Y-a-t-il une « French Touch » pour les MOOC ?

Dites-moi.

On trouve cette expression ici ou là. Par exemple : « y aura-t-il une « French touch » permettant à l’offre nationale de se distinguer des autres ? »

Autour de la question des MOOC, certains se demandent donc s’il y a quelque chose de spécifique dans l’enseignement à la française qui mérite qu’on le diffuse au delà de nos universités. Certains pensent que c’est une question de combat, de vie ou de mort, dans une compétition mondiale. En termes de collaboration, que peut apporter la « French Touch » au développement de la connaissance ?

Mais quand je regarde nos cours d’université, d’écoles d’ingénieurs, ou nos premiers MOOC, j’ai du mal à voir une spécificité. Nous sommes capables du meilleur (comme du pire?), mais en quoi y-aurait-il quelque chose de spécifique qui nous différencierait ? Quelle expérience spécifique pour les participants ?

ajout du 23 avril : Une autre manière d’aborder la question est de présenter les projets des « innovateurs de l’éducation ». C’est l’objet de la série de conférences « la French Touch de l’éducation ». La prochaine aura lieu le 6 mai à Paris avec un joli panel.

Quelle est la « Digital French Touch » des MOOC ? Comment la caractériser ?

Dites-nous.

Crédit photo : Daft Punk Photo par Party Stuff by CS licence CC-by-NC-ND

10 Réponses to “Y-a-t-il une « French Touch » pour les MOOC ?”

  1. rtrillard Says:

    La réflexion nationale serait – elle au « point mort » ? Sinon tu avais vu http://lesenjeux.u-grenoble3.fr/2013-supplementB/02Moeglin/index.html ? Je ne sais pas si cela pourrait constituer un fondement de la « frenchtouch ». A+

  2. Tru Dô-Khac Says:

    Que diriez-vous d’une French touch avec une approche frugale de la plateforme ?
    « Le Personal MOOC V2, une innovation frugale »
    http://cell009.organic-mooc.eu

    « Frugal » est entré dans le champ sémantique du management d’entreprise avec Carlos Ghosn pour transmettre aux ingénieurs Renault sa vision de la Logan.
    Depuis un concept mondial avec L’innovation Jugaad lancé par Navi Radjou et ses co-auteurs.

  3. emiliebouv Says:

    Je me demande aussi s’il y a une French Touch dans les domaines de compétences ou les spécialités abordées des MOOCs français plutôt que savoir s’il y a une French Touch dans les MOOCs français. Si on répond honnêtement à cette deuxième question, j’ai bien peur que le constat et les réponses ne soient pas très positives pour notre enseignement « typiquement » français. Il me semble cependant que ce qui peut marquer notre French Touch (attention c’est paradoxal) c’est nos « traditionnelles » méthodes d’enseignement à travers l’innovation que représentent les MOOCs. Des sortes de « MOOCs à papa » en quelque sorte. Aussi parce que nous découvrons encore les mondes des MOOCs alors que d’autres on de l’avance sur leur mode de fonctionnement. Ce n’est pas péjoratif. Il me semble que nous sommes moins « bling bling » même dans les MOOCs que nous montons. C’est un avis qui n’est pas figé. Juste quelques réflexions.

  4. Jean-Marie Gilliot Says:

    @rtrillard effectivement il y a là une piste : l’approche critique, et la proposition d’interdisciplinarité (qui m’a déjà été citée), dont une école française pour aborder les problèmes. Certes, mais est-ce si spécifiquement français ?
    @emiliebouvrand tu sembles sur la même ligne que @rtrillard. Est ce valorisable en ligne ?

    @Tru Dô-Khac, l’idée de frugalité me semble nous venir tout droit d’Inde. Et l’idée de proposer des formats courts et autosuffisants pour apprendre ne me semble ni très développée en France, ni très originale. Citons giveit100 https://giveit100.com ou ce MOOC en 1/2H proposé par Udacity : https://www.udacity.com/course/ud248 qui va jusqu’à une mise en pratique.

    Merci à tous les 3 pour ces premières propositions.

  5. Yves Epelboin Says:

    Il y a une French Touch, non pas dans les MOOC en eux-mêmes, mais dans l’approche de l’enseignement en France. Ceci est le résultat de notre « vision cartésienne ». On peut l’aimer ou pas mais elle présente une originalité qui a son intérêt. Je l’ai vécu moi-même lorsque je travaillais en Grande Bretagne et aux Etats-Unis. C’est une approche plutôt théorique et globalisante, reflet de notre civilisation et notre histoire.

