Scoledge, un environnement d’apprentissage orienté flux, et ça change tout

 

Scoledge est une toute jeune startup, qui renouvelle les environnements d’apprentissage, en privilégiant le flux des échanges sur les contenus. Cela veut dire en clair que le centre de l’interface est un mur comme celui que l’on trouve dans les différents environnements sociaux. D’après les créateurs de cet environnement, c’est parce que cela correspond aux habitudes des jeunes (dont ils font clairement partie). C’est un environnement pour la génération Faceboook. A priori, cela incite à interagir avec les autres membres du réseau, ce qui est indubitablement un des points faibles de tous les environnements d’apprentissage et autres LMS des écoles aux universités. Rien que pour cela, vous devriez allez regarder ce petit bijou.

Si vous regardez les fonctionnalités proposées (remise de devoirs, calendrier, espaces de cours, partage de fichiers, gestion de classes, gestion des absences), vous pouvez avoir deux points de vue. Si vous vous considérez comme habitué des systèmes classiques, vous trouverez sans doute que celles-ci ne sont ni nouvelles, ni aussi puissantes que sur d’autres plate-formes (mais qui utilise toutes les fonctionnalités de quelque logiciel que ce soit). Mais si vous prenez un point de vue utilisateur, vous apprécierez la qualité de l’expérience utilisateur, digne des plate-formes les plus modernes. Ce qui ne gâte rien, il existe déjà une version mobile.

a0dba05d86d6a7aae451b33b39b81517D’ailleurs, quand on voit leur interface, on pense inévitablement à Slack, l’outil phare pour la collaboration dans les projets, et ce n’est sûrement pas par hasard. Étant moi-même en train de tester slack en formation, je peux confirmer que les étudiants adhèrent.

Educpros les as mis dans leurs 10 start-up EdTech à suivre. C’est en tout cas une proposition nouvelle dans ce créneau des environnements d’apprentissage, très différent du positionnement d’autres plateformes d’apprentissage comme speach-me, ou autres Moodle. Et c’est une réponse par des étudiants à la question de Thot de savoir si c’est une simple mode. Le web, ce sont le flux et la conversation avant tout. C’est à dire social.

Mise à jour du 21/11/2017 : Comme toute startup, Scoledge évolue, effectue des pivots pour mieux exploiter sa valeur ajoutée. Son nouveau nom est donc Atolia, pour proposer ses services non seulement à l’éducation, mais aussi aux entreprises en leur proposant une plateforme permettant une collaboration simplifiée.

 

Crédit photo : copie d’écran extraite du site de Scoledge … en espérant qu’ils me le pardonneront.

Conférence : Nomadisme, mobilité – utiliser les Equipements Numériques pour apprendre

J’ai été invité par l’Université de Brest (dite de Bretagne Occidentale) a faire une présentation sur ce qu’apportent l’usage des mobiles à l’université. La présentation aura lieu en centre ville à l’université Victor Segalen en salle B001 à 14 heures. (Mise à jour 13/02/2013 : vous pouvez retrouver l’enregistrement vidéo en ligne)

En résumé :

L’usage des mobiles rend possible de nouveaux modes d’apprentissages. La mobilité n’est ainsi pas que spatiale, mais ouvre aussi de nombreuses autres dimensions : temporelle, thématique, sociale, informative, technique. Comprendre le champ des possibles de ces nouveaux outils permet de les intégrer dans ses apprentissages pour les étudiants, et dans sa pédagogie pour l’enseignant.

L’immense majorité des étudiants disposent aujourd’hui d’équipements personnels, PC portables, smartphones, voire tablettes qu’ils utilisent au quotidien. La fracture numérique ne se situe plus au niveau du matériel, mais bien au niveau des usages. En permettant à nos étudiants de tirer parti de ces équipements au cœur de nos établissements, nous inversons nombre de logiques d’enseignements qui permettent de renouveler nos pédagogies, de valoriser l’étudiant et de réduire la fracture des usages en leur permettant d’acquérir une littératie numérique indispensable au XXIème siècle.

Au travers d’expérimentations réussies, nous explorerons quelques pistes d’usages au sein d’enseignements ou la participation devient le cœur de la pédagogie.

