vante les qualités de la vidéo qui permet à chacun d’avancer à son rythme, de réécouter, de retourner vers une notion oubliée …., il montre que ces supports permettent à chacun de découvrir le contenu du cours et que cela peut se faire sans stress en dehors de l’enceinte de la classe. La classe peut devenir ainsi un lieu d’échange (avec l’enseignant et entre pairs ), de travail, de réflexion, d’approfondissement. Dit autrement, on inverse le travail de présentation qui se fait classiquement en classe, et le travail d’exercice qui est généralement pratiqué à la maison. Sa formule, que je trouve excellente, est alors que « la technologie est utilisée pour humaniser la classe » ! Un bien bel objectif.

La suite de son discours est ensuite orientée sur la possibilité de s’exercer aussi longtemps que nécessaire pour que chacun puisse acquérir les notions. Il montre que le rythme dans une classe n’est pas uniforme, et qu’un élève lent au début peut devenir le plus rapide en fin d’apprentissage. Inutile dans un schéma ou chacun peut apprendre à son rythme de synchroniser tous les apprenants. Par contre, on peut tirer parti de l ’échange entre pairs pour varier les approches.

Il conclut que son modèle est une ébauche de la classe globale. Mettre à disposition de tous des ressources, de manière abondante, et encourager les échanges localement, physiquement (et entre internautes), me paraît effectivement une bonne piste.

L’autre ressource enthousiasmante de la semaine, c’est évidemment le discours de Michel Serres sur “éduquer au XXIème siècle” qui nous montre la mutation des nouvelles générations qui n’est pas due qu’à Internet, mais également à beaucoup d’autres facteurs. Il me semble nénamoins que ces deux exemples vont dans le même sens.

Notons finalement qu’un nouvel espace de discussion et de réflexion sur l’éducation vient d’être ouvert par TED : TED-ED Brain Trust, et qui semble être pris d’assaut. De bonne augure ? En tout cas anglophone (on m’y a suggéré d’utiliser Google Translate si j’avais du mal à m’exprimer)

Quelle Université Numérique ?

La semaine dernière, j’ai été contacté par la présidente de la CEVPU qui cherchait un intervenant sur l’enseignement en ligne. Demande tardive, mais que je trouve intéressante. C’est finalement assez rare d’être sollicité par des étudiants.

En y réfléchissant, et en préparant (en trop peu de temps je suis un peu débordé) quelques transparents (plutôt en regroupant des diaporamas existants), je suis retombé sur un fil conducteur assez classique mais qui me paraissait faire sens :

  • premier point : les compétences sur lesquelles on met l’accent aujourd’hui, que ce soit dans le contexte professionnel, citoyen ou étudiant, ce sont les compétences informationnelles ou littératie numérique, qui sont finalement un prérequis pour aborder l’innovation (idée que j’ai développée l’année dernière). Ces compétences n’étant malgré tout que peu naturelles pour nos jeunes de la génération Y, il est nécessaire de les intégrer dans nos cursus.
  • Partant de là, on peut regarder ce que fait l’université aujourd’hui. Et de fait, il s’y passe pas mal de choses et au final, le constat est finalement assez flatteur, même si on peut regretter que certains éléments ne vont pas assez loin. L’université donc :
    • A cherché à formaliser ces compétences au travers des divers C2i. Si ceux-ci sont perfectibles, ils ont déjà l’immense qualité de faire bouger les frontières ;
    • A généralisé les accès à des ressources au travers des ENT. Certes ils sont fermés, mais ils permettent de mettre le pied à l’étrier ;
    • multiplie les initiatives : plan Wifi, podcasts, simulations, animations en 3D à Lyon 1, e-portfolio à l’UVSQ, réseau social d’université (les carnets de Paris Descartes), pages d’universités sur Facebook, WebTV, UnivMobile
    • capitalise sur les ressources au travers des universités numériques ;
  • troisième point : les ressources sont en fait un élément stratégique pour les universités (qui sont avant tout des centres de savoirs). Lorsque l’on considère la manière d’aborder la gestion de ces ressources, on ouvre un ensemble de niveaux de coopération, qui permettent d’envisager les manières d’insérer les universités dans les réseaux numériques de la connaissance (pour reprendre la formule de H. Isaac). De pourvoyeur de connaissance, comme c’est envisagé dans les Universités Numériques Thématiques actuelles, on peut glisser vers des collaborations entre enseignants, avec les étudiants, ou vers de la co-innovation, voire de la co-création de contenus (pour plus de détails, j’ai présenté en détails l’idée aux JNUM10). L’étape ultime de ces niveaux de collaboration est sans doute l’avènement de quelque chose qui ressemblera à un campus global, dont les sites universitaires seront les empreintes physiques permettant aux étudiants d’apprendre dans un contexte global, tout en restant localisés dans un environnement propice aux échanges et à une vie sociale physique.

