CDIO, quézaco

Partant une deuxième fois pour un meeting du CDIO (la Finlande cette fois-ci) et je m’aperçois que je n’ai toujours rien écrit là dessus (enfin juste un peu sur Wikipédia, mais cela ne compte pas vraiment). Alors voici un premier jet.

CDIO est à la fois un acronyme (Conceive – Design – Implement – Operate, que l’on peut traduire par Imaginer – Concevoir – Réaliser – Exploiter) visant à mettre l’accent sur le fondement du métier d’ingénieur : développer des systèmes, et une initiative regroupant un nombre croissant de formations d’ingénieurs du monde entier, avec dans les membres fondateurs le MIT, les universités suédoises (KTH, Chalmers …).

L’initiative CDIO se propose de refondre la formation des ingénieurs en interrogeant toutes les composantes de l’organisation d’une formation. Pour cela la fondation a adopté une démarche de développement classique d’un modèle éducationnel complet, partant des besoins jusqu’à son exploitation en passant par la conception détaillée. Cette démarche se veut itérative et vise à permettre la construction d’un programme de formation complet.

Elle s’intéresse ainsi aux objectifs finaux de la formation, à son organisation, aux méthodes pédagogiques utilisées. L’esprit du CDIO est de proposer un ensemble de ressources. L’idée n’est pas d’être prescriptif, mais force de proposition et de changement dans les formations d’ingénieurs.

La première ressource est donc le syllabus, (ou référentiel de formation) union des compétences souhaitables pour l’ensemble des ingénieurs. Un formation couvrira donc logiquement un sous-ensemble des ces compétences, suivant les orientations du diplôme proposé. Ce syllabus est organisé autour de 4 éléments principaux :

  • les connaissances scientifiques et techniques ;

  • les compétences personnelles et professionnelles ;

  • les compétences interpersonnelles : travail en groupe et communication ;

  • les compétences liées aux métiers de l’ingénieur : Imaginer, concevoir, réaliser et exploiter des systèmes dans un contexte sociétal et d’entreprise.

Ce découpage vise bien à mettre les aspects scientifiques, techniques et transverses de la formation d’ingénieur en perspective en référence au métier de base. Il peut ainsi servir de base pour la construction du référentiel d’une école, et d’outil de discussion avec les partenaires industriels ou académiques. Ce syllabus est la traduction sous forme de référentiel du contexte de la formation d’ingénieurs.

Au delà de cela, on trouve un regroupement de bonnes pratiques sous forme de standards. Ces standards permettant de mettre l’accent sur les éléments stratégiques de la formation.

Actuellement au nombre de 12, il couvrent aussi bien des éléments pédagogiques (encouragement de la formation par projet et de la pédagogie active) qu’organisationnels (formation des enseignants, évaluation des programmes)

L’adhésion à cette initiative permet d’entrer dans une démarche collaborative internationale de réflexion et d’amélioration de la formation des ingénieurs. Pour cela, le CDIO organise annuellement deux meetings, dont une conférence, et développe des groupes régionaux. En France, pour l’instant seule Télécom Bretagne a rejoint cette initiative. Notons également comme autre institution francophone l’école Polytechnique de Montréal.

Le CDIO regroupe à travers le monde, une quarantaine d’universités au rang de collaborateurs sur tous les continents, sans compter 18 écoles chinoises, l’association australienne pour la formation des ingénieurs.

Parmi les travaux actuels au sein du CDIO, signalons une mise à jour du syllabus, la proposition d’un standard autour de l’internationalisation des formations, la préparation de ressources autour de projets et de la pédagogie active, la réflexion sur une possible certification CDIO. Les pistes de progression sont donc nombreuses.

Un livre « Rethinking Engineering Education: The Cdio Approach » de Edward Crawley, Johan Malmqvist, Soren Ostlund, et Doris Brodeur (2007) décrit en profondeur tous les éléments de l’initiative, des éléments plus concis peuvent être trouvés sur le site du CDIO. Il est bien entendu aussi possible d’en discuter directement … A Télécom Bretagne, nous sommes convaincus de la cohérence de la démarche !

crédit photo : Lounge! http://www.flickr.com/photos/loungeonflickr/2674483278/ CC-by-nc

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