Permettre la réutilisation de ses ressources éducatives libres : l’exemple de Github

Yann Houry est enseignant en français dans le secondaire et souhaite partager ses cours. Il a proposé un wiki, et dépose ses cours sur un dépôt github. Github est une plateforme prévue pour les informaticiens qui permet de travailler ensemble et partager des projets informatiques : code source, outils de déploiement, mais aussi documentation. De fait les utilisations de cet outil va au-delà puisqu’il est utilisé pour tout type de projet collaboratif, souvent ouvert. Il y a notamment des milliers de cours déposés sur cette plateforme, surtout sur des sujets en informatique, puisque tout informaticien connaît (et souvent utilise) cette plateforme. Je l’avais pour ma part utilisé pour construire un cours renversé avec mes étudiants sur les technologies du Web.

C’est un outil gratuit tant que les dépôts restent publics. Il est donc possible de travailler à plusieurs sur un tel dépôt, à garder une trace des versions proposées, de proposer des variantes, et cela sans être connecté en permanence via une interface web (l’idée est au contraire de pouvoir une copie sur sa machine). Il permet surtout de conserver les sources (i.e. de rendre modifiable un projet) et le processus de construction de la ressource finale (i.e les scripts d’appels aux outils de production et de post production). J’avais pour ma part apprécié que la génération de site web soit automatisée, que la mise à jour soit rapide, et l’hébergement intégré.

Deux freins sont néanmoins à noter. L’utilisation de la gestion de version nécessite un petit apprentissage et l’utilisation d’un outil dédié. Et à ma connaissance, ces outils sont en anglais. Il existe néanmoins de nombreux didacticiels (tutoriels?) en français. Le contrôle de version permet par la suite de travailler de manière plus sûre à l’amélioration du projet collaboratif (il y a notamment des processus de revue). Bref, cela vaut la peine de faire un petit effort.

Malgré tout, déposer ses cours sur un tel dépôt est un choix fort de mise à disposition et de volonté de partage. Github vous incite d’ailleurs à choisir votre licence de partage et à l’intégrer dans votre dépôt. Cela va donc au-delà du simple dépôt. La possibilité de modification est complètement intégrée ici. Vous pouvez récupérer les fichiers et commencer à les modifier, puis éventuellement proposer à l’auteur vos modifications. Des outils de discussions (questions ouvertes), un wiki accompagnent le dépôt. On est donc au-delà du simple outil de dépôt. Il est aussi possible de suivre l’évolution d’un projet (d’un cours donc).

L’organisation est celle que vous pourriez choisir classiquement : un espace pour les textes sources, un espace pour les images, et autres vidéos, un espace pour le mode d’emploi. La documentation est d’ailleurs une pratique normale pour les informaticiens. Un tel dépôt peut donc s’accompagner de documents d’accompagnement : mode d’utilisation, explication sur les choix, sur l’impact de ces choix.

Vous pouvez déposer toute sorte de fichiers dans un tel dépôt. L’orientation informatique incite à revenir à des formats les plus simples possibles pour exprimer le fond, et la forme des documents (souvent de manière dissociée). Un peu comme ce qu’on retrouve sur les wikis d’ailleurs. Yann Houry a ainsi quitté les traitements de texte classiques pour aller sur le format markdown (il s’en explique d’ailleurs ici). Il permettra d’aller aussi bien vers documents structurés, des diaporamas ou des sites web. Des outils existent écrire en markdown et faire la conversion entre de nombreux formats (et markdown en particulier) (voir par exemple pandoc que je n’ai pas encore utilisé). Pour ceux qui sont habitués des écrits collaboratifs, des outils comme HackMD permettent de prendre en main facilement et ensemble ce format.

Des plateformes comme Github (voyez également Gitlab) font partie des briques de base pour d’autres pratiques comme la science ouverte et la recherche reproductible (y compris donc pour les humanités numériques). Il est donc maintenant courant de créer un dépôt pour partager les outils et les données d’analyses, afin que chacun puisse les analyser, et les réutiliser.

Ces dépôts, prévus initialement pour les projets informatiques, ont donc de bonnes propriétés techniques pour soutenir la réutilisation de ressources et la collaboration.

C’est bien plus qu’une bibliothèque. Une forme d’outils à explorer pour encourager la réutilisation de ressources éducatives libres. Allez voir ce que Yann Houry en dit.

Présence hybride ou la rentrée sous le signe de l’hybridation – préparons là ensemble !

Alors que la pandémie recule dans notre pays, voire semble derrière nous pour certains, la rentrée à venir dans l’enseignement supérieur se prépare selon un scénario qui intègre la nécessité de limiter les brassages de population, le fait que tous les étudiants ne pourront pas être présents à la rentrée (les extra-européens et les personnes « à risque ») et le risque d’une seconde vague. Même si on peut dénoncer le fait que l’enseignement à distance, surtout en situation d’urgence, n’est pas de même qualité que celui en présence, le numérique et la distance auront la part belle à la rentrée. Les rencontres en présence seront très limitées (on parle de 20 % comme base de travail), elles seront donc précieuses. L’hybridation des formations est donc le mot d’ordre pour la rentrée.