Comme idée pivot d’articulation, je démarre sur l’idée qu’Internet est actuellement polarisé entre deux visions : celle de la diffusion, dont Hadopi est l’instrument légal, et celle de la collaboration, dont le web2.0 est l’outil de diffusion. Cette polarisation se transfère bien à la manière dont on envisage les enseignements : cours magistral ou travail de groupe en projet. Et s’applique encore mieux à la manière dont on envisage l’insertion dans les « réseaux numériques de la connaissance », soit diffuseurs de contenus, soit participant à la construction collaborative de nouveaux savoirs. J’aime à penser que la culture profonde des universités tendrait plutôt vers le second pôle que vers la première vision qui peut être portée momentanément pour démarrer. La résistance la plus importante est peut être du coté des enseignants-chercheurs qui ont peu de raison de se préoccuper de pédagogie.

J’espère que cette ligne pourra faire démarrer le débat.

Par ailleurs, force est de constater que l’Université semble avoir fait le choix d’investir le numérique et d’avancer maintenant assez vite. Et c’est une très bonne nouvelle.

Autre point, cette présentation permet de faire le lien entre le point de vue « littératie numérique » et « ressources éducatives (libres) », ce qui me paraît une bonne chose, même si pour le coup l’Université ne semble pas en avoir pleinement conscience (peut être quelques personnes, mais ça ne se voit pas encore d’un point de vue stratégique).

Pour aller plus loin, quelques références :

Quelques ressources en ligne pour aider les collégiens

ainsi que les autres élèves …

Un besoin d’approfondissement, une difficulté passagère, une maladie… Que faire ? Certains parents pourront passer du temps à aider le collégien, mais là aussi des problèmes peuvent surgir : comment les notions sont-elles abordées aujourd’hui ? Quels exercices utiliser ? …

Une réponse finale est souvent de faire appel à des cours privés pour aider l’enfant. Mais est-ce la seule solution ?

En tout cas, un certain nombre d’acteurs essayent de proposer des alternatives gratuites sur Internet pour offrir des solutions qui s’affichent comme des moyens de proposer une éducation de qualité pour tous. Celles-ci méritent aujourd’hui d’être connues car les contenus proposés sont suffisamment riches :

L’ensemble donne largement de quoi aider collégiens et parents !

La suite de l’article est pour les plus curieux…

On peut en effet avoir un second niveau de lecture pour regarder quels usages peuvent être faits de ces ressources. L’académie en ligne et l’ assistance scolaire personnalisée sont en effet soumis au droit des auteurs, il est donc clairement spécifié que seul l’usage privé est possible. A priori, donc impossibilité de réutiliser ces contenus en classe, en groupe, pour expliquer à quelqu’un d’autre… Ce n’est pas très grave pour un travail de rattrapage ou de révision, mais c’est clairement une limitation, d’autant plus étonnante que le Cned est un établissement public. Pour la Maif, cela peut sans doute s’expliquer par les partenariats qu’elle a passé avec des organismes privés pour constituer son offre, mais dans un esprit mutualiste, il aurait pu être intéressant d’être encore un peu plus volontariste et de permettre la libre diffusion des savoirs.

