Ludovia 2016, le temps de la diffusion

Pour prendre la température de la question du numérique à l’école, rien de mieux que de participer à Ludovia fin août, cette université d’été atypique ou se croisent représentants du ministère, défricheurs/blogueurs, professeurs innovants, inspecteurs, chercheurs, entrepreneurs … Impossible de participer à tout, mais le flux de compte rendus, d’articles et d’échanges informels permet de se faire une bonne idée de ce qui se passe. Voici ce que j’ai envie de partager.

La diffusion des pratiques

Evidemment, les Explorcamps, ces séances où chacun peut présenter son dispositifs étaient toujours aussi riches et suivis, suscitant de nombreux échanges. Mais curieusement, nombre de présentateurs se réclament d’un groupe plus large et ne se revendiquent plus d’une expérience isolée. Soit ils font partie d’un réseau départemental, soit d’une association, soit de Canope, soit d’un projet plus large encore (le projet européen de valorisation des collections des musées Europeana.eu a ainsi impressionné le public ).

Mais surtout, ce qui était intéressant, c’était le nombre de collectifs présents basés sur des bonnes pratiques pédagogiques, Twictée, classe inversée (800 participants à leurs journées début juillet), cyber-langues, éducation musicale 2.0 (#edmus). Partenaires à part entière, ceux-ci ont pu travailler sur leurs pratiques, partager avec les autres participants de Ludovia, nous faire partager leur dynamisme (ah les intervalles musicaux!!). Dernier signe de cette diffusion, les initiatives initiales sont inconnues des nouveaux arrivants, ce qui montre bien qu’on est passé à autre chose.

La diffusion des pratiques s’amplifie donc, se structure, gagne sa place dans l’écosystème. Les officiels apprennent à les reconnaître et à admettre qu’ils peuvent avoir leur place dans le développement professionnel des enseignants !

L’irruption de la polémique autour de l’éducation dans les réseaux sociaux

Des réaction polémiques sur les réseaux sociaux, rien de nouveau dira-t-on, c’est le phénomène bien connu des trolls. Ce qui peut paraître préoccupant,c’est que ce phénomène prend de l’ampleur et peut se renforcer de lui-même. Il marque une nouvelle manière d’interpeller sur Internet et peut empêcher d’autres échanges plus constructifs, d’autant qu’il est en phase avec une certaine vision du débat public ou politique. D’après certains il pourrait “ruiner Internet”.

Ce qui est nouveau dans le périmètre de l’éducation, c’est que ce mode de débat semble pouvoir se mettre en place entre enseignants. En étant positifs, on peut espérer que c’est un signe que ceux-ci découvrent le débat public sur les réseaux et sauront rapidement y réinvestir la rigueur de leur métier qu’ils semblent parfois oublier. Oubli d’autant plus regrettable qu’en étant visibles, ils peuvent donner un bien piètre exemple aux autres partenaires éducatifs, enfants, étudiants ou parents. En tout cas, ce phénomène démontre bien que la formation des enseignants au numérique ne doit pas s’arrêter aux pratiques pédagogiques, mais bien englober tous les aspects de la culture numérique. Le sujet est d’importance et doit être traité dans le respect de chacun, et de tous les points de vue, pour que nous puissions avancer dans l’intérêt des élèves. Le risque de cette approche polémique serait de faire taire les personnes les plus ouvertes au dialogue. Certain(e)s s’accrocheront, d’autres ont déjà quitté le débat.

L’évolution des discours officiels

Les représentants du ministère sont très présents sur Ludovia. Ils viennent écouter, échanger, mais aussi faire part des orientations du moment. Il est intéressant de voir l’évolution des discours.

Sujet présent depuis au moins 2012, le BYOD (Bring Your Own Device) ou AVEC/AVAN en français (Apportez Vos Équipements Connectés/Appareils Numériques) semblait ne pas être envisageable dans l’éducation nationale jusqu’à cette année. C’est avec plaisir que nous avons appris qu’il devenait possible dans le cadre des appels à projets pour  l’équipement des collèges, et que nous avons écouté le témoignage de David Cohen, enseignant qui démontre que c’est possible dans un établissement.

