Sur des nouveaux outils pour enseigner le langage C en ligne

L’équipe des MOOC sur le langage C (MOOC le plus innovant de l’année) nous a invité à découvrir les outils qu’elle a développés pour améliorer l’apprentissage du langage C. Le principe de base est que beaucoup de choses peuvent s’exécuter depuis ou mieux dans le navigateur, en tout cas tout ce qui est nécessaire pour apprendre, pour rendre la prise en main la plus simple possible pour l’apprenant.

Trois outils complémentaires, élégants et originaux ont été intégrés, tous basés sur du logiciel libre :

  • codecast, qui permet d’enregistrer la voix et l’éditeur du prof, mais en redonnant la main à l’apprenant directement sur le code quand il le désire. C’est un vrai plus par rapport aux screencasts classiques, puisqu’il est possible de pousser le professeur et de faire à sa place. J’adore ;
  • taskgrader, qui permet d’éditer, compiler et valider du code, et donc d’évaluer l’apprenant. Cet outil permet donc à l’étudiant de faire du code et d’avoir un retour sur son code. Là encore, on donne la main à l’étudiant. C’est une technologie que l’on a déjà vu dans d’autres MOOC ou formations en ligne (codecademy, khan academy, mais donc aussi France IOI…), mais ici le compilateur C est intégré ce qui est original. Le choix est également de montrer la différence par rapport à ce qui est attendu plutôt que de laisser un environnement d’affichage libre ;
  • weblinux, permet d’avoir un environnement linux directement dans son navigateur, qui permet de développer du code C et de le tester sur un véritable système d’exploitation.

Bref, il est donc possible d’embarquer dans un navigateur un environnement de développement avec son compilateur (codecast) et sa machine cible d’exécution (weblinux), ce qui rend l’apprentissage plus simple, hors de toute contrainte liée à l’ordinateur sur lequel on apprend.

On doit ces développements à Rémi Sharrock et à l’association France IOI qui promeut l’apprentissage du code et de l’algorithmique, avec Mathias Hiron notamment.

D’un point de vue plus technique, cela a été pour moi une bonne mise à niveau. Un navigateur est bien devenu un système à part entière dans lequel il est possible de faire exécuter ce que l’on veut : un compilateur, un système d’exploitation (tournant lui même sur un émulateur de processeur OpenRisc, c’est le projet libre jor1k) comprenant les outils linux qu’on voudra y adjoindre. Les outils d’évaluation de code sont par contre plus classiquement déportés sur des serveurs cloud, mais là aussi le projet taskgrader est accessible et open source. Par contre, ce code est prévu pour tourner sur des services clouds spécifiques. Il est intégré dans les MOOC via l’interface classique LTI, classique dans ce contexte.

Le couplage d’un outil interactif et d’un enregistreur ne semble pas être très difficile à développer, mais l’idée est très séduisante pour renforcer la capacité d’interagir de l’apprenant. Nos présentateurs ne se sont pas étendus sur la chose.

Après cela vous serez prêts à utiliser un environnement intégré dans votre navigateur comme cloud9, sur lequel les outils ci-dessus se sont inspirés en intégrant des fonctionnalités pour accompagner l’apprenant. Mais si vous êtes débutant en programmation, n’hésitez pas à utiliser ces outils en vous inscrivant sur le MOOC « ABC d langage C »,  les enseignants sont des super développeurs et des super pédagogues.

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La dynamique de France Université Numérique pour les MOOC

France Université Numérique (FUN), c’est évidemment bien plus que la question des MOOC. C’est un agenda qui s’articule autour de 18 actions, dont la troisième concerne la plate-forme de MOOC. Ce qui veut dire que la plate-forme de MOOC entre à la fois dans une logique globale et préfigure ce que doit devenir FUN.

Depuis le printemps dernier, Catherine Mongenet qui est l’âme de FUN, en tout cas la chargée de mission, s’attache à fédérer les acteurs autour des MOOC, notamment les établissements offreurs de cours, mais également les acteurs de la recherche, tout en gardant des relations cordiales avec les différents acteurs économiques. Chacun semble trouver ses marques, et à trouver sa place, entre les plate-formes privées ou alternatives, les soutiens à la conception de MOOC, les approches éditoriales. Bref, l’écosystème prend forme et semble plus serein. On verra comment la mise en place de la fondation FUN (action 9) permettra à cet écosystème de se développer.

