Tous sur leurs claviers

Une expérience d’écriture collaborative par petits groupes en classe

Etherpad en action (licence CC kjarett)

Faire travailler en groupe, en cours, avec leurs ordinateurs portables ou leur mobiles, voilà quel était notre objectif. Avec comme tâche de fond, permettre les échanges au niveau de la classe autant que possible. Et bien sûr, pour que cela puisse marcher, avec les outils les plus simples possibles.

Pendant chaque cours, avant ou après un petit exposé, nous proposons aux élèves inscrits dans le cours de réfléchir à une série de questions d’approfondissement ou à un petit problème, de partir à la chasse aux informations par groupes de 4, d’échanger sur ce qu’ils trouvent au sein de ce groupe, et de rédiger ensemble leur réponse. Du coté enseignant, la correction est proposée d’ici la séance suivante. Pour les connaisseurs, c’est basé sur un schéma classique d’apprentissage par problèmes.

Rien que de très classique, n’est ce pas. Sauf que au lieu d’utiliser un tableau blanc, un traitement de textes et que les élèves rendent leur document sur l’ENT (nous avons une instance de Moodle opérationnelle), nous avons voulu utiliser des outils du web2.0 pour leur permettre d’être plus efficace.

  • Rechercher de l’information : Google reste notre ami ; une présentation courte en introduction permet de suggérer quelques mots clés pour démarrer. Après, la recherche peut s’élargir de bien des manières : à partir de liens regroupés dans un système de social boorkmarking par exemple ;
  • Relever et annoter les trouvailles : Diigo est une valeur sûre, nous avons donc créé un groupe pour le cours entier, ce qui permet d’alimenter, partager, annoter, critiquer… C’est bien du bookmarking et c’est social. Simplement, s’ils l’ont consulté, nos élèves ont préféré copier directement leurs liens dans leur document partagé ;
  • Échanger et construire ensemble autour des réponses : nous leur avons évidemment proposé d’utiliser l’outil d’écriture collaborative par excellence : Etherpad qui rend visible les contributions de chacun et qui permet d’avoir un vrai partage de la construction. Comme nous avions cité Google Docs, un groupe l’utilise. La version actuelle permet maintenant une écriture synchronisée de bonne qualité, et de plus il est possible d’y insérer des images. Par contre, chacun n’a pas sa couleur.
  • Rendre sa réponse : le blog du cours permet à chacun de publier son texte. Tout le monde y a accès, et peut donc comparer les réponses.
  • Et pour faire des retours ? On boucle sur le même outil qu’au début : Diigo permet de surligner, commenter, d’évaluer.

Évidemment, avant le cours, nous avons prévenu les élèves qu’ils devraient venir avec leur portable (ils en ont tous un, et nous en avons quelques uns en réserve au cas où).

Twitter est utilisé pour faire passer quelques informations, mais a surtout permis aux élèves de donner leurs impressions à chaud. Certains ont donc adopté cet autre outil. Cela nous confirme qu’ils ont bien aimé cette démarche active et instrumentée.

Après un peu d’étonnement, ils ont rapidement essayé les outils, accroché à certains (l’écriture collaborative surtout), hésité sur d’autres (l’utilisation de Diigo reste inégale). Pas de problème de démarrage avec le public concerné, ni sur la prise en main, ni sur le problème de la multiplicité des outils). Et en tout cas, l’implication était totale, et les discussions autour de l’organisation du travail de groupe ont été nombreuses sans les empêcher d’avancer.

Le bilan reste à faire (le cours n’est pas encore fini) mais l’organisation fonctionne bien. En terme d’organisation de travail, nous avons repris et étendu le schéma que virginie Paillas a présenté à Ludovia 2010 en ajoutant un aspect production/ publication ce qui donne ceci :

De la recherche à la publication en web2.0

Le contexte (pour ceux qui veulent des arguments pour dire que cela ne peut pas être fait ailleurs, on peut en discuter).

Dans le cadre de la refonte d’un cours de dernière année pour des élèves ingénieurs en apprentissage (sur le web sémantique et les systèmes d’information), mais cela pourrait/devra faire l’objet d’un autre billet), nous avons voulu proposer un cours dans lesquels les élèves partiraient à la découverte des connaissances proposées au sein de ce cours. Quand je dis nous, c’est Serge Garlatti (@garlatti) qui assure le cours, je n’ai fait que discuter avec lui du dispositif décrit ici.

Les élèves sont en spécialisation informatique, ont fait plusieurs périodes en entreprise, et ont donc déjà une maitrise du domaine (qui est ici informatique, mais cela pourrait être aussi bien le macramé).

