Quelle offre de MOOC dans mon établissement ?

À l’heure ou l’offre de MOOCs se développent (198 trouvés sur Coursera aujourd’hui), où l’on voit déjà poindre un embryon d’offre en français : le cours de l’EPFL sur la programmation objet est annoncé, et le premier MOOC francophone ITyPA « Internet Tout y est Pour Apprendre » a démarré il y a déjà deux semaines, certains établissements supérieurs peuvent se poser la question de comment positionner une offre prenant en compte cette nouvelle dimension d’offre de cours.

Un MOOC, c’est un cours (au sens qui se déroule sur une période) ouvert, en ligne et Massif (au sens où le nombre d’inscrits peut être important et n’est pas limité.

Premier axe, pourquoi proposer un MOOC ? Voici plusieurs options qui peuvent être complémentaires :

  • Pour démontrer la dynamique de l’établissement. Il faut en être, allons-y. Pour cela il faut trouver un cours et quelques enseignants pour mettre en ligne un cours.
  • Pour accroître la visibilité de l’établissement. La question sera ici d’arriver à donner le maximum de visibilité aux cours proposés. On pourra jouer sur les canaux de diffusion, par exemple en essayant de se joindre à des initiatives visibles comme Coursera, en proposant une forme originale comme DS106, ou tout autre manière de faire le buzz ;
  • Pour attirer des futurs étudiants. Les meilleurs établissements cherchent à attirer de futurs talents, tous les établissements cherchent à remplir leurs salles de classe. On cherchera un cours d’appel attirant pour ce public, soit un cours de première année particulièrement réussi (le MIT a commencé avec un cours d’ouverture), soit un sujet qui les passionne (là je garde mon idée pour l’instant). Bref, quelque chose de motivant, qui leur donne l’impression d’avoir déjà un pied dans votre établissement, et qui leur donne envie d’y mettre le second. Le MOOC est ici un produit d’appel ;
  • Pour faire des économies. Si ce cours peut être construit en réutilisant des ressources (libres de préférence, voire en partie déjà sur les étagères d’une université numérique thématique) déjà existantes. Mais la mise en ligne de cours n’a jamais généré d’économies jusqu’à présent. Sauf à pouvoir rejouer plusieurs fois le même cours sans modification, et même là l’économie reste difficile à évaluer. Surtout que la concurrence obligera certainement à faire vévoluer les couprs plus vite qu’aujourd’hui ;
  • Pour permettre à de nouveaux étudiants de s’inscrire dans des formations existantes. Ce n’est peut être pas un MOOC que vous visez, mais des inscriptions complémentaires, il faudra donc vous poser la question de compléter votre cours ouvert avec un suivi en ligne pour vos étudiants à distance. La formule risque de ne pas être gratuite. Reste à savoir quel est le mode d’inscription : formation initiale, formation continue payante … Mais la formule ouverte permettra à vos futurs étudiants de voir sur pièce pourquoi ils choisiront de s’inscrire chez vous. On pourra s’intéresser à la démarche de Academic Partnerships ;
  • Pour développer une nouvelle offre. Le modèle économique reste à définir mais tous ceux qui ont créé des startups y croient. En tout cas, il faudra être au clair ,sur sa légitimité, sur son équilibrage financier, avant de se lancer dans cette voie, sous peine de se faire dépasser par la concurrence qui ne va pas manquer de se mettre en place. C’est malgré tout un enjeu pour nos universités ;
  • Pour rendre une offre disponible sur plusieurs sites. Ceci est tout à fait imaginable dans le cadre des différents rapprochements d’établissements. Cela permettrait à la fois de créer des synergies entre sites, notamment si la préparation et l’accompagnement sont faits de manière collaborative. Il sera donc nécessaire de développer l’offre en ligne, l’ouverture sous forme de MOOC permet d’élargir les échanges ;
  • Pour améliorer la pédagogie. C’est le point principal qu’a retenu Sir John Daniel. Rendre visible les cours donne une pression supplémentaire aux enseignants, les met en concurrence et permet d’accéder aux meilleures pratiques. Il faudra accompagner, mais oui on rend les contenus, la pédagogie, visibles, comparables. Sir John Daniel semble considérer que dans cette volonté d’améliorer sa pédagogie, le MIT a commencé par développer une offre de ressources en ligne (sa fameuse initiative OpenCourse Ware) avant de passer aux cours proprement dits.
    • La France a déjà développé une offre de ressources en ligne au travers des universités numériques. Rien ne prouve que cette démarche ait contribué à améliorer les ressources de nos universités. La bonne nouvelle, c’est que la première étape est déjà réalisée en France ;
    • Le danger actuel, que l’on peut craindre au travers des premiers xMOOC (pour une définition de xMOOC et cMOOC) mis en place, c’est qu’au contraire on aille vers un enseignement très standardisé et assez pauvre. Mais chacun parie que l’ouverture devrait permettre des améliorations rapides dans la manière de diffuser et d’animer ces cours ;
    • De manière complémentaire, si on regarde ce qui se fait dans les cMOOC , on trouve des éléments pour répondre aux questionnements sur les échanges d’approfondissement liés aux dynamiques de groupes. La question qui reste à explorer est de savoir s’il s’agit de 2 modes incompatibles ou complémentaires .