Les associations d’enseignants ont pour leur part adopté des licences dites libres qui permettent la libre circulation des connaissances et des supports. Cette alternative existe en effet et un mouvement mondial milite en faveur de ces choix, notamment pour promouvoir l’éducation pour tous. Le MIT qui propose ses cours sur ce modèle. L’Unesco fait partie de ce mouvement car elle considère que c’est un enjeu majeur pour l’éducation du monde entier.

On ne peut donc que regretter que ces licences qui facilitent le travail de tous ne soient pas retenues par les sites institutionnels, alors même que dans le discours ils encouragent le partage, l’éducation pour tous.
Pour aller plus loin :

Les inscriptions à la P2PU sont ouvertes

Les inscriptions à la P2PU sont ouvertes aujourd’hui – venez choisir vos nouveaux cours

Traduction de l’article « P2PU Sign-up opens today – come and get your new courses! », par rebeccakahn du 26 août 2010.

La Peer 2 Peer University (P2PU : Université Pair à Pair) vient d’annoncer aujourd’hui l’ouverture de son troisième cycle de cours libres en ligne. Un nombre croissant de cours spécialisés dans des domaines allant de la gestion de cours collaboratifs jusqu’au trafic des êtres humains.

La P2PU est également heureuse d’annoncer le lancement de la P2PU School of Webcraft (école P2PU des métiers du web), mené en collaboration avec la Fondation Mozilla. L’école des métiers du Web est une nouvelle manière d’apprendre le développement sur les standards ouverts du web dans un environnement collaboratif. Les cours de cette école incluent « Débuter avec les services web Python » ou HTML5.

Toutes les classes sont universellement accessibles, gratuites et alimentées entièrement par les apprenants, les mentors et les contributeurs. L’objectif est de créer un système dynamique, guidé par les pairs, donnant un accès facile mondial permettant de bâtir sa carrière sur les technologies web ouvertes.

La communauté P2PU est en croissance et heureuse d’accueillir ces nouveaux cours leurs organisateurs en son sein.

Depuis la dernière série de cours, quelques changements ont eu lieu à P2PU, notamment sur le site P2PU sur lequel a été apporté une révision majeure, le rendant plus simple et plus facile à utiliser que jamais. La communauté P2PU conserve ses principes, de contenus générés par la communauté ouverts et partageables sous licence CC BY-SA.

La communauté P2PU se compose d’un groupe diversifié de personnes. Ils sont écrivains, enseignants, concepteurs, doctorants et autres étudiants diplômés, artistes, spécialistes du droit d’auteur, des scientifiques et des musiciens de blues de la guitare. Surtout, ils sont des apprenants travaillant ensemble pour apprendre les uns des autres.

Inscrivez-vous en ligne en parcourant la liste : http://p2pu.org/course/list. La date limite d’inscription est le 8 septembre 2010. Les cours ouvriront d’ici le 27 Octobre. L’inscription à un cours peut nécessiter des informations supplémentaires.

L’initiative P2PU est très intéressante, proposant une vraie communauté d’apprentissage, basée sur des productions ouvertes à tous. Cela dit pour l’instant la P2PU est uniquement anglophone. Faut-il envisager une déclinaison francophone ?

Les ressources éducatives se développeront en réseau(x)

Avant Propos

La semaine dernière, j’ai eu la joie de participer aux Journées numériques 2010 de Paris Descartes, qui ont été particulièrement réussies. Prouvant sa réactivité, l’équipe a mis en ligne les vidéos des interventions dès le week-end (Pour ceux que ça amuserait de me regarder à l’œuvre, moi je ne peux pas …). Pour ma part, j’ai déposé mes transparents sur Slideshare :

et l’organisation a proposé de réaliser des actes de ces journées. J’ai donc rédigé (a posteriori) le texte que je prépublie ci-dessous, en remerciant encore les organisateurs de cette manifestation.