La mise en place de la plate-forme a été un peu compliquée, mais s’est faite avec une vraie volonté d’associer les acteurs, notamment les premiers concepteurs de MOOC. C’est une bonne chose car cela a permis d’éviter de construire une structure déconnectée de la réalité. Si tout le monde n’y a pas trouvé tout ce qu’il espérait, le résultat est issu d’un consensus entre volonté politique, impératifs techniques, et besoins des producteurs de cours. Cela donne toutes ses chances à une telle plateforme. Beaucoup reste à faire, et certains trouvent que cela n’avance pas assez vite, mais au moins cela avance de manière concertée. On peut également regretter que celle-ci ne soit pas très innovante, mais elle a au moins le mérite d’exister et de fédérer.

Plus intéressant, ce dispositif n’est pas que technique, il y a un véritable accompagnement pour développer les pratiques. Cela a débuté par la mise à disposition d’un ensemble de documents, de nombreux messages pour informer le public des 22 cours mis à disposition. Il y a eu la mise en place de personnes-relais dans les différents établissements, qui sont régulièrement informés. Il y a des réunions d’échanges entre concepteurs, des sites de partage … bref, on cherche à construire un communauté.

La seconde phase est maintenant de proposer des formations sur la conception de MOOC sur FUN en 2 jours. Si celles-ci sont en présentiel, elle s’applique le principe de la classe inversée, en proposant des vidéos de présentation à consulter avant la session. Certaines sont en ligne ici ou . Reste à développer son pendant en ligne, sous forme de MOOC évidemment. On en reparlera 🙂

Le MOOCamp marque une nouvelle étape qui a ravi un certain nombre d’entre nous. On va ici au delà de la communauté technique pour proposer des approches d’innovation ouverte qui permettent de sortir des sentiers battus. Et l’écosystème des MOOC y est sensible et prêt à jouer le jeu.

De manière intéressante, ce n’est qu’après que ces premières étapes soient en place que l’on annonce la mise en place d’un fond pour l’équipement des universités. Un fond d’équipement de laboratoire d’enregistrement est prvéu. Il pourra s’appuyer sur un ensemble varié de solutions explorées. Les fonds de soutien pour la formation professionnelle et pour les investissements d’avenir, prendront place dans un écosystème qui aura déjà décanté des premières pistes. Les aides pourront donc être décidées sur des éléments plus fiable que sur des intentions.

Bref au travers de cette initiative, l’enseignement supérieur semble enfin intégrer dans son fonctionnement les éléments clés d’une réussite du numérique : écosystème, coproduction, accompagnement, innovation ouverte…

crédit photo : #jiscwebminar what is a MOOC ? par  giulia.forsythe licence CC-by-sa-nc

Le portail et la plateforme MOOC de France Université Numérique

Ca y est France Université Numérique est lancée, en grande pompe avec trois ministres : la francophonie, le numérique et l’enseignement supérieur. C’est le coktail adéquat pour démarrer un tel programme. En tout cas il a beaucoup été question de MOOC. Une petite vidéo peut vous faire comprendre rapidement les objectifs de ce programme.

Après plusieurs mois de travail de fond, le 2 octobre permet enfin de faire le point sur le lien entre MOOC et France Université Numérique (FUN). Évidemment l’ambition de FUN couvre tous les aspects du numérique au sein de l’enseignement supérieur, mais les MOOC en sont le premier chantier, symboles d’ouverture et d’innovation numérique et pédagogique. Pour les acteurs autour des MOOC, une offre de ce type est aussi très structurante dans l’écosystème qui se met en place. Regardons-y donc de plus près.

Une plateforme et un portail différentiés

FUN a bien compris la différence en installant une plate-forme qui permet d’accueillir des cours, et en proposant un portail qui affiche les MOOC de cette plate-forme et des MOOC hébergés sur d’autres plate-formes. Techniquement, cette plate-forme a fait le choix du logiciel de edX, qui cumule les qualités de logiciel libre, et de communauté active.

