Museomix, une visite s’impose !

 

Du 11 au 13 novembre, nous serons une soixantaine à participer à une expérience de co-création visant à réinventer le musée à l’heure du numérique ! Ambiance Smartmob, les profils seront complémentaires, la réponse devra être concrète à la fin du week end. Prototypage garanti !

L’idée que je me fais de la vision du musée à l’heure du numérique, coté visiteur (pardon participant) me semble parfaitement résumée dans le diaporama de Loïc Haÿ Panorama d’usages d’outils numériques & de services du web social pour la médiation patrimoniale et culturelle. Une visite se prépare, se vit et se poursuit grâce aux outils numériques. La vision est que l’on passe d’une logique vitrine à une logique relationnelle.

Yves-Armel Martin dans son diaporama « transmettre le savoir à l’ère numérique » distingue les 3 centres sur lesquels on peut agir dans le cadre d’une visite augmentée (centre mental, centre relationnel, centre instinctif), et montre bien l’importance de ces trois dimensions.

Son introduction fait par ailleurs le parallèle entre visite de musée et modes d’apprentissages à l’école. On voit bien que nous sommes dans les mêmes problématiques. D’ailleurs les scénarios que nous avons étudié avec nos amis de PaHST pour l’apprentissage en mobilité en histoire des sciences montrent bien le lien entre espaces historiques à ciel ouvert, musée et information.

Puisque l’on passe à une logique relationnelle, on passe bien à la formalisation d’une expérience unique, personnalisée pour pouvoir être partagée.

Il y a donc une dimension de liberté dans la visite (d’où par exemple l’idée de musée-lego) ou de moyen d’identification de la personne pour pouvoir personnaliser le discours/l’expérience tout au long de sa visite (comme Visite+). L’une des questions de recherche est alors de comment proposer un discours vraiment adapté.

Parmi celles-ci on trouve la construction de scénarios de découverte riches, rejoignant l’approche de IBST (Inquiry Based Science Teaching : apprendre les sciences par démarche d’investigation) recommandée au niveau européen. On trouve également la possibilité de créer des parcours de lecture adaptables, comme l’explore Ioannis Kanellos (voir par exemple Les musées virtuels et la question de la lecture : pour une muséologie numérique centrée sur le visiteur). Les questions se situe donc à donner de la liberté à l’acteur/visiteur pour apprendre et s’émouvoir, mais également à pouvoir l’accompagner dans sa découverte. Quels équilibres doivent être trouvés entre liberté et accompagnement pour concevoir des services d’orchestration des ressources multimédias riches et variées, permettant d’embrasser différents points de vue et différents niveaux de détails.

Peut-on aller au delà de ce qui est disponible, préprogrammé ? C’est une autre question intéressante. J’aimais bien dans le livre Shaping Things de Bruce Serling l’idée que l’on pouvait interroger un objet sur différentes facettes. Ce qui pourrait se traduire par « et si un objet pouvait être source de visite ». Chaque objet pourrait devenir une opportunité de découverte. Chaque objet ne pouvant faire l’objet d’une programmation fermée a priori, il est nécessaire de coupler cette découverte avec une recherche sémantiquement enrichie par le contexte de découverte. J’avais proposé un sujet d’étude dans ce sens : « apprendre via les objets » qui est malheureusement resté au niveau de concept. D’après une étude récente relatée dans « les application mobiles des musées, juste des audioguides améliorés ? » on en est encore loin, l’interinterdisciplinarité du discours reste encore un vœu pieu.

Si l’objet peut devenir un médiateur intéressant, j’aime également bien l’idée que l’on peut expliquer quelque chose sur un coin de table, sur un bout de nappe en papier. L’idée m’est venue après avoir commencé à découvrir les vidéos de Salman Khan, de RSAnimate (Ken Robinson) où l’on revient au dessin simple pour expliquer une notion sans passer par des logiciels lourds pour dessiner. Le projet Kaleidoscope de muséolab l’a reformulé en « et si un bout de table devenait un outil de partage de connaissances ? », qui met en avant la dimension collaborative. Intéressant également. Sauf que dans la classe, l’espace de médiation est plutôt le tableau.

Qu’y a-t-il également d’intéressant à considérer dans cette visite de muéomix ?

Beaucoup de choses à vivre et à découvrir !

Pour le voyage vers Paris, quelques liens qui paraissent intéressants :

crédit photo : le Muséolab du Centre Erasme par dalbera licence CC-by

Une Réponse to “Museomix, une visite s’impose !”

  1. Sébastien Magro Says:

    Bonjour,

    Merci d’avoir inclus un de mes articles dans votre liste. Je vous suggère de faire un tour du côté de Muzeonum, un wiki de ressources consacré au numérique pour les musées, ici : http://www.omer.mobi/muzeonum/, développé par Omer Pesquer.

    Vous pouvez également consulter un de mes précédents billets, rédigé avec Omer, qui résume une conférence que nous avons donnée lors du festival Spectaculaire : http://dasm.wordpress.com/2011/10/12/le-web-participatif-pour-la-culture/.

    D’autres ressources intéressantes du côté nord-américain, sur le participatif avec Nina Simon (http://www.participatorymuseum.org/) et sur la mobilité avec Nancy Proctor de la Smithsonian Institution : http://museummobile.info/. Et vous avez déjà cité Museum Next en Grande-Bretagne.

    Au plaisir collaborer lors de Museomix !


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