Pour les curieux et ceux qui ne pourront se joindre à nous voici le diaporama.

Tout ce que j’écrirai pourra être retenu en ma faveur

titre alternatif : jetons nous dans le bain

titre à la lecture de certains échanges : tout ce que j’écrirai pourrait être retenu contre moi ?

Faut-il, doit-on, peut-on, est-il raisonnable d’écrire sur le Web ?

Clairement, il règne un climat anxiogène pour nombre de débutants sur le web. Climat que ne comprennent bien souvent plus ceux qui ont fait le pas, tant ce qu’ils ont trouvé leur a permis de s’enrichir intellectuellement et humainement.

D’où vient ce climat ? D’abord c’est quelque chose de nouveau, il y a donc toujours inquiétude devant l’inconnu. Mais surtout les médias ont relayé, amplifié quelques cas de débordement comme il en existe dans toutes les activités humaines. Mais les annonces d’accidents automobiles de meurtres en série nous empêchent elles de sortir de chez nous ?

Et puis, nous ne risquons pas notre vie sur Internet. Pour dédramatiser, on peut se référer à « qui a peur du grand méchant web ? » publié par yapaka.be (merci à @2vanssay pour le lien).

Dans quelle société vivons-nous souhaitons nous vivre ? Sommes nous dans une démocratie où chaque citoyen peut s’exprimer, ou considérons-nous que la société de Big Brother (is watching you de George Orwell) est une réalité. Le débat est encore devant nous. Espérons qu’il saura laisser une place aux dimensions de partage, de collaboration que certains projets comme Wikipédia incarnent, mais qui sont portés également par beaucoup d’autres (voir par exemple le site de Imagination for People)

Certains considèrent que Big Brother, c’est notre futur employeur (j’ai lu un commentaire de ce type dans le cadre d’#ITyPA), celui-ci pouvant retrouver une erreur vieille de plusieurs années. On est à mon avis dans la légende urbaine. D’abord parce que ce que l’on pourra apprendre en suivant ITyPA, c’est que la notion de vérité dépend du contexte, et donc évolue avec le temps (bon d’accord, Blaise Pascal le disait déjà, mais le phénomène s’est modifié, accéléré avec le Web). Ensuite, c’est que si on se met dans une dynamique de production, on va apprendre, donc s’améliorer, et finalement pouvoir montrer qu’aujourd’hui on est capable de beaucoup plus qu’hier. Et un employeur recherche des compétences actuelles, pas celles d’il y a plusieurs années. C’est bien ce que confirme cet article du blog du modérateur (retrouvé sur l’excellent diaporama « Student Branding » autour de comment chercher un emploi avec le web, proposé par Christophe Batier.

Alors faut-il avancer caché ou sous sa véritable identité sur le net ? Si l’on considère que des employeurs chercheront sur le net qui vous êtes vraiment, il faut sûrement avoir une identité numérique visible, autre que celle de ses photos de vacances. Ils n’iront sans doute pas chercher la faute, mais voudront se faire une image globale. Là encore l’abondance d’informations est un phénomène à intégrer, en s’appliquant à faire ressortir ce qui est le plus important pour vous. Cette identité se construit, en étant soi-même, et en mettant en avant là où on est le meilleur.

Certains participants arrivant sur #ITyPA posent la question, tiraillés entre deux discours qu’ils trouvent à raison contradictoires. La réponse est sans doute dans leur niveau de confiance propre. Peut-être leur faut-il un temps d’appropriation sans pression. Peut-être leur faut-il le temps de comprendre à/dans quoi ils s’inscrivent,. Il est en effet possible d’adopter plusieurs identités sur le net, comme l’a montré Dominique Cardon. Mais quand ils avanceront dans leur appropriation, ils ressentiront le besoin de passer à une identité plus réelle. Peut-être que les espaces publics numériques sont les bons espaces de médiation pour les premiers pas.

En effet, un tel événement est aussi et peut-être surtout un lieu de rencontre, d’échanges. Ceux-ci seront d’autant plus engageants, plus véridiques si ils se font entre personnes réelles et non pas entre avatars.

