Tous faiseurs de MOOC – mon second MOOCamp Day

Tous faiseurs de MOOC : Proposer, imaginer, scénariser des nouveaux MOOC en une journée, c’est l’objet du MOOCamp Day. Sur le modèle des barcamp et autres journées d’innovation, dans lesquelles tous les présents participent, le déroulement de la journée suit un schéma efficace : présentation de sujets de MOOC proposés par des participants et vote par l’assistance, puis ateliers de brainstorming et de construction impliquant tous les participants avec des animateurs formés par SenseSchool. Plus le public est varié, mieux c’est.

Après le succès de la journée du 11 janvier à Paris, la seconde journée se déroulait ce 14 juin en 7 lieux entre Brest, Lyon, Montpellier, Nany, Paris, Toulouse et Tunis. À Brest, nous étions accueillis par l’UBO, avec l’appui de l’UeB, de FUN et l’animation de Télécom Bretagne.

Si un appel était lancé en amont, il était évidemment possible de proposer son sujet sur place. Ainsi c’est bien parce que j’ai asticoté un petit groupe d’étudiants présents que l‘un d’entre eux nous a proposé un sujet « 1 MOOC pour sauver 1 vie » qui a suscité l’adhésion de la salle ! C’était donc le sujet surprise et c’est tout à fait dans l’esprit de ces journées « Camp ».

Il ne s’agit pas de choisir institutionnellement un sujet qui sera forcément pérenne, mais bien de faire ressortir l’originalité, d’apprendre ensemble, de s’imprégner de nouvelles tendances, éventuellement de servir d’accélérateur aux sujets retenus. Certains collègues enseignants-chercheurs avaient un peu de mal avec le caractère informel des choix tant au démarrage qu’à la fin de journée quant suite aux votes, c’est ce sujet « 1 MOOC pour sauver 1 vie » qui a encore recueilli le plus de suffrages. La question était alors de savoir quel était l’engagement de l’institution, alors qu’il s’agit à ce stade d’un simple coup de cœur, une manière de saluer l’impertinence, le travail réalisé dans la journée et la nature du sujet.

Il s’agit bien d’une approche informelle dont le porteur peut retirer des bénéfices (l’expérience, les idées proposées, un début de reconnaissance) mais qui n’engage pas l’institution à ce stade. C’est également le cas pour le MOOC du jury («Valoriser, entreprendre pour innover »). Là encore le choix du jury est souverain, valorise le résultat de la journée, l’intérêt du sujet, l’image véhiculée et n’engage pas un soutien à terme (quoique dans ce cas là, il est certain que l’institution porte un intérêt pour le sujet).

Deux autres sujets ont été animés durant cette journée à Brest. Le premier, « Cuisinez comme un chef », devenu COOKMOOC en fin de journée a suscité plein d’idées intéressantes concernant les activités possibles, mais a souffert d’un crash à la présentation finale qui n’a pas permis de bien percevoir toutes les innovations embarquées. Gageons que le sujet sera poursuivi par sa porteuse Sophie Briand qui nous a apporté ce sujet pour le Centre Culinaire Contemporain et les Cercles Culinaires de France . Il semble d’ailleurs que la thématique était présentée dans plusieurs villes. Espérons que le fait d’avoir été tous présentés au MOOCamp permettra des rapprochements. Le second « La terre, une planète en mouvement » a permis de tirer parti d’un senior récemment en retraite qui a permis de valoriser son expérience.

En passant, joli titre sur le Télégramme pour relater cet événement : « Dans le mic-mac de la fabrique des MOOC »

 

Cette journée a été particulièrement riche pour les enseignants et autres ingénieurs pédagogiques qui découvraient la dynamique de ces démarches d’innovation, de concassage, de dynamiques de communautés qui permettent de visiter autrement la manière de concevoir un cours, et qui donnent après quelques heures un résultat prometteur et dans tous les cas très différents de ce que produirait une équipe pédagogique classique. Le grand mérite de ces journées est bien de permettre d’ouvrir la porte à des pratiques nouvelles porteuses d’ouverture, et d’aborder de manière simple des concepts parfois mal jugés comme la notion de public visé, de compétences ou de scénario pédagogique.