Introduction

Un enseignant a un rapport très particulier avec ses ressources pédagogiques qu’il utilise pour ses enseignements. Or, de ce lien résultent des tensions diverses, et qui peuvent soit s’amplifier par une résistance aux phénomènes liés à Internet ou au contraire diminuer en s’appropriant les différentes communautés de pratiques ou réseaux qui coexistent sur le Web.

Résoudre cette problématique est une bonne raison pour un enseignant de commencer à investir l’espace d’Internet et cela de manière beaucoup moins angoissante que face aux élèves en découvrant avec eux des outils.

De manière intéressante, si la découverte de contenu peut se faire par un simple moteur de recherche comme Google ou Exalead, l’accès et la construction des ressources pédagogiques est organisée selon des réseau(x) de diverses natures (institutionnels, disciplinaires, informels,…) ou des communautés de pratiques. Intégrer ce monde des ressources pédagogiques ou éducatives dans son univers propre passe donc par une découverte de ces réseaux.

Par ailleurs, la compréhension de l’organisation de ces réseaux, la manière dont ils se créent, évoluent, permet dessiner des tendances qui pourraient guider l’évolution (ou la révolution) du monde de l’éducation de demain en général et de l’éducation supérieure en particulier.

Si certaines tendances nous viennent d’évolutions naturelles des structures actuelles, certaines sont plus étonnantes et porteuses de réelles innovations. Dans tous les cas, la publication amène à se poser la question de la licence des ressources, et permettre la mise en place d’une réelle dynamique conduit à considérer et en général à adopter des licences qui qualifient les droits d’utilisation de manière plus large que le copyright habituel. Les licences Creative Commons permettent cette souplesse et supportent, voire encouragent un mouvement de ressources éducatives libres, qui au même titre que les licences libres dans le domaine du logiciel, permettent d’envisager une véritable construction collaborative du savoir intégrant les futurs érudits1 que sont nos étudiants.

Quel rapport entre un support de cours et Internet ?

Un cours local face à une base de connaissance globale

Pour beaucoup d’enseignants de l’enseignement supérieur, la construction d’un cours passe par l’élaboration d’une série de supports, que ce soit un diaporama, un polycopié, voire un livre, des exercices ou des documents d’appui comme le plan de cours, le guide de lecture, des grilles d’évaluation, … Appelons les des ressources pédagogiques.

Si la recherche de sources se fait maintenant majoritairement sur Internet, la construction de ces ressources se fait souvent de manière locale pour 3 raisons principales : d’une part une nécessaire adaptation au contexte de formation (niveau, durée, objectifs pédagogiques spécifiques …), la volonté d’originalité de l’enseignant-Chercheur d’autre part et finalement l’appropriation du discours souhaité.

Si par certains aspects, ce travail est nécessaire, il pose quelques problèmes :

  • Comment faire évoluer ces ressources ? Le temps de l’enseignant est limité, il sera donc amené à faire des choix : soit modifier le contenu, ou sa présentation dans un diaporama, ou encore l’organisation du cours. Il sera difficile sur le long terme de maintenir un ensemble cohérent. L’effet actuel est que beaucoup de cours ne proposent plus qu’un diaporama, nécessaire pour la présentation au détriment d’un polycopié nécessaire pour la compréhension du fond et les révisions. Un comble à une époque ou l’on nous parle d’infobésité. Obliger les étudiants à acheter un livre de référence pourrait résoudre en partie ce problème, mais ce n’est pas l’usage en France ;
  • La consultation de ces ressources peut être limitée par des difficultés d’accès. Si un contenu équivalent existe sur Internet, sera consulté celui qui peut être accédé au moindre effort. Dommage qu’une telle quantité de travail ne soit pas valorisée ;
  • De plus, l’abondance des sources externes permet d’intégrer d’autres approches ou points de vue. Si l’on cherche à les rejeter, on rentre dans une négation de l’esprit de curiosité qu’un futur érudit se doit d’avoir. Il vaut mieux considérer ses ressources comme intégrées dans un écosystème qu’isolées du reste du monde et encourager l’analyse critique des jeunes ;
  • De la même manière, certains d’entre nous hésitent à publier des annales d’exercices2 avec leurs corrigés sous prétexte que ceux-ci pourraient être connus les années suivantes. Cela revient à ignorer l’existence de canaux cachés tels que la simple photocopie des séances des années précédentes ou leur équivalent numérique, ce qui de plus introduit des inégalités entre les étudiants. Au contraire, pouvoir considérer des banques globales d’annales permettrait d’assurer une diversité suffisante qui empêcherait les étudiants de s’attacher à des exemples particuliers.