De nombreuses questions se posent donc :

  • An niveau de l’organisation du cours : Comment repenser le déroulé d’un cours pour tirer le meilleur parti de ces rencontres ? Comment faire pour que ceux qui ne seront pas présents puissent malgré tout réussir ? Comment articuler présence et distance ? Comment articuler continuité et variété ?
  • Au niveau des campus : Comment préparer les espaces pour permettre de respecter les consignes sanitaires, tout en favorisant interactions, utilisation de matériel didactiques (je pense aux indispensables Travaux Pratiques) ? Comment suggérer des modalités riches ?
  • Puisque la distance sera la partie principale des enseignements : Dans quelle mesure réinvestir les bonnes pratiques proposées lors du confinement ? (voir ici ou ) Puisque le numérique est parti pour prendre une place plus importante, la question des ressources devient incontournable : Quoi développer ? Avec qui ? Quoi utiliser ?
  • Quand on parle de distance, la question se pose de l’accompagnement des étudiants, des feedbacks, des interactions, de maintenir leur motivation, mais aussi des éléments qui permettent aux étudiants d’interagir entre eux, de s’organiser, de gérer leurs stratégies d’apprentissage. Qu’est ce qui doit être fait au niveau de l’institution ? Qu’est ce qui est du ressort du cours ? Qu’est ce qui est de leur propre ressort ?
  • Si la période de confinement nous a pris de court, il est temps maintenant de s’équiper pour permettre de gérer cette distance « en situation de transition »:
    • Quels sont les espaces nécessaires aux enseignants ? Quels équipements ? Quels outils ? Comment s’organiser pour que les équipes pédagogiques fonctionnent au mieux ? Mais sans oublier la question du changement de métier de l’enseignant et donc de leur formation et de leur accompagnement nécessaire.
    • Parallèlement : ne faut-il pas reconnaître qu’être étudiant à la rentrée nécessitera de disposer d’un ordinateur (avec micro, caméra ? Logiciels spécifiques ?), d’une connexion réseau, d’un espace dédié de travail chez soi ? Faut-il compter aussi sur un smartphone ? Par reconnaître, je veux dire non seulement l’indiquer au moment de l’inscription, mais aussi permettre à chacun d’en disposer : Faut-il prévoir des aides ? Les logements étudiants sont-ils équipés/équipables ? Que prévoir pour permettre le travail hors connexion ?
  • … (à vous de compléter)

Des modèles existent qui répondent chacun à une partie de ces questions. Il faut les combiner pour proposer des solutions en vue de la rentrée. À chaque institution, à chaque équipe pédagogique de se les approprier pour préparer les futurs cours. Pour commencer la liste des modèles pertinents, voici une première liste, n’hésitez pas à la compléter :

  • Le modèle proposé par Hy-Sup permet de poser les dimensions d’un dispositif hybride, de les orchestrer et de se positionner ;
  • Le modèle des classes inversées évidemment pour repenser les déroulés et l’organisation des activités en asynchrone, synchrone, mais aussi leur ouverture.
  • Les ressources éducatives libres dont la définition est proposée par l’Unesco : « Les ressources éducatives libres (REL) sont des matériaux d’enseignement, d’apprentissage ou de recherche appartenant au domaine public ou publiés avec une licence de propriété intellectuelle permettant leur utilisation, adaptation et distribution à titre gratuit. » Ce modèle n’est pas aussi développé que ce qu’on pourrait l’espérer, peut être parce qu’on s’est d’avantage penché sur l’utilisation et la diffusion que sur la collaboration et l’adaptation. Peut être faudrait il plutôt les aborder sous l’angle des communs et du partage. C’est en tout cas un cadre riche pour repenser la pédagogie dans une perspective de collaboration, ce qui a été rappelé à l’occasion de la pandémie
  • La comodalité permet d’envisager des cours où chaque étudiant peut choisir chaque semaine de travailler en présence, ou à distance et ce de manière synchrone ou asynchrone ;
  • Concernant l’accompagnement des étudiants, la formation des adultes nous propose des cadres intéressants : présence sociale à distance, apprentissage autodirigé ou auto-régulation des apprentissages, mais aussi sentiment d’efficacité…
  • Sur l’outillage et l’équipement des étudiants, des préconisations doivent être proposées, sur le modèle du BYOD (pour Bring Your Own Device – sujet dont on parlait déjà en 2012)

Ces questions se posent évidemment sous la contrainte d’une pandémie, doublée d’un soupçon que les institutions y voient le moyen de mettre le système sous pression. Mais utiliser le numérique, c’est également une opportunité : cela permet d’envisager de diversifier les modalités dans le cours. La période de confinement a démontré qu’il était également possible d’avoir des modalités actives, même à distance, pourquoi ne pas les conserver, ou les adopter ? Mais surtout, le numérique est un formidable vecteur pour la collaboration : entre enseignants pour construire des ressources collectives, entre conseillers pédagogiques pour proposer des guides communs et adaptés aux institutions, entre chercheurs pour partager les analyses, entre étudiants pour s’entraider, collectivement pour aborder des questions nouvelles.