Mérite augmenté par le fait que ces journées étaient effectivement nationales. Et cela se sentait bien sur les réseaux sociaux, que ce soit facebook ou twitter. Cela faisait particulièrement plaisir de voir que les acteurs de la pédagogie et du numérique étaient nombreux à échanger, et de les retrouver à se faire signe de site en site. Ce coté Intervilles était lui aussi assez festif. À l’arrivée, cela fait tout de même 30 sujets explorés, autant que le nombre de MOOC actuels sur FUN-MOOC, c’est pas rien !

Bref, une journée qui ouvre l’enseignement supérieur à la société civile, et c’est une excellente chose. Une journée qui fait avancer la pédagogie et le numérique au sein de l’enseignement supérieur, et c’est une grande nouvelle 🙂

 

Crédit photo : les images ont extraites du fil de tweets de @bay_nay, alias Bénédicte Donal.

MOOC – un dispositif pédagogique mutagène ?

J’ai été invité ce 26 mai par le Service Inter Universitaire de Pédagogie de l’Université de Toulouse dans le cadre de son cycle de conférences à parler de MOOC. J’ai voulu cette fois ci, après avoir présenté ce qu’est un MOOC, montrer que potentiellement ces dispositifs pouvaient changer notre manière d’enseigner, notre lien avec nos publics, notre manière de délivrer des diplômes, mais également que des nouveaux acteurs de tout type investissaient le champ de la formation. Bref, que les MOOC, ou plus largement le numérique, étaient porteur de mutation dans le système d’enseignement supérieur, d’où le titre. Plus insidieux encore peut-être que l’annonce d’un Tsunami numérique, en tout cas plus interne au système.

À la fois panorama, cette intervention se veut un appel au débat, car il y a un impact clair sur la communauté universitaire, et un appel à créer des MOOC ensemble, évidemment.

Je regrette de ne pas encore bien intégrer les points de vue de George Siemens qui me paraît important à prendre en compte, mais ça viendra.

 

Voici en tout cas le diaporama utilisé :

 

et le résumé proposé :

Après avoir fait la une de médias, les MOOC font maintenant partie du paysage universitaire. À la fois vus comme ouverture à de nouveaux publics, vitrine ou renouvellement de l’offre de cours nous essayerons de mieux cerner ce que peut être un tel dispositif pédagogique. Si l’on peut l’aborder comme un cours, presque classique, nous évoquerons en quoi les MOOC peuvent être un agent dans la mutation de l’enseignement supérieur.

Crédit photo : Virus 1 par Anna Leask licence CC-by-nc-nd

Moi je MOOC, et vous ?

Le MOOC en 4 lettres

MOOC est donc un acronyme anglais (« Massive Open Online Course ») qui a fait la une de nombreux journaux. Sa traduction en français CLOM, pour Cours en Ligne Ouvert et Massif, n’est pas forcément beaucoup plus explicite. Détaillons quelque peu.

Il s’agit donc d’un Cours, au sens universitaire, avec un début, une fin, une équipe d’enseignants qui accompagne les étudiants, une acquisition de connaissances et des activités qui permettent d’appliquer ces nouvelles connaissances.

Ce cours est en Ligne et Ouvert, ce qui signifie que n’importe quel internaute intéressé peut s’inscrire, et devenir plutôt qu’un étudiant, un participant à ce cours.

L’attribut Massif est ainsi une conséquence de cette ouverture, puisque, si la communication et le bouche à oreille fonctionnent bien, plusieurs milliers, voire dizaines ou centaines de milliers d’internautes peuvent s’y inscrire. Mais au delà des chiffres, c’est bien une expérience nouvelle qui est proposée aux participants des MOOC. Tout comme le caractère Massif de certains jeux en ligne (comme le célèbre World of Warcraft) permet de nouveaux comportements des joueurs, comme l’entraide, l’émulation, la constitution d’équipes, voire de guildes. Tout comme les réseaux sociaux ont révolutionné les prises de contact, les relations entre personnes et aussi la manière de recommander l’information, donc la connaissance. Cette dimension sociale de l’apprentissage permet bien de développer une entraide qui permet à certains d’apprendre mieux en aidant leurs pairs, en questionnant de manière plus libre, ou de résoudre ensemble une énigme (pardon, je voulais dire un exercice, un problème, un projet) qui permettra à chacun de progresser dans ses apprentissages.

Rien ne change, et tout change

Rien ne change, puisqu’il s’agit d’un cours en ligne, ce qui se fait depuis des années, avec souvent des enregistrements vidéos d’enseignants qui transmettent un savoir. Rien ne change parce que des contenus ouverts existent sur de nombreux sites. Rien ne change car la réussite du cours donne droit à une attestation ou un certificat.

