Ingénieurs et à la pointe pour toute la vie

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Le colloque organisé conjointement par le CEFI et l’IESF : « l’ingénieur entrepreneur de sa formation » qui semble particulièrement pertinente. La manière d’aborder l’employabilité de l’ingénieur est ici abordée au travers de la question de l’autoévaluation dans une démarche d’apprentissage tout au long de la vie. Philippe Carré, expert reconnu sur la questions de l’apprenance sera des orateurs de cette journée.

Derrière cette notion d’apprenance, se pose les questions de nouveaux rapports au savoir et de développement de collectifs. La dernière partie de ce colloque parlera de « développement d’une intelligence de l’environnement ». Gageons que la notion d’intelligence collective sera au cœur du discours, tant il est vrai que la construction de son parcours individuel d’un ingénieur se fait en développant une compréhension construite collectivement des enjeux et des besoins.

L’IESF a bien compris que ces enjeux de la Formation Tout au Long de la Vie (FTLV) et ses déclinaisons dans le cadre de la formation professionnelle, deviennent centrale pour la profession. La dimension d’innovation, reprise dans la formule de l’IESF : « Chevilles ouvrières de l’innovation, les scientifiques et ingénieurs jouent un rôle de plus en plus essentiel pour aller de l’innovation vers le marché. », implique bien une évolution permanente. J’avoue découvrir cette organisation, alors que j’avais déjà eu l’occasion d’intervenir au CEFI, c’est mon petit coté provincial, ou peut être trop orienté numérique.

L’IESF travaille par ailleurs sur un livre blanc dans lesquels les aspects de formation sont centraux, selon le cahier blanc préparatoire « Réussir le futur : jouons collectif ». Pour information, ce cahier propose que les écoles développent des campus à l’étranger, dans une perspective de pénétration des marchés. J’aurai envie de réagir sur ce point en proposant des campus qui se développent dans l’univers numérique, pour y affirmer la place de la France, mais c’est sans doute hors sujet.

On y trouve surtout un appel au développement de MOOC dans des domaines pointus, donc des ressources de formation disponibles et adaptées au suivi de l’évolution technologique. Sur ce point il me semble qu’au niveau de l’IMT nous répondons largement présent, avec une vision formation professionnelle intégrée. Notons qu’y sont relevés la dimension essais-erreurs des MOOC considérés comme vecteurs d’innovation, et la nécessité de développer des certifications. Avis donc aux développeurs de MOOC : continuez à innover et proposez des modes de certification. Nous sommes en pleine phase de mutation de la société, y compris (et surtout) dans le domaine de la formation, la dimension d’exploration reste donc centrale.

En développant des MOOC, nous avons identifié différentes questions qui me semblent encore trop implicites dans ce colloque et ce cahier blanc.

D’abord, il y a la question de communauté derrière les apprentissages. Comment encourager les apprentissages au delà du MOOC, comment développer les réflexions pour aller au delà du contenu, et d’imaginer d’autres formations. Il y a là l’opportunité de relier apprentissage, communauté d’expertise, et compréhension des mutations. Entre MOOC et réseaux d’apprenance, il y a des relations à mieux expliciter.

Ensuite, complètement dans le cœur de ce colloque, se pose la question des moyens donnés à l’apprenant pour développer sa capacité à se positionner. L’approche par les services carrières et syndicats professionnels (vu dans les supports de l’Assemblée Générale de l’association) est une piste, mais pour permettre une approche innovante dans ce domaine, il faudra également s’intéresser à des démarches plus ouvertes comme celle de la FING appelée « musette numérique du travailleur ». Cette question de l’ « empowerement » du travailleur en général et de l’ingénieur en particulier dans les réseaux numériques pourrait ainsi devenir centrale dans la maîtrise de son parcours professionnel.