On a aussi entendu que le développement professionnel des enseignants ne se cantonnait pas aux formations proposées par l’éducation nationale, mais passait par la consultation de ressources sur le web, et la participation à des collectifs apprenants comme ceux présents sur Ludovia.

Sur ces deux points il s’agit  bien d’une prise de conscience des officiels, liée à la fois à un certain réalisme (contraintes budgétaire pour le premier cas, et impact dans le second cas) mais aussi à leur participation récurrente à Ludovia (du moins on se plait à le croire 😉 ).

Si certains discours évoluent dans le bon sens, il reste encore des sujets en devenir.

Côté lien entre recherche et pratiques, la présence du “Professeur Monteil” démontre bien que le sujet est d’importance. Le constat semble démontrer que les bonnes articulations demandent encore à être identifiées. Et on attend avec intérêt un futur rapport sur les pédagogies actives sur lequel Madame Becchetti Bizot travaille.

Et après ?

L’année dernière, à l’issue de Ludovia, certains blogueurs semblaient se trouver trop en phase avec les échanges, se demandant dans quelle mesure ils pouvaient avoir encore un rôle prospectif, de défricheur. Deux espaces leur ont été proposés cette année pour avancer sur la route du changement. Le premier a été une rencontre “Educatank” la veille de Ludovia qui réunissait blogueurs et chercheurs, ou chacun a pu présenter son “idée pour changer l’école”.  Le second était une présentation sous forme de pecha-kucha en soirée d’ouverture.

Parmi celles-ci, on y retrouve la nécessité de construire ensemble, en cohérence, en confiance. On a aussi vu apparaître la question de la construction de l’individu grâce à ses données, et l’évolution des postures du corps habitant des espaces d’apprentissages.

 

Et bien sûr, on a parlé de PokemonGo !

 

Crédit photo : images publiées par @batier et @moiraud

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Et si on pensait un vrai cartable numérique, c’est à dire, personnel

Le cartable, c’est le sac dans lequel vous stockez vos cahiers, votre trousse avec vos stylos, votre gomme, votre règle, votre équerre et votre compas. C’est là que vous avez les livres qui vous servent en ce moment. C’est aussi ici que l’on range son carnet de correspondance avec ses notes, ses échanges avec les enseignants et l’administration et que l’on pourra conserver au delà de l’année.  Mais c’est aussi là que vous stockez vos trésors : vos bons points, vos billes et autres ocelets, vos malabars, le petit livre ou le petit bricolage dont vous êtes si fier.  

C’est donc bien plus qu’un espace d’accès à l’école, c’est votre espace personnel à l’école ! C’est le moyen d’exister en tant qu’individu dans un collectif.  Si vous changez d’école, vous conserverez votre cartable, avec tout ce qu’il y a dedans, sauf peut être les livres qui resteront dans l’établissement s’ils ne sont pas en accès libre. L’étudiant qui devient travailleur troquera son cartable pour une musette, qui elle aussi contiendra ses affaires personnelles.

Laissons cet un élève nous ouvrir son cartable numérique personnel.

“Bonjour, je m’appelle Antoine, je vais vous montrer ce que j’ai dans mon Cartable.

L’affichage que vous voyez ouvert, montre mes progrès de course à pied, il récupère mes données de mon smartphone. J’ai fait un footing juste avant de vous croiser. Juste à coté, mon coté, mon copain Yann a partagé une petite application qu’il a lui même développé pour comparer nos courbes de progression à Pokémon GO, on y retrouve nos amis de Facebook qui veulent bien partager leurs scores.

Là, j’ai mes compte rendus de TP. Sur celui-ci on a travaillé sur un document partagé pour prendre des notes avec mon binôme. On a fait une photo du montage, et un film de la prise de mesure. Regardez les courbes qu’on a obtenues, il y a là un petit décrochage. Quand on a posé la question sur le forum, un ancien nous a dit qu’il y a avait un petit jeu sur la maquette, ce que le prof a confirmé. On a remis le CR au prof et j’ai gardé une copie dans mon cartable. Sur cet autre, on est allé sur nquire-it pour voir comment mesurer la vitesse d’un ascenseur. Chacun pouvait aller faire sa mesure dans la semaine en ville, ou à l’école. on a pu partager nos courbes, et ce n’est pas celui de l’école qui est le plus rapide.