Et tout change, parce que l’internaute s’est inscrit par curiosité, et ne s’accrochera que si l’expérience a du sens pour lui. Parce qu’il pourra échanger avec ses pairs et s’appuyer sur une large communauté pour construire ses connaissances, et peut être aller plus loin que ce qui était proposé au départ. Parce que moins d’un tiers des participants viennent pour cette validation. Parce que le contenu sera comparé à ses équivalents sur le web, tant sur le fond (une erreur dans un cours est vite détectée et peut ainsi être corrigée), que sur la forme. Pour les vidéos, les standard actuels sont donc la Khan Academy, pour sa concision, TED pour son ambiance et la passion, et les MOOC nord-américains …

Les premiers MOOC et l’informatique

C’est par un cours d’informatique que l’acronyme MOOC a pris de l’importance. En octobre 2011, Sebastian Thrun et Peter Norvig annoncent que leur cours d’intelligence artificielle à Stanford sera ouvert à tous. En quelques semaines 160 000 internautes se sont inscrits à ce cours. C’est le départ d’un mouvement qui a été rejoint par des millions d’apprenants sur les différents portails de MOOC à travers le monde. De même le premier MOOC de l’EPFL a été sur le langage Scala par son concepteur Martin Odersky.

Sebastian Thrun a créé dans la foulé une startup Udacity, pour proposer des cours en ligne en partenariat avec des experts issus de l’industrie de la Silicon Valley. Autres acteurs de l’ouverture des cours, Andrew Ng et Daphne Koller ont eu aussi créé une plateforme Coursera qui accueille des centaines de cours de plus de cent universités différentes du monde entier, qui représentent la moitié de l’offre étiquetée MOOC à travers le monde.

Derrière ces créations, il y a une ambition, celle de diffuser les connaissances dans le monde entier, mais aussi un objectif, celui de mieux comprendre comment les gens apprennent, en développant l’analyse des données d’apprentissage avec des approches issues des big data et de l’apprentissage automatique. Ce domaine de recherche connaît ainsi un fort développement. Le Cnrs, en partenariat avec l’Institut Mines-Télécom propose d’ailleurs une école thématique sur le sujet début juillet à destination des chercheurs en informatique.

Trouver son MOOC

Très rapidement, des enseignants de toutes les disciplines ont proposé des MOOC, de tous niveaux. Et le catalogue s’étoffe tous les jours, dans toutes les langues, et sur des plate-formes toujours plus nombreuses. Même si Coursera reste la plus impressionnante, de nombreuses alternatives existent : comme edX, qui est gérée par une fondation d’universités et d’autres partenaires, avec le MIT et Harvard en tête, comme Future Learn d’origine anglaise, qui nous propose des cours de haute facture et avec une approche très sociale, ou Iversity qui est la grande plate-forme privée européenne, qui a sélectionné ses premiers cours en organisant un concours où les internautes pouvaient choisir leur cours, sans oublier la plateforme FUN proposée par le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche dans le cadre de son agenda stratégique France Université Numérique qui accueille des MOOC de nombreux établissements français. On pourrait citer de nombreux autres acteurs nationaux, ou des outsiders qui cherchent à se positionner sur le créneau. Le portail MOOC list en dénombre plus de quarante à travers le monde.

Quand une offre se diversifie, l’écosystème voit éclore des portails pour guider l’internaute dans ses choix. Outre MOOC list, citons Mooctivity qui offre des fonctionnalités sociales, et MOOC Francophone qui s’est spécialisé dans les cours en français. La communauté européenne propose également un tel point d’entrée en faisant la promotion de la production européenne au travers du site Open Education Europa.

Apprendre en ligne

Évidemment, le MOOC n’est pas la seule manière d’apprendre en ligne. Nombreux sont ceux qui ont pris l’habitude de travailler sur des ressources variées. Khan Academy vous propose de vous accompagner de votre première addition jusqu’à l’université. Les informaticiens vont chercher des réponses à leurs questions techniques sur des sites comme stackoverflow. Codecademy vous propose d’apprendre à programmer de manière interactive par vous même. Les cours en ligne disponibles sur OpenClassrooms sont connus de tous les professionnels, étudiants et lycéens de France, pour l’informatique, mais aussi de plus en plus en sciences. De plus ces sites sont contributifs, chacun peut proposer du contenu qui sera reversé à la communauté, selon des modalités spécifiques.