Puisque la collaboration, l’entraide semblent se développer pendant les périodes difficiles, vous serez peut être intéressés à rejoindre un groupe ouvert en cours de constitution qui se propose de collaborer pour produire des ressources à destination principalement des enseignants. C’est ici que cela démarre (tout profil bienvenu 🙂 ). Objectif : proposer rapidement des ressources réutilisables, adaptables pour le contexte de chacun.

PS : on pourrait également penser à quels outils pour les enseignants pour favoriser les interactions, pour accompagner, et aux outils pour les étudiants pour s’organiser, pour mieux travailler par eux même, pour mieux faire reconnaître leurs apprentissages.

Crédit photo : parcours « Organiser son cours à distance » proposé par Louvain Learning Lab de l’UCL – licence CC-by-NC-SA

Examen numérique, quelles adaptations

 

La question de l’utilisation du numérique à l’examen est d’actualité. Le rapport de la stratégie nationale de l’enseignement supérieur l’a mis dans sa feuille de route. Les plates-formes de MOOC développent des systèmes de certification en ligne (voir celui de FUN), et des premières expérimentations (Protocole expérimental de télésurveillance d’épreuves à l’Université de Caen et celles autour du Système Informatisé Distribué d’Évaluation en Santé (SIDES) ). Comme toute nouvelle numérisation, nous naviguons entre la reproduction de l’existant et la transformation des pratiques. Quels sont les enjeux, les opportunités, les risques liés à l’examen numérique?

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Une fois de plus, c’est le mouvement des MOOC qui a fait bouger les choses. Permettre à tout participant de passer un examen à distance est à la fois un enjeu d’ouverture en permettant à de nouvelles personnes de valider leur savoir et un enjeu économique puisque la certification est vue comme un (voire le seul) modèle économique viable. Ce besoin s’élargit d’ailleurs à toute formation en ligne, et si les modèles de validation (certification, badges, …) peuvent être variés, les besoins de garantir que la personne évaluée respecte bien la consigne, et qu’elle est bien celle qui revendique la réussite et ne se fait pas aider, obligent à développer un protocole complexe. Cette complexité vient à la fois de la nécessité d’isoler et de surveiller à distance et d’isoler le candidat. On est dans la dimension de reproduction de l’existant, dans l’espace privé du candidat. Les seules solutions proposées actuellement sont de développer un contrôle d’un PC par un surveillant humain à distance.

La numérisation du processus d’examen est un second axe qui intéresse les structures organisationnelles. C’est l’axe d’étude des deux expérimentations citées ci-dessus. Les enjeux sont notablement différents. Pour l’Université de Caen, c’est un discours proche des MOOC (promotion des formations à distance et meilleures conditions de réussite des étudiants), et aussi économique (emplois possibles et limitation d’utilisation de centres d’examens). Dans le cadre de la santé, il y a une volonté d’améliorer le concours (ce n’est pas un examen, une meilleure discrimination des candidats et une meilleure égalité dans la préparation sont recherchées). La nécessité de déployer le concours à un niveau national en salle, tout en restant très proche des modalités existantes, rend le processus technique remarquablement complexe.

Un impact non négligeable de ce type de dispositif est de permettre une évaluation automatisée. L’évaluation est en effet un coût (notamment quand il s’agit de payer des correcteurs pour les concours), une source de discrimination (on sait la variabilité entre relecteurs dès que l’on sort des QCM), et une charge pour les enseignants (nombre d’entre eux considèrent que c’est la partie la plus ingrate de leur métier). Si un retour formatif est souhaitable pendant l’apprentissage, il n’existe pas au moment de l’examen.

Dans les exemples vu ici, nous avons vu principalement émergé une volonté de reproduire des examens, ou concours existants, en maintenant au maximum les conditions existantes, ce qui conduit à des dispositifs complexes et qui n’exploitent pas de nouvelles opportunités permises par le numérique. Dans le rapport de la Stranes, il s’agit pourtant d’”autoriser l’accès à Internet dans le cadre des examens”. Autrement dit de se poser la question de faire évoluer les modalités des examens.

Le passage de QCM en ligne est en effet une limitation forte des possibilités du numérique, une simple feuille à cocher. L’usage de l’ordinateur tout au long de l’apprentissage est pourtant beaucoup plus développé.

Le concours des médecins est ainsi basé sur l’obligation de savoir par coeur tout ce qui leur a été enseigné. Cela se comprend pour des raisons d’efficacité dans le diagnostic et la conduite des soins. Mais pour autant, il faut laisser la place à l’oubli, qui est humain y compris lors d’un concours, et surtout à la capacité de déclencher une recherche lorsque la pathologie dérive de ce qui était connu au moment du cours. J’avoue que j’ai apprécié lorsque lors d’une visite d’un pédiatre, un collègue est passé poser une question et qu’il lui a conseillé d’aller chercher sur les forums spécialisés. De toutes façons, un candidat qui ferait des recherches inutiles serait vite pénalisé dans un tel concours.