    Plus généralement je crois beaucoup aux approches pédagogiques basées sur la culture du pays auquel on s’adresse et c’est pourquoi je suis convaincu que l’approche américaine ne conviendra pas dans beaucoup d’endroits. On ne construit pas un enseignement dit global, en ignorant les cultures locales. FUN, par exemple, ne pourra réussir en Afrique francophone, qu’avec la participation d’enseignants africains.

    C’est aussi la raison pour laquelle je trouve légitime que les universités françaises présentent des cours en anglais (ou toute autre langue). Au-delà de la francophonie notre approche peut intéresser des personnes qui rencontrent la barrière de la langue.

    La manière d’enseigner en France est tout aussi légitime que l’approche plus pratique des anglo-saxons. L’une comme l’autre ont leur intérêt.

  6. rtrillard Says:

    @jmgilliot qu’est ce qui « t’as déjà été cité », la piste ou l’interdiscplinarité ?

    Après je pense que l’on peut mettre critique entre guillemets.

    « Est – ce spécifiquement français » ?
    Je n’en sais rien, … mais au moins ça ne s’ancre pas dans le processus de « normalisation des marchés de l’ « higher ed » induit part la « soi disant » concurrence des universités anglo – saxonnes.

    « Est – ce valorisable en ligne ? »

    Le travail éducatif doit – il fondamentalement répondre à des enjeux de « valorisation économique » ?

    Ensuite, est ce que tu connais un environnement numérique qui :
    S’évertue à faire un travail d’agrégation des médias ( articles, livres, radio, télé, web, …) autour d’une discipline, d’un « réseau thématique de recherche » ?
    qui dans le même temps
    Favorise le travail d’analyse de ces médias ?
    puis
    Permet aux personnes qui le fréquenteraient de réaliser leurs propres médias ?
    et enfin
    Participe à un projet pédagogique clairement énoncé (qui me traite pas de suivi individualisé, de référentiel de compétences, d’interactions forcées avec les « besoins socio – économiques » et ne s’inscrit pas dans les rationalisations organisationnelles contemporaines : développement des outils de gestion, des nouvelles formes de management et injonction à l’innovation et la « marchandisation » … ) et finalement en lien avec les « représentations, les pratiques et les besoins de développement » des « acteurs sociaux » concernés, imaginons, les « acteurs de l’enseignement sup », voire même plus précisément les membres d’un labo, d’une équipe péda ?

    Alors est – ce valorisable ?
    ça dépend de ce que tu entends par « valorisable ».

    Est – ce que tu veux dire que c’est une approche capable de créer de la valeur économique – comme c’est devenu, malheureusement « l’usage » en Politique – notamment par la création de nouveaux environnements pédagogiques ?

    Est – ce que tu entends valeur dans sa dimension symbolique dans le sens ou ça répondrait au projet libéral et cognitif de l’ « enseignement supérieur et de la recherche » ?

    Je ne sais pas … si c’est plutôt la première idée, tu devrais jeter un œil sur les articles de Pierre Moeglin dans « l’industrialisation de la formation ? : état de la question »

  7. EB Says:

    Ce qui serait typiquement French Touch, ce serait, comme j’ai déjà eu l’occasion de l’évoquer, un « label qualité » pour les MOOCs français. Et là, on se distinguerait. Un label qualité = contenu et médiatisation > analyse technologique et pédagogique.

  8. Jean-Marie Gilliot Says:

    @rtrillard à la première question, je crois que ce sont les 2.
    Sinon sur le terme « valorisable », je pensais simplement pouvoir être apprécié par les internautes. Pas de point de vue économique ou libéral dans mes propos. Et de mon point de vue un environnement connectiviste doit répondre à tes critères: recherche, analyse et projet pédagogique.

    @EB la question est de qui peut délivrer un tel label, selon quels critères qui soient reconnus dans le monde du numérique. Je ne suis pas convaincu que ce soient les critères académiques classiques, souvent remis en question qui forment la base d’une telle labellisation. Par exemple, un site comme la Khan Academy serait labellisé selon ton point de vue ?

    • rtrillard Says:

      est – ce qu’il existe un environnement technologique qui correspond à ce principe ou alors le principe c’est de bricoler un environnement « comme tu peux » ? Merci.

  9. lepagegilles Says:

    une « francophone » touch ?


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