Un site comme OpenClassrooms a pourtant fait le choix de proposer des MOOC en plus de ses ressources, pour plus de dynamique et de visibilité. Si l’on parle si souvent de MOOC, c’est qu’ils constituent une réponse à ce besoin d’apprendre en ligne, proposés par le monde universitaire, portés par de grandes institutions, et donc bénéficiant de la réputation des universités. Les MOOC sont plébiscités car ils proposent un cadre connu, ce sont des un cours, un événement avec un début, une fin, un objectif et surtout une équipe d’enseignants, qui donne un cadre à la communauté. C’est donc un accélérateur pour faire évoluer la formation vers le monde numérique.

La forme n’est néanmoins pas figée. Les formes de MOOC sont variées et vont continuer d’évoluer.

Le terme MOOC nous vient d’ailleurs d’un cours de 2008 sur une nouvelle manière d’apprendre en ligne, appelée connectivisme, qui soutient qu’apprendre l’ère de l’abondance des ressources sur le Web est un processus de création basées sur son propre parcours construit sur des connexions entre des nœuds qui peuvent aussi bien être des ressources, des expériences, ou des personnes. L’apprentissage est alors un phénomène émergent. Cette vision de l’apprentissage est en phase avec les modèles de systèmes complexes et les phénomènes d’auto-organisation ou auto-apprentissage observés par des scientifiques de l’éducation comme Sugata Mitra.

Si il est ainsi prouvé que de tels autres modes d’apprentissage sont possibles, nombre de MOOC cherchent à apporter leurs propres spécificités, qui l’évaluation entre pairs, qui l’utilisation du smartphone comme outil de mesure, qui l’organisation de rencontres dans des tiers lieux comme les fablabs … L’enjeu est bien ici de renouveler l’enseignement, chacun apportant sa pierre à l’édifice d’une connaissance ouverte.

Créer son MOOC

Chacun pourra en effet créer son propre cours. C’est la promesse que nous fait mooc.org, site porté par edX et Google, mais qui reste encore à réaliser. En attendant, choisissez votre thématique, cherchez ce qui existe déjà dans le domaine, identifiez votre public, mettez vous à sa place, proposez lui une expérience enrichissante comme le font tous les sites web. Vous pouvez vous inscrire au MOOC de votre choix pour voir comment les autres ont fait, au MOOC « Monter son MOOC de A à Z » sur FUN, à lire les retours d’expérience de ceux qui en ont suivi ou fait un sur mooc.fr, voire à y contribuer…

Ensuite, c’est un travail d’enseignant connecté qui vous attend. Vous chercherez sans doute à constituer une équipe. Vous choisirez votre option d’hébergement. Vous préparerez en groupe votre cours, son déroulement, vous développerez ses ressources, dont sans doute des vidéos, au moins un teaser pour présenter votre sujet, des questions de compréhension, des exercices, des activités de groupe, des projets. Et le jour du démarrage du cours, vous serez là pour lancer un message de bienvenue, pour voir les premiers échanges, pour animer une séance de questions réponses, pour corriger les erreurs vite détectées par les participants, pour susciter les échanges, pour participer.

Tous étudiants, tous professeurs

À l’heure où le numérique permet une ouverture nouvelle dans l’accès à la formation, certains voient dans les MOOC l’annonce d’une standardisation des formations. C’est ignorer que le renouvellement des savoirs croit de manière exponentielle. La faute au web !

La formation restera donc dynamique pour suivre les évolutions et contribuer à sa structuration. C’est bien en s’inscrivant dans cette dynamique qu’il faut imaginer l’apprentissage. Le MOOC constitue une réponse actuelle à ce besoin de formation, dans un environnement web qui nous a habitué à innover sans cesse, et à nous proposer d’être tous contributeurs. Tout comme dans l’industrie du cinéma, il y aura des grands studios, de nombreuses productions, du cinéma d’auteur, et de multiples productions plus ou moins amateur, parfois géniales, et un renouvellement incessant.

L’homme est un animal social. L’appétence pour les échanges entre pairs montrent bien que l’on apprend en enseignant. Et pour rester pertinent en tant qu’enseignant, on n’arrête jamais d’apprendre, donc de contribuer.

Note : cet article a été initialement rédigé pour être publié sur le blog binaire de la SIF

Crédits photos :

Y-a-t-il une « French Touch » pour les MOOC ?