Tous ces éléments poussent à s’intégrer à l’infrastructure dominante de la connaissance qu’est devenue Internet. Pour cela il est intéressant de connaître différentes options qui se dessinent avec un maitre mot : la collaboration.

Cette notion est d’autant plus importante qu’il est clair qu’isolé, l’enseignant, de plus en charge d’une cohorte d’étudiants n’a que peu de degrés de liberté pour se renouveler. La collaboration est bien le moyen de dégager des moyens et de trouver la motivation d’évoluer d’un environnement qui ne fait que se contraindre un peu plus chaque jour.

Des niveaux de collaboration

Don Tapscott and Anthony D. Williams, auteurs du best-seller « Wikinomics », dans lequel ils étudient en quoi l’intelligence collective bouleverse l’économie ont récemment abordé avec la même acuité le problème de l‘université du XXIème siècle3. Si leur constat est très centré sur les universités américaines, on peut partager un certain nombre d’arguments qui poussent à renouveler la pédagogie au sein de l’enseignement supérieur. De manière plus intéressante, il identifient 5 niveaux de collaboration qui permettent de caractériser différents types de collaborations possibles. Ceux-ci sont les suivants :

  1. Mise en ligne de contenus
  2. Collaboration sur les contenus
  3. Co-innovation sur les contenus
  4. Co-création de connaissance
  5. Apprentissage collaboratif global

Ces différents niveaux correspondent à des niveaux d’implications successifs jusqu’à un « Campus Global », que certains appellent de leurs vœux (par exemple par François Taddéi durant la table ronde « Université, engagement social et numérique » pendant les journées numériques 2010). Nos auteurs l’envisagent (niveau 5) comme la possibilité pour les étudiants situés physiquement sur un campus donné de s’inscrire à des UVs distantes dans les universités de leur choix.

Mise en ligne de contenus

Ce premier niveau correspond à la mise à disposition de ressources. Pour les enseignants publiant, l’intérêt est de devenir visible et de se savoir consulté. Pour les étudiants, cela multiplie les ressources, et surtout pour tous, cela permet de savoir comment sont abordées les connaissances, sur quels points les accents sont mis, etc. Cela permet donc une diffusion des meilleurs pratiques, ce qui profite à tous.

Plusieurs réseaux, sites, ou communautés de pratiques permettent cette mise en commun. Au niveau institutionnel, citons le célèbre consortium Open Course Ware, à l’initiative du MIT, faisant figure de pionnier, qui donne accès à des cours de nombreuses universités, et qui est ouvert à de nouvelles inscriptions. Dans le même esprit, les universités numériques thématiques françaises semblent avoir moins diffusé. Plusieurs universités proposent également des portails de contenus, avec plus ou moins de facilités de recherche, comme Savoirs Partagés pour l’Institut Télécom.

De manière moins institutionnelle, des sites de dépôts comme Slideshare constituent des réseaux sociaux en permettant de déposer facilement un diaporama et sont des mines pour trouver des présentations de qualité sur quantité de sujets.

Citons également des sites qui permettent maintenant facilement de publier un ouvrage sans frais initiaux et permettent donc la mise à disposition de supports de type livre. Lulu.com, qui propose par exemple le guide des ressources éducatives libres en anglais ou InLibroVeritas, créateur de la Littérature Équitable et qui héberge les Framabooks.

Collaboration sur les contenus

La collaboration permet d’aller plus loin dans la diffusion des bonnes pratiques en permettant la comparaison des approches, outils et méthodes pédagogiques. Il est possible d’échanger sur ce qui marche, de faire des tests et de rendre compte des résultats et ainsi d’affiner les dispositifs, tout en les adaptant aux différents contextes d’usage.