Au contraire, d’autres considèrent que participer à un MOOC comme ITyPA est valorisant et leur permettra d’avancer dans leur identité professionnelle. Ceux-là n’auront pas de problème à afficher leur vrai nom. Ils sont déjà entrés dans leur construction d’identité sur le web. Ceux-là ont intégré le fait que leur identité, c’est ce qu’ils sont, ce qu’ils font sur le web, et que ce qu’ils produiront de plus pertinent sera mis en avant.

Oui, la perception du web est aujourd’hui ambivalente, Oui il est rejeté par des technophobes ou des gens qui restent interdits envers une nouveauté qui remet en question beaucoup de chose, et oui il est encensé comme espace de débat public par certains. ITyPA est un moyen de se construire sa propre opinion, sachant que les animateurs et tous les intervenants ont fait le choix de s’afficher avec leur identité réelle. Et qu’ils considèrent qu’ils y ont gagné.

Vous pouvez également échanger sur le sujet via un forum sur le site d’ITyPa. (merci à Karim Benyagoub de me l’avoir indiqué)

Pour finir, je voudrai juste laisser un lien vers le dernier diaporama de Christophe Batier, une des têtes de file du « numérique pour apprendre », qui me semble-t-il a quelque lien avec nos sujets.


PS : je suis preneur de tout bon argumentaire pouvant aider ceux qui ont peur de s’afficher sur Internet à passer le premier pas.

écritures collaboratives

3 jours au Ciuen cette semaine. Beaucoup d’échanges riches.

Ma petite pierre à cette belle manifestation était une réflexion sur les écritures collaboratives et l’adéquation des outils aux différents types d’écriture. Un petit diaporama :

et l’article type « scientifique » que j’ai écrit en préparation. Plutôt que de le recopier dans ce blog, je préfère le laisser dans sa forme originale :

Émulation entre élèves sur twitter, la bataille de hastags

On parle beaucoup d’usages pédagogiques de twitter en ce moment.  Je ne referai pas un billet de plus là dessus.  Je relèverai juste une initiative venant de mes élèves qui m’a étonné, et qui peut avoir un intérêt coté émulation.

J’ai participé à deux enseignements assez proches, avec deux groupes classes différents, mais avec une incitation à utiliser twitter pour partager ses trouvailles (hashtags #FIPCO320 et F2B506 respectivement, i.e. les codes des cours en question), annoncer les nouvelles productions des différents sous groupes, et pour accéder à différents liens que je propose tout au long de leurs travaux.  Certains étant déjà utilisateurs de twitter, l’usage va parfois plus loin (on a vu des commentaires sur des fautes dans les transparents, quelques private jokes …) encourgeant le coté social décontracté que l’on retrouve sur twitter.

Un élève a ainsi proposé une bataille de hashtags entre les 2 groupes classe, pour inciter le second groupe à utiliser de manière plus intensive l’outil twitter.  Ce coté compétition peut entrainer une émulation sympathique. De plus, c’est intéressant car les deux groupes se retrouvent à consulter les publications des autres élèves, ce qui enrichit notablement les échanges, les uns réagissant sur les posts des autres.  Mais, je n’ai pas noté d’implication plus importante de ceux qui n’étaient pas très actifs sur ce média.

La bataille est toujours active, les groupes sont inégaux en taille, mon action n’est pas neutre, mais est-ce bien grave ?

PS : Ce genre de réaction ne pourrait pas se faire sans une posture AVAN. Voir Equipements à l’école. Et si on jouait à l’AVAN ?

Crédit photo : Hashtag battle, how cute! #bearsstillsuck par tsand – licence CC-by-nc-sa

Être un prof numérique

Mercredi, j’aurai la joie de participer à un séminaire à l’ENVSN, des e-formateurs du ministère des sports. Le titre officiel de mon intervention est «Concevoir et animer un environnement numérique d’apprentissage et/ou de formation», ce qui peut se résumer à  « être un prof numérique ».