Second axe, pourquoi ne pas proposer aux étudiants d’un établissement des MOOCs externes ?

  • Pour des cours manquant de ressources. Sur certains cours, notamment sur des sujets récents ou émergents, les ressources pédagogiques existantes peuvent manquer. L’utilisation d’un MOOC existant permet d’utiliser des ressources existantes, le rôle de l’enseignant se redéfinissant alors à une pratique d’accompagnement. Le Mooc ne serait-il pas alors la vraie forme de manuel numérique. De manière alternative, on peut imaginer que ce soient les étudiants qui recherchent des ressources et les exploitent pour constituer la base du cours selon un mode pédagogique plus constructiviste, voire connectiviste si le groupe est suffisamment important ;
  • Pour faire des économies. Pourrait-on organiser une formation basée sur l’offre disponible des MOOCs existants ? Quelle serait alors la raison d’être de l’établissement qui construirait ce genre de formation, sa valeur ajoutée ?
  • Pour augmenter l’offre de cours. Autre angle de réflexion, légèrement différent du précédent. Même si votre établissement propose une offre de cours cohérente, l’individualisation des parcours, les besoins d’ouverture, le maintien de formation à effectifs réduits … peuvent vous pousser à reconnaître des cours externes à votre établissement pour enrichir votre propre offre. La question ici est de savoir comment évaluer la réussite de vos étudiants. Ici on commence à parler du campus planétaire.

De manière complémentaire, on pourrait imaginer développer une telle offre qui serait proposée à d’autres établissements, soit pour renforcer des liens, soit pour augmenter sa propre visibilité, notamment autour de son expertise de recherche.

On le voit bien dans cette réflexion, le MOOC n’est pas à considérer comme isolé, mais bien comme un élément dans ce système complexe qu’est une offre de formation complète, intégrant le recrutement des futurs étudiants, la construction des parcours étudiants, la pédagogie pour délivrer les enseignements, les autres offres (formation continue, tout au long de la vie …).

La question est également, si une offre de cours (au sens déroulement, pas simplement sous forme de ressources) ouverts se développe, de savoir quels seront les cours qui seront effectivement massifs dans la sphère francophone. La question d’un MOOC est également de susciter des inscriptions, pas simplement de rendre disponible un contenu et un déroulement.

Crédit photo : MOOC Art #ds106 #manchester par heloukee (CC-by-nc-sa)

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Venez participer à un cours en ligne ouvert à tous : Internet Tout y Est Pour Apprendre !

Internet, tout le monde connaît, s’y est connecté au moins une fois, a effectué une recherche sur un moteur de recherche. Internet, c’est l’accès à l’Information avec un grand I. Oui, mais comment s’orienter dans cette abondance d’information, comment comment reconstituer une structure qui transforme ces informations en connaissance pour apprendre et trouver ce qui nous intéresse personnellement ?

C’est toute la question de ce cours : Comment tirer le meilleur parti du Web pour apprendre ? Que vous soyez utilisateur occasionnel du navigateur, butineur ou accros aux environnements numériques, vous pouvez participer à nos discussions et, espérons-le, en retirer des méthodes, des outils, des techniques qui vous permettront d’avancer dans votre propre apprentissage.