En informatique par exemple, nous demandons à nos étudiants de travailler en équipe, de collaborer et d’aider ses pairs, de réutiliser l’existant, de consulter les forums et autres aides en ligne, suivant le domaine applicatif de maîtriser des environnements de simulation d’être efficaces dans l’utilisation des outils de développement, … et nous devrions évaluer cela uniquement au travers d’une feuille de papier blanche ou de son équivalent numérisé ? L’enjeu est bien d’imaginer des nouvelles modalités qui prennent en compte ces dimensions. L’environnement technique à imaginer est sans doute différent. Il importe en tout cas de conserver le poste, voire l’environnement d’apprentissage, de travail dont a disposé l’étudiant pendant sa formation pour qu’objectifs, apprentissage  et évaluation soient alignés (Voir Biggs et l’alignement constructiviste), même si la réponse in fine est simplement de cocher une case.

Cela permettrait de développer des formes d’examens plus riches, et peut être de revenir vers des mises en situations comme peuvent l’être des examens en atelier, la réalisation de performance (sport, musique, théâtre,…), les jeux de rôle utilisés en recrutement ou lors de simulations en santé.

L’évaluation entre pairs est un des éléments qui permet de prendre en compte certaines dimensions, mais on perd alors la dimension d’examen. Notons en passant que cette forme d’évaluation est un manière élégante de retourner la problématique de l’évaluation et des retours formatifs en élément intégré dans le processus de formation et qui l’enrichit (en incitant les apprenants à aller plus loin qu’une simple réponse à une question, en développant de surcroît un processus d’analyse).

Différentes pistes s’offrent à nous.

Peut-on développer une solution qui permette d’évaluer une équipe, une classe … sur une durée d’examen en permettant à chacun de démontrer sa capacité à apporter au collectif et à répondre au problème posé ?

Plutôt que de développer une solution unique d’examen à distance qui oblige le candidat à disposer d’un lieu isolé pour une durée suffisante, à une heure imposée (est ce le cas pour une famille nombreuse vivant dans un petit appartement par exemple), ne pourrait-on pas imaginer d’équiper et aménager des tiers-lieux qui deviendraient centres banalisés d’examens numériques, avec des modalités enrichies. Ces tiers lieux (par exemple les bibliothèques) deviennent déjà des lieux d’accueil physiques pour les apprenants à distance, il ont donc vocation à les accompagner jusqu’à la phase ultime de l’apprentissage.

Ou est-ce que l’examen est une notion dépassée dans un contexte numérique ? Le principe de rompre l’unité de temps et d’action (sinon de lieu) est en effet un des fondements d’Internet. L’évaluation continue, la recommandation sont des alternatives à l’examen.

On y perdrait le rite de passage, l’objectif final qui mobilise nombre d’étudiants. Les deux approches sont donc sans doute amenées à cohabiter en tant que parcours différents. Pourquoi ne pas proposer les deux options ? C’est également une des richesses d’Internet que de proposer l’abondance.

 

NB : votre avis, ou vos exemples sont évidemment les bienvenus

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Crédits photos :

 

Ludovia pour faire bouger l’éducation

Ludovia, un temps de rencontre pour le numérique à l’école. Si vous ne connaissez pas, je vous laisse lire le billet de Bruno Devauchelle, qui donne une bonne idée de l’ambiance et l’organisation, et de la diversité des activités, qui donne sa richesse à l’événement. Bruno a d’ailleurs fait un travail d’animation remarquable pour le débat d’ouverture « numérique et éducation, entre consommation et création, articulée autour de la traduction de la Khan Academy en français (Jean François Cerisier, participant à cette table ronde nous fait d’ailleurs un retour sur son point de vue), la présence de Dominique Cardon a permis de faire la part belle à la dimension de production et de coopération . Pour ce qui s’est dit dans les différentes tables rondes, mes amis blogueurs ont fait un superbe travail de prise de notes que vous pouver retrouver sur le site.

Le rôle de blogueur à Ludovia est d’ailleurs particulier et passionnant. Nous sommes plusieurs, du primaire à l’université, à être invités pour mixer des rôles d’animateur, de contradicteur, de relais vers les réseaux sociaux, et de synthèse ! Pour ma troisième participation à cette manifestation, je me suis attelé plus particulièrement aux tables rondes en assurant l’animation de deux d’entre elles (Apprentissages sur une planète 3.0, comment peut-on intégrer la culture numérique et éviter la fracture numérique ? Et Mobilité et ENT « Apprentissages et supports mobiles individuels : quelle place pour l’ENT ? » ) et en participant à une troisième (MOOCs, LMS et média d’apprentissage, entre consommation et création ?).