Là, j’ai ma carte de maîtrise, vous voyez tout ce que je maîtrise déjà, le compétences sur lesquelles je travaille, les exos qui peuvent m’aider, les challenges qui peuvent m’intéresser. Tiens celui-ci, les copains l’ont bien aimé, et ces deux là sont conseillés par mon prof. Il parait que ça ressemble au du site de la Khan Academy, en mieux. Je peux me comparer avec mon copain Yann, mais aussi la moyenne bretonne ou nationale.

Par ici, c’est ce que mon coach appelle un portfolio. Je peux y regrouper tout ce que je veux pour me projeter dans ce que je voudrai faire. Par exemple, j’ai fait un dossier sur la mer, parce que c’est un domaine qui me passionne et dans lequel j’aimerai travailler plus tard. J’y ai mis les compte rendus sur nos sorties en mer avec l’école, mon attestation du MOOC Flotrisco. Les liens vers les photos et les commentaires (et mon cartable a gardé une copie), que j’ai déposé pendant ce MOOC sur le même site que le TP sur les ascenseurs. Et puis surtout tout ce que j’ai pu récolter pendant mon stage à l’Ifremer : des photos, un interview d’un chercheur, des vidéos qu’un copain a prises de moi pendant que je nourrissais les poissons, et même le rapport. Et à coté, je regroupe tout ce que je peux trouver sur les métiers de la mer.

Et vous, vous l’utilisez comment votre cartable ? “

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Ce petit texte a été rédigé en préparation à un échange “Mon idée pour changer l’éducation“ qui se dérouler juste avant #Ludovia13 dont le thème est cette année « Présence, attention et engagement en classe avec le numérique ».

L’idée présentée ici est liée à des réflexions issues mon travail de recherche autour des données  d’apprentissages (learning analytics). Parmi les influences inspirantes, je voudrai citer ici les travaux de la FING, d’une part l’exploration FuturEduc qui vise à explorer des futurs désirables autour de “l’École pour tous à l’ère numérique” et d’autre part le projet musette de l’actif, qui vise à imaginer des services pour le travailleur à l’ère du numérique. Vous pouvez voir cette proposition comme une intersection des deux. Trois idées clés guident cet exercice de prospective.

La première est que pour encourager l’engagement, il est intéressant de donner à voir ce qui est réalisé, de pouvoir se construire sur ses acquis, pas seulement sur l’atteinte d’objectifs. Pour surmonter un échec, il faut savoir ce qui a coincé, mais surtout ce qui a été malgré tout réalisé, et acquis.

La seconde est qu’un apprentissage, s’il est personnel, se place dans un cadre social dans lequel chacun choisit ce qu’il donne à voir. Et puisqu’il est social, chacun peut développer de nouvelles interactions, passer d’une application à une autre, échanger sur les sujets de son choix.

La troisième est qu’apprendre se fait tout au long de la vie, est un parcours personnel qui appartient à chacun. Il est donc indispensable de penser cet espace numérique personnel comme étant une propriété privée, mais surtout un espace de confiance. Il doit permettre de passer d’un établissement à un autre, d’un employeur à un autre, et  de se construire avec les autres.

 

Crédit photo : #1 Série : « Ce que je suis »  par ALlisson H licence CC-by-nd

 

Participant ou concepteur de MOOC, mooc.fr devient un site pour partager votre expérience d’apprentissage

Mooc.fr se propose d’accueillir dès aujourd’hui vos retours d’expérience, que ce soit en tant que participant, ou en tant que concepteur, animateur de MOOC. L’idée est donner à voir ce qui se passe vraiment sur le terrain, dans les MOOC pour qu’ensemble nous puissions mieux comprendre ensemble ce qui fait sens, ce qu’il faut retenir de ces nouvelles formes de cours.

