Les Cocktails, source d’inspiration pour les projets élèves

Il y a longtemps (disons 20 ans), j’avais vu des élèves proposé comme projet de réalisation l’idée d’utiliser un automate programmable industriel pour concevoir et proposer des cocktails lors du gala de l’école où j’exerçais alors. Directe application des cours qu’ils suivaient alors, le projet avait été validé et nos élèves avaient pu exhiber leur maquette au gala suivant pour proposer des cocktails aux participants.

Solution industrielle, application du cours, à un problème que ces élèves s’étaient eux-même posés. Manquait le coté prise en compte de l’utilisateur (quoique, dans une fête il y a bien un coté industriel dans le service de boissons), ce qui pouvait être excusable pour des futurs ingénieurs en productique.

Depuis, j’ai changé d’école, les technologies ont évolué, et l’approche des problèmes aussi. L’année dernière, je participai à un atelier de la conférence b-ware sur le design et l’internet des objets. Neovenz nous guidait sur la démarche de production d’idées visant à la construction d’objets intelligents. Classique dans le déroulement, les animateurs nous amenaient à incarner nos idées dans des objets, ce qui était nouveau pour moi, tant je me suis aperçu que j’avais tendance à tout ramener vers des applis mobiles (comme quoi, on est tous formatés, et qu’il est nécessaire de croiser, échanger, toujours et encore).

Séance en groupe donc, et dans mon groupe on arrive sur le sujet des cocktails. Évidemment, j’ai commencé par ressortir ce vieux projet dont je parlais plus haut. Trop lourd me répond-on, ce en quoi j’étais bien d’accord. Évidemment, ma deuxième proposition a été de se connecter sur un site de cocktails. Là, on m’a conseillé d’oublier mon portable. D’autres propositions ont fusé, avec un jeune en formation à Design Nantes (dont j’ai oublié le nom) qui cherchait le système le plus simple, dépouillé, pratique … et qui nous proposait nombre croquis.

À la sortie, nous avons proposé un groupe de becs verseurs, qui se fixeraient donc aux bouteilles, qui s’allumeraient successivement pour nous indiquer la bonne bouteille et qui s’éteindraient à l’atteinte de la bonne dose. Le coktail étant choisi sur le smartphone de l’hôte. Sympa et convivial dans son bar personnel. Une idée de cadeau de Noël pour geek.

Fin de séance, fin de discussion, chacun repart dans son monde. Et une idée qui s’évapore. En tout cas c’est souvent le cas dans ce genre d’atelier.

Mais cette fois, il y a un fait nouveau : la création d’un Fablab à Télécom Bretagne, en coopération avec d’autres sites sur Brest (nous avons maintenant une fédération de fablabs bretons, BZHLab), et tout cela se discutait dans la même conférence dans une ambiance joyeuse.

Donc de retour à la maison, nous avons proposé ce sujet à nos élèves (je dis nous car c’est en binôme avec Sylvie Kerouédan, qui porte notre projet de fablab que ce projet a été proposé). À eux d’imaginer comment cela pouvait se concrétiser et de nous proposer un prototype. Leur solution regroupe des capteurs, réseau xbee et carte arduino au niveau électronique, assemblage de pièces construite avec notre imprimante 3D et malgré tout un smartphone pour choisir son cocktail. Le résultat est encore plein de fils qui dépassent mais ça marche. En choisissant un cocktail depuis un smartphone, on arrive à faire clignoter le bec verseur jusqu’à ce que la dose soit versée ! Mission accomplie pour Geoffroy Clauss, Thibaut De Riedmatten, Alassane Kane et Julien Thieffry.

Et en prime, un site web reprend le code et tous les éléments pour en faire un vrai produit qui permettra d’impressionner ses amis.

Au niveau projet, la partie « créativité » ne faisait pas partie des objectifs, mais les contraintes utilisateurs étaient bien présentes, la dimension système et intégration également. Sans oublier la bonne humeur. Un belle suite à nos deux ateliers parallèles Fablab et Codecamp du mois de janvier.