Ce sont globalement des accros des « nouvelles technologies » : beaucoup d’iPhones sur les bureaux et quelques Android pour les originaux, un iPad, et un portable pour chacun (mais il me semble bien que tous les lycéens ont ou rêvent d’un téléphone qui accède à leur réseau social préféré, et tous les opérateurs sont prêts à leur vendre)

Sur les outils sociaux, s’ils ont évidemment tous leur compte sur Facebook, l’utilisation de Twitter reste l’exception, et l’utilisation dans un contexte professionnel ou pédagogique, absent. Si la dynamique de promo est exemplaire, ils ont peu d’expériences de travail à plus de 2 ou 3.

Et après ?

On peut se poser quelques questions classiques suite à ce cours très sympathique

  • ont-ils joué le jeu ? Rarement, j’ai vu une classe où chacun travaillait de si bon cœur et sur machine, les salles de TP avec un clavier pour deux sont bien moins dynamiques.
  • Est ce que c’est la peine d’utiliser des outils collaboratifs alors qu’ils sont autour de la même table ? Peut être pas toujours, mais dans le cas présent, cela permet d’aller explorer des informations au delà des murs de la classe et cela les a vraiment aidé à partager des documents plus simplement qu’au travers d’un tableau ou d’un vidéo projecteur (en attendant d’avoir un TNI (tableau numérique interactif) par groupe.
  • Est ce qu’on peut faire cela tout le temps ? Sans doute pas, c’est plus engageant pour les élèves donc cela peut entrainer trop de fatigue au long de la journée,il n’est pas possible d’être à fond sans arrêt. Et sûrement pas n’importe comment, sinon la lassitude gagnera rapidement, et pourrait entraîner un rejet.
  • Cela s’applique-t-il à tous les cours ? A priori pourquoi pas, peut être faudra-t-il trouver ou développer d’autres outils si on va plus loin que le texte (pour les schémas ou les cartes conceptuelles cela ne doit pas poser de problème, mais pour manipuler des formules je ne sais pas si on peut fonctionner
  • D’autres exemples en tête ?
    • Je me demande si un éditeur collaboratif ne pourrait pas faire des étincelles pour développer à plusieurs un programme (déjà à deux pour commencer).
    • Ce serait certainement pertinent de coupler un tableau blanc interactif et un document collaboratif partagé. D’ailleurs, il y a des jolis exemples de cela avec des tableaux dans Second Life.
  • D’autres remarques ? Suggestions ?
Faire travailler en groupe, en cours, avec leurs ordinateurs portables ou leur mobiles, voilà quel était notre objectif. Avec comme tâche de fond, permettre les échanges au niveau de la classe autant que possible. Et bien sûr, pour que cela puisse marcher, avec les outils les plus simples possibles.

Pendant chaque cours, avant ou après un petit exposé, nous proposons aux élèves inscrits dans le cours de réfléchir à une série de questions d’approfondissement ou à un petit problème, de partir à la chasse aux informations par groupes de 4, d’échanger sur ce qu’ils trouvent au sein de ce groupe, et de rédiger ensemble leur réponse. Du coté enseignant, la correction est proposée d’ici la séance suivante. Pour les connaisseurs, c’est basé sur un schéma classique d’apprentissage par problèmes.

Rien que de très classique, n’est ce pas. Sauf que au lieu d’utiliser un tableau blanc, un traitement de textes et que les élèves rendent leur document sur l’ENT (nous avons une instance de Moodle opérationnelle), nous avons voulu utiliser des outils du web2.0 pour leur permettre d’être plus efficace.

  • Rechercher de l’information : Google reste notre ami ; une présentation courte en introduction permet de suggérer quelques mots clés pour démarrer. Après, la recherche peut s’élargir de bien des manières : à partir de liens regroupés dans un système de social boorkmarking par exemple ;
  • Relever et annoter les trouvailles : Diigo est une valeur sûre, nous avons donc créé un groupe pour le cours entier, ce qui permet d’alimenter, partager, annoter, critiquer… C’est bien du bookmarking et c’est social. Simplement, s’ils l’ont consulté, nos élèves ont préféré copier directement leurs liens dans leur document partagé ;
  • Échanger et construire ensemble autour des réponses : nous leur avons évidemment proposé d’utiliser l’outil d’écriture collaborative par excellence : Etherpad qui rend visible les contributions de chacun et qui permet d’avoir un vrai partage de la construction. Comme nous avions cité Google Docs, un groupe l’utilise. La version actuelle permet maintenant une écriture synchronisée de bonne qualité, et de plus il est possible d’y insérer des images. Par contre, chacun n’a pas sa couleur.
  • Rendre sa réponse : le blog du cours permet à chacun de publier son texte. Tout le monde y a accès, et peut donc comparer les réponses.
  • Et pour faire des retours ? On boucle sur le même outil qu’au début : Diigo permet de surligner, commenter, d’évaluer.