Dans le cahier de l’IESF, on voit d’ailleurs un axe autour de la question de la reconnaissance de l’expertise de l’ingénieur (développer des profils d’ingénieurs chevronné sur le modèle des « chefs scientists américains ») et de la présence des ingénieurs et scientifiques dans le débat public. Il me semble que demander cette reconnaissance à la force publique est une manière dépassée d’aborder la question, ou du moins insuffisante. La culture du numérique s’appuie sur une reconnaissance par l’action. Être ingénieur expert, c’est être capable de valoriser son expertise en la partageant, en participant au débat, en collaborant. Contribuer au débat public, c’est prendre position. Il faut donc développer une culture de l’expression et du travail collaboratif des ingénieurs. Le débat sur les apprentissages et les formations à développer, l’implication dans des rencontres pour valoriser nos métiers sont des éléments de cette prise de parole et de cette co-construction. En développant une communauté ouverte habituée au développement d’une expertise sociale, chaque ingénieur pourrait construire son identité numérique. Parmi ceux qui saisiront cette opportunité émergeront des influenceurs. Ce type de profil existe déjà. Parmi les modèles qui me viennent à l’esprit, je pourrais citer Tristan Nitot, Nicolas Colin ou Claude Terosier. Ce sont des influenceurs qui ont émergé de communautés, qui ont appris à exprimer leurs positions, et qui ont un vrai poids dans le débat national. La communauté des ingénieurs a besoin de s’approprier le cadre numérique. Alors chiche, « jouons collectif ».

Crédit photo : Cool Bird Formation par David Joyce, licence CC-by-sa

 

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Intégrer des MOOC dans une formation

Le MOOC est un formidable levier d’ouverture des enseignements à l’extérieur de l’enseignement supérieur. Mais pour nombre de collègues enseignants se pose la question de l’utilisation de ces formations au sein de nos institutions. Cela peut être un complément à des cours existant, mais c’est aussi une occasion de revisiter les cursus proposés à nos étudiants. Le colloque de pédagogie QPES qui a eu lieu en juin à Brest a été l’occasion d’aborder ces questions de deux manières.

Nous avons en effet proposé un papier sur les différents modes d’intégration réalisés à Télécom Bretagne qui couvre les différentes options d’intégration de tels cours dans un cursus, et qui démontre qu’il est possible de faire évoluer une maquette de formation simplement en y intégrant des MOOC selon différentes modalités.

Cela a également été l’objet d’un atelier lors du précolloque durant lequel les participants ont pu réfléchir aux différentes options d’intégration possible et à s’intéresser aux modalités d’intégration pour s’assurer d’une expérience pédagogique réussie. Non seulement cela a été l’occasion de débats intéressant, mais il s’avère également que c’est un bon point d’entrée pour les enseignants qui n’ont pas toujours une vision claire de ce qu’est et peut être un MOOC.

Les MOOC au cœur du tsunami numérique

En ce début d’avril, Emmanuel Davidenkoff nous propose un nouveau livre au titre évocateur « le tsunami numérique ». Il se fait le témoin de nombreux changements en cours, de signaux que le monde numérique investit l’éducation. Cela l’amène à nous annoncer que le passage au numérique de l’école, de l’éducation va amener à une refonte totale des systèmes de formation. Tout comme le numérique a largement bouleversé l’industrie de la musique et du cinéma, du journalisme, de l’information, l’éducation va connaître sa révolution.

Les acteurs sont tous en place et ont déjà démarré : les entreprises de la Silicon Valley qui s’intéressent de très près au sujet, les startups qui cherchent des offres de valeur en rupture, les grandes marques de la formation qui cherchent à étendre leur influence, la demande de la société qui constate que la formation n’est plus en adéquation avec les besoins du XXIème siècle, les utilisateurs (élèves, étudiants, employés, parents, professeurs) qui ne se satisfont plus de la structure actuelle, les institutions qui veulent répondre aux nouveaux besoins, être plus efficaces, et diminuer leurs coûts …

Les MOOC sont au cœur de la démonstration d’Emmanuel Davidenkoff, qui leur consacre un chapitre entier. En effet, si les MOOC sont une réponse institutionnelle à un besoin qui existe depuis longtemps (ce n’est pas de moi, mais je ne retrouve plus la source), ces nouveaux dispositifs posent bien des questions aux institutions (quels cours, quelle place dans les formations, quelles certifications … ). Mais ils débordent largement le cadre de la formation initiale et impactent nombre d’autres missions de la formation (recrutement, harmonisation, formation continue, validation des acquis de l’expérience, université ouverte ou de tous les savoirs, notamment).