Voici un aperçu du diaporama que je présenterai :

Il paraît même que ce sera retransmis en direct. Et qu’il sera possible de réagir sur twitter avec le hashtag #foadenvsn

Mon EAP à moi

EAP ? Environnement d’apprentissage Personnel. C’est un angle d’attaque. J’aurai pu appeler cela mon environnement de production personnel et social, ou mon environnemnent personnel de gestion de la connaissance.  Cela correspond finalement à la même chose dans la société du XXIème siècle : j’apprends,  je gère mes connaissances, je produis, le tout dans un univers de partage.

Impressionnant le nombre d’articles, de pages, de cartes mentales qui parlent de l’environnement personnel de chacun. J’ai failli faire le mien mais je me suis arrêté en me demandant ce que cela apporterait. Du coup ce billet de ma série autour de S’organiser grâce aux environnements numériques va prendre une forme différente.

Revue partielle :

Quelques remarques qu’il ne me semble pas retrouver partout :

  • s’organiser en ayant une vue cohérente de tout cela. Un exercice intéressant pour soi et pour les autres est de construire l’agrégat de sa vie numérique. J’ai joué avec FriendFeed pour cela (mais google plus n’y est pas encore référencé). Un certain nombre de personnes suivent mas activités par ce biais semble-t-il ;
  • se construire sa base de connaissance (notamment au travers de mots-clés, on dit tags) pour pouvoir s’y retrouver. Là j’avoue que j’ai des marges de progrès, même sans parler d’ontologie ;
  • un EAP se construit petit à petit et évolue. En fonction de l’évolution de ses méthodes de travail, de ses intérêts (toutes les communautés, les personnes ne travaillent pas de la même manière, ni ne fréquentent les mêmes réseaux sociaux), de ses outils (quand j’achète une tablette, je veux communiquer avec elle. Quand une alternative libre de doodle apparaît, je peux me laisser tenter), de ses (re)découvertes puisque des outils apparaissent (et disparaissent) régulièrement ;
  • j’apprécie aujourd’hui l’articulation d’outils qui sont accessibles au travers de différentes plate formes matérielles de manière transparente. Le fait de prendre des photos (souvent un tableau blanc, ou une posture) sur son smartphone, sa tablette et les retrouver regroupées automatiquement via Instant Upload (fonction Google) dans son environnement Google est très confortable. L’idée de faire un dessin via Skitch sur sa tablette, l’annoter par Evernote et continuer à compléter cette note sur son portable permet de tirer parti des avantages de chacun des équipements disponibles. Et finalement, pouvoir accéder à toutes ces données depuis n’importe quel navigateur permet de se sentir partout chez soi. Cela fait un peu riche aujourd’hui d’annoncer de disposer d’un PC, d’une tablette et d’un smartphone. Mais à y regarder d’un peu près, c’est sans doute une tendance de fond naturelle.

S’organiser son EAP, c’est accepter de se voir évoluer. Cela ne veut pas non plus dire que l’on abandonne ses outils locaux. Ce billet a été commencé sur Evernote qui me sert de brouillon, mais continué sur OpenOffice sur mon PC, qui conserve moult outils de bureautique et de développement. EAP ne rime pas avec tout cloud comme certains peuvent sembler le faire croire.

crédit photo : My PLE par vilsrip – licence CC-by-nc-sa

Evernote, cahier de notes multi usages trans-plate-formes

Après avoir reçu une superbe tablette Galaxy Samsung à Ludovia2011, j’ai cherché les meilleurs outils pour pouvoir l’utiliser. Et j’ai retrouvé Evernote, qui sur les tablettes se voit accompagné d’un outil de dessin (skitch) ma foi fort pratique. Et comme souvent les informations arrivent par rafale, le bulletin d’Evernote m’a proposé des articles très intéressants sur l’usage d’Evernote par des étudiants. Dans la série S’organiser grâce aux environnements numériques, voici donc un scénario plutôt basé outil pour l’étudiant qui suit des cours.

Le couplage croquis / texte est particulièrement plaisant sur la tablette, cela m’a permis de construire plus rapidement l’article .