Crédit photo Dragon Fruit Strawberry Mojito from Gordon Biersch par miamism licence CC-by

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Un Innovation Camp sur les Smart Cities

Passer une semaine à imaginer la ville de demain avec des élèves ingénieurs du monde entier à Copenhague en juin. Ça vous dit ? C’est ce que vous propose la CDIO Academy à tous les élèves ingénieurs.

Ce concours se passe en deux temps :

  • dès aujourd’hui chacun peut déposer ses idées sur le site de la CDIO Academy. Il est également possible d’acheter des parts sur les meilleures idées. Deux classements en résulteront : les idées les plus retenues, et les meilleurs investisseurs ;
  • en mars les élèves ingénieurs porteurs des meilleures idées seront sélectionnés pour créer des groupes, préparer et aller participer à l’Innovation Camp du 20 au 24 juin à Copenhague en conjonction avec la Conférence du CDIO. Une belle occasion de concrétiser ses idées et de rencontrer des experts venus du monde entier.

En abordant le thème de la ville de demain, ce concours se positionne clairement dans une perspective de développement durable et pluridisciplinaire !

OpenSpimes et CO2 cap - flickr CC Leeander

Pour se démarrer une petite culture francophone orientée numérique, un petit tour coté Fing, peut être en commençant via cet article :Villes 2.0 : la ville complexe… et familière

Le CDIO est une association mondiale qui cherche à développer une nouvelle vision de la formation des ingénieurs. Parmi les institutions partenaires du CDIO, on trouve le MIT, la Beijing Jiaotong University, l’École Polytechnique de Montréal, QUT Brisbane, toutes les écoles de Suède et de Finlande, Télécom Bretagne (la seule école française) et bien d’autres.

En savoir plus : http://cdio-academy-2011.dk/. Inscrivez-vous. En tout cas, nous le conseillons à nos élèves. Si d’autres francophones s’inscrivent. N’hésitez pas à faire un petit coucou.

Dernier point, les idées déposées seront considérées comme faisant partie du domaine public.

Un Etherpad pour définir un cours « Web pervasif »

OpenSpime : une vue pervasive

Dans le cadre de notre dernière année de la formation ingénieurs, nous sommes en train de passer un cap et d’aborder explicitement dans notre enseignement de spécialisation informatique les nouvelles tendances du web. Le titre provisoire est « Web, partout, toujours : enjeux, innovations et conceptions ». L’idée est d’aborder la conception de systèmes basés sur le web, avec une vue globale. Nous en sommes à un résumé, mais qui définit une problématique globale qui nous paraît intéressante en intégrant les aspects techniques, sociaux et sociétaux. De plus, nous comptons profiter de ce nouveau cours pour envisager une approche pédagogique permettant d’intégrer les démarches de réflexion, d’innovation.

Bien entendu les outils web seront utilisés de manière intensive. Nous allons voir dans quelle mesure les outils sémantiques pourront être intégrés.

Reste à construire un déroulement pour une soixantaine d’heures de formation.

Pour travailler, nous avons utilisé un outil, déjà classique pour certains, mais que j’utilise pour la première fois entre personnes distantes (l’un de nous était en Grèce). Et effectivement pour travailler en commun sur un texte, c’est un vrai bonheur. Vous pouvez d’ailleurs le commenter, le corriger en ligne :-).

En ouvrant ce document, par contre une mauvaise nouvelle : le service en ligne va fermer ! Il ne nous restera donc plus qu’à déployer notre propre serveur Etherpad ou attendre l’intégration de ce niveau de synchronisation dans les outils Google. Le code est passé en Open Source (Apache Licence 2.0) et déposé sur la forge Google.

Pour @garlatti : Peut être regarder comment intégrer des extensions sémantiques dans Etherpad ?

Quel hall d’accueil virtuel pour notre campus réel ?

Aujourd’hui, le premier contact avec une institution est généralement le site web, surtout si l’on vient de l’étranger. Mais est-ce encore suffisant ? Comment établir le contact avec les visiteurs et leur faire découvrir notre campus de manière plus réaliste ou augmentée ?

Une initiative intéressante il y a 2 ans et demi a été de créer une île sur Second Life pour Télécom Bretagne permettant une première prise de contact avec des futurs élèves ou pour l’organisation d’événements, mais cet outil s’avère difficile à utiliser, et de plus il a le défaut de nous emmener dans un autre univers, au lieu de présenter le nôtre. C’est un nouveau campus délocalisé, plutôt qu’un hall d’accueil.