Dites-moi.

On trouve cette expression ici ou là. Par exemple : « y aura-t-il une « French touch » permettant à l’offre nationale de se distinguer des autres ? »

Autour de la question des MOOC, certains se demandent donc s’il y a quelque chose de spécifique dans l’enseignement à la française qui mérite qu’on le diffuse au delà de nos universités. Certains pensent que c’est une question de combat, de vie ou de mort, dans une compétition mondiale. En termes de collaboration, que peut apporter la « French Touch » au développement de la connaissance ?

Mais quand je regarde nos cours d’université, d’écoles d’ingénieurs, ou nos premiers MOOC, j’ai du mal à voir une spécificité. Nous sommes capables du meilleur (comme du pire?), mais en quoi y-aurait-il quelque chose de spécifique qui nous différencierait ? Quelle expérience spécifique pour les participants ?

ajout du 23 avril : Une autre manière d’aborder la question est de présenter les projets des « innovateurs de l’éducation ». C’est l’objet de la série de conférences « la French Touch de l’éducation ». La prochaine aura lieu le 6 mai à Paris avec un joli panel.

Quelle est la « Digital French Touch » des MOOC ? Comment la caractériser ?

Dites-nous.

Crédit photo : Daft Punk Photo par Party Stuff by CS licence CC-by-NC-ND

Participant ou concepteur de MOOC, mooc.fr devient un site pour partager votre expérience d’apprentissage

Mooc.fr se propose d’accueillir dès aujourd’hui vos retours d’expérience, que ce soit en tant que participant, ou en tant que concepteur, animateur de MOOC. L’idée est donner à voir ce qui se passe vraiment sur le terrain, dans les MOOC pour qu’ensemble nous puissions mieux comprendre ensemble ce qui fait sens, ce qu’il faut retenir de ces nouvelles formes de cours.

Controverse Mooc #QN2014 #MOOCGdP pic.twitter.com/OnvyAHuNHk par @fritz_c

Controverse Mooc #QN2014 #MOOCGdP pic.twitter.com/OnvyAHuNHk par @fritz_c

Les MOOC (Massive Open Online Course), ou CLOM (Cours en Ligne Ouvert et Massif), voire FLOT (Formation en Ligne Ouvert à Tous) sont une opportunité pour faire bouger les lignes des formations de l’enseignement supérieur. Pour cela, au delà d’ouvrir simplement l’accès aux cours, nous vous proposons également d’une part d’ouvrir ensemble les coulisses pour partager les avancées de chacun au profit de tous, et d’autre part de laisser à chacun exprimer son expérience, ses retours, ses avis, ses découvertes, pourquoi il a choisi tel cours, ou ce qu’il peut lui apporter. Ainsi chacun pourra se forger sa propre opinion sur des témoignages issus de tous les acteurs d’un MOOC. Les points de vue des plate-formes ou des entreprises sont donc également les bienvenus.

Ce site participatif a pu voir le jour grâce à l’appui de l’Institut Mines-Télécom, mais il est ouvert à tous. Toute institution qui se sent concernée par l’approche peut devenir partenaire, pour contribuer à porter ce projet. Quelques personnes motivées à relayer cette initiative se sont regroupées dans un comité éditorial qui permet notamment de valider les contributions, et de relayer cette initiative.

Pourquoi mooc.fr ? Tout simplement parce que c’est sur ce site qu’ont été hébergé les 2 saisons du MOOC ITyPA (Internet Tout y est Pour Apprendre), et qu’à ce titre il a donc déjà été lieu de débat et d’échanges, de co-construction sur les sujets qui nous intéressent.

Sur les modèles de @-brest, Framablog, innovation-pedagogique.fr, ou bien d’autres, nous vous proposons un site participatif, ouvert, lieu d’échanges et de débat sur ce phénomène que sont les MOOC.

Ce site attend donc les propositions de tous, ce peut être simplement d’indiquer un MOOC existant, de l’apprécier ou de le commenter. Vous pouvez également proposer un article sur le sujet qui vous motive. Cet article n’a pas besoin d’être original. Si sa licence le permet, vous pouvez le recopier sur ce site, en indiquant la source bien entendu. Si le cœur vous en dit, vous pouvez également proposer des traductions sur le modèle de Framablog. N’hésitez pas à nous contacter si vous avez des questions ou des suggestions.