Parmi les autres points particulièrement séduisants d’Evernote, j’en note 3 :

  • la capacité de mixer des sources très différentes (lien web, extraits de pages web, croquis, photos, enregistrement sonore) bref de noter rapidement et de n’importe quelle manière tout ce qui nous paraît important ou ce qui nous passe par la tête sur le moment, et le tout dans le même cahier de notes numérique.
  • Le fait qu’il soit disponible sur n’importe quelle plateforme : PC, web, smartphone, tablette, ce qui rend possible la récupération de notes de n’importe où, de n’importe quoi, à n’importe quel moment et de le retravailler ensuite sur l’équipement qui vous tombe sous la main ;
  • les capacités de classement de ces notes : par date, par tags, par classeur, par tâche … qui s’adaptent aux méthodes de chacun ;

Et du coup, passant d’une plateforme à une autre j’ai commencé à l’utiliser de manière régulière depuis un mois. Par contre, je le vois comme un carnet personnel, et je continue à effecuter mes partages par d’autres canaux (dont mon blog).

Mais surtout, ce qui a attiré mon attention c’est l’article suivant Student Ryan Kessler Transformed His Workflow, Raised His GPA and Left His Textbooks at Home (Back-to-School Series), ce qui peut se traduire en français par « comment l’étudiant Ryan a transformé sa manière de travailler, amélioré ses résultats, et laissé ses livres de cours à la maison » (le GPA intéresse particulièrement nos élèves à Télécom Bretagne, car c’est ce que regardent nos partenaires internationaux qui accueillent des élèves en semestre d’études à l’étranger). Pour faire simple, ce garçon utilise Evernote :

  • pour prendre des notes en cours. Mais ces notes sont enrichies par des photos des tableaux, de notes manuscrites, d’enregistrements audio (pour les cours de langue). La fonction photo de son téléphone lui sert de scanner généralisé. Je fais cela depuis longtemps, et l’intègre ensuite dans mes compte rendus, mais ici cela devient naturellement couplé.
  • pour s’organiser. Il a ainsi un répertoire par cours, ce qui facilite son classement. Grâce au système de tâches, il peut organiser son travail.  Il utilise les facilités d’evernote pour s’organiser avec ses partenaires de projets en partageant des notes et en communiquant au travers de l’adresse courriel d’Evernote. Tout reste ainsi groupé et facilite le classement.
  • et ainsi il peut voyager léger. Tout est dans son téléphone. Il a ainsi pris l’habitude de scanner des extraits de livre sur lesquels il travaille. Il prend des notes manuscrites qu’il prend en photo, et tout cela est de plus classé ! En cas de besoin d’impression, il passe par un PC libre service de l’école.

Il cite un autre exemple intéressant, un étudiant en design a utilisé Evernote pour noter, photographier toutes les idées qui l’inspiraient pour son projet de fin d’études : son carnet de notes est d’ailleurs en ligne. Le point de vue de l’enseignant par contre ne m’a pas complètement convaincu sur les aspects gestion de cours.

L’article 10 trucs pour l’étudiant reprend à peu près les mêmes idées, avec comme petit truc supplémentaire, le pense bête où l’on enregistre tous les numéros à retenir ou l’enregistrement du discours de l’enseignant avec le micro du smartphone. Et un petit focus sur les à coté : l’extrascolaire ou la prise de photo de l’objet dont vous rêvez.

On pourrait aussi mentionner la possibilité de partager facilement ses notes de cours.

En résumé, Evernote joue le rôle de super cahier de prises de notes/ brouillon/classeur numérique, avec toutes les fonctionnalités qui vont avec : partage, classement …

Il ne remplace pas les outils dédiés comme Diigo pour les recherches bibliographiques, ni un Zotero ou un Mendeley pour la gestion bibliographique scientifique. Les exports doivent être retravaillés avant publication, mais c’est bien un gros carnet dans le nuage, presque un cartable numérique à lui tout seul.

Crédit photo : Evernote par Johan Larsson, licence CC-by

Du numérique dans mon association

Dans le billet « s’organiser grâce aux environnements numériques », je citais 10 scénarios. Commençons par un premier simple et de bon goût : organiser les échanges au sein d’une association.