Pour élargir la question, nous avons posé la question à un groupe d’élèves comment pourrait-on tirer parti ou étendre des environnements existants pour améliorer l’accueil de nouveaux élèves. Cet accueil peut se concevoir en plusieurs étapes :

  • comment améliorer la première prise de contact ;
  • comment découvrir le campus, que ce soit à distance ou en arrivant sur place, en mixant informations pertinentes et géolocalisation ;

Et pour étendre la réflexion :

  • peut-il être intéressant d’étendre le « Global village » au delà du campus ;
  • peut-on tirer parti de ces environnements pour maintenir la communauté étudiante après les études.

Le sujet est vaste, mais il s’agît bien d’imaginer des scenarii, et de voir en quoi la réalité augmentée ou virtuelle telle qu’elle existe aujourd’hui peut servir ce propos d’accueil qui nous tient à cœur. Dans le cadre de leur projet, nos élèves auront à identifier un ou quelques scenarii et les rendre opérationnels.

Pour se donner des idées, explorons un peu quelques possibilités. Commençons par un woaw effet en regardant 10 expériences de réalité augmentée regroupées par Metaverse3D. Cela donne quelques idées sur les possibilités offertes aujourd’hui. Nous pourrons retenir simplement qu’il est possible d’ajouter de l’information à notre environnement. Pranav Mistry (9ème vidéo), pas son projet SixthSense est sans doute le plus convaincant, et permettent d’envisager une visite à distance ou sur place en disposant de données géolocalisées. La réalité mixte peut être approchée par l’article d’InternetActu « de la réalité augmentée à la réalité mixte ».

On peut imaginer effectuer un visite comme le permet au niveau des routes un système comme GoogleStreetMap et visualiser des informations pertinentes. Cette approche est disponible aujourd’hui dans certains téléphones, via des applications comme wikitude ou layar, qui permettent de se visualiser des informations où se porte le regard, de chercher un lieu et de nous indiquer où il se trouve depuis notre position. Ces outils s’ils sont tout à fait convaincants, fonctionnent aujourd’hui au niveau d’une localité, de routes, mais ne zooment pas jusqu’au niveau d’un campus, d’un bâtiment, d’un couloir. Il y a une place pour ce niveau de granularité pour des bâtiments publics.

Si l’on veut s’intéresser à des environnements de niveau bâtiment, il faut se tourner du coté des musées qui proposent des environnements adaptés comme celui du projet GAMME Guide Augmenté Mobile pour les Musées et Expositions. Parfait pour la visite dans le bâtiment, il faudrait néanmoins le plonger dans un environnement virtuel si la visite se fait à distance.

Du coté des environnements virtuels, notons qu’il existe maintenant des environnements qui sont intégrés au navigateur. Assemb’Live est ainsi plus simple d’accès que Second Life, mais nécessite néanmoins une installation d’une extension pour permettre son utilisation, ce qui est clairement trop compliqué pour une prise de contact. Par ailleurs, si l’on veut reprendre le contrôle de l’environnement, l’alternative libre OpenSimulator, ou son extension pédagogique EduSim3D sont à regarder de plus près.

Si la 3D peut être considérée encore lourde, il reste l’approche cartographique. Une environnement comme OpenStreetMap pourrait être étendu au niveau des bâtiments, permettant ainsi une première prise de contact et être utilisée lors des premières visites réelles. Il s’agirait d’ajouter un niveau des zoom permettant d’intégrer les bâtiments, en utilisant Chimère pour y faire des annotations adaptées. Ce fond de carte pourrait sans doute ensuite être réintégré dans des environnements virtuels géolocalisés comme Twinverse qui permet visite et échange par chat ou vidéo, le tout sans installation préalable.

Ces différents environnements, en étant couplés devraient donc pouvoir servir aux différentes étapes de l’accueil de visiteurs. Reste à définir les modes souhaitables, à faire les développements nécessaires, à y ajouter les données nécessaire et à être prêts pour les prochaines visites.

Comme d’habitude, je suis preneur d’autres environnements, notamment coté musées augmentés ou mixtes.