Et surtout, ils sont repris, retravaillés, hackés par les entreprises, les professionnels, les amateurs, les curieux. C’est bien au delà du périmètre de la formation initiale qu’on voit aujourd’hui se presser nombre d’entreprises qui cherchent à exploiter cette nouvelle approche de la formation. Les MOOC concentrent l’intérêt de tous et constituent une vraie rupture par rapport aux publics visés, et sur l’impact pressenti dans les formations.

Emmanuel Davidenkoff se concentre sur la difficulté – l’impossibilité ? – qu’a l’institution de se réformer par elle même. Plaidoyer pour que l’innovation devienne possible dans la formation, on comprend à le lire qu’il faudrait d’abord reconstruire la confiance au sein de l’institution, tenir le débat public  et avoir une vision et un courage politique qui n’a pas encore émergé. Il n’ignore pas que la dimension pédagogique prime sur la forme numérique, et montre bien qu’il faut laisser de la liberté aux acteurs dans une démarche d’innovation continue.

Par ce choix néanmoins, il laisse de coté tout le volet de la formation tout au long de la vie qui est pourtant aussi une des grandes promesses du passage au numérique de la formation et de son ouverture. Ce qui laisse de l’espace pour d’autres livres.

Les journalistes aiment bien les faits, et Emmanuel Davidenkoff est un journaliste reconnu de la sphère éducative. Son dernier livre fourmille donc de faits, d’événements, de création de nouvelles startup dans le domaine de la formation. Et c’est à ce titre qu’il nous dresse un impressionnant panorama des « signaux faibles » qui annoncent un « tsunami numérique dans l’éducation ». Son constat est d’ores et déjà connu et partagé outre atlantique, par exemple par la présidente Diana Oblinger de l’association Educause. Mais c’est bien la première fois qu’il est rédigé en français avec force détails et implication sur notre système de formation.

Cette conviction que l’éducation va être réformée est touchée par le numérique est déjà partagée par un certain nombre d’acteurs. Certains l’ont écrit dans des chroniques sans doute trop peu lues. Mais dans certains milieux on raisonne sur cette hypothèse, comme par exemple lors de l’assemblée générale de Pasc@line durant laquelle autour d’une table ronde sur « une approche pragmatique des MOOC », nombre de directeurs d’école échangeaient sur leur conviction que leur structure allait être profondément impactée par cette transformation numérique dans les formations. 

Crédit photo : « Saint Guénolé » par Sigalou licence CC-by-nd

Campétice, pour hacker votre cours

Enseignants du supérieur, si vous voulez échanger avec des collègues et des conseillers pédagogiques pour rendre votre cours plus (inter)actif, venez participer à Campétice à Nantes du 9 au 11 juillet. Ambiance studieuse, stimulante et conviviale garantie. Vous pourrez y découvrir de nombreuses méthodes pédagogiques éprouvées et les intégrer à vos cours.

Dans la lignée des Educamps et barcamps, discussions, activités partagées, travaux en groupes, vous permettront d’exercer votre curiosité, et de développer vos pratiques.

Plus d’infos,

Inscrivez vous dès maintenant.

 

Crédit photo : Augmented reality par turkletom licence CC-by

Plate-formes de MOOCs, déjà la seconde génération

Certains découvrent à peine le phénomène MOOC (si nécessaire lire un résumé de l’année américaine 2012) mais aux États Unis on en est déjà à la saison 2.

Au niveau des plate-formes/startups, Novoed met en avant collaboration, travail en groupes, entre pairs pour améliorer les taux de poursuite dans les MOOCs. Si certains MOOCs l’ont déjà pratiqué (par exemple Learning Creative Learning ou Designing a New Learning Environment), il s’agit bien ici de l’intégrer à part entière dans la plate-forme proposée par cette nouvelle startup issue de Stanford, et d’en faire sa valeur ajoutée.

Au niveau des activités, ici aussi une nouveauté intéressante : Introductory Physics I with Laboratory nous propose d’exploiter les vidéos de notre téléphone pour faire des TP avec des données issues de notre propre environnement. Après l’environnement Python de Udacity, l’éditeur de circuits électriques de edX, on voit poindre une dimension « mobile learning »/BYOD/AVAN qu’il conviendra de suivre.