N’hésitez donc pas à apporter votre participation à ce site. Nous avons voulu sa forme attrayante. Il ne reste plus qu’à l’alimenter. Bienvenue sur mooc.fr !

 

Crédit image  : Controverse Mooc  par @fritz_c (Christelle Fritz).  Reproduction avec l’accord de l’auteur.

 

MOOC – un écosystème

Depuis longtemps, on sent l’intérêt des entreprises pour les MOOC. Vus par certaines comme un outil à disposition de leurs formations propres, ou pour les formations de leurs clients, de leurs prospects. Vus par d’autres comme un outil de recrutement pour détecter des candidats potentiels.

Mais surtout, l’écosystème des MOOC se dote d’entreprises qui identifient ces dispositifs comme vecteur de développement, soit comme nouveau débouché pour des services existants, soit comme débouché principal en cherchant à capter la valeur que l’on attache aux MOOC : diffusion de connaissance, certification, produits dérivés …

Je me suis fait un diaporama pour me clarifier cela. J’avais prévu de le présenter à l’occasion d’une réunion « Open Coffee » à Morlaix le 27 février, mais je vais sans doute me le réserver pour une autre occasion. Il parait en effet trop typé par rapport au public prévu.

 

Promouvoir les MOOC – France Université Numérique vue par un breton

J’ai eu la chance d’être invité à un panel à la conférence européenne eMOOCS à Lausanne à un panel « How to support & promote MOOCs ».

Plutôt que de me concentrer sur le processus interne à mon établissement qui est finalement très proche de celui de l’EPFL (Pierre Dillenourg était également du panel) j’ai préféré montrer comment, partant d’une aventure comme #ITyPA, je me suis retrouvé à échanger de plus en plus largement, jusqu’à ce que l’initiative telle que France Université Numérique incluant les premiers créateurs de MOOC en France et fédérant les établissements avait finalement permis d’enclencher une dynamique nationale, créer une communauté active et nous permettre d’envisager d’aller plus loin.

En conclusion, pour promouvoir les MOOC, je crois à l’importance de permettre leur articulation dans les cursus de formation, et de créer des ponts entre des publics différents.

Je retiens que le mot clé de cette présentation semble être « enthousiasme ». Celui des professeurs qui ont fait des MOOC, et sur lequel il faut s’appuyer pour diffuser ces dispositifs.

Journée des MOOC à Nantes – que sont les MOOC ?

Les organisateurs de la Journée des MOOC m’ont gentiment invité à faire l’ouverture de leur journée ce 24 janvier 2014 à Nantes en répondant à la question « Que sont les MOOC ? ». Vous pouvez retrouver les enregistrements vidéos assurés par OpenTV en ligne. Cécil Michaut nous a également proposé son compte rendu sur son blog.

 

Les tables rondes associant universitaires et entreprises ont fait de mon point de vue la réussite de cette journée. Les orateurs que j’ai pu écouter, Patrick Jermann de l’EPFLet Matthieu Nebra de OpenClassRooms ont fait leur show avec passion.

Une petite mention amicale aux organisateurs qui m’ont proposé deux challenges amusants, bien qu’impromptus :

  • le premier a été de me faire démarrer mon intervention sans diaporama et de me le rétablir au bout de quelques minutes. Comme je m’appuyai sur mon PC pour tenir le discours et que l’affichage était assuré par un autre, j’ai eu un peu de mal à m’y retrouver. J’espère que les participants ne m’en voudront pas trop ;
  • Le second a été de me proposer au dernier moment de participer à une table ronde sur les modèles économiques. Je me suis retrouvé à préparer mon discours pendant que les autres invités faisaient leur tour de table (cela se voit peut-être sur la vidéo, mais je crois que le discours était cohérent) ;

Merci à eux donc de m’avoir aidé à prendre confiance dans ma capacité d’improvisation:-) Cela a également permis à l’équipe de ITyPA de se retrouver, ce qui nous a permis de passer un week-end agréable et de faire enfin notre bilan.

La dynamique de France Université Numérique pour les MOOC

France Université Numérique (FUN), c’est évidemment bien plus que la question des MOOC. C’est un agenda qui s’articule autour de 18 actions, dont la troisième concerne la plate-forme de MOOC. Ce qui veut dire que la plate-forme de MOOC entre à la fois dans une logique globale et préfigure ce que doit devenir FUN.