Évidemment, avant le cours, nous avons prévenu les élèves qu’ils devraient venir avec leur portable (ils en ont tous un, et nous en avons quelques uns en réserve au cas où).

Twitter est utilisé pour faire passer quelques informations, mais a surtout permis aux élèves de donner leurs impressions à chaud. Certains ont donc adopté cet autre outil. Cela nous confirme qu’ils ont bien aimé cette démarche active et instrumentée.

Après un peu d’étonnement, ils ont rapidement essayé les outils, accroché à certains (l’écriture collaborative surtout), hésité sur d’autres (l’utilisation de Diigo reste inégale). Pas de problème de démarrage avec le public concerné, ni sur la prise en main, ni sur le problème de la multiplicité des outils). Et en tout cas, l’implication était totale, et les discussions autour de l’organisation du travail de groupe ont été nombreuses sans les empêcher d’avancer.

Le bilan reste à faire (le cours n’est pas encore fini) mais l’organisation fonctionne bien.

Le contexte (pour ceux qui veulent des arguments pour dire que cela ne peut pas être fait ailleurs, on peut en discuter).

Dans le cadre de la refonte d’un cours de dernière année pour des élèves ingénieurs en apprentissage (sur le web sémantique et les systèmes d’information), mais cela pourrait/devra faire l’objet d’un autre billet), nous avons voulu proposer un cours dans lesquels les élèves partiraient à la découverte des connaissances proposées au sein de ce cours. Quand je dis nous, c’est Serge Garlatti (@garlatti) qui assure le cours, je n’ai fait que discuter avec lui du dispositif décrit ici.

Les élèves sont en spécialisation informatique, ont fait plusieurs périodes en entreprise, et ont donc déjà une maitrise du domaine (qui est ici informatique, mais cela pourrait être aussi bien le macramé).

Ce sont globalement des accros des « nouvelles technologies » : beaucoup d’iPhones sur les bureaux et quelques Android pour les originaux, un iPad, et un portable pour chacun (mais il me semble bien que tous les lycéens ont ou rêvent d’un téléphone qui accède à leur réseau social préféré, et tous les opérateurs sont prêts à leur vendre)

Sur les outils sociaux, s’ils ont évidemment tous leur compte sur Facebook, l’utilisation de Twitter reste l’exception, et l’utilisation dans un contexte professionnel ou pédagogique, absent. Si la dynamique de promo est exemplaire, ils ont peu d’expériences de travail à plus de 2 ou 3.

Et après ?

On peut se poser quelques questions classiques suite à ce cours très sympathique

  • ont-ils joué le jeu ? Rarement, j’ai vu une classe où chacun travaillait de si bon cœur et sur machine, les salles de TP avec un clavier pour deux sont bien moins dynamiques.
  • Est ce que c’est la peine d’utiliser des outils collaboratifs alors qu’ils sont autour de la même table ? Peut être pas toujours, mais dans le cas présent, cela permet d’aller explorer des informations au delà des murs de la classe et cela les a vraiment aidé à partager des documents plus simplement qu’au travers d’un tableau ou d’un vidéo projecteur (en attendant d’avoir un TNI (tableau numérique interactif) par groupe.
  • Est ce qu’on peut faire cela tout le temps ? Sans doute pas, c’est plus engageant pour les élèves donc cela peut entrainer trop de fatigue au long de la journée,il n’est pas possible d’être à fond sans arrêt. Et sûrement pas n’importe comment, sinon la lassitude gagnera rapidement, et pourrait entraîner un rejet.
  • Cela s’applique-t-il à tous les cours ? A priori pourquoi pas, peut être faudra-t-il trouver ou développer d’autres outils si on va plus loin que le texte (pour les schémas ou les cartes conceptuelles cela ne doit pas poser de problème, mais pour manipuler des formules je ne sais pas si on peut fonctionner
  • D’autres exemples en tête ?
    • Je me demande si un éditeur collaboratif ne pourrait pas faire des étincelles pour développer à plusieurs un programme (déjà à deux pour commencer).
    • Ce serait certainement pertinent de coupler un tableau blanc interactif et un document collaboratif partagé. D’ailleurs, il y a des jolis exemples de cela avec des tableaux dans Second Life.
  • D’autres remarques ? Suggestions ?
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2 Réponses to “Tous sur leurs claviers”

  1. Ces cours qui ne pourraient pas se faire sans une posture AVAN « Techniques innovantes pour l'enseignement supérieur Says:

    [...] recherches en groupe. Aller trouver de l’information sur Internet, croiser les définitions, écrire en groupe des synthèses, des présentations, sont les activités de base sur lesquelles nous rebondissons pour démontrer [...]


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