Coté Europe, si les portails institutionnels ne sont pas encore satisfaisants, signalons deux initiatives originales :

  • La commission ‘européenne a lancé une initiative Academic Cube, qui, si elle n’est pas très MOOC, a par contre le mérite de proposer une vision systémique pour une adéquation entre marché de l’emploi et formation en ligne dans le domaine du numérique ;
  • Dans une démarche très startup, iversity, plate-forme qui nous vient de Berlin, a lancé un concours pour supporter la production de 10 cours et propose aux internautes de contribuer au choix des heureux gagnants parmi les 200 et quelques candidats. Bien vu pour l’entreprise pour identifier les meilleurs cours, et espérons le pour créer une saine émulation ;

Plateformes, prise en compte de la dynamique de groupes et de pairs, élargissement des activités proposées aux participants, ouverture vers la formation tout au long de la vie, crowdsourcing, les acteurs des MOOCs intègrent une à une les dimensions de l’âge de la multitude.

Crédit photo : 703. L’éducation suffit-elle ? par un singe qui parle – licence CC-by-nc-sa

MOOC Introduction aux réseaux cellulaires : visite guidée

Ça y est Télécom Bretagne propose un Cours Ouvert sur un sujet scientifique au cœur de son expertise : une introduction aux réseaux cellulaires. Et un #MOOC de plus, pourrait-on dire. Je ne vais pas vous faire ici l’annonce officielle, mais plutôt m’y intéresser de mon point de vue habituel, moins corporate.

Certes les annonces se multiplient, mais on peut retenir quelques petites choses intéressantes dans cette série d’annonces. D’abord, cela veut dire qu’après avoir regardé, discuté, réfléchit, nos amis français se lancent. Il y a une belle dynamique derrière cela, on verra ce qu’il en ressortira. Ensuite, cela veut dire que nous allons peut être vers une abondance de cours accessibles à tous, ce qui serait déjà une superbe avancée. Mais surtout, il y a une vraie et belle diversité dans toutes ces annonces : sur les sujets, sur la manière de les annoncer, sur le comment ils sont construits, etc. un vrai écosystème est en train de se mettre en place. Et puisqu’ils sont ouverts, nous pourrons apprendre les uns des autres, et progresser ensemble 🙂

Alors quelles nouveautés peut-on découvrir sur ce site qui pour l’instant n’est qu’un site en construction :

  • Les enseignants d’abord : Xavier Lagrange est un expert reconnu du domaine, auteur de nombreux livres et publications scientifiques, et enseigne aussi bien en présentiel qu’à distance . Gwendal Simon (son blog mérite le détour) est également un chercheur de classe internationale, revenu en août dernier d’un séjour au canada, convaincu que les MOOCs étaient une vraie révolution. Alexander Pelov est jeune chercheur dans l’école, et apporte son énergie. À eux trois ils ont l’expertise scientifique du sujet, la maîtrise technique pour mettre en place des solutions techniques, l’habitude de relever des challenges ;
  • Les élèves ensuite : ce cours est ici d’abord un cours pour les élèves de Télécom Bretagne. Nos élèves seront évalués et accrédités à la fin de ce cours. C’est donc ici un cours proposé à des élèves en formation, et ouvert au reste des internautes. Il faut également savoir que notre école est géographiquement distribué sur trois sites. Dans le cas de ce cours, les enseignants sont à Rennes et les élèves à Brest. Ces derniers ont prévu d’accompagner nos élèves à distance et de proposer quelques séances de questions sur Brest en présentiel ;
  • le timing d’annonce. Si quelques informations avaient été données ici ou là, l’équipe qui monte ce projet a fait le choix de travailler avant d’annoncer. Tout n’est certes pas prêt, mais 1) les solutions techniques sont suffisamment mûres pour passer à la mise en ligne, 2) les cours commencent dans 10 jours. Ce timing est très variable suivant les cours. Le premier cours en français annoncé par l’EPFL n’est pas encore ouvert, par contre son cours d’Analyse numérique pour Ingénieurs a démarré juste après son annonce
  • La langue. Regardez en haut à droite, il y a deux langues de proposées ;
  • La plate-forme : c’est une instance d’OpenMooc, une solution espagnole récente et open-source. Il y a encore peu d’exemples de MOOCs qui reprennent une plate forme existante pour la mettre en place sur d’autres serveurs. Cela a été une réelle difficulté, car les plate-formes existantes ne sont pas matures, évoluent rapidement et de nouvelles solutions apparaissent tous les jours (l’option edX est arrivée trop tard)
  • L’hébergement : cette plate-forme est hébergée sur des serveurs de notre école. Cela nous garantit le contrôle des données, et nous donnera des retours sur la charge. Les vidéos seront sur un service externe ;
  • L’institutionnalisation : d’autres cours sont affichés sous le label d’une institution. Ici, l’école labellise, héberge, mais notez aussi le label de L’Institut Mines-Télécom, qui démontre un engagement plus large ;