Depuis le printemps dernier, Catherine Mongenet qui est l’âme de FUN, en tout cas la chargée de mission, s’attache à fédérer les acteurs autour des MOOC, notamment les établissements offreurs de cours, mais également les acteurs de la recherche, tout en gardant des relations cordiales avec les différents acteurs économiques. Chacun semble trouver ses marques, et à trouver sa place, entre les plate-formes privées ou alternatives, les soutiens à la conception de MOOC, les approches éditoriales. Bref, l’écosystème prend forme et semble plus serein. On verra comment la mise en place de la fondation FUN (action 9) permettra à cet écosystème de se développer.

La mise en place de la plate-forme a été un peu compliquée, mais s’est faite avec une vraie volonté d’associer les acteurs, notamment les premiers concepteurs de MOOC. C’est une bonne chose car cela a permis d’éviter de construire une structure déconnectée de la réalité. Si tout le monde n’y a pas trouvé tout ce qu’il espérait, le résultat est issu d’un consensus entre volonté politique, impératifs techniques, et besoins des producteurs de cours. Cela donne toutes ses chances à une telle plateforme. Beaucoup reste à faire, et certains trouvent que cela n’avance pas assez vite, mais au moins cela avance de manière concertée. On peut également regretter que celle-ci ne soit pas très innovante, mais elle a au moins le mérite d’exister et de fédérer.

Plus intéressant, ce dispositif n’est pas que technique, il y a un véritable accompagnement pour développer les pratiques. Cela a débuté par la mise à disposition d’un ensemble de documents, de nombreux messages pour informer le public des 22 cours mis à disposition. Il y a eu la mise en place de personnes-relais dans les différents établissements, qui sont régulièrement informés. Il y a des réunions d’échanges entre concepteurs, des sites de partage … bref, on cherche à construire un communauté.

La seconde phase est maintenant de proposer des formations sur la conception de MOOC sur FUN en 2 jours. Si celles-ci sont en présentiel, elle s’applique le principe de la classe inversée, en proposant des vidéos de présentation à consulter avant la session. Certaines sont en ligne ici ou . Reste à développer son pendant en ligne, sous forme de MOOC évidemment. On en reparlera 🙂

Le MOOCamp marque une nouvelle étape qui a ravi un certain nombre d’entre nous. On va ici au delà de la communauté technique pour proposer des approches d’innovation ouverte qui permettent de sortir des sentiers battus. Et l’écosystème des MOOC y est sensible et prêt à jouer le jeu.

De manière intéressante, ce n’est qu’après que ces premières étapes soient en place que l’on annonce la mise en place d’un fond pour l’équipement des universités. Un fond d’équipement de laboratoire d’enregistrement est prvéu. Il pourra s’appuyer sur un ensemble varié de solutions explorées. Les fonds de soutien pour la formation professionnelle et pour les investissements d’avenir, prendront place dans un écosystème qui aura déjà décanté des premières pistes. Les aides pourront donc être décidées sur des éléments plus fiable que sur des intentions.

Bref au travers de cette initiative, l’enseignement supérieur semble enfin intégrer dans son fonctionnement les éléments clés d’une réussite du numérique : écosystème, coproduction, accompagnement, innovation ouverte…

crédit photo : #jiscwebminar what is a MOOC ? par  giulia.forsythe licence CC-by-sa-nc

MOOCamp, ou quand la conception d’un cours devient participative

Créer dix scénarios innovants, imaginer et concevoir des scénarios de MOOC : c’était le but de l’événement MOOCAMP, journée d’ateliers créatifs organisée le 11 janvier 2014 à Paris. Mission réussie !

C’est donc SenseSchool, dans les nouveaux locaux du CRI (Centre de Recherche Interdisciplinaire), sous l’égide de France Université Numérique, qui aura organisé en premier une initiative ouverte de conception ouverte de MOOC, un MOOCamp, en adoptant les démarches d’innovation ouverte qui font l’intérêt des barcamp, startup weekend (ne manquez pas celui de Brest le week-end prochain) et autres museomix.

L’idée était de réunir concepteurs de MOOC, des tous horizons, à venir proposer des sujets de MOOC, à voter pour leurs préférés et à passer la journée à travailler en groupe avec des animateurs qui assurent une démarche d’innovation en 4 temps (ouverture, focalisation, échange entre équipes et retours d’experts, présentation devant un jury). Les gens de SenseSchool ont réussi l’exploit de faire tenir cela dans une journée.