Le cycle des données du web

Avez vous remarqué que vos données circulent de plus en plus dans Internet ? Qu’elles sont accessibles partout et notamment dans votre mobile, à l’endroit et au moment où vous en avez besoin ? Que vous avez également accès à celles de votre réseau social, ou des internautes en général, au travers de conseils, de notes ? Oui, bien sûr !

Mais tous ces aspects sont ils déconnectés, indépendants ? Non, bien sûr !

Je vous propose de faire le lien entre ces facettes, en faisant une analogie avec une représentation classique, celle du cycle de l’eau.

Cycle de l'eau

cycle de l'eau (Wikimedia commons)

Qu’est ce que l’eau dans Internet ? Qu’est ce qui circule, qui change de nature, se transforme, se regroupe, se sépare, accède partout ? Les données, évidemment. Avec une « petite » différence, c’est qu’elles ont une mémoire, et qu’ils est possible de les marquer pour les différentier les unes des autres.

Aujourd’hui, la donnée peut être acquise depuis n’importe quel équipement électronique de notre entourage. Pour expliquer notre cycle intéressons à une goutte, pardon une information donnée. Disons à la photo que vous venez de prendre du local de votre association. Comme vous utilisez le super mobile offert à Noël, vous pouvez lui adjoindre sa position GPS (on dit géolocaliser), un petit nom … et directement l’envoyer sur Internet dans un silo de données (FlickR, Picasa, Facebook, …il y a le choix).

Les ruisseaux, les rivières, les fleuves qui vont recueillir cette goutte (eh oui, 1 Mo, c’est une goutte) sont les réseaux des opérateurs, (remarquez bien il n’y en a que quelques uns). Ils transportent toutes les données produits de tous les équipements dispersés sur le territoire, vers la mer.

Les mers sont ces silos de données (Google, qui intègre Picasa, étant un océan) qui recueillent toutes ces données mélangées, les laisse reposer et s’accumuler. Physiquement, ce sont les disques des serveurs, regroupés aujourd’hui en fermes de serveurs. Certaines données s’enfonceront au fond des océans, d’autres ressortiront

Étape suivante, l’évaporation. Vous trouvez ? Les moteurs de recherche de chacun de ces silos vont extraire les données sélectionnées, demandées par les nuages qui s’amoncèlent au dessus de la mer.

Là haut, l’analogie marche parfaitement. Qui n’a pas entendu parler de « cloud computing » (ou informatique dans les nuages) qui va effectuer des traitements, regrouper des données, les associer, les analyser, les traiter … et ramener notre goutte d’information vers nous.

Toutes ces données retombent via les multiples services qui sont proposés sur la toile, et comme d’habitude vous pourrez regarder cette pluie (d’informations) en regardant par la fenêtre (de votre navigateur).

Essayons de retrouver notre goutte du départ. Bien sûr, elle apparaît sur notre compte, mais aussi sur une carte, avec celle de vos voisins, ou par tag, etc. Au fait, regardons la carte, elle aussi est composée de données issues du monde réel. Dans le cas d’OpenStreetMap, elles ont été saisies par des utilisateurs comme vous et moi avec leur GPS, envoyées vers un serveur, déposées, retraitées, extraites et regroupées avec notre petite photo. Peut être également, se seront ajoutées les remarques de vos amis, ou de personnes inconnues qui commenteront votre photo, ou son sujet.

Votre téléphone ? Votre ordinateur ? C’est le seau qui recueille l’eau qui coule de la gouttière et qui déborde régulièrement d’informations que vous n’arriverez pas toujours à exploiter.

Si on veut vraiment boucler le cycle et réinjecter notre donnée dans la réalité, il suffit de la retrouver dans votre environnement. Pour comprendre ce retour, regardons les nouvelles applications de réalité augmentée, dont Wikitude est un bon exemple. Sur l’écran de votre téléphone, vous allez pouvoir visualiser votre environnement par la caméra, et dessus se superposent des petits drapeaux qui indiquent les informations disponibles aux endroits que vous regardez ! Demain, ce pourra être intégré dans vos lunettes, ou les informations pourront être déposées directement dans l’environnement.