Frédéric Soussin dans sa vidéo « dynamiser un réseau de parents d’élèves » détaille 3 temps dans la vie d’une telle association :

  • le temps du présentiel en réunion qui constitue souvent les seuls temps où l’on arrive à travailler ce qui est souvent insuffisant ;
  • le temps des échanges distants synchrones qui trop souvent se réduisent aux échanges par téléphone ;
  • le temps des échanges distants asynchrones qui se compliquent souvent s’il est réduit à des échanges de mails ;

Il distingue également trois cercles de parents :

  • le noyau dur de l’association ;
  • le groupe des participants réguliers, ce qui pour une association de parents correspond aux différents délégués ;
  • l’ensemble des gens parents qui veulent être au courant.

C’est en effet une typologie que l’on retrouve dans les associations, qu’elles soient de parents, sportives ou culturelles. Et les outils du web peuvent effectivement fluidifier les échanges en les facilitant au delà de réunions qui sont souvent longues et dans lesquelles il est difficile de réunir beaucoup de monde.

Mais plutôt que de proposer un ensemble d’outils, il vaut sans doute mieux aborder les choses de manière progressive. En reprenant la même typologie d’outils on peut démarrer passer par les outils asynchrones qui remettent moins en cause les habitudes, tout en rendant des services appréciables :

  • première étape, convaincre le premier cercle. Simple à mettre en œuvre, et tellement pratique, le partage automatique de fichiers à travers d’un dossier Dropbox. On travaille ainsi avec ses outils habituels et les fichiers se trouvent naturellement partagés sur les différents équipements des membres du bureau. Tout le monde a ainsi accès aux documents de base, et il n’y a plus de risque de travailler sur une vieille version récupérée dans un mail poussiéreux. Dernière cerise sur le gâteau, cela facilitera le passage de flambeau entre équipes successives ;
  • deuxième étape pour aller faire ses premiers pas sur le web. Un petit questionnaire pour caler un créneau d’une réunion. Doodle a été le premier outil dans ce genre. Il existe maintenant une alternative libre appelée Framadate. C’est complètement évident à utiliser et ça marche. À utiliser absolument dès qu’on veut se mettre d’accord pour une date, de réunion, de sortie, … Ça marche également pour un sondage, par exemple pour déterminer qui amène quoi à un buffet (entre entrée, salade, plat principal ou dessert) et ainsi éviter de n’avoir que des quiches ou des crêpes ! (bien sûr j’adore les crêpes) ;
  • en passant, on peut également créer un compte de courrier électronique au nom de l’association plutôt que de donner une adresse personnelle, ce n’est pas compliqué, mais être bien agréable à terme ;

Pour diffuser au delà du premier cercle, deux solutions complémentaires s’offrent à nous :

  • créer une liste de diffusion pour les membres du second cercle, c’est à dire les adhérents actifs dans l’association. Si vous avez un hébergeur qui vous propose des mlistes comme l’hébergeur associatif brestois infini. Sinon google groups qui ne fait plus que cela, mais le fait bien. La limite de google groups est que les adhérents doivent accepter l’invitation qui est faite la première fois. D’autres solutions existent, comme emailposte, que je n’ai pas testé, mais qui paraît complète (propose notamment la notion de bulletin d’information) et gratuite.
  • Si l’on veut pouvoir diffuser au delà, l’ouverture d’un blog ou d’un site simple paraît inévitable. Le blog, qu’il soit hébergé par wordpress, par google ou autres, est très simple à prendre en main. (voir un exemple de site de parents sur wordpress ou cette page que vous êtes en train de lire). Mais certains le trouvent trop linéaire. Une autre solution simple est de se construire un site google, sachant que des modèles de sites d’associations de parents existent déjà. D’autres options type affinitiz ou ning permettent de créer son propre réseau social autour de son association ! Notons pour les parents d’élèves l’initiative du mini réseau, qui couvre toutes les écoles de France, qui parait sympathique, pour autant que l’on adhère avec les documentations proposées.
  • Si l’on veut pouvoir interroger les troisième cercle, il faudra pouvoir proposer des questionnaires. Nous avons déjà vu Framadate comme solution simple pour trouver une date ou poser une question par trop compliquée. Sinon, on pourra s’essayer aux formulaires de google, dans la suite google docs qui sont aisés de prise en main pour ceux qui démarrent, et bourrés d’options pour ceux qui veulent aller plus loin. Il existe évidement plein d’alternatives, chacun est libre de faire son choix.  On publiera le questionnaire sur le site précédemment ouvert, et on fera la publicité par tous les moyens permettant de joindre le maximum de personnes ;

Tous ces éléments pourront d’ailleurs être repris par les équipes des années suivantes (surtout si ces services ont été utilisés via l’adresse courriel de l’association)

Si tout a bien marché, l’équipe sera prête à passer à l’étape suivante.