Cette initiative fait sens à plus d’un titre :

  • D’abord elle démontre qu’on peut ouvrir la conception d’un cours sans être obligés de rester entre enseignants pour monter un cours ;
  • Ensuite, cela permet de faire prendre conscience que pour monter un cours ouvert, un MOOC, il faut convaincre un public. Il ne s’agit plus simplement de proposer son sujet, mais de comprendre ou créer le besoin. Et cela dès le début ;
  • Mais je retiens surtout qu’un tel cadre permet d’aborder la création d’un cours de manière désinhibée, et donc d’aborder des solutions alternatives qui n’ont que peu de chances d’apparaître dans un processus classique. Elle permet de mieux aborder ce qui fait la différence entre un cours universitaire classique et un cours ouvert. C’est également un excellent accélérateur de projet. À ces titres, je recommande ce type de questionnement en phase amont de la conception d’un MOOC.

Parmi les projets de la journée, l’un d’entre eux a été sélectionné par un vote en ligne, parmi des « idées de MOOC » proposées par les internautes. L’idée retenue « l’art de négocier : les clés du succès pour tous » était portée par un étudiant dynamique @CyrilEchevarria. Au début de la journée, c’était juste une idée coup de cœur. A la fin de la journée, les éléments principaux d’un tel cours sont largement cadrés, y compris des activités qui tranchent avec les MOOC conventionnels. Manon Silvant en a d’ailleurs fait une synthèse disponible en ligne.

J’ai constaté que le caractère ouvert des échanges permettait d’imaginer des choses nouvelles, comme l’idée d’un concours contre les profs comme évaluation, la vidéo dont vous êtes le héros pour mieux comprendre de quoi est faite une négociation, l’utilisation de google glasses pour vivre une négociation de l’intérieur ou l’idée de proposer une cérémonie en fin de MOOC pour ceux qui ont réussi. Ces quelques exemples montrent bien qu’il y a pléthore de pistes à explorer pour proposer des cours plus attrayant dans l’avenir. Puissent les prochains MOOC de France université Numérique en tirer parti.

C’était donc le premier événement dédié aux MOOC de ce genre. J’ai donc noté quelques éléments à chaud :

  • Sur le déroulement lui même, les phases proposées par l’organisation : la séance de créativité pour l’ouverture, la séance de cadrage en début d’après midi, les échanges avec les experts pour affiner les idées, la finalisation et le retour devant la salle et un jury étaient bien définis, avec des supports qui m’ont l’air complet, et menés par des animatrices/animateurs de manière tout à fait pro. Un grand bravo.
  • En amont, pour la présentation en ligne, j’aurai apprécié de pouvoir voter sur des projets un peu plus explicites qu’une simple phrase. Sans aller jusqu’aux vidéos de teasing qui ont été proposées dans le cadre du concours d’Iversity qui était beaucoup plus formel, on aurait aimé en savoir un tout petit peu plus. De même, un peu plus de dynamique au moment de la présentation en salle aurait été bienvenue.
  • Super, le déjeuner pizza/ coca, tout à fait dans l’ambiance visée;-)
  • En tant qu’expert, j’aurai aimé passer cinq minutes avec mes pairs avant le démarrage pour mieux les reconnaître dans les couloirs. La phase de retour par les experts mériterait d’être mieux organisée, ou alors très différente mais cela risque d’allonger le déroulement.

En tout cas une initiative à renouveler et à diffuser. Je compte bien en être l’ambassadeur en Bretagne (et ailleurs) d’une manière ou d’une autre. Je vois déjà trois options qui me paraissent faire sens :

  • en parallèle avec d’autres villes si l’idée d’un MOOCamp multi-site se confirme ;
  • dans le cadre du forum des usages coopératif cet été, c’est typiquement le genre d’atelier qui y trouverait sa place, avec un public habitué à la coopération et au brassage d’idées ;
  • sur le temps de l’école d’été MOOC qui se déroulera également en juillet à Brest (du 6 au 11). Cela pourrait permettre des rencontres entre chercheurs, concepteurs de MOOC et innovateurs 🙂

Évidemment , comme toujours dans de telles manifestations, de nombreuses rencontres et discussions se sont déroulées en marge de manière très détendue, qui justifient pleinement de se déplacer.

Moi qui avait un peu de mal à me remettre dans le bain en ce début d’année (avec certes un gros rhume qui n’aidait pas), cette rencontre m’a redonné la pêche. Rien que pour cela, un gros merci aux organisateurs.

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