Nos élèves 2.0 seront les ingénieurs 3.0 (et plus encore)

Our students 2.0 will be the engineers 3.0 (and more)

Nos élèves ont une culture numérique, principalement ancrée dans les réseaux d’amis dans Facebook ou Messenger, mais aussi autour de la musique, des jeux, des téléphones… Nous pouvons les appeler «natifs du numériques » ou élèves 2.0 (pour coller au titre du billet). C’est un constat, une prise en compte de leur acquis, mais cela ne guide pas sur ce qu’il faut leur faire acquérir. Ce qui est m’intéresse ici, c’est qu’il ne faut pas confondre cet état de fait avec l’objectif d’en faire des professionnels demain. Voici donc quelques objectifs à intégrer dans une formation d’élèves 2.0 futurs ingénieurs 3.0.

Par rapport à l’Internet et son utilisation.

Quelques compétences de base transverses à toute formation de niveau master :

  • la digital literacy, qui regroupe compétences de recherche, d’évaluation, d’utilisation et de synthèse d’information numérique, ainsi que la capacité d’exprimer ses idées de manière numérique. C’est assez différent de l’habileté de manipuler des objets techniques, cela passe plutôt par une acquisition d’un esprit critique numérique, qui ne leur est pas naturel ;
  • la capacité à argumenter, agréger, participer à des communautés, voire à les animer. Cela correspond à une vision élargie à la capacité à convaincre et à travailler en groupe.

Ces aspects correspondent en fait à un niveau minimal pour un niveau master, traduit dans l’environnement numérique, conforme à ce qu’on appelle les descripteurs de Dublin au niveau européen. Nous avions d’ailleurs présenté un article autour de cette idée là il y a déjà deux ans.

Intégrer la dimension de l’Internet

Mais, pour un ingénieur, il faut aussi intégrer la compréhension des phénomènes techniques liés à Internet – en termes de dynamique – de grand système, de facteur de convergence. Cela est important car l’intégration de ces dimensions impacte tous les domaines techniques actuels. La convergence, dite NBIC (pour nanotechnologies, les technologies du vivant, la science informatique et les sciences de la cognition). La conférence de Rémi Sussan dans le cadre de l‘intersemestre sur le post-web2 proposé cette semaine par Gwendal Simon en montrait bien les enjeux. Les autres conférences montraient en quoi la virtualisation du monde, couplée à la projection tangible des informations du web dans le monde réel au travers de l’internet des objets (pour faire court) amenait à reconsidérer la perception du monde réel (écouter par exemple le speech que David Orban nous a fait dans Second Life). Par ailleurs, la dimension de l’Internet transforme totalement la dimension de la capacité de calcul, d’acquisition et de traitement de l’information.

Pour le travail des ingénieurs Télécom aussi cela a un impact sur la gestion des données, les architectures et les infrastructures techniques, ainsi que sur la manière de penser l’algorithmique.

De manière générale, cette dimension nouvelle des problèmes d’ingénierie, cette complexification des systèmes encourage à conserver un volet d’expertise scientifique et technique dans la formation.

Quels enjeux de vie auxquels nos élèves auront à faire face ?

La vie n’est pas un long fleuve tranquille. Internet est un vecteur important de changement, il est d’ailleurs en perpétuelle évolution (en passant, avez vous remarqué que les évolutions de l’électronique ne se mesurent plus en puissance de calcul, mais en niveau d’intégration dans Internet et en débit), tant dans ses capacités, que dans sa sphère d’influence. Cela amène au niveau de l’activité à des dynamiques inconnues, qui nécessitent donc de l’adaptativité. Celle-ci ne peut s’obtenir que s’ils ont confiance en eux, qu’ils aient une motivation suffisante. Par ailleurs, il y a une nécessité d’éthique renforcée, liée au fait que les systèmes technique impactent de manière renforcée des enjeux de pouvoir, de démocratie, les enjeux liés à la vie de la planète entière et de ses habitants. En bref il faut acquérir une conscience des choix de société qui sont devant nous (dans quel meilleur des mondes vivront nous ?)

Quels défis les attendent ?

De manière évidente, dans les 40 ou 50 ans à venir, ils auront à gérer des systèmes intégrant les composantes des NBIC, à imaginer les usages, et à développer les applications qui y seront liées. Mais cette intégration se fera avec un objectif qui va devenir de plus en plus prioritaire : le développement durable dans ses trois composantes : sociale, écologique et économique.

Prospectif ? Peut-être, mais tellement vital pour notre société, comme le rappelle Bruce Sterling.

PS1 : au départ, je suis parti juste du titre proposé dans un billet twitter, que j’ai eu envie de reprendre. Le reste vient en fin de « semaine prospective » de manière un peu courte ou abrupte. Certaines parties peuvent nécessiter un discours un peu plus long. Prêt à en discuter avec qui voudra…

PS2 : je n’ai pas intégré grand chose de la journée « internet du futur » qui se concentrait plus sur une problématique accès aux données, architecture du réseau lui-même avec le débat liberté versus contrôle nécessaire, qui me parait tellement biaisé, bien que sans doute vital pour l’avenir.

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Une Réponse to “Nos élèves 2.0 seront les ingénieurs 3.0 (et plus encore)”

  1. Cactus Acide » » L’observatoire du neuromancien 01/23/2010 Says:

    […] Nos élèves 2.0 seront les ingénieurs 3.0 (et plus encore) « Techniques innovantes pour l’e… […]


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