Les écoles d’ingénieurs à l’heure du web2.0

Joli titre pour une journée organisée par le CEFI, à laquelle j’ai été convié pour témoigner de certaines expériences conduites dans mon institution, Télécom Bretagne.

Trois intervenants de talent ont occupé la matinée pour brosser un panorama général :

  • Christian Colin, des Mines de Nantes nous a rappelé que l’intégration des TICE est un processus engagé de longue date, mais que finalement la seule introduction de technologies ne suffit pas à faire évoluer les pratiques. Sa présentation en ligne ;
  • John Charles Fothergill nous a montré des approches venant de l’autre coté de la Manche. Il a notamment insisté sur le fait que le web2.0 présente de nouveaux challenges : l’attente des entreprises et les capacités des jeunes sont relativement proches, dans leurs approches de la gestion des connaissances, mais très déconnectées de ce qui se fait dans les universités. Il est donc indispensable que l’université (et donc les écoles d’ingénieurs) évolue, pour s’approprier les outils et les usages, afin de permettre aux élèves de développer de nouveaux types d’activités, les e-tivities, pour mieux apprendre et mieux évoluer dans leurs futurs. Son exemple d’utilisation se focalise finalement sur les podcasts et leurs apports ;
  • Marcel Lebrun insiste sur le fait que le premier verrou est de maitriser la pédagogie, la motivation, les niveaux d’engagement des élèves, et d’utiliser de manière conjointe les technologies. Il souligne que le principal frein au changement est les peurs des enseignants et des institutions ; Sa présentation en ligne

L’après midi s’est décomposé en 2 parties.

Une phase de retours d’expériences :

  • Notre discours (nous l’avons construit à plusieurs collègues) s’appuie sur plusieurs idées :
    • Idée 1 : le web2.0 transforme le lien à l’information, la manière d’aborder, de construire, de comprendre les connaissances, et cela devrait s’amplifier encore avec l’arrivée des webs mobiles, des objets, temps réel, sémantiques …
    • Idée 2 : l’innovation et la litéracie numérique (digital literacy en anglais) sont des objectifs de formation. La maitrise de ce que l’on peut appeler la litéracie numérique est un prérequis à la capacité d’innover. Et cette litéracie s’apprend et peut être abordée de manière progressive. L’innovation est une capacité indispensable pour l’ingénieur du XXIème siècle.
    • Idée 3 : l’intégration des ces usages dans les formations est un vecteur d’amélioration des apprentissages, en favorisant la recherche, l’analyse, la synthèse d’informations, l’esprit critique. Mais cela se fait bien sûr dans une approche transverse au service d’objectifs pédagogiques, en soutien à des méthodes d’apprentissage …
    • Idée 4 : il faut proposer des situations variées, des outils différents suivant les objectifs en appui aux méthodes pédagogiques utilisées, à plusieurs niveaux de collaboration (petit groupe, promo, école …), et donc être cohérent sur ses approches pédagogiques ;
    • Idée 5 : il faut promouvoir les usages au sein des enseignants pour qu’il puisse ensuite en tirer parti dans leurs contacts avec les élèves ;
    • Plusieurs exemples d’expérimentations ont été présentés :
      • la construction d’une bibliographie partagée et critiquée au sein d’une promotion dans le cadre d’un enseignement par projets (outil : Moodle) ;
      • la découverte des usages du web2.0 au travers d’une session d’une semaine et présentation via des explorcamps ;
      • la construction collaborative de notes de cours multilingues (outil : wiki)
      • le réinvestissement des acquis d’un cours dans le contexte professionnel d’élèves apprentis (outil : blog)
      • l’utilisation d’outils web2.0 pour la gestion des projets (Google docs, site, groups, code…)
    • Simplement, cela fait beaucoup de concepts à présenter en ½ heure. J’ai eu l’impression d’être un peu dense.

  • Matthieu Roy de l’Ensimag nous a montré tous les usages que l’on pouvait avoir d’un wiki appelé EnsiWiki en soutien à des enseignements, la souplesse apportée, et les possibilités d’expressions que cela apportait aux élèves. Il est intéressant de constater que comme pour la mise en place de notre wiki, la décision d’ouverture d’un tel environnement repose sur la détection d’un manque au niveau des supports de cours
  • Rémi Bachelet de Centrale Lille, nous a montré comment un wiki, correctement animé pouvait servir de base à la construction professionnelle au sein d’une communauté d’élèves et d’anciens, et soutenir des activités dans les projets ;

Et de manière très (trop) courte :

  • Sophie Pene nous a présenté quelques enjeux autour de la gestion des quantités d’informations disponibles, des sites qui permettent de visualiser, de gérer, et de croiser ces informations pour mieux les aborder et les partager. Comment cela pouvait être générateur d’innovation (elle nous a notamment présenté Mapping Controversies, Innocentive et bien d’autres mais si vite…). Elle a conclu en faisant le lien entre visualisation des concepts, permettant de les rendre tangible, et la nécessité de rendre tangible les réseaux d’échange, c’est à dire en leur donnant une réalité physique (si j’ai bien compris…).
  • Un invité surprise : Tarik Lebtahi responsable de la plate-forme commmunautaire chez Dassault Systèmes,  qui décrit leurs approches pour permettre les échanges entre pairs dans leur entreprise, pour rendre possible l’innovation.

Claude Maury en conclusion, a noté les points suivants :

  • Une remise en cause de l’institution de par l’ouverture engendrée et de par la nécessité d’appropriation par tous ;
  • L’idée que le web2.0 permet de travailler à des niveaux taxonomiques plus haut, par exemple en développant l’intelligence critique ;
  • et de finir sur l’aspect de la motivation, et sur la nécessité de faire, au travers de situations authentiques, dans une communauté apprenante, avec des aspects de valorisation et de développement de la confiance en soi.

On retombe bien sur les enjeux qui attendent les formations du XXIème siècle, où se marieront échanges globalisés des connaissances et communautés localisées pour un développement humain que l’on espère fructueux.

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