Au niveau universitaire, des conférences existent qui permettent de faire émerger des nouvelles pratiques dans l’enseignement supérieur comme le colloque « Questions de pédagogie dans l’enseignement supérieur » ou celui de l’AIPU, ou pour les aspects plus numériques les Universités Vivaldi organisées en région par la SDTICE. Mais la formule des conférences ne permet pas l’échange approfondi, des formules plus continues sont nécessaires.

On trouve ainsi du coté du secondaire des communautés de pratique disciplinaires regroupées en association qui permettent une collaboration approfondie entre leurs membres. Citons : Sésamath, Weblettres, les Clionautes, le Manège, Open English Web … qui regroupent des milliers d’enseignants. Malheureusement, il n’y a pas d’équivalent de type réseau social ou communauté de pratique entre les enseignants du supérieur.

D’autres types d’échanges plus informels existent dans des réseaux ouverts tels que Twitter (pour autant que vous ayez identifié des gens avec qui échanger) ou Apprendre2.0, permettent des échanges dynamiques sur tout type de sujet.

L’accès à ces différents réseaux permet d’entrer en contact avec des collègues d’établissements équivalents, ou de la même discipline, ou qui peuvent avoir des préoccupations (qu’elles soient pédagogiques ou numériques) proches. Du point de vue des ressources, l’échange argumenté doit logiquement contribuer à l’amélioration des pratiques et de la présentation des contenus. Du point de vue des enseignants, c’est une réelle opportunité d’échange entre pairs, et s’il se fait sur Internet d’acquérir une aisance d’utilisation des outils numériques sans se retrouver face à des élèves.

Co-innovation

L’étape suivant le partage ou l’échange de pratiques et de contenus liés est la réalisation commune ou collaboratives de ressources éducatives. On parle ici de co-innovation pour signifier que si les connaissances ne sont pas nécessairement nouvelles, c’est le travail de présentation, d’organisation qui est partagé. À ce niveau plusieurs cercles de collaboration peuvent faire sens. Nous en considérerons trois.

Co-innnovation entre enseignants

La collaboration sur la construction entre enseignants permet un travail entre pairs qui doit permettre le débat, la comparaison des expériences, la discussion pour faire émerger le consensus.

Cette construction peut émerger d’une communauté de pratique existante, comme les manuels scolaires proposés par Sésamath. Une communauté peut se construire autour d’un projet précis, une nouvelle société LeLivreScolaire propose ainsi des manuels scolaires adossés à des sites complémentaires construits par une cinquantaine d’enseignants.

Si cette construction entre enseignants n’est pas encore développée, notons que des outils comme les wikis ou des chaines éditoriales collaboratives comme La Poule ou l’œuf, existent et rendent la collaboration possible. Ces outils peuvent être installés sur des serveurs d’établissements mais sont également disponibles sur le web, comme par exemple la Wikiversité pour les wikis ou la forge de InLibroVeritas.

Co-innovation avec les étudiants

Curieusement la construction avec les étudiants semble plus développée en France. Elle peut prendre la forme :

Il s’agit alors d’un travail réalisé avec une motivation accrue de par la visibilité de leur travail et permettant aux élèves d’acquérir une litéracie numérique. Ce dernier point peut même être l’objectif du cours comme le projet WikiPeplum par l’association Plume! (association de doctorants) et Wikimédia France.

Cours ouverts ou la Co-innovation avec le monde

Dans les deux premiers cercles de collaboration, les participants sont connus. D’autres structures de co-innovation plus ouvertes peuvent pourtant exister, y compris au niveau universitaire. Sans parler des constructions de contenus de type prise en main d’outils comme on peut en trouver par exemple avec le réseau Apprendre2.0, des cours ont été proposés sur le web avec des inscriptions ouvertes à tous, par exemple :

L’idée est ici de dépasser les frontières classiques des institutions et de permettre une collaboration d’un groupe d’apprenants de tous horizons, dans les cas présentés plutôt des enseignants sensibles à des évolutions de leur environnement.