Le thème cette année était la culture numérique. J’en ai d’ailleurs demandé une définition aux intervenants de la première table ronde que j’ai animée. En synthèse, c’est l’ensemble de savoirs et savoirs faire nécessaires nécessaire pour vivre dans une société numérique. Cela se rapproche de ce que disait Jean-Louis Durpaire lors du colloque EcriTech’5 qui a eu lieu en avril :

« Vivre le numérique à l’Ecole, c’est traiter la question de l’éducation tout court (au lire, écrire, compter, créer…) qui désormais se pose à l’intérieur d’une société du  numérique, celle que les élèves habitent. On y retrouve d’ailleurs les mêmes questionnements dans les deux événements. »

Une telle manifestation permet de prendre le pouls du système éducatif, et de faire se croiser Ministère de l’éducation nationale, établissements, inspecteurs, enseignants, périscolaire, collectivités territoriales, universitaires, débutants et experts du numérique. J’y ai noté cette année une évolution des mentalités – on parle de mutualisation, une peu plus difficilement de coopération entre enseignants. Mais toujours sous contrôle, l’horizontalité et l’ouverture si elle souhaitable pour la coopération et demandée par beaucoup, n’est pas encore admise par les inspecteurs ou le ministère.

Au niveau des ENT, le discours évolue puisque l’on parle maintenant d’outil pour la communauté d’un établissement. Coté mobilité, cela évolue également. Les retours d’expérience démontrent l’intérêt d’utiliser des équipements comme des tablettes (et autres) pour apprendre dans et hors la classe. De manière intéressante, les utilisateurs sont tous allés au delà de ce qu’ils pensaient au départ, découvrant de nouveaux usages, et des détournements utiles. Mais on reste étonné par la distance entre les besoins exprimés par ces retours d’usages, les cahiers des charges et autres schémas directeurs qui sont bien trop figés, et les éditeurs de solutions d’ENT qui ont l’air d’avoir bien du mal entre les outils généralistes du web, et des exigences complexes, pas toujours issues du terrain. Il y a encore trop de distance entre les enseignants, les donneurs d’ordre que sont les collectivités territoriales, les cadres proposées par le ministère, et les éditeurs. Trop complexe en tout cas pour accompagner l’innovation (pédagogique et technique) de manière efficace. Il semble ainsi que des besoins comme travailler de manière déconnectée soient mail pris en charge, et que l’accessibilité soit une grande oubliée alors même que les équipements mobiles permettraient des progrès dans ce sens.

Et pourtant, tous sont de bonne volonté, dans les échanges informels, j’ai eu des échanges fructueux avec des membres de la Direction Numérique pour l’Enseignement, j’ai découvert un principal, Jamel El Ayachi, qui a décidé d’intégrer son collège dans les réseaux sociaux, j’ai longuement discuté avec un prof d’EPS, Martial Pinkowski, qui développer et propose des solutions adaptées aux enseignants et aux élèves en mobilité. J’ai enfin rencontré en direct certaines personnes avec qui j’échange depuis plus ou moins longtemps : Bruno Devauchelle qu’on ne présente plus, Muriel Epstein qui anime le transiMOOC, seul MOOC pour collégiens, Lyonel Kaufmann autre « blogueur ». J’ai eu le temps et le plaisir de mieux faire connaissance avec le très actif Michel Guillou.

Chose nouvelle, au delà de l’annonce de la refonte des programmes, on voit poindre des questionnements autour de l’évolution du système éducatif. Il y a urgence si on prend le point de vue du Tsunami numérique défendu par Emmanuel Davidenkoff. Et pourtant, il est clair qu’il ne sera possible d’évoluer qu’en laissant le temps aux acteurs d’apprivoiser le numérique. Chacun doit progresser dans sa zone de confiance. Il me semble que cette évolution ne sera possible que si l’encadrement accepte de lâcher prise. La coopération est à ce prix, on l’explique aux enseignants en leur expliquant qu’ils doivent passer du rôle de transmetteur à celui d’accompagnateur des apprentissages de ses élèves. Il est indispensable que l’institution comprenne que cela s’applique également à elle, et à son corps d’encadrement (inspecteurs et chefs d’établissement), qu’elle est elle-même une organisation apprenante.

Par ailleurs, la présentation de MOOC et de cartographie de savoirs dans une même session a suscité bien des réactions et des questions, autour du partage de cours, et de l’ouverture des apprentissages. Les échanges finaux portaient alors sur les rythmes des cycles d’enseignement et les questions de validation, avec les badges et autres dispositifs. Mais il semble encore trop tôt pour faire un sujet de table ronde sur l’évolution du système éducatif par le numérique.

Cela renforce ma conviction que les axes de recherche identifiés lors de l’école d’été sur les MOOC sont en phase avec les besoins d’évolution du système éducatifs, et c’est la bonne nouvelle de la rentrée. J’y reviendrai.

