Social learning : dans l’entreprise, à l’université, et entre les deux

Entreprise Collaborative nous propose un Livre Blanc : Une Introduction au Social Learning qui est intéressant par la diversité des contributeurs. On y trouve donc un certain accord sur le fait que le social learning est basé sur le partage de connaissance, d’expériences dans une communauté, la notion d’aide entre personnes, et qu’il est rendu possible par l’émergence des outils du web2.0.

Mais au delà, se dessinent des différences importantes, qui découlent du point de vue (personne, groupe, entreprise, gestion des connaissances), de l’étendue du social learning (de l’apprentissage informel à l’organisation apprenante, en passant par la gestion de la formation continue) des objectifs (gérer les processus de l’entreprise, les personnes, apprendre tout au long de la vie) ou de l’impact sur l’organisation (de la gestion de la performance à l’entreprise transparente aux multiples interconnexions).

Pour ceux qui se concentrent sur les participants, la facilitation (l’animation) et l’administration sont des fondamentaux. Ils y voient une nécessité pour l’entreprise de se réorganiser de manière plus horizontale pour permettre une plus grande créativité. On est dans le paradigme de l’entreprise innovante. British Telecom semble avoir une telle approche lorsque l’on regarde leur expérience d’utilisation des outils sociaux.

Dans l’approche amélioration du processus on cherche à permettre l’adaptation pour une plus grande efficacité. On est alors dans une approche plus tayloriste. Comme on le voit le social learning peut prendre des visages très différents suivant le contexte. Comme le dit Jay Cross, cest une affaire de personnes.

Au delà des témoignages accolés, la confrontation aurait sans doute été plus animée. Mais en prenant un peu de recul, cet ensemble de témoignages peut permettre de se donner des grilles de lecture, pour mieux cerner ce terme social learning qui s’avère protéiforme.

Si on se positionne dans un axe où l’apprentissage est quelque part le processus visé. L’objectif de l’apprentissage devient le sujet de la conversation sociale. Il permet d’articuler : l’apport de connaissance, éventuellement formel, l’analyse, l’appropriation dans l’échange, et le renforcement dans l’aide de sa communauté. Vu comme cela, on peut passer du cours à la mise en œuvre de compétences (et cela avec des allers-retours) de manière plus continue.

Au niveau de l’université, Rob Jacobs, nous propose dans son article Leveraging The “Networked” Teacher: The Professional Networked Learning Collaborative, ou l’enseignant devient un nœud d’échange dans le réseau social. Cela permet de multiplier les points de vue reçus par les apprenants, les échanges entre enseignants, bref de travailler ensemble, et à tous les niveaux. Dans son approche, on part bien de la personne, chaque enseignant devenant un facilitateur pour les apprentissages (personnel ou personnalisé) d’autres personnes (apprenant ou autre enseignant). Son

discours vise bien à rapprocher les enseignants, trop souvent isolés. On voit bien aussi que l’on part de chaque apprenant, c’est le social learning partant du PLE (Personal Learning Environment). Il nous propose une vue où l‘enseignant est au centre du réseau d’apprentissage, je préfère le voir comme un nœud quelconque avec un rôle de facilitateur et d’expert, en tant que professionnel.

Troisième volet, l’interconnexion de réseaux. Fred Cavazza revisite la vision universitaire précédente dans son article Vers du crowd learning avec les open university en complétant le rôle de l’enseignant qui reste en contact avec ses anciens étudiants pour continuer à les conseiller et pour faire appel à eux pour témoigner de leur expérience terrain. Ce réseau d’anciens s’est avéré difficile à gérer même dans les écoles d’ingénieurs qui sont pourtant sensibles à ces aspects. Espérons que cela pourra effectivement se renforcer au travers des outils de réseaux sociaux. Certains établissements s’y attellent déjà. Rémi Bachelet notamment a mis en place une initiative passionnante basée sur un wiki pour dynamiser les échanges entre étudiants, enseignants et anciens : CentraleWiki.

Au fait, comment traduire cet anglicisme en français ? La proposition dans Wikipédia est « travail social », ce qui ne me convient guère…

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