Controverse Mooc #QN2014 #MOOCGdP pic.twitter.com/OnvyAHuNHk par @fritz_c

Controverse Mooc #QN2014 #MOOCGdP pic.twitter.com/OnvyAHuNHk par @fritz_c

Les MOOC (Massive Open Online Course), ou CLOM (Cours en Ligne Ouvert et Massif), voire FLOT (Formation en Ligne Ouvert à Tous) sont une opportunité pour faire bouger les lignes des formations de l’enseignement supérieur. Pour cela, au delà d’ouvrir simplement l’accès aux cours, nous vous proposons également d’une part d’ouvrir ensemble les coulisses pour partager les avancées de chacun au profit de tous, et d’autre part de laisser à chacun exprimer son expérience, ses retours, ses avis, ses découvertes, pourquoi il a choisi tel cours, ou ce qu’il peut lui apporter. Ainsi chacun pourra se forger sa propre opinion sur des témoignages issus de tous les acteurs d’un MOOC. Les points de vue des plate-formes ou des entreprises sont donc également les bienvenus.

Ce site participatif a pu voir le jour grâce à l’appui de l’Institut Mines-Télécom, mais il est ouvert à tous. Toute institution qui se sent concernée par l’approche peut devenir partenaire, pour contribuer à porter ce projet. Quelques personnes motivées à relayer cette initiative se sont regroupées dans un comité éditorial qui permet notamment de valider les contributions, et de relayer cette initiative.

Pourquoi mooc.fr ? Tout simplement parce que c’est sur ce site qu’ont été hébergé les 2 saisons du MOOC ITyPA (Internet Tout y est Pour Apprendre), et qu’à ce titre il a donc déjà été lieu de débat et d’échanges, de co-construction sur les sujets qui nous intéressent.

Sur les modèles de @-brest, Framablog, innovation-pedagogique.fr, ou bien d’autres, nous vous proposons un site participatif, ouvert, lieu d’échanges et de débat sur ce phénomène que sont les MOOC.

Ce site attend donc les propositions de tous, ce peut être simplement d’indiquer un MOOC existant, de l’apprécier ou de le commenter. Vous pouvez également proposer un article sur le sujet qui vous motive. Cet article n’a pas besoin d’être original. Si sa licence le permet, vous pouvez le recopier sur ce site, en indiquant la source bien entendu. Si le cœur vous en dit, vous pouvez également proposer des traductions sur le modèle de Framablog. N’hésitez pas à nous contacter si vous avez des questions ou des suggestions.

N’hésitez donc pas à apporter votre participation à ce site. Nous avons voulu sa forme attrayante. Il ne reste plus qu’à l’alimenter. Bienvenue sur mooc.fr !

 

Crédit image  : Controverse Mooc  par @fritz_c (Christelle Fritz).  Reproduction avec l’accord de l’auteur.

 

le numérique au coeur des espaces d’apprentissage, de la salle de cours au MOOC

Pour sa 5ème édition du « Printemps des TICE », les organisateurs m’ont gentiment invité à venir faire une présentation.

Lors de la préparation, nous avons échangé sur la question des espaces d’apprentissage, les dimensions collaborative dans le numérique, et évidemment de MOOCs tant le sujet est à la mode. J’ai donc cherché à montrer les continuités que l’on pouvait trouver entre le réaménagement des espaces d’apprentissage dans les enceintes universitaires et les tensions que l’on retrouve entre xMOOCs, transcription numérique des amphithéâtres rendus un peu plus interactifs, et les cMOOC basés sur l’échange et la communauté comme on peut les retrouver dans les tiers lieux. Parmi les sujets du numérique, je trouve passionnant ces influences croisées entre espaces numériques et espaces physiques.

Les participants ont pu expérimenter pendant cette présentation une prise de notes collaborative sur framapad.