Et ainsi le cycle est complet. La donnée, la photo a été extraite du monde réel, a effectué un long voyage (moult données sont hébergées aux états unis), et est revenue s’intégrer dans notre environnement, sous forme de réalité augmentée. Entre temps, il a pu lui arriver pas mal de choses, être exploitée par beaucoup de nuages, avant de revenir à sa place originale dans notre environnement.

Ce cycle de données est aujourd’hui balbutiant, mais trouve des applications multiples et est amené à se généraliser. Prenons par exemple l’application WideNoise de la société WideTag, qui via les réseaux sociaux permet de recueillir les niveaux de bruits partout où il y a des personnes avec téléphone mobile et de proposer une carte mondiale des niveaux sonores.

Que pensez vous de cette analogie ? Est-elle claire ? intéressante ?

Nos élèves 2.0 seront les ingénieurs 3.0 (et plus encore)

Our students 2.0 will be the engineers 3.0 (and more)

Nos élèves ont une culture numérique, principalement ancrée dans les réseaux d’amis dans Facebook ou Messenger, mais aussi autour de la musique, des jeux, des téléphones… Nous pouvons les appeler «natifs du numériques » ou élèves 2.0 (pour coller au titre du billet). C’est un constat, une prise en compte de leur acquis, mais cela ne guide pas sur ce qu’il faut leur faire acquérir. Ce qui est m’intéresse ici, c’est qu’il ne faut pas confondre cet état de fait avec l’objectif d’en faire des professionnels demain. Voici donc quelques objectifs à intégrer dans une formation d’élèves 2.0 futurs ingénieurs 3.0.

Par rapport à l’Internet et son utilisation.

Quelques compétences de base transverses à toute formation de niveau master :

  • la digital literacy, qui regroupe compétences de recherche, d’évaluation, d’utilisation et de synthèse d’information numérique, ainsi que la capacité d’exprimer ses idées de manière numérique. C’est assez différent de l’habileté de manipuler des objets techniques, cela passe plutôt par une acquisition d’un esprit critique numérique, qui ne leur est pas naturel ;
  • la capacité à argumenter, agréger, participer à des communautés, voire à les animer. Cela correspond à une vision élargie à la capacité à convaincre et à travailler en groupe.

Ces aspects correspondent en fait à un niveau minimal pour un niveau master, traduit dans l’environnement numérique, conforme à ce qu’on appelle les descripteurs de Dublin au niveau européen. Nous avions d’ailleurs présenté un article autour de cette idée là il y a déjà deux ans.

Intégrer la dimension de l’Internet

Mais, pour un ingénieur, il faut aussi intégrer la compréhension des phénomènes techniques liés à Internet – en termes de dynamique – de grand système, de facteur de convergence. Cela est important car l’intégration de ces dimensions impacte tous les domaines techniques actuels. La convergence, dite NBIC (pour nanotechnologies, les technologies du vivant, la science informatique et les sciences de la cognition). La conférence de Rémi Sussan dans le cadre de l‘intersemestre sur le post-web2 proposé cette semaine par Gwendal Simon en montrait bien les enjeux. Les autres conférences montraient en quoi la virtualisation du monde, couplée à la projection tangible des informations du web dans le monde réel au travers de l’internet des objets (pour faire court) amenait à reconsidérer la perception du monde réel (écouter par exemple le speech que David Orban nous a fait dans Second Life). Par ailleurs, la dimension de l’Internet transforme totalement la dimension de la capacité de calcul, d’acquisition et de traitement de l’information.

Pour le travail des ingénieurs Télécom aussi cela a un impact sur la gestion des données, les architectures et les infrastructures techniques, ainsi que sur la manière de penser l’algorithmique.

De manière générale, cette dimension nouvelle des problèmes d’ingénierie, cette complexification des systèmes encourage à conserver un volet d’expertise scientifique et technique dans la formation.

Quels enjeux de vie auxquels nos élèves auront à faire face ?

