Données personnelles en éducation

Belle présentation hier à la cantine numérique de Brest, Benjamin André est venu nous présenter la solution de cloud personnel CozyCloud qui permet donc d’héberger soi même ses données personnelles, de le gérer et de les faire interagir entre elles hors des silos de données que sont les grands opérateurs du Web. Cela permet à la fois de reprendre le contrôle sur ses données, de les partager avec des applications tierces, et d’imaginer de nouvelles applications innovantes. Bref, une approche qui revitalise l’innovation, qui redonne confiance sur le devenir des données personnelles tout en permettant d’éviter l’amoncellement de données dans des serveurs centralisés.

D’après Benjamin, cela donne une opportunité aux secteurs du pré-numérique pour pouvoir réagir à la transition numérique qui les menace (voir l’excellente synthèse de Nicolas Colin : les 5 étapes du déni). Or quelque part l’éducation est un de ces secteurs du pré-numérique, qui a dans tous les cas bien besoin de se réformer. Si on adoptait donc le point de vue que les données d’un élève, d’un étudiant, sont des données personnelles.

Aujourd’hui, tout comme notre relevé bancaire est stocké dans notre banque, un relevé de notes est stocké dans notre établissement. Le cloud personnel permet de disposer en propre dans son espace des données bancaires, pas encore des données d’apprentissage. Dommage, ce serait pourtant bien pratique. Un premier exemple d’application pourrait ainsi être le dépôt de dossiers de candidatures. La solution APB (le logiciel que les bacheliers doivent affronter pour déposer leurs vœux de formation) montre bien qu’une solution centralisée ne permet pas d’éviter nombre de photocopies (papier) pour répondre aux besoins variés des différents établissements, sans parler de si vous voulez partir à l’étranger.

Dans la même veine, les open-badges que Mozilla propose sont évidemment certifiés par des établissements, mais il est indispensable d’en conserver la liste quelque part. Un espace de données personnelles est bien l’espace de dépôt naturel. Là aussi ces badges ont été développés pour permettre de dépasser les frontières entre différents opérateurs et différents pays.

Pour conclure sur ces données personnelles que sont les preuves d’apprentissage, il serait naturel que le portfolio d’une personne puisse être hébergée, contrôlée et mise à jour facilement par cette personne, ce qui n’empêcherait pas d’en publier une image sur les réseaux sociaux professionnels. Le portfolio, c’est à la fois la récolte des traces d’apprentissage, la construction de son parcours et la publication vers des tiers (futurs employeurs principalement). Bref un outil pour la construction de son projet professionnel et de vie. Les solutions proposées jusqu’ici pour développer ces eportfolios souffraient de cette question d’hébergement et de contrôle personnel, et étaient trop locales face à des grands réseaux comme linkedIn ou Viadéo.

Autre axe, l’accès aux ressources et aux activités d’apprentissage. Pourquoi ne pas imaginer que le plan de travail, les ressources soient accessibles dans un espace personnel, et que la progression soit considérée comme étant une trace personnelle. Évidemment certaines données seront rendues partagées pour permettre les interactions et l’évaluation, mais bien selon les objectifs de l’apprenant. Cela permettrait de gérer au mieux, à la fois son accès à des ressources d’apprentissage (et notamment la conservation révision), et d’envisager de gérer de manière responsable son parcours d’apprentissage.

Dernier point à examiner, l’aspect analyse de données d’apprentissage (learning-analytics). L’approche de cloud personnel permet(tra) d’éviter les regroupements massifs de données pour cette analyse (comme c’est le cas dans le cadre du Big Data actuel). Cela permettrait éventuellement de simplifier l’éthique de la gestion des données, qui on le voit bien oblige à développer un contexte juridique complexe et limitatif pour faire quoique ce soit (c’est d’ailleurs un des lots du projet Hubble, qui vise à développer un observatoire sur les analyses de traces d’apprentissage). Ce qui est bien entendu légitime, mais est de fait également un handicap face aux entreprises du numérique qui gèrent ces données de manière opaque, sans être encadrées de la même manière. De plus, cela permettrait d’envisager des croisements de données impossibles aujourd’hui puisque celles-ci sont cloisonnées entre cours différents.

Bref, un cloud personnel semble un excellent support pour concevoir un environnement d’apprentissage personnel nouvelle génération. Qui permettrait d’engager les apprenants dans leurs apprentissages, et de mieux les connaître.

Crédit photo : @natashakenny et al: #TLI2012 Curriculum Planning, ePortfolios & More. Evidencing Learning outcomes par Giulla Forsythe licence CC-by-nc-sa

La gestion du temps, grande oubliée des EAP ? #ITyPA

En réfléchissant à nouveau aux différentes dimensions évoquées lorsque l’on parle des Environnements d’Apprentissage Personnels, j’ai repensé aux différentes propositions : celle de Jacques Cool, mon point personnel de l’année dernière, ou beaucoup d’autres. On y parle de gérer ses sources, de réfléchir (Mario Asselin), de partager, de communiquer, de publier. Peut-être cela vient-il aussi du fait que pas mal d’écrits sur le sujet viennent du monde des documentalistes.

Mais que ne parle-t-on de gestion du temps, d’organisation, de calendrier ? Jane Hart pourtant en parle dans sa vision du Smart Worker Guide. Qu’est-ce à dire ? N’a-t-on pas besoin de s’organiser, de prévoir ses tâches, de gérer ses priorités quand on apprend ? Aurait-on tout son temps ?

Pourtant, j’ai vu certains participants d’ITyPA annoncer qu’ils dépassaient largement le temps qu’ils avaient prévu de consacrer à #ITyPA. Pourtant, je demande à mes étudiants de s’organiser, de se partager les tâches quand il sont plusieurs, de passer par un certain nombre d’étapes.

Qu’en est-il de tout cela quand on apprend en ligne ? L’auto-apprentissage ne doit il pas aussi être stratégique et tactique ?

Et pourtant, il existe des solutions web pour s’organiser, les tableaux, les listes de choses à faire (genre RememberTheMilk ou Nozbe), la gestion du temps, voire les outils venus de la gestion de projets informatiques comme Scrumwise.

Je dois avouer que je n’ai pas trouvé la solution qui me convient, mais pourtant je sens bien que j’en aurai bien besoin tant mon bureau est couvert de petits papiers, de listes de choses à faire, de post-its pour ne rien oublier.

Ma seule solution stable reste le calendrier Google et ma boite mail dans laquelle je m’inonde de messages.

Et vous, comment vous organisez-vous ?

 

Crédit photo : Temps 10 Par declicjardin licence CC-by-nc-sa

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