Au delà du « learning center » : Une « Learning University »

En contraste avec la volonté de créer des espaces dédiés type « learning center » dans les universités vus comme des bâtiments dédiés, j’ai été très impressionné par le campus de l’Université Technique de Delft, qui semble oubliée par les études françaises sur les « learning centers ». Ici tous les espaces sont pensés pour permettre l’apprentissage.

le hall de design industriel, surplombé d'espaces de travail individuels

Ici, il y a des espaces de travail partout dans les bâtiments, même dans les couloirs : des zones de travail individuel avec ou sans ordinateur ; des zones de travail de groupe lumineux avec tableau, ordinateur, prises de courant et réseau ; des zones de discussion. L’idée première qui guide cette organisation est que les étudiants travaillent mieux, de manière plus efficace quand ils sont sur le campus. Il faut donc leur donner le confort nécessaire pour les inciter à rester sur le campus le plus longtemps possible, puisqu’ils ne travailleront sans doute plus beaucoup chez eux (ce n’est pas la première fois que j’entendais dire que les jeunes ne travaillent pas chez eux. La différence ici est que l’on s’organise pour compenser cette tendance). Ce ne sont pas des zones séparées. On passe d’une zone de discussion à une zone de travail dans le même couloir. Les espaces sont ouverts, accessibles, et respectés par tous.

Un espace de groupe ouvert

Par ailleurs, les laboratoires sont équipés de zones dédiées pour accueillir des groupes projets. Ces zones ont des formes variées suivant les domaines d’applications, la taille des groupes, la nature et le déroulement du projet. Les résultats des projets précédents, ou de projets emblématiques sont intégrés à la décoration du lieu. On peut ainsi voir partout les réalisations et les succès précédents (il y en a beaucoup à Delft). Les étudiants sont donc implicitement engagés à faire mieux que ce qui a déjà été fait.

Et pourtant, ils ont également une bibliothèque (un « learning center » pour adopter la novlangue) superbe, qui incite à la lecture, et à la recherche.

Tout semble conduire les élèves à travailler dans une ambiance détendue, mais studieuse. Et ici, on compte des milliers d’étudiants, qui entrent et sortent librement. Avec des enseignants, qui s’investissent pour associer recherche et étudiants, pour les aider à donner le meilleur d’eux-mêmes et à s’épanouir.

Il est donc possible d’organiser une « learning university », dont le « learning center » n’est qu’une composante intégrée. A ne pas oublier au moment où l’on compte rénover les bâtiments.

Bibliothèque de la TU Delft : livres mis en valeur !

Crédit photos :

Un Innovation Camp sur les Smart Cities

Passer une semaine à imaginer la ville de demain avec des élèves ingénieurs du monde entier à Copenhague en juin. Ça vous dit ? C’est ce que vous propose la CDIO Academy à tous les élèves ingénieurs.

Ce concours se passe en deux temps :

  • dès aujourd’hui chacun peut déposer ses idées sur le site de la CDIO Academy. Il est également possible d’acheter des parts sur les meilleures idées. Deux classements en résulteront : les idées les plus retenues, et les meilleurs investisseurs ;
  • en mars les élèves ingénieurs porteurs des meilleures idées seront sélectionnés pour créer des groupes, préparer et aller participer à l’Innovation Camp du 20 au 24 juin à Copenhague en conjonction avec la Conférence du CDIO. Une belle occasion de concrétiser ses idées et de rencontrer des experts venus du monde entier.

En abordant le thème de la ville de demain, ce concours se positionne clairement dans une perspective de développement durable et pluridisciplinaire !

OpenSpimes et CO2 cap - flickr CC Leeander

Pour se démarrer une petite culture francophone orientée numérique, un petit tour coté Fing, peut être en commençant via cet article :Villes 2.0 : la ville complexe… et familière

Le CDIO est une association mondiale qui cherche à développer une nouvelle vision de la formation des ingénieurs. Parmi les institutions partenaires du CDIO, on trouve le MIT, la Beijing Jiaotong University, l’École Polytechnique de Montréal, QUT Brisbane, toutes les écoles de Suède et de Finlande, Télécom Bretagne (la seule école française) et bien d’autres.

En savoir plus : http://cdio-academy-2011.dk/. Inscrivez-vous. En tout cas, nous le conseillons à nos élèves. Si d’autres francophones s’inscrivent. N’hésitez pas à faire un petit coucou.

Dernier point, les idées déposées seront considérées comme faisant partie du domaine public.

Litéracie numérique et formation d’ingénieurs : diaporama

Une semaine d’avance pour la préparation d’un diaporama, c’est incroyable !

Cela dit, le format de la présentation, un elevator-pitch en 5′ pousse à peaufiner la présentation et à se demander comment se passera la 1/2 heure d’échanges qui suivra en globish et en anglais.