Apprendre sur le Web, c’est d’abord échanger, discuter avec d’autres. C’est ce que nous vous proposons dans ce cours. Lire, écouter, commenter, découvrir d’autres approches, partager, s’ouvrir à d’autres expériences, synthétiser, seront les principales activités du cours.

Pendant 10 semaines, du 4 octobre au 13 décembre 2012, nous vous proposerons des thèmes d’échange, des éclairages progressifs, depuis les techniques de veille jusqu’à l’apprentissage social, bref autour de la constitution de son environnement d’apprentissage personnel. Certains voudront peut-être élargir, compléter le panorama, tout est possible comme le souligne ce premier billet d’un participant déjà actif.

Chacun pourra aller à son rythme, se concentrer sur ses envies, ses besoins et partager avec ceux qui auront des préoccupations comparables. Plus nous serons nombreux, et différents, plus nous apprendrons ensemble. La salle de classe est planétaire, c’est le web. Chacun y entre et sort comme il veut. Chacun peut donner son avis. Chacun peut écouter. Chacun peut présenter son cheminement dans son environnement préféré.

C’est en effet un MOOC (Massive Online Open Course), un cours gratuit, ouvert à tous, sans limite d’inscription, dans lequel chacun apporte sa pierre, chacun peut y puiser ce qu’il veut y trouver. Dans un MOOC, tout le monde est prof et apprenant en même temps.

Les organisateurs sont « simplement » là pour contribuer à l’animation du débat, pour proposer des thèmes « d’accroche » et proposer des invités qui apporteront leur expérience au travers de web-conférences. Ah si, contrairement à ce que laisse penser l’image, nous avons mis une contrainte, nous avons voulu que ce cours soit francophone, ou du moins en français.

Ce cours « Internet Tout y est Pour Apprendre » a un petit nom : ITyPA. Si ce projet vous motive, n’hésitez pas, venez vous inscrire et partager avec nous.

Vous avez encore un doute ? consultez l’article paru sur Thot Cursus, ou visitez le site du cours.

L’équipe d’animation du cours ITyPA :

Anne-Céline Grolleau, ingénieure pédagogique

Jean-Marie Gilliot, enseignant-chercheur en informatique

Christine Vaufrey, rédactrice en chef de Thot Cursus, formatrice

Morgan Magnin, maître de conférence en informatique

Crédit photo : My Mobile PLE par César Poyatos – licence CC-by-nc-sa

La rentrée pédagogique sous le signe du plaisir avec Ludovia

Pour repartir du bon pied pour une nouvelle année scolaire, rien ne vaut un temps d’échanges permettant de remettre en perspective son action, sur un thème fédérateur, dans une ambiance conviviale de préférence. Ce temps, ce lieu existe, c’est l’Université d’été Ludovia du 27 au 30 août à Ax les Thermes dans les Pyrénées. Le thème c’est le plaisir et l’éducation numérique, tout un programme. Ce plaisir sera étudié sous toutes ses facettes : un colloque scientifique, des séminaires avec des élus locaux, des conférenciers de renom (Serge Soudoplatoff, Serge Tisseron, André Tricot…), des tables rondes pour le débat, et même la venue de politiques (Vincent Peillon et Jean-Michel Fourgous sont annoncés pour mardi soir avec une temps de débat sous forme de barcamp).

Pour éviter de tomber dans une simple écoute, les organisateurs ont pensé à intégrer des moments actifs dans le programme avec des barcamps suite aux conférences, dans lesquels les sujets seront donc plus ouverts, des temps de mise en pratique sous forme d’explorcamps et de fablabs. Il y a également le biathlon numérique qui permet de passer quelques bons moments, ainsi que de nombreux espaces d’échanges informels, qui permettent d’exprimer bien des choses.

Et pour permettre le relais et l’ouverture aux réseaux sociaux à cette université d’été, nous serons un groupe de blogueurs invités (Jean-Paul Moiraud en a dressé la liste sur son blog spécial Ludovia) à relayer l’information, à faire des compte rendus en quasi temps réel (nos amis blogueurs canadiens Jacques Cool et François Guité ont déjà préparé des espaces partagés sur lesquels nous prendrons nos notes ensemble), à alimenter Twitter (tag #ludovia2012), à faire nos propres synthèses personnelles, à relayer les questions issues de la toile, pour que vous ayez l’impression d’y être, ou pour au moins participer.