En conclusion, au niveau classe et périscolaire, on est passé de l’outil aux usages. Au niveau des programmes, le principe de culture numérique (et celui de savoir coder) est acté. L’établissement se pense maintenant en tant que communauté, qui peut s’ouvrir, et cela est très positif. Bref cela bouge. La gestion des ressources reste compliquée, et le contrôle, lié notamment aux programmes semble encore s’imposer. Il n’est pas sûr que les associations comme Sésamath ou autres se diluent dans Canopé, qui évolue, mais sans doute encore trop selon un modèle de média, sans intégrer pleinement la coproduction. Reste également à l’institution de trouver des degrés de souplesse pour pouvoir évoluer, intégrer l’évolution permanente qui est constitutive de la société numérique.

Plate-formes de MOOCs, déjà la seconde génération

Certains découvrent à peine le phénomène MOOC (si nécessaire lire un résumé de l’année américaine 2012) mais aux États Unis on en est déjà à la saison 2.

Au niveau des plate-formes/startups, Novoed met en avant collaboration, travail en groupes, entre pairs pour améliorer les taux de poursuite dans les MOOCs. Si certains MOOCs l’ont déjà pratiqué (par exemple Learning Creative Learning ou Designing a New Learning Environment), il s’agit bien ici de l’intégrer à part entière dans la plate-forme proposée par cette nouvelle startup issue de Stanford, et d’en faire sa valeur ajoutée.

Au niveau des activités, ici aussi une nouveauté intéressante : Introductory Physics I with Laboratory nous propose d’exploiter les vidéos de notre téléphone pour faire des TP avec des données issues de notre propre environnement. Après l’environnement Python de Udacity, l’éditeur de circuits électriques de edX, on voit poindre une dimension « mobile learning »/BYOD/AVAN qu’il conviendra de suivre.

Coté Europe, si les portails institutionnels ne sont pas encore satisfaisants, signalons deux initiatives originales :

  • La commission ‘européenne a lancé une initiative Academic Cube, qui, si elle n’est pas très MOOC, a par contre le mérite de proposer une vision systémique pour une adéquation entre marché de l’emploi et formation en ligne dans le domaine du numérique ;
  • Dans une démarche très startup, iversity, plate-forme qui nous vient de Berlin, a lancé un concours pour supporter la production de 10 cours et propose aux internautes de contribuer au choix des heureux gagnants parmi les 200 et quelques candidats. Bien vu pour l’entreprise pour identifier les meilleurs cours, et espérons le pour créer une saine émulation ;

Plateformes, prise en compte de la dynamique de groupes et de pairs, élargissement des activités proposées aux participants, ouverture vers la formation tout au long de la vie, crowdsourcing, les acteurs des MOOCs intègrent une à une les dimensions de l’âge de la multitude.

Crédit photo : 703. L’éducation suffit-elle ? par un singe qui parle – licence CC-by-nc-sa

Conférence : Nomadisme, mobilité – utiliser les Equipements Numériques pour apprendre

J’ai été invité par l’Université de Brest (dite de Bretagne Occidentale) a faire une présentation sur ce qu’apportent l’usage des mobiles à l’université. La présentation aura lieu en centre ville à l’université Victor Segalen en salle B001 à 14 heures. (Mise à jour 13/02/2013 : vous pouvez retrouver l’enregistrement vidéo en ligne)

En résumé :

L’usage des mobiles rend possible de nouveaux modes d’apprentissages. La mobilité n’est ainsi pas que spatiale, mais ouvre aussi de nombreuses autres dimensions : temporelle, thématique, sociale, informative, technique. Comprendre le champ des possibles de ces nouveaux outils permet de les intégrer dans ses apprentissages pour les étudiants, et dans sa pédagogie pour l’enseignant.

L’immense majorité des étudiants disposent aujourd’hui d’équipements personnels, PC portables, smartphones, voire tablettes qu’ils utilisent au quotidien. La fracture numérique ne se situe plus au niveau du matériel, mais bien au niveau des usages. En permettant à nos étudiants de tirer parti de ces équipements au cœur de nos établissements, nous inversons nombre de logiques d’enseignements qui permettent de renouveler nos pédagogies, de valoriser l’étudiant et de réduire la fracture des usages en leur permettant d’acquérir une littératie numérique indispensable au XXIème siècle.

Au travers d’expérimentations réussies, nous explorerons quelques pistes d’usages au sein d’enseignements ou la participation devient le cœur de la pédagogie.

Pour les curieux et ceux qui ne pourront se joindre à nous voici le diaporama.

La dimension analogique de l’EAP

Discussion dans le couloir ce matin avec @NicolasRoland qui s’avoue frustré par l’idée que les discussions autour des EAP (Environnement d’Apprentissage Personnel, il parle d’EPA avec un accent belge) ne prennent en compte que le volet numérique de l’environnement, et au delà que l’EAP mette en avant les outils. Il défend l’idée qu’il faut également prendre en compte le volet analogique : la prise de notes sur papier, les échanges verbaux … Il annonce qu’il abordera ce sujet à REF en septembre 2013, ce qui nous laisse un peu de temps pour y réfléchir:-)

Ma première remarque a été que oui les outils sont des points d’entrée, mais que c’est bien une approche centrée utilisateur, et que ce qui est permier, c’est bien l’entrée par les usages, l’outil n’étant que second. L’autre dimension intéressante de l’EAP est cette entrée vers la dimension sociale de l’apprentissage, puisque la communication y est centrale.