Cela permet de rendre visible et de fédérer tous les efforts de mise en ligne de MOOC et cela est une excellente chose. Cela permet par exemple d’afficher dès à présent des MOOC comme ITyPA « Gestion de Projet » ou FOVEA sur l’anatomie, qui ouvrent immédiatement, et de reconnaître les équipes déjà engagées.

Les contenus

22 premiers sujets variés sont proposés à l’ouverture de la plate forme ( sans oublier 3 externes référencés), et ils seront rejoints rapidement par d’autres. Sur ces 22, peu sont provinciaux, mais Télécom Bretagne en pilote 3 pour le compte de l’Institut Mines-Télécom et la région Bretagne : Introduction aux réseaux mobiles, Principes des réseaux de données et Fabrication Numérique.

Rassembler les établissements de l’enseignement supérieur français

Nombre des établissements français ne pouvaient démarrer leur mue sans que le cadre et un signal fort soient donnés (ce que constitue clairement l’initiative FUN). Impossible pour la plupart dans le contexte français de proposer des cours sur des plate-formes privées, et cela aurait été une incroyable occasion manquée si chacun développait son offre sur un hébergement local.

Bien que pionnier sur cette nouvelle forme d’offre de cours en ligne que sont les MOOC, nous (au sens ici de l’Institut Mines-Télécom) militons depuis un an pour une initiative qui regroupe les acteurs de MOOC. Le portail FUN s’est imposé dans le cadre de l’enseignement supérieur. Il est clair que ce cadre est indispensable pour que les universités se mettent en ordre de marche.

Une structure articulée

Le ministère a fait le choix technique de regrouper 3 opérateurs institutionnels pour mettre en place la plate-forme. CINES, Renater et Inria gèrent donc respectivement hébergement, réseau et logiciel pour proposer une plate-forme et un portail.

Pour piloter cette structure technique, deux comités opérationnels, l’un technique pour piloter les choix opérationnels, l’autre sur les contenus et usages, pour organiser l’accompagnement à la conception. Il y a également un comité d’orientation stratégique qui délivre des avis pour l’ensemble de FUN.

Avancer en marchant

Catherine Mongenet, qui pilote ce projet FUN, s’est donnée comme objectif de rendre le dispositif opérationnel au plus tôt. Tout n’est donc pas réglé a priori, mais au contraire les questions sont traitées au fur et à mesure, tout en gardant présents les grandes orientations de ce projet.

La place de la pédagogie

Il y a deux semaines, nous avons eu une première réunion de référents et de correspondants de sites pour lancer une communauté des acteurs universitaires autour des MOOC. Il faudra sans doute un peu de temps pour que celle-ci trouve son rythme, mais les premiers échanges ont été variés, en se basant sur les expérimentations déjà réalisées et ont fait émerger les nombreuses questions que se posent les uns et les autres. En tout cas la pédagogie et l’évolution des enseignants sont au cœur des objectifs de FUN.

De nombreuses questions devant nous

FUN, en nous proposant un cadre national, va nous permettre de nous fédérer et surtout nous permettre de traiter des questions qui ne font sens qu’à ce niveau. J’en ai deux à l’esprit en écrivant ces ligne :

  • Comment développer une offre ? Dans le cadre de FUN, le gouvernement a prévu d’ouvrir des postes ciblés sur le numérique et la pédagogie, et un fond pour des appels à projets de MOOC innovants ;
  • Comment articuler cette initiative avec le reste de la francophonie et l’Europe : le numérique passe facilement les frontières. Il faudra donc voir comment articuler une offre dans un cadre plus large. Nos collègues francophones, et européens eux aussi développent des cours qui intéresseront nos étudiants et le grand public. Comment les rendre les plus accessibles possibles ? La présence de Yamina Benguigui, ministre de la francophonie montre bien que la question fait partie du périmètre.
  • Comment s’articulera cette offre de MOOC avec nos cursus ? Certes ces MOOC sont ouverts à tous. Mais peuvent ils être proposés au sein de cursus universitaires, y compris dans des établissements qui ne sont pas à l’initiative d’un cours donné ? Et comment ?

Bref, nous avons maintenant un cadre pour l’enseignement supérieur. Reste à y accueillir des participants et à leur permettre de mieux apprendre.

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