Nous avons également un rôle d’animation entre modérateur et poil à gratter. Modérateur lorsque nous animons une table ronde, poil à gratter quand nous trouvons que les bonnes questions sont oubliées ou qu’une séance ronronne un peu trop.Il me semble que Ludovia cherche une voie intéressante entre reconnaissance institutionnelle (la conférence de mardi soir en est une excellente illustration) et lieu d’échanges le plus ouvert possible de la communauté éducative (ou du moins la frange éducation formelle avec politiques, institutionnels, acteurs économiques, enseignants, …). A nous de contribuer à trouver cet équilibre, pour la richesse des débats, pour que le plaisir soit le plus intense possible et que l’éducation numérique puisse profiter au plus grand nombre.

Des mobiles aux objets : Internet pour apprendre

Depuis quelques années, mon école se fait un plaisir d’accueillir pendant une semaine des élèves de CPGE (classes préparatoires aux grandes écoles). Cette année nous avons ainsi accueilli  des élèves du lycée Gustave Eiffel (Bordeaux) et Lakanal (Sceaux).  On m’a gentiment demandé de leur faire une présentation pendant une heure, au milieu d’un programme chargé (visites de labos, moment de détente, mais aussi travail avec leurs propres enseignants). Sachant qu’un collègue leur faisait une présentation dont l’intention était de leur montrer que ce qu’ils apprenaient actuellement leur servirait plus tard en école d’ingénieurs, pour compléter son point de vue, je me suis amusé à prendre le contre pied en leur montrant en quoi le numérique  modifiait les façons d’apprendre et les objectifs d’une formation d’ingénieurs.

Cela donne ceci :

Des mobiles aux objets : Internet pour apprendre.

L’échange en tout cas a été très sympathique 🙂

Les Cocktails, source d’inspiration pour les projets élèves

Il y a longtemps (disons 20 ans), j’avais vu des élèves proposé comme projet de réalisation l’idée d’utiliser un automate programmable industriel pour concevoir et proposer des cocktails lors du gala de l’école où j’exerçais alors. Directe application des cours qu’ils suivaient alors, le projet avait été validé et nos élèves avaient pu exhiber leur maquette au gala suivant pour proposer des cocktails aux participants.

Solution industrielle, application du cours, à un problème que ces élèves s’étaient eux-même posés. Manquait le coté prise en compte de l’utilisateur (quoique, dans une fête il y a bien un coté industriel dans le service de boissons), ce qui pouvait être excusable pour des futurs ingénieurs en productique.

Depuis, j’ai changé d’école, les technologies ont évolué, et l’approche des problèmes aussi. L’année dernière, je participai à un atelier de la conférence b-ware sur le design et l’internet des objets. Neovenz nous guidait sur la démarche de production d’idées visant à la construction d’objets intelligents. Classique dans le déroulement, les animateurs nous amenaient à incarner nos idées dans des objets, ce qui était nouveau pour moi, tant je me suis aperçu que j’avais tendance à tout ramener vers des applis mobiles (comme quoi, on est tous formatés, et qu’il est nécessaire de croiser, échanger, toujours et encore).

Séance en groupe donc, et dans mon groupe on arrive sur le sujet des cocktails. Évidemment, j’ai commencé par ressortir ce vieux projet dont je parlais plus haut. Trop lourd me répond-on, ce en quoi j’étais bien d’accord. Évidemment, ma deuxième proposition a été de se connecter sur un site de cocktails. Là, on m’a conseillé d’oublier mon portable. D’autres propositions ont fusé, avec un jeune en formation à Design Nantes (dont j’ai oublié le nom) qui cherchait le système le plus simple, dépouillé, pratique … et qui nous proposait nombre croquis.

À la sortie, nous avons proposé un groupe de becs verseurs, qui se fixeraient donc aux bouteilles, qui s’allumeraient successivement pour nous indiquer la bonne bouteille et qui s’éteindraient à l’atteinte de la bonne dose. Le coktail étant choisi sur le smartphone de l’hôte. Sympa et convivial dans son bar personnel. Une idée de cadeau de Noël pour geek.