Alors oui, rappelons qu’un environnement d’apprentissage est à la fois analogique et numérique. Ce qui est intéressant, c’est bien de se questionner sur ses méthodes, son processus d’apprentissage de manière globale. Mais plutôt que analogique, je pense que je préfère le terme de physique.

Peut être parce que certains travaux autour de la réalité augmentée explorent (avec un point d’entrée certes technique) le continuum que l’on peut envisager entre environnement physique et environnement numérique. On peut penser aux démonstrations de Pranav Mistry autour de son projet 6th sense (voir la vidéo TED de Pranav Mistry) qui a une approche qui mixe son environnement physique et son environnement numérique.

Il me semble également que lorsque l’on se pose la question des espaces d’apprentissage, on cherche à créer des espaces physiques qui soient propices à l’apprentissage. L’approche est ici autour de l’espace physique, qui doit pouvoir accueillir la dimension numérique.

Mais le point de vue de Nicolas est autre. Il s’intéresse aux stratégies complètes de l’apprentissage, et donc veut étudier tout le processus, pour considérer les influences relatives des différents éléments d’un système d’apprentissage. En effet, l’organisation de son apprentissage inclut aussi son cartable, son stylo.

Il me semble que l’on complète ainsi la démarche du BYOD ou AVAN (Apportez Vos Appareils Numériques) qui est bien de choisir son équipement, et au delà les modes d’apprentissage qui nous conviennent. On est bien dans une approche de culture matérielle, entre outils et fonctions.

Si l’on met l’accent sur le numérique, c’est en fait simplement que c’est l’élément de changement aujourd’hui. Mais effectivement, il n’est qu’un élément du système.

Crédit photo : crayon par lilpete_1 – licence CC-by-NC-ND

Interfaces naturelles pour la médiation avec le numérique

Interfaces naturelles, le titre de l’atelier animé par Hugues Aubin, et Julien Rat (dit Zozo, des petits débrouillards) est court, presque énigmatique. Ce qu’ils nous proposent en fait, c’est comment bricoler des interfaces qui permettent d’interagir de manière naturelle avec du contenu sur le web.

Adieu donc, clavier, souris, voire écran classique, qui en rebute encore plus d’un et qui limitent la participation, et bienvenue à des objets qu’on peut toucher, des surfaces qui réagissent, pour nous étonner et nous pousser à la découverte. Le prezi de Julien Rat, nous emmène donc dans une promenade d’interfaces qui renouvellent l’expérience utilisateur et qui pourtant ne coûtent pas grand chose. La médiation entre numérique et grand public y trouvera certainement de multiples idées à piocher, à adapter.

Au niveau des dispositifs d’acquisition, je retiens :

  • l’approche de dérouter des interactions avec des objets pour émuler des touches de clavier, de souris, de télécommande. Les gaillards de Makey Makey nous montrent un certain nombre d’applications intéressantes, et une petite carte qui facilite les montages. Pour information, les mêmes fonctionnalités peuvent être également obtenues avec une carte arduino, une résistance de 1 Mohms et la librairie Capsense ;

  • L’utilisation de manette Wii cachées dans un objet, ou remplacée par une application smartphone (exemple de Tasker accessible en phase d’essai)

  • une web cam permet de récupérer toute forme d’informations de mouvement ;

  • évidemment, la Kinect qui permet de capter des mouvements en 3D, ainsi que le squelette d’une personne ;

  • Le multitouch également s’obtenir avec différents montages (notamment avec des webcams) ;

  • la détection d’informations sur les objets, via les Qrcodes ou le tags RFID ;

  • et bien entendu les écrans tactiles.

Au niveau des dispositifs d’affichage :

  • le vidéo-projecteur est roi pour permettre de donner à voir sur n’importe quel surface ;

  • la réalité augmentée (Layar et la possibilité d’y intégrer ses propres informations via layar creator, mixare qui est libre, ou autres, sur smartphones) qui permet d’insérer des informations numériques dans le paysage.

Le couplage des 2 permet d’obtenir des dispositifs complets :

  • Les affichages peuvent même suivre les mouvements, comme le montre le dispositif Omnitouch (qui semble faire suite à sixth sense).

Bref, une heure et demi à échanger sur comment interagir, à citer de nombreux groupes qui travaillent sur ces sujets. Et je terminerai par le premier dispositif présenté ce jour là : la Reactable qui montre comment la combinaison de ces technologies permet d’imaginer des dispositifs interactifs, coopératifs et artistiques.