D’autres structures permettent d’envisager la construction de cours et de leurs ressources de manière ouverte. Si la Wikiversité a déjà été citée en 3.3.1, Le Mill est une communauté basée sur les résultats d’un projet européen.

Co-création de connaissance

Le niveau 4 correspond à une collaboration étroite au niveau recherche puisque l’on aborde ici la création de connaissance. Pour nos auteurs Don Tapscott et Williams, c’est l’occasion de rappeler le débat sur la réutilisation des données publiques (voir par exemple le groupe de la Fing sur le sujet) dans le contexte universitaire. L’idée est que des données, ici des connaissances produites par des services publics, sont par nature des biens publics, donc des biens communs. Les auteurs abordent la notion de science ouverte ou de science 2.0. On investit donc ici le domaine de la recherche.

On le voit différents niveaux de collaboration peuvent s’envisager entre enseignants, qui peuvent prendre corps au travers de différents types de réseaux, de différentes nature (institutionnels, associatifs, disciplinaires, ouverts, au niveau d’une classe ou nationaux ou mondiaux …) et dont des exemples existent d’ores et déjà. Dans tous ces réseaux se pose la question de la propriété intellectuelle, qui va donc nous intéresser dans la section suivante.

Ressources et licences

Les ressources étant mises à disposition se pose la question de l’usage que leur auteur voudra bien laisser aux futurs utilisateurs au travers de la licence qu’il apposera sur la ressource.

Des ressources collaboratives

Les différents niveaux de collaboration présentés impliquent que les ressources développées puissent être consultées, utilisées en public, modifiées, adaptées à un contexte d’utilisation, construites à partir de différentes autres ressources. Nous avons vu que différents auteurs, y compris des étudiants peut avoir participé à leur élaboration.

L’idée principale lorsque l’on rentre dans ces réseaux est bien d’adhérer à une idée de collaboration pour permettre la diffusion la plus large possible des ressources produites et de ce qui y est contenu. De plus si gérer les références utilisées dans un document est déjà une tâche en soi, la gestion de droits variés sur les documents utilisés peut rapidement tourner au cauchemar, et décourager les meilleures volontés.

Licences Creative Commons pour des ressources collaboratives

Les licences Creative Commons sont clairement les plus indiquées pour ces ressources éducatives. Elles permettent de contrôler différents paramètres de diffusion des ressources :

  • Attribution : le fait de devoir citer (ou non) les auteurs
  • Usage Commercial : le fait que l’on autorise (ou non) l’usage dans un contexte commercial
  • Travaux dérivés : le fait que l’on autorise (ou non) la modification, la réutilisation
  • Partage à l’identique : le fait que l’on impose (ou non) la conservation de la licence
  • Ou « Domaine Public »

Il s’avère à l’usage que toute limitation risque d’être une source de difficultés pour une personne qui souhaite réutiliser un travail publié, ce qui est a priori contraire à l’esprit de la démarche de collaboration. Un article sur Framablog intitulé « Privilégier la licence Creative Commons Paternité (CC BY) dans l’éducation » explique très clairement pourquoi il est intéressant de choisir le contrat de licence le moins limitatif. Pour plus de détails, et pour apposer un contrat à sa ressource, le plus simple est de visiter le site de Creative Commons ou Creative Commons France.

Un impact international

Il est intéressant de constater que ce choix de licence est partagé par un grand nombre d’organismes internationaux qui s’intéressent à la diffusion des connaissances et à l’éducation, et qui ont fait le choix de militer pour des ressources éducatives libres (ou Open Educational Resources). L’Unesco, mais aussi l’OCDE, le Commonwealth sont actifs dans ce mouvement. Des associations comme justement Creative Commons en ont fait leur action centrale. La majorité des initiatives citées dans ce document adhèrent à ce mouvement.