Fin de séance, fin de discussion, chacun repart dans son monde. Et une idée qui s’évapore. En tout cas c’est souvent le cas dans ce genre d’atelier.

Mais cette fois, il y a un fait nouveau : la création d’un Fablab à Télécom Bretagne, en coopération avec d’autres sites sur Brest (nous avons maintenant une fédération de fablabs bretons, BZHLab), et tout cela se discutait dans la même conférence dans une ambiance joyeuse.

Donc de retour à la maison, nous avons proposé ce sujet à nos élèves (je dis nous car c’est en binôme avec Sylvie Kerouédan, qui porte notre projet de fablab que ce projet a été proposé). À eux d’imaginer comment cela pouvait se concrétiser et de nous proposer un prototype. Leur solution regroupe des capteurs, réseau xbee et carte arduino au niveau électronique, assemblage de pièces construite avec notre imprimante 3D et malgré tout un smartphone pour choisir son cocktail. Le résultat est encore plein de fils qui dépassent mais ça marche. En choisissant un cocktail depuis un smartphone, on arrive à faire clignoter le bec verseur jusqu’à ce que la dose soit versée ! Mission accomplie pour Geoffroy Clauss, Thibaut De Riedmatten, Alassane Kane et Julien Thieffry.

Et en prime, un site web reprend le code et tous les éléments pour en faire un vrai produit qui permettra d’impressionner ses amis.

Au niveau projet, la partie « créativité » ne faisait pas partie des objectifs, mais les contraintes utilisateurs étaient bien présentes, la dimension système et intégration également. Sans oublier la bonne humeur. Un belle suite à nos deux ateliers parallèles Fablab et Codecamp du mois de janvier.

Crédit photo Dragon Fruit Strawberry Mojito from Gordon Biersch par miamism licence CC-by

le BYOL – Bring Your Own Learning, conséquence du BYOD #AVAN

L’idée du BYOD ou Bring Your Own Device, permettant à chacun d’apporter ses propres équipements au travail, ou à l’école, est une grande tendance du moment. Il en a déjà été pas mal question dans ce blog, avec une traduction en français, AVAN pour Apportez Vos appareils Numériques.

Logiquement, cela donne de l’ autonomie aux personnes, puisque celles-ci deviennent maître de leur équipement personnel, mais aussi de travail et d’apprentissage (ou du moins d’une partie). De plus, cela met en avant l’apprentissage informel, notion qui reconnaît que l’apprentissage se fait également (surtout ? ) en dehors du temps du cours.

Autonomie, personnalisation, mais aussi développement de stratégies d’apprentissage personnelles. Il devient normal que chacun puisse redevenir son propre maître de ses apprentissages.

Jane Hart publie ainsi un article de blog (en anglais) « est-il temps pour une stratégie BYOL dans votre organisation ? », montrant que l’entreprise se doit d’accompagner ce mouvement pour compléter son offre de formation, mais ne peut le contrôler. Elle souligne la prise de distance des personnes par rapport à la formation professionnelle (et en ligne) en montrant que pour les employés celle-ci n’est plus la source unique d’évolution des compétences.

Cette approche est cohérente avec l’idée de Harold Jarche (qui travaille avec Jane Hart) que nous sommes à l’âge de l’apprentissage. L’apprendre à apprendre pourrait devenir réalité, mais ces deux articles constatent bien que les mentalités doivent encore évoluer, et que le plus vite sera le mieux.

Dans la même veine, Harold Jarche nous parle de PKM (Personal Knowledge Management ou gestion de connaissances personnalisées) en tant qu’environnement pour son développement personnel. Dans le domaine de l’apprentissage, on parle de PLE (Personal Learning Environment ou environnement d’apprentissage personnel), mais de fait on recouvre le même phénomène dans les deux cas. Notons que l’apprentissage est ici social et actif dans le sens où il se fait au travers de productions.

La formation tout au long de la vie peut trouver un environnement d’appui appréciable avec ces approches issues du numérique.