 

Pour ceux qui préféreraient une version vidéo, Paris I a publié un enregistrement vidéo des échanges.

crédit photo : Faculdade de Direito de Paris / Law School at Paris par Marcio Cabral de Moura licence CC-by-nc-nd

Un MOOC pour alimenter le débat citoyen

Nous commençons mardi dans le cadre de l’UeB C@mpus une nouvelle expérience qui s’annonce passionnante, à savoir tenter d’amener chercheurs, décideurs, associations, représentants de la société civile, enseignants, détenteurs de connaissances et d’attentes à échanger dans un espace numérique, et à se constituer comme communauté abordant des questions de sociétés.

Nous avons choisi pour amorcer cette communauté la forme d’un événement de construction collaborative, sur une durée limitée. Bref un MOOC au sens connectiviste, sur le modèle des cours proposés par George Siemens. Nous pensons particulièrement aux cours où il pose la question de l’évolution des systèmes éducatifs (CHFE12 , ou edfuture  pour le plus récent).

Si la question du futur de l’éducation est effectivement une question importante, d’autres questions se posent dans nos sociétés modernes. Parmi celles-ci, la thématique « risques, aléas et vulnérabilité pour les sociétés littorales » peut fédérer, notamment en Bretagne, où un réseau de recherche sur le sujet est en cours de création. La question est heureusement plus large que la Bretagne, et ce débat sera ouvert à tous ceux qui voudront s’y joindre.

Nous profitons donc de cette dynamique pour proposer une forme originale de mobilisation pour construire un consensus au travers d’une appropriation sociale des sciences.

Certains voient la diversité comme une source de réussite des MOOCs dits connectivistes. Les différences de parcours des participants et la nature profondément pluridisciplinaire du questionnement seront donc nous l’espérons des éléments qui contribueront à la réussite de notre projet. Il paraît également important d’expérimenter ces formes d’enrichissement mutuel dans des contextes autres que la problématique de l’éducation. Une des difficultés principales sera sans doute l’appétence des participants à contribuer dans un environnement numérique ouvert.

La première phase à donc débuté mardi 2 avril, à l’occasion des conférences de recherche organisées par l’UeB à Brest. Nous avons réuni les scientifiques qui ont répondu favorablement au sujet, pour les mobiliser, construire avec eux la trame des thématiques qui donneront l’ossature au projet.

Nous travaillerons ensuite à l’organisation d’un corpus accessible. Notre objectif est de lancer le cours en lui-même après les municipales de l’an prochain, pour éviter des positionnements par trop partisans en période électorale.

Je vous laisse découvrir les différents partenaires de ce projet au travers du programme du séminaire de lancement. Je trouve pour ma part enthousiasmante la phrase finale : « Ce projet s’inscrit donc dans le cadre des humanités numériques ».

Ma participation s’inscrit bien dans la diffusion de ce que nous, animateurs, avons appris dans ITyPA, mon diaporama est donc largement inspiré de ce que l’équipe de ITyPA a déjà présenté par ailleurs, comme exemple d’inspiration et comme base de travail pour cette nouvelle aventure.

À L’issue de cette première réunion, je ressors très impressionné par la multiplicité des questionnements suscités par ce projet : la question de la constitution d’un corpus partagé, de la multiplicité des points de vue qui vont apparaître, les questions des modes de construction de la connaissance non seulement chez les chercheurs mais aussi les autres acteurs, mais surtout ce qui ressort est bien la question de l’impact sur les pratiques des chercheurs, la position du chercheur entre observateur de phénomènes, constructeur de sens, diffuseur et acteur. On touche bien ici toutes ces dimensions dans ce projet. La question de la place du chercheur dans la société se posera bien au travers de ce projet, qui nous fera donc avancer dans nos réflexions.