Sinon, il s’agit d’un cours déjà donné en interne sous un format classique, d’aucuns diraient un xMOOC, ce qui nous donnera une expérience très différente de celle d’ITyPA, je dirai complémentaire.

Attendez pour vous inscrire que le site soit un peu plus complet si vous voulez, mais retenez la date de démarrage : le 2 avril, et le site mooc.telecom-bretagne.eu, on en reparlera.

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Quelle offre de MOOC dans mon établissement ?

À l’heure ou l’offre de MOOCs se développent (198 trouvés sur Coursera aujourd’hui), où l’on voit déjà poindre un embryon d’offre en français : le cours de l’EPFL sur la programmation objet est annoncé, et le premier MOOC francophone ITyPA « Internet Tout y est Pour Apprendre » a démarré il y a déjà deux semaines, certains établissements supérieurs peuvent se poser la question de comment positionner une offre prenant en compte cette nouvelle dimension d’offre de cours.

Un MOOC, c’est un cours (au sens qui se déroule sur une période) ouvert, en ligne et Massif (au sens où le nombre d’inscrits peut être important et n’est pas limité.

Premier axe, pourquoi proposer un MOOC ? Voici plusieurs options qui peuvent être complémentaires :

  • Pour démontrer la dynamique de l’établissement. Il faut en être, allons-y. Pour cela il faut trouver un cours et quelques enseignants pour mettre en ligne un cours.
  • Pour accroître la visibilité de l’établissement. La question sera ici d’arriver à donner le maximum de visibilité aux cours proposés. On pourra jouer sur les canaux de diffusion, par exemple en essayant de se joindre à des initiatives visibles comme Coursera, en proposant une forme originale comme DS106, ou tout autre manière de faire le buzz ;
  • Pour attirer des futurs étudiants. Les meilleurs établissements cherchent à attirer de futurs talents, tous les établissements cherchent à remplir leurs salles de classe. On cherchera un cours d’appel attirant pour ce public, soit un cours de première année particulièrement réussi (le MIT a commencé avec un cours d’ouverture), soit un sujet qui les passionne (là je garde mon idée pour l’instant). Bref, quelque chose de motivant, qui leur donne l’impression d’avoir déjà un pied dans votre établissement, et qui leur donne envie d’y mettre le second. Le MOOC est ici un produit d’appel ;
  • Pour faire des économies. Si ce cours peut être construit en réutilisant des ressources (libres de préférence, voire en partie déjà sur les étagères d’une université numérique thématique) déjà existantes. Mais la mise en ligne de cours n’a jamais généré d’économies jusqu’à présent. Sauf à pouvoir rejouer plusieurs fois le même cours sans modification, et même là l’économie reste difficile à évaluer. Surtout que la concurrence obligera certainement à faire vévoluer les couprs plus vite qu’aujourd’hui ;
  • Pour permettre à de nouveaux étudiants de s’inscrire dans des formations existantes. Ce n’est peut être pas un MOOC que vous visez, mais des inscriptions complémentaires, il faudra donc vous poser la question de compléter votre cours ouvert avec un suivi en ligne pour vos étudiants à distance. La formule risque de ne pas être gratuite. Reste à savoir quel est le mode d’inscription : formation initiale, formation continue payante … Mais la formule ouverte permettra à vos futurs étudiants de voir sur pièce pourquoi ils choisiront de s’inscrire chez vous. On pourra s’intéresser à la démarche de Academic Partnerships ;
  • Pour développer une nouvelle offre. Le modèle économique reste à définir mais tous ceux qui ont créé des startups y croient. En tout cas, il faudra être au clair ,sur sa légitimité, sur son équilibrage financier, avant de se lancer dans cette voie, sous peine de se faire dépasser par la concurrence qui ne va pas manquer de se mettre en place. C’est malgré tout un enjeu pour nos universités ;
  • Pour rendre une offre disponible sur plusieurs sites. Ceci est tout à fait imaginable dans le cadre des différents rapprochements d’établissements. Cela permettrait à la fois de créer des synergies entre sites, notamment si la préparation et l’accompagnement sont faits de manière collaborative. Il sera donc nécessaire de développer l’offre en ligne, l’ouverture sous forme de MOOC permet d’élargir les échanges ;
  • Pour améliorer la pédagogie. C’est le point principal qu’a retenu Sir John Daniel. Rendre visible les cours donne une pression supplémentaire aux enseignants, les met en concurrence et permet d’accéder aux meilleures pratiques. Il faudra accompagner, mais oui on rend les contenus, la pédagogie, visibles, comparables. Sir John Daniel semble considérer que dans cette volonté d’améliorer sa pédagogie, le MIT a commencé par développer une offre de ressources en ligne (sa fameuse initiative OpenCourse Ware) avant de passer aux cours proprement dits.
    • La France a déjà développé une offre de ressources en ligne au travers des universités numériques. Rien ne prouve que cette démarche ait contribué à améliorer les ressources de nos universités. La bonne nouvelle, c’est que la première étape est déjà réalisée en France ;
    • Le danger actuel, que l’on peut craindre au travers des premiers xMOOC (pour une définition de xMOOC et cMOOC) mis en place, c’est qu’au contraire on aille vers un enseignement très standardisé et assez pauvre. Mais chacun parie que l’ouverture devrait permettre des améliorations rapides dans la manière de diffuser et d’animer ces cours ;
    • De manière complémentaire, si on regarde ce qui se fait dans les cMOOC , on trouve des éléments pour répondre aux questionnements sur les échanges d’approfondissement liés aux dynamiques de groupes. La question qui reste à explorer est de savoir s’il s’agit de 2 modes incompatibles ou complémentaires .

