Changer d’éducation ?

Cette semaine de rentrée, au delà des problèmes liés au manque d’enseignants, de moyens, se positionne par rapport à l’enjeu des présidentielles. Après une fin d’année qui a révélé les limites du système actuel, notamment au travers de l’affaire de la triche au bac. Au delà des premières annonces de campagne, les arguments pour des changements plus profonds, qui pourront alimenter un débat que l’on espère de fond, apparaissent ou réapparaissent de toute part. Chacun isolément fait réfléchir, leur accumulation donne une impression d’urgence dans un monde qui semble se déliter.

Sur le fait que nos élèves ont changé, on revisitera les idées de Michel Serres, et don concept de petit poucet ou petite poucette. Dans un autre débat Michel Serres défend également l’idée que les grandes découverte se font un peu « par hasard » (voir et s’il fallait repenser l’éducation en profondeur ?), ce qui conforte la notion de rupture qui bat en brèche les idées de mesure de qualité qui ne peuvent que mesurer des « améliorations » continues.

Sur l’idée que les savoirs informels sont aussi, voire plus importants que les savoirs disciplinaires, Denis Cristol donne un interview à Educpros. Ce qui amène à repenser le corps professoral comme porteur de valeurs, et non pas seulement de disciplines.

Plus fort, Sir Ken Robinson défend la pensée divergente comme vecteur de la créativité. Cette notion l’amène à dire que l’éducation dans son ensemble doit être repensée, pour en enlever son caractère industriel, et en détrôner son dogme de la pensée linéaire qui nous viennent de temps dépassés.(Ken Robinson : Changing education paradigms, et ici sa traduction en français, avec un peu moins de verve). On y notera en passant l’excellence du mode de présentation, porté par le RSA (à visiter).

Sur les modes de présentation, les choses bougent, on ne se plaint plus de la pauvreté des diaporamas, on invente des nouveaux modes de présentation, via Prezi, CommonCraft, Salman Khan, ou la pépite vue par Christophe Batier à Ludovia : «l’expression identitaire «mobile» des jeunes : vers une autre narration de soi» par Nayra Vacaflor. Décidément, la maitrise de l’animation devient une compétence clé.

Sur les méthodes actuelles pour essayer de camoufler les reculs en cours, on notera l’excellent papier de Claude Lelièvre dont le titre « des expressions détournées » en résume parfaitement l’esprit.

Coté numérique,  je trouve que le point de vue de Eli Pariser sur « les bulles de filtres »mérite qu’on y porte attention (vidéo ici, transcription en français ici), qui nous met en garde sur les moteurs de recherche qui choisissent ce qui pourrait nous intéresser à notre place, et qui incidemment appauvrissent nos recherches d’informations au delà de l’acceptable. Cela doit par ailleurs nous rappeler que les promesses des technologies numériques, notamment en permettant l’accès en tout heure et en tout lieu à l’information, sont susceptibles d’être remises en question. On passerait d’une société de l’information à une société de la diffusion personnalisée, dans laquelle on ne verrait que ce qu’un algorithme considérerait comme bon pour nous.

Vu également cette traduction (par @zecool)d’un tableau sur l’éducation 3.0 de pour avoir une idée de comment se positionnent les différentes modes d’éducation. Bonne base de discussion sur des modes complémentaires. Le site cité 21st century learning semble d’ailleurs être une compilation d’éléments en faveur d’un renouvellement de l’éducation.

Ou encore, « Le nomadisme numérique communautaire, nouvel art de vivre » sur le changement induit pas les mobiles.

Pour reprendre une image que j’ai donnée à Ludovia : Le mobile est a l’informatique ce que la voiture est au train. L’informatique (et le train) ont changé nos vies, le mobile (et la voiture) remodèle complètement notre environnement, revisitent les échanges, bouleversent à terme l’infrastructure. C’est le passage d’un moyen « industriel » à un moyen réellement individuel.

Pour finir, je ne résiste pas à inclure l’un des diaporamas de Steve Wheeler : Nouvelles technologies et futur de l’éducation.

En bref, les arguments pour le changement s’accumulent. Quand se décider-t-on à l’enclencher ? Et de quelle manière ?

Et vous quel est le document qui vous a le plus marqué?

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