Conclusion

Ce bref panorama des réseaux, dépôts, communautés de pratiques et autres réseaux sociaux abritant des ressources éducatives montrent qu’un enseignant peut aujourd’hui accéder à un grand nombre de ressources pour revisiter son enseignement, mais aussi participer à la diffusion et à l’amélioration des contenus et des connaissances. L’intérêt est d’améliorer globalement l’éducation et de mutualiser les efforts de chacun pour l’usage de tous.

Entrer dans cette dynamique peut impliquer de revoir le métier de l’enseignant, qui de producteur de contenu original passe à une démarche collaborative, qui de formateur dans une classe, un amphi devient auteur sur le web, qui peut-être de transmetteur de savoir peut devenir relais dans un cours ou la construction de l’apprentissage devient collaborative. Pour autant il n’implique pas d’investir forcément plus de temps dans la préparation de ses interventions

La question de la qualité des ressources est importante, l’accessibilité, la recherche, la facilité d’évolution le sont également, et font partie des débats en cours et à venir. Les réponses qui y seront apportées feront partie des facteurs qui assureront la pérennité ou non des nombreuses initiatives actuelles et futures.

Les niveaux de collaboration exposés ici montrent bien les approches différentes des différents réseaux déjà existants. Si ceux-ci peuvent paraître nombreux, force est de constater que la diversité des acteurs et des approches permet sans doute d’assurer un écosystème qui permettra à terme l’amélioration globale de l’éducation, et que cet écosystème est sans doute malgré tout encore embryonnaire. Par ailleurs, à plusieurs niveaux, les exemples sont issus soit du monde anglo-saxon, soit de l’enseignement secondaire, les réseaux qui permettront de faire naître un campus global de l’enseignement supérieur français ou francophone restent sans doute à créer.

1Érudit au sens anglais de scholar

2Nous ne rentrerons pas ici dans le débat sur la pertinence ou non de séries d’exercices pour progresser dans une matière au niveau universitaire. Ce n’est qu’un exemple.

3Innovating the 21st-Century University: It’s Time! - EDUCAUSE Review, vol. 45, no. 1 (January/February 2010): 16-29 -Don Tapscott – Anthony D. Williams

Trouver des ressource éducatives libres OER

Une belle liste sous forme de diaporama déposée sur slideshare, qui donne plein de points d’entrée pour trouver des ressources éducatives libres (OER)

Trouvé en suivant un lien évalué par @NicolasLoubet sur le réseau social knowtex de la culture scientifique et technique

Pourquoi privilégier la licence Creative Commons Paternité (CC BY) dans l’éducation ?

Cette question nous ramène à pourquoi mettre des ressources en ligne ?

Plusieurs raisons peuvent nous amener à cela :

  • pour nous faire connaître ou pour faire connaître notre institution ;
  • pour diffuser des connaissances vers un public plus large que celui que nous avons devant nous ;
  • pour permettre à d’autres de réutiliser nos productions ;
  • pour participer à un mouvement qui nous permettra à notre tour de pouvoir utiliser des ressources d’autres personnes ;

Si vous êtes convaincus de tout cela, je vous encourage à mettre dans vos favoris le billet d’Alexis Kauffmann sur Framablog : Privilégier la licence Creative Commons Paternité (CC BY) dans l’éducation. L’article démontre clairement que toute limitation possible par la licence CC, peut limiter la diffusion des ressources et des connaissances qui y sont incluses.

Empêcher la modification, la commercialisation (NC) ou forcer la conservation de la licence empêchera son utilisation dans certains cas, et cela sans que l’auteur en tire quelque bénéfice. Simplement la diffusion sera limitée, sans que cela ne serve la diffusion des connaissances, ni l’avènement des ressources éducatives libres.

En tout cas, de mon coté, je suis convaincu, j’enlève la restriction SA de mes documents.

Et je reprend le dernier paragraphe :

Ce document est hautement abrégé. Pour plus d’informations à propos de ces sujets, ou d’autres sujets liés, rendez vous sur le site de Creative Commons (NdT : ou sur le site de Creative Commons France).

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