Il me semble que travailler à distance de manière synchrone nécessite une plus grande volonté d’utilisation des outils du web. Cela tombe sous le sens si les gens sont plutôt distants ou si l’on considère qu’il y a un ordinateur (ou une tablette) allumée ou facilement accessible. indispensable dans une grande ville, moins évident dans un village.

Le chat (nos amis canadiens parlent de clavardage), skype ou tout autre système de visioconférence qui permet de retrouver toute l’équipe fera l’affaire, pour une mise au point rapide, ou pour travailler ensemble sur un document. Framapad pour un premier jet, Google Docs pour un document mis en forme, ou un système équivalent permettra de partager ce document en écriture. Ce sera effectivement beaucoup plus efficace que de passer sa soirée au téléphone, ou de s’échanger les modifications par mail.

Et voilà, avancez à votre rythme, testez ces outils un à un, essayez-vous, regardez ce qu’on en dit sur Internet et sans doute vous ne pourrez plus vous en passer.

Beaucoup d’alternatives existent. Elles sont souvent simple à mettre en œuvre. Trois points méritent d’être soulevés :

  • d’abord, pour les outils collaboratifs, il faut que tout le monde se mette sur le même outil pour pouvoir échanger. C’est évident, mais c’est aussi la raison pour laquelle il y a de si nombreuses discussions sur les outils, chacun vantant la solution qu’il a déjà appréciée ;
  • ensuite, on peut se poser la question des données. Est-on d’accord pour que ses données soient hébergées par une société lointaine. Google propose ainsi des outils très conviviaux et complets, mais fait transiter nos données à l’autre bout du monde (avec un impact carbone non négligeable) et se réserve des droits qui peuvent en choquer plus d’un (coupure de compte possible et analyse automatique). Il y a aussi la question de l’image de l’association. Est ce acceptable ou non de porter le nom d’un fournisseur dans son lien web ?
  • ce qui amène à la question du gratuit ou non. Gratuit veut dire hébergé par un fournisseur qui se rémunère autrement (publicité notamment). Il faut savoir également que certains services « gratuits » deviennent parfois payants, ou disparaissent. Les solutions payantes ne sont en général pas très chères, donnent un peu plus d’autonomie, parfois un peu plus de travail si on passe par un hébergeur (sans que cela soit insurmontable). Ce qui va quand même au delà de ce billet.

Au delà de la découverte, il faudra également être flexibles, pour pouvoir suivre l’évolution des technologies et des offres, souvent pour plus de facilité. Au fait , tous ces outils sont dotés de didacticiels, de prises en main rapides, bien faites, claires. Consultez-les. Ce sera plus efficace que de vous faire des copies d’écran statiques qui n’apporteront pas grand chose.

Crédit photo :  Strawberry and chocolate crêpe on the griddle par travelingmcmahans licence CC by-nc