Coté diaporama : aller à l’essentiel de ce que j’ai détaillé précédemment. L’audience est une série de respons de formation d’écoles d’ingénieurs du monde entier : donc ne pas passer pour un rigolo ou pire un geek.  Et coté niveau TIC, ces gens là en sont encore au niveau diaporama et téléphone.

Voici ce que je compte leur asséner. Commentaires, corrections bienvenues. Il me reste une semaine pour améliorer !

CDIO, quézaco

Partant une deuxième fois pour un meeting du CDIO (la Finlande cette fois-ci) et je m’aperçois que je n’ai toujours rien écrit là dessus (enfin juste un peu sur Wikipédia, mais cela ne compte pas vraiment). Alors voici un premier jet.

CDIO est à la fois un acronyme (Conceive – Design – Implement – Operate, que l’on peut traduire par Imaginer – Concevoir – Réaliser – Exploiter) visant à mettre l’accent sur le fondement du métier d’ingénieur : développer des systèmes, et une initiative regroupant un nombre croissant de formations d’ingénieurs du monde entier, avec dans les membres fondateurs le MIT, les universités suédoises (KTH, Chalmers …).

L’initiative CDIO se propose de refondre la formation des ingénieurs en interrogeant toutes les composantes de l’organisation d’une formation. Pour cela la fondation a adopté une démarche de développement classique d’un modèle éducationnel complet, partant des besoins jusqu’à son exploitation en passant par la conception détaillée. Cette démarche se veut itérative et vise à permettre la construction d’un programme de formation complet.

Elle s’intéresse ainsi aux objectifs finaux de la formation, à son organisation, aux méthodes pédagogiques utilisées. L’esprit du CDIO est de proposer un ensemble de ressources. L’idée n’est pas d’être prescriptif, mais force de proposition et de changement dans les formations d’ingénieurs.

La première ressource est donc le syllabus, (ou référentiel de formation) union des compétences souhaitables pour l’ensemble des ingénieurs. Un formation couvrira donc logiquement un sous-ensemble des ces compétences, suivant les orientations du diplôme proposé. Ce syllabus est organisé autour de 4 éléments principaux :

  • les connaissances scientifiques et techniques ;

  • les compétences personnelles et professionnelles ;

  • les compétences interpersonnelles : travail en groupe et communication ;

  • les compétences liées aux métiers de l’ingénieur : Imaginer, concevoir, réaliser et exploiter des systèmes dans un contexte sociétal et d’entreprise.

Ce découpage vise bien à mettre les aspects scientifiques, techniques et transverses de la formation d’ingénieur en perspective en référence au métier de base. Il peut ainsi servir de base pour la construction du référentiel d’une école, et d’outil de discussion avec les partenaires industriels ou académiques. Ce syllabus est la traduction sous forme de référentiel du contexte de la formation d’ingénieurs.

Au delà de cela, on trouve un regroupement de bonnes pratiques sous forme de standards. Ces standards permettant de mettre l’accent sur les éléments stratégiques de la formation.

Actuellement au nombre de 12, il couvrent aussi bien des éléments pédagogiques (encouragement de la formation par projet et de la pédagogie active) qu’organisationnels (formation des enseignants, évaluation des programmes)

L’adhésion à cette initiative permet d’entrer dans une démarche collaborative internationale de réflexion et d’amélioration de la formation des ingénieurs. Pour cela, le CDIO organise annuellement deux meetings, dont une conférence, et développe des groupes régionaux. En France, pour l’instant seule Télécom Bretagne a rejoint cette initiative. Notons également comme autre institution francophone l’école Polytechnique de Montréal.

Le CDIO regroupe à travers le monde, une quarantaine d’universités au rang de collaborateurs sur tous les continents, sans compter 18 écoles chinoises, l’association australienne pour la formation des ingénieurs.

Parmi les travaux actuels au sein du CDIO, signalons une mise à jour du syllabus, la proposition d’un standard autour de l’internationalisation des formations, la préparation de ressources autour de projets et de la pédagogie active, la réflexion sur une possible certification CDIO. Les pistes de progression sont donc nombreuses.

Un livre « Rethinking Engineering Education: The Cdio Approach » de Edward Crawley, Johan Malmqvist, Soren Ostlund, et Doris Brodeur (2007) décrit en profondeur tous les éléments de l’initiative, des éléments plus concis peuvent être trouvés sur le site du CDIO. Il est bien entendu aussi possible d’en discuter directement … A Télécom Bretagne, nous sommes convaincus de la cohérence de la démarche !

crédit photo : Lounge! http://www.flickr.com/photos/loungeonflickr/2674483278/ CC-by-nc

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