Litéracie numérique et formation d’ingénieur

Lors de la prochaine conférence à Montréal du CDIO, j’irai présenter l’idée que le web modifiant le lien à la connaissance, il est nécessaire d’intégrer la maitrise des suages du numérique (ou litéracie numérique) aux formations d’ingénieur.

Pourquoi les formations d’ingénieurs ? Tout simplement, parce que j’y enseigne et que le CDIO est une association mondiale d’écoles d’ingénieurs et qu’elle n’intègre pas encore la dimension numérique dans ses préoccupations. Les constats dressés ici doivent pouvoir se généraliser, tant la société de l’information modifie en profondeur nombre de métiers, et notre condition de citoyen.

L’article est en anglais, en voici un résumé.

D’un point de vue professionnel, l’introduction des outils de communication modifie les organisations et leur maitrise est maintenant considérée par certains comme un prérequis pour pouvoir exercer sa créativité, innover, et devenir entrepreneur dans la société du XXIème siècle. Or ces compétences sont considérées comme centrales dans les évolutions identifiées du métier d’ingénieur.

Ingénieur et collaboration

Ingénieur et collaboration

Les compétences liées au numérique (litéracie numérique ou digital literacy) impactent notre rapport à l’apprentissage, à la construction de savoirs, notamment en encourageant un apprentissage collaboratif. Il est donc également intéressant de les intégrer pour la qualité de la formation

Malgré tout ce que l’on peut penser, ces compétences ne sont pas innées. Utiliser les outils (blogs, wikis, réseaux sociaux, …) dans un contexte professionnel ou d’apprentissage nécessite de mobiliser des compétences à un haut niveau. Il est donc nécessaire d’apprendre à les utiliser dans des situations nécessitant un degré suffisant de réflexion. Nous avons identifié qu’il était donc nécessaire d’avoir une démarche progressive dans l’appropriation de ces outils qui peut s’intégrer avec une montée en compétence d’un certain nombre de compétences identifiées dans le syllabus de l’ingénieur (travail en groupe, gestion de l’information, communication, apprentissage tout au long de la vie, …).

Mais pour pouvoir généraliser l’utilisation avec les élèves (on dit comme ça pour les étudiants dans les écoles d’ingénieurs), il est nécessaire que les enseignants soient familiers de ces outils. Dans notre école, nous avons travaillé à 3 niveaux :

  • Soutien des early adopters en encourageant les innovations pédagogiques, qui peuvent ensuite être proposées aux autres collègues dans une petite structure comme la nôtre. Nous avons également la chance de pouvoir organiser des sessions courtes sur une semaine proposées à nos élèves à l’intersemestre ce qui a permis de proposer un séminaire sur le web2.0, puis le post-web2.0 avec de nombreux intervenants extérieurs.
  • Développer des communautés de pratiques. En profitant des projets interdisciplinaires, et de l’existence d’équipes pédagogiques, des outils collaboratifs ont pu être introduits dans la pratique quotidienne des enseignants. Leur usage devient naturel, le seul écueil étant le risque de figer certaines pratiques sur certains outils.
  • Proposer des animations. Qui se font à différents niveaux : conférence d’experts, formation continue, séminaires d’échange sur les pratiques, organisation d’événements nationaux comme Moodlemoot ou le colloque questions de pédagogies dans l’enseignement supérieur, participation à des réseaux d’utilisateurs et de recherche, ou présentation par les élèves (un explorcamp est organisé par les élèves à l’issue du séminaire web2.0

Cet effort devra se continuer, les usages devront se diversifier. Cela reste malgré tout un enjeu majeur pour développer un esprit d’innovation chez nos élèves.

Pour aller plus loin sur la montée en pratique des enseignants, il faudra sans doute s’intégrer, voire développer des communautés de pratiques plus larges, mais cela était l’objet du billet de la semaine dernière : Les ressources éducatives se développeront en réseau(x).

En attendant de proposer une formation vraiment orientée vers l’innovation …

2 Réponses to “Litéracie numérique et formation d’ingénieur”

  1. Cactus Acide » » L’observatoire du neuromancien 06/03/2010 Says:

    […] Litéracie numérique et formation d’ingénieur « Techniques innovantes pour l’enseignement… […]


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