Second axe, pourquoi ne pas proposer aux étudiants d’un établissement des MOOCs externes ?

  • Pour des cours manquant de ressources. Sur certains cours, notamment sur des sujets récents ou émergents, les ressources pédagogiques existantes peuvent manquer. L’utilisation d’un MOOC existant permet d’utiliser des ressources existantes, le rôle de l’enseignant se redéfinissant alors à une pratique d’accompagnement. Le Mooc ne serait-il pas alors la vraie forme de manuel numérique. De manière alternative, on peut imaginer que ce soient les étudiants qui recherchent des ressources et les exploitent pour constituer la base du cours selon un mode pédagogique plus constructiviste, voire connectiviste si le groupe est suffisamment important ;
  • Pour faire des économies. Pourrait-on organiser une formation basée sur l’offre disponible des MOOCs existants ? Quelle serait alors la raison d’être de l’établissement qui construirait ce genre de formation, sa valeur ajoutée ?
  • Pour augmenter l’offre de cours. Autre angle de réflexion, légèrement différent du précédent. Même si votre établissement propose une offre de cours cohérente, l’individualisation des parcours, les besoins d’ouverture, le maintien de formation à effectifs réduits … peuvent vous pousser à reconnaître des cours externes à votre établissement pour enrichir votre propre offre. La question ici est de savoir comment évaluer la réussite de vos étudiants. Ici on commence à parler du campus planétaire.

De manière complémentaire, on pourrait imaginer développer une telle offre qui serait proposée à d’autres établissements, soit pour renforcer des liens, soit pour augmenter sa propre visibilité, notamment autour de son expertise de recherche.

On le voit bien dans cette réflexion, le MOOC n’est pas à considérer comme isolé, mais bien comme un élément dans ce système complexe qu’est une offre de formation complète, intégrant le recrutement des futurs étudiants, la construction des parcours étudiants, la pédagogie pour délivrer les enseignements, les autres offres (formation continue, tout au long de la vie …).

La question est également, si une offre de cours (au sens déroulement, pas simplement sous forme de ressources) ouverts se développe, de savoir quels seront les cours qui seront effectivement massifs dans la sphère francophone. La question d’un MOOC est également de susciter des inscriptions, pas simplement de rendre disponible un contenu et un déroulement.

Crédit photo : MOOC Art #ds106 #manchester par heloukee (CC-by-nc-sa)

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