S’organiser grâce aux environnements numériques

La rentrée, le moment où il faut se remettre au travail, où on planifie son année, où l’on range son disque dur (quand on en a encore un), où l’on prépare ses espaces de travail, où l’on se met d’accord avec ses collègues, partenaires, camarades sur comment on va partager l’information.
Et là chacun y va de son expérience, de ses habitudes, de son envie de tester le dernier outil si cool. Et dieu sait qu’ils sont nombreux ces outils. Le débat s’enflamme et tout le monde a raison, mais après coup beaucoup se sentent perdus. A-t-on fait le bon choix ? Est ce que mon outil me rendra de bons et loyaux services ? Est ce que mon accès à mes données est pérenne ? Et que se passera-t-il si je change d’outil ? Et vais-je être obligé d’en changer ?
De manière intéressante trois écoles de pensée convergentes mettent en avant l’idée que la constitution d’un tel espace est d’abord personnelle mais s’inscrit dans un contexte social :
  • pour l’apprentissage, un mouvement assez fort existe dans le monde anglo-saxon autour des PLE (Personal Learning Environment), que l’on peut traduire en français sous l’acronyme EAP (Environnement d’Apprentissage Personnel). L’idée sous-jacente est que les objectifs et les modes d’apprentissage sur le web sont définis par l’apprenant lui même, ce qui est sans doute la raison pour laquelle le concept ne prend pas vraiment dans le monde francophone. Une autre difficulté pour s’approprier le concept est qu’il est souvent présenté sous forme d’architecture informatique et non pas en termes d’usages ;
  • le domaine de la gestion de connaissances (Knowledge management) est passée d’une approche de formalisation des connaissances à un approche de construction collaborative autour de la notion de communauté de pratique (définie par Wenger). L’idée est que du coup les collaborateurs et l’organisation apprennent. On passe alors au concept de PKM ou gestion de connaissances personnelles. Comme on est dans le domaine de l’entreprise, la gestion du temps et l’idée que les apprentissages sont guidés par les besoins de l’entreprise apparaissent comme étant des éléments de cadrage. Les outils, les méthodes ressemblent néanmoins aux autres approches. Mohamed Chatti considère même que ces deux modèles PKM et PLE ont vocation à converger.
  • le domaine de la gestion documentaire, notamment au travers des excellentes synthèses des Urfist, nous présente les mêmes notions autour de la recherche documentaire.

Au delà de ces cadres méthodologiques, pour passer à l’acte il est nécessaire de s’intéresser aux usages afin de pouvoir démarrer. On trouve des catalogues d’outils qui peuvent donner des idées, par exemple le Top 100 pour apprendre en 2011(en anglais), qui peut donner des idées. On trouve a contrario des approches outils comme par exemple cet impressionnant article d’Evernote., ou l’article de Christine Vaufrey sur ses usages de Diigo « je suis sûr(e) d’avoir lu ce truc quelque part…« . Reste à passer à des cas pratiques pour répondre à la question (toujuors de Christine Vaufrey)  « Comment accompagner les enseignants dans l’usage des outils numériques ? » Et j’y ajouterai bien : les élèves, les étudiants, les bénévoles dans les associations (sportives ou de parents d’élèves par exemple) … tant il me semble que les uns renforceront les autres. Les animateurs d’EPN nous ont montré le chemin en proposant des dispositifs d’auto-formation avec deux axes d’entrée : outils et scénarios. Avec un parti pris néanmoins, un choix unique d’outils en fonction de la situation visée.
Or chaque situation est différente, en fonction des connaissances préalables des participants, en fonction de la continuité visée entre outils ou équipements d’usages (portable, smartphone, tablette), en fonction de contraintes diverses liées par exemple aux hébergements acceptables.
Voici les profils types sur lesquels j’ai été interpellé ces derniers temps :
  1. L’élève au collège qui travaille sur ses cours avec un PC portable ;
  2. L’étudiant qui doit être plus autonome sur ses cours, et qui produit  des rapports, voire les publie ;
  3. Il peut travailler en groupe ;
  4. Il peut faire des recherches bibliographiques ;
  5. La constitution d’un réseau social de travail ;
  6. L’association 1901 qui veut organiser ses échanges ;
  7. celle qui veut être présente sur les réseaux sociaux pour se faire mieux connaitre ;
  8. et moi même je me suis interpellé pour renouveler mon propre EAP – PLE !
Je vais sans doute écrire quelques billets dans les prochains temps pour formaliser quelques solutions types, soit par ces scénarios, soit selon une approche outil (comme je l’ai déjà évoqué dans la tentation du tout Google). Il faudra sans doute avoir une approche qui montre qu’il est nécessaire d’aborder ces solutions avec une approche progressive, évolutive, d’apprentissage. L’idée est que les personnes qui s’engagent dans une utilisation d’outils collaboratifs, s’engage dans une démarche, progressive, simple, mais non figée.
Peut être serez vous tentés de proposer votre solution, j’ouvre un document google partagé à tout hasard. Les commentaires sont évidemment bienvenus.
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