Crédit photo : 091028 019 900 par François à L’Imprévu – licence CC-by-nc-nd

Conférence : Nomadisme, mobilité – utiliser les Equipements Numériques pour apprendre

J’ai été invité par l’Université de Brest (dite de Bretagne Occidentale) a faire une présentation sur ce qu’apportent l’usage des mobiles à l’université. La présentation aura lieu en centre ville à l’université Victor Segalen en salle B001 à 14 heures. (Mise à jour 13/02/2013 : vous pouvez retrouver l’enregistrement vidéo en ligne)

En résumé :

L’usage des mobiles rend possible de nouveaux modes d’apprentissages. La mobilité n’est ainsi pas que spatiale, mais ouvre aussi de nombreuses autres dimensions : temporelle, thématique, sociale, informative, technique. Comprendre le champ des possibles de ces nouveaux outils permet de les intégrer dans ses apprentissages pour les étudiants, et dans sa pédagogie pour l’enseignant.

L’immense majorité des étudiants disposent aujourd’hui d’équipements personnels, PC portables, smartphones, voire tablettes qu’ils utilisent au quotidien. La fracture numérique ne se situe plus au niveau du matériel, mais bien au niveau des usages. En permettant à nos étudiants de tirer parti de ces équipements au cœur de nos établissements, nous inversons nombre de logiques d’enseignements qui permettent de renouveler nos pédagogies, de valoriser l’étudiant et de réduire la fracture des usages en leur permettant d’acquérir une littératie numérique indispensable au XXIème siècle.

Au travers d’expérimentations réussies, nous explorerons quelques pistes d’usages au sein d’enseignements ou la participation devient le cœur de la pédagogie.

Pour les curieux et ceux qui ne pourront se joindre à nous voici le diaporama.

La dimension analogique de l’EAP

Discussion dans le couloir ce matin avec @NicolasRoland qui s’avoue frustré par l’idée que les discussions autour des EAP (Environnement d’Apprentissage Personnel, il parle d’EPA avec un accent belge) ne prennent en compte que le volet numérique de l’environnement, et au delà que l’EAP mette en avant les outils. Il défend l’idée qu’il faut également prendre en compte le volet analogique : la prise de notes sur papier, les échanges verbaux … Il annonce qu’il abordera ce sujet à REF en septembre 2013, ce qui nous laisse un peu de temps pour y réfléchir:-)

Ma première remarque a été que oui les outils sont des points d’entrée, mais que c’est bien une approche centrée utilisateur, et que ce qui est permier, c’est bien l’entrée par les usages, l’outil n’étant que second. L’autre dimension intéressante de l’EAP est cette entrée vers la dimension sociale de l’apprentissage, puisque la communication y est centrale.

Alors oui, rappelons qu’un environnement d’apprentissage est à la fois analogique et numérique. Ce qui est intéressant, c’est bien de se questionner sur ses méthodes, son processus d’apprentissage de manière globale. Mais plutôt que analogique, je pense que je préfère le terme de physique.

Peut être parce que certains travaux autour de la réalité augmentée explorent (avec un point d’entrée certes technique) le continuum que l’on peut envisager entre environnement physique et environnement numérique. On peut penser aux démonstrations de Pranav Mistry autour de son projet 6th sense (voir la vidéo TED de Pranav Mistry) qui a une approche qui mixe son environnement physique et son environnement numérique.

Il me semble également que lorsque l’on se pose la question des espaces d’apprentissage, on cherche à créer des espaces physiques qui soient propices à l’apprentissage. L’approche est ici autour de l’espace physique, qui doit pouvoir accueillir la dimension numérique.

Mais le point de vue de Nicolas est autre. Il s’intéresse aux stratégies complètes de l’apprentissage, et donc veut étudier tout le processus, pour considérer les influences relatives des différents éléments d’un système d’apprentissage. En effet, l’organisation de son apprentissage inclut aussi son cartable, son stylo.

Il me semble que l’on complète ainsi la démarche du BYOD ou AVAN (Apportez Vos Appareils Numériques) qui est bien de choisir son équipement, et au delà les modes d’apprentissage qui nous conviennent. On est bien dans une approche de culture matérielle, entre outils et fonctions.

Si l’on met l’accent sur le numérique, c’est en fait simplement que c’est l’élément de changement aujourd’hui. Mais effectivement, il n’est qu’un élément du système.

Crédit photo : crayon par lilpete_1 – licence CC-by-NC-ND

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