Voilà pourquoi il faut laisser nos élèves venir avec leurs appareils en classe

Désolé cette vidéo est en anglais. Si vous le comprenez, n’hésitez pas à y consacrer quelques minutes. C’est bien fait, ludique, et surtout tous les arguments y sont pour encourager nos écoles à adopter le BYOD (« Bring Your Own Device »).

Sinon, il ne vous reste plus qu’à adopter la traduction française AVAN pour « Apportez Vos Appareils Numériques »et à vous rabattre sur quelques liens en français :

Il en a été également question dans les couloirs de l’université de Paris-Descartes lors du jnum12.

Que faut-il de plus pour convaincre les établissements ? Traduire cette vidéo en français ? Faire une étude financière ? Ou d’impact sur les apprentissages ?

Ou encore changer la logique des apprentissages ? Certains  prédisent ce changement et lui ont déjà trouvé un acronyme en anglais  : le BYOL – Bring Your Own Learning,

En conclusion, Marc-André Lalande nous pose la bonne question, qui est de savoir non pas si, mais quand passerons-nous aux technologies numériques à l’école.  Ce qui a bien été relevé ici :

PS : merci à Anne-Céline Grolleau, aussi connue sous le pseudonyme de @ActionsFLE pour le lien vers la vidéo et son scoop-it.

Marc-André Lalande

le BYOL – Bring Your Own Learning, conséquence du BYOD #AVAN

L’idée du BYOD ou Bring Your Own Device, permettant à chacun d’apporter ses propres équipements au travail, ou à l’école, est une grande tendance du moment. Il en a déjà été pas mal question dans ce blog, avec une traduction en français, AVAN pour Apportez Vos appareils Numériques.

Logiquement, cela donne de l’ autonomie aux personnes, puisque celles-ci deviennent maître de leur équipement personnel, mais aussi de travail et d’apprentissage (ou du moins d’une partie). De plus, cela met en avant l’apprentissage informel, notion qui reconnaît que l’apprentissage se fait également (surtout ? ) en dehors du temps du cours.

Autonomie, personnalisation, mais aussi développement de stratégies d’apprentissage personnelles. Il devient normal que chacun puisse redevenir son propre maître de ses apprentissages.

Jane Hart publie ainsi un article de blog (en anglais) « est-il temps pour une stratégie BYOL dans votre organisation ? », montrant que l’entreprise se doit d’accompagner ce mouvement pour compléter son offre de formation, mais ne peut le contrôler. Elle souligne la prise de distance des personnes par rapport à la formation professionnelle (et en ligne) en montrant que pour les employés celle-ci n’est plus la source unique d’évolution des compétences.

Cette approche est cohérente avec l’idée de Harold Jarche (qui travaille avec Jane Hart) que nous sommes à l’âge de l’apprentissage. L’apprendre à apprendre pourrait devenir réalité, mais ces deux articles constatent bien que les mentalités doivent encore évoluer, et que le plus vite sera le mieux.

Dans la même veine, Harold Jarche nous parle de PKM (Personal Knowledge Management ou gestion de connaissances personnalisées) en tant qu’environnement pour son développement personnel. Dans le domaine de l’apprentissage, on parle de PLE (Personal Learning Environment ou environnement d’apprentissage personnel), mais de fait on recouvre le même phénomène dans les deux cas. Notons que l’apprentissage est ici social et actif dans le sens où il se fait au travers de productions.

La formation tout au long de la vie peut trouver un environnement d’appui appréciable avec ces approches issues du numérique.

Quel impact sur l’enseignement supérieur formation initiale ? Difficile à dire tant pour l’instant ces dimensions de prise en main des apprentissages reste en dehors du focus :

  • Parce que nous délivrons des diplômes qui sont une construction cohérente des apprentissages ;
  • Parce que la structure des formations est basée sur l’offre et non la demande ;
  • Parce que nous craignons que les étudiants puissent faire des choix incohérents ;
  • Parce que nombre des étudiants n’ont qu’une vision très incomplète de leur futur professionnel ;

et pourtant :

  • Qui connaît les métiers de demain ?
  • Développer motivation, autonomie, responsabilité de nos étudiants ne passe-t-il pas par la délégation de leur avenir ?
  • Comment répondre à des demandes émergentes qui ne sont pas issues de la recherche ?

Sans doute la réponse sera dans une ouverture progressive, réconciliant une cohérence de l’offre (les diplômes) et de la demande (prise en compte de la construction de personnalités). On est bien dans la question de la formation d’adultes autonomes, capables de porter ses propres choix.

Au fait, depuis ce matin je me demande comment traduire BYOL (Bring Your Own Learning) en français. AVA pour Apportez Vos Apprentissages me paraît trop court :

  • CAVA pour Choisissez et Apportez Vos Apprentissages ?
  • SAVA pour Soyez Acteurs de Vos Apprentissages ?

Crédit photo : Relaxed Study, Learning Grid, University of Warwick par jisc_infonet licence CC-by-nc-nd

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