La vie n’est pas un long fleuve tranquille. Internet est un vecteur important de changement, il est d’ailleurs en perpétuelle évolution (en passant, avez vous remarqué que les évolutions de l’électronique ne se mesurent plus en puissance de calcul, mais en niveau d’intégration dans Internet et en débit), tant dans ses capacités, que dans sa sphère d’influence. Cela amène au niveau de l’activité à des dynamiques inconnues, qui nécessitent donc de l’adaptativité. Celle-ci ne peut s’obtenir que s’ils ont confiance en eux, qu’ils aient une motivation suffisante. Par ailleurs, il y a une nécessité d’éthique renforcée, liée au fait que les systèmes technique impactent de manière renforcée des enjeux de pouvoir, de démocratie, les enjeux liés à la vie de la planète entière et de ses habitants. En bref il faut acquérir une conscience des choix de société qui sont devant nous (dans quel meilleur des mondes vivront nous ?)

Quels défis les attendent ?

De manière évidente, dans les 40 ou 50 ans à venir, ils auront à gérer des systèmes intégrant les composantes des NBIC, à imaginer les usages, et à développer les applications qui y seront liées. Mais cette intégration se fera avec un objectif qui va devenir de plus en plus prioritaire : le développement durable dans ses trois composantes : sociale, écologique et économique.

Prospectif ? Peut-être, mais tellement vital pour notre société, comme le rappelle Bruce Sterling.

PS1 : au départ, je suis parti juste du titre proposé dans un billet twitter, que j’ai eu envie de reprendre. Le reste vient en fin de « semaine prospective » de manière un peu courte ou abrupte. Certaines parties peuvent nécessiter un discours un peu plus long. Prêt à en discuter avec qui voudra…

PS2 : je n’ai pas intégré grand chose de la journée « internet du futur » qui se concentrait plus sur une problématique accès aux données, architecture du réseau lui-même avec le débat liberté versus contrôle nécessaire, qui me parait tellement biaisé, bien que sans doute vital pour l’avenir.

Fab-Lab : un outil pour apprendre et innover dans un monde durable

Pourquoi s’intéresser aux technologies dans le monde du XXIème siècle ? Le concept du Fab Lab nous donne quelques beaux arguments !

La Fing qui cherche à fédérer un mouvement de Fab Lab en France le définit ainsi :

« Un Fab Lab (abréviation de Fabrication laboratory) est une plate-forme ouverte de création et de prototypage d’objets physiques, « intelligents » ou non. Il s’adresse aux entrepreneurs qui veulent passer plus vite du concept au prototype ; aux designers et aux artistes ; aux étudiants désireux d’expérimenter et d’enrichir leurs connaissances pratiques en électronique, en CFAO, en design ; aux bricoleurs du XXIe siècle… »

Son engagement est le suivant :

« L’innovation ouverte en France a besoin qu’émergent des « Fab Labs ». En coopération avec d’autres acteurs de l’innovation, de la création, de l’éducation et de la recherche et des technologies, la Fing s’engage pour les aider à émerger et se connecter. »

On peut donc voir ces outils technologiques comme support à l’innovation. La maîtrise de ces outils aide donc à être innovant . Cela est d’autant plus vrai que cela aide à s’ancrer dans le réel, à concrétiser une idée.

Si maintenant on regarde un peu plus loin, on s’aperçoit que ce concept est intéressant dans un contexte de développement durable. En effet, il permet d’envisager de rapprocher le lieu de production du lieu de consommation, puisqu’il devient possible de produire artisanalement des objets sophistiqués. Il créé du lien entre des utilisateurs du monde entier, et vous permet donc de mettre à disposition et de collaborer avec tout type de personnes, pour permettre de résoudre rapidement et localement tout type de problème dans des contrées reculées. Vous voulez pouvoir participer au mouvement du développement durable ? Apprenez-à utiliser les outils de production, qu’ils soient mécaniques, électroniques ou informatique.

Et si on revient à mon idée d’Apprendre via les objets, ou aux nombreuses idées de Bruce Sterling sur le web des objets dans son livre Shaping Things (traduit par Daniel Kaplan sous le titre Objets bavards), il est intéressant de pouvoir passer de la compréhension à la construction et à l’évolution d’objets existants. Là encore, si on veut retrouver la dimension du bricolage pour comprendre, le Fab Lab est un excellent support.

Au fait, Shaping Things est édité par le MIT, le Fab Lab est un programme issu du Center for Bits and Atoms, (CBA) du MIT.

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