Quel impact sur l’enseignement supérieur formation initiale ? Difficile à dire tant pour l’instant ces dimensions de prise en main des apprentissages reste en dehors du focus :

  • Parce que nous délivrons des diplômes qui sont une construction cohérente des apprentissages ;
  • Parce que la structure des formations est basée sur l’offre et non la demande ;
  • Parce que nous craignons que les étudiants puissent faire des choix incohérents ;
  • Parce que nombre des étudiants n’ont qu’une vision très incomplète de leur futur professionnel ;

et pourtant :

  • Qui connaît les métiers de demain ?
  • Développer motivation, autonomie, responsabilité de nos étudiants ne passe-t-il pas par la délégation de leur avenir ?
  • Comment répondre à des demandes émergentes qui ne sont pas issues de la recherche ?

Sans doute la réponse sera dans une ouverture progressive, réconciliant une cohérence de l’offre (les diplômes) et de la demande (prise en compte de la construction de personnalités). On est bien dans la question de la formation d’adultes autonomes, capables de porter ses propres choix.

Au fait, depuis ce matin je me demande comment traduire BYOL (Bring Your Own Learning) en français. AVA pour Apportez Vos Apprentissages me paraît trop court :

  • CAVA pour Choisissez et Apportez Vos Apprentissages ?
  • SAVA pour Soyez Acteurs de Vos Apprentissages ?

Crédit photo : Relaxed Study, Learning Grid, University of Warwick par jisc_infonet licence CC-by-nc-nd

Caractériser les apprentissages sur le web2.0

Steve Wheeler nous régale d’un nouveau diaporama « Researching Social Media in Education: What can we learn? », dans lequel on retrouve l’importance de l’engagement dans les apprentissages sur le web pour permettre des apprentissages en profondeur. Son triangle représentant la profondeur des apprentissages est parlant, ainsi que les écrans suivants (PP. 7 et 8 ) sur les niveaux d’apprentissage et les méthodes associées.

Lu par ailleurs « A framework fo Web2.0 Learning Design » de Matt Bower et al. Propose comme organisation la classique taxonomie de Bloom (revisité par Krathwohl et Anderson) pour classifier des usages pédagogiques de différents outils. Ils couvrent ainsi quasiment toute la taxonomie par des exemples d’usages de twitter, de blogs, de wikis, de vidéos dans des scénarios pédagogiques. L’intérêt selon eux d’une telle approche c’est que cela permet à un enseignant de trouver des exemples qui correspondent à ses intentions pédagogiques.

On peut alors regretter du nombre limité d’exemples, il y aurait sans doute un intérêt à développer un portail, une médiathèque de recueil d’expériences qui permette de paver une telle table. On pourrait l’imaginer de l’établir par discipline, par niveau.

Un autre aspect qui me paraîtrait important de creuser, c’est de voir les dimensions qui peuvent être couvertes par tel ou tel outil. Cela permettrait de voir les dimensions couvertes par les différents outils, de chercher à imaginer des usages pour élargir la surface couverte par un outil donné, de chercher à transférer d’un domaine à un autre… Et ainsi d’enrichir la base de connaissance.

Qu’en pensez vous?
Comme première table, si on reprend l’article en question, on arrive à quelque chose comme çà :

Dimension savoirs

Dimension processus cognitif

Retenir

Comprendre

Appliquer

Analyser

Évaluer

Créer

Factuel

T

P, S

I

W

B,S

I

Conceptuel

I,P, W

B,D,M, W

DS, V

P,W

B,W

E, M

Procédural

P,V

P,DS

B, V

V

B,V

I

Meta cognitif

M

M

B

B

B

M

avec B pour blog, D pour Diaporama et outil de présentation, DS pour Digital Storytelling, E pour éditeur collaboratif, I pour création d’Image, M pour MindMap, P pour Podcast, S pour signets sociaux, T pour Twitter, W pour wiki.

Sur ce genre de tableau, on aurait bien envie de chercher à élargir l’usage de certains outils. Il est ainsi étonnant de voir twitter réduit à un usage de très bas niveau, tout comme le wiki. Ou l’éditeur collaboratif à une seule case de très haut niveau.

On pourrait se demander quel biais y-t-il lié aux auteurs, qui privilégient clairement certains outils comme le blog.

Et vous quelles propositions d’activités sur le web pourriez vous proposer sur un tel tableau ? Comment se positionnent vos activités ? Lesquelles vous intéresseraient ?

Pet être voudrez vous répondre à un questionnaire qui pose la question de la construction d’un recueil et de partage d’expériences pédagogiques.

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