Des mobiles aux objets : Internet pour apprendre

Depuis quelques années, mon école se fait un plaisir d’accueillir pendant une semaine des élèves de CPGE (classes préparatoires aux grandes écoles). Cette année nous avons ainsi accueilli  des élèves du lycée Gustave Eiffel (Bordeaux) et Lakanal (Sceaux).  On m’a gentiment demandé de leur faire une présentation pendant une heure, au milieu d’un programme chargé (visites de labos, moment de détente, mais aussi travail avec leurs propres enseignants). Sachant qu’un collègue leur faisait une présentation dont l’intention était de leur montrer que ce qu’ils apprenaient actuellement leur servirait plus tard en école d’ingénieurs, pour compléter son point de vue, je me suis amusé à prendre le contre pied en leur montrant en quoi le numérique  modifiait les façons d’apprendre et les objectifs d’une formation d’ingénieurs.

Cela donne ceci :

Des mobiles aux objets : Internet pour apprendre.

L’échange en tout cas a été très sympathique 🙂

L’amphi dont vous êtes le héros

Un cours démarre. Évidemment, quand vous êtes assis dans un amphi, vous le subissez. Et puis soudain, l’enseignant s’arrête, et une voix sur le coté vous demande : « et maintenant quelle suite choisissez-vous ? »

C’est l’idée de Anne-Céline Grolleau et de Céline Grousson, qu’elles nous ont fait vivre au cours du printemps d’Unit. Elles nous le présentent même sous forme de fiche :

Évidemment, c’est un amphi plein d’enseignants (ou proches) qui a subi cette expérience. Le cours proposé a été donné par Pol-Bernard Gossiaux des Mines de Nantes, à qui je tire mon chapeau d’avoir su jouer la mauvaise foi, digne des faux cours qui circulent en début d’année dans certains amphis. Tapant de la règle, usant de mauvaise foi, effectuant des raccourcis dans ses transparents, ignorant son public (blême ou amusé au bout de 1’30), il a été parfait et a frappé les esprits.

Placé de force en tant que participant, je n’ai pu m’empêcher d’observer la séquence.

  1. Après cette phase d’échauffement, on nous a proposé de réfléchir en groupes de 4 (émergence des idées) puis de 8 (confrontation et sélection) pour faire émerger des idées visant à améliorer, rendre interactif cet amphi. Plus que choisir la suite, on nous proposait de la construire, telle que nous la voulions.
    1. J’y ai vu des enseignants qui analysaient directement la situation vécue, ayant de réelles difficultés à prendre du recul , ce qui m’a étonné ;
    2. J’y ai entendu plusieurs propositions, dont celle qui m’a le plus amusé : proposer aux étudiants de bouger pour simuler un comportement physique correspondant au cours ;
    3. Clairement cette formule de concertation en groupe était inspirée du buzz amphi de démarrage de la conférence QPES. Son fonctionnement est basé sur la technique d’animation de buzz group dans lequel on nous dit que le nombre maximum par groupe est de 6. C’est déjà à mon sens une limite élevée, car dans un amphi, il est difficile de discuter à beaucoup pour des raisons physiques : la position des tables, et la difficulté de se faire en tendre. À mon sens 4 est un bon chiffre. On peut aussi se poser la question de la durée de chaque phase, une trop grande durée étant l’ennemie d’une bonne concentration ;

  2. Remontée des idées : c’était la première fois que je voyais un etherpad utilisé en amphi. Plaisante idée pour faire remonter les propositions de chacun vers le groupe organisateur et numéroter à la volée. Cela nous a tous fait découvrir une limite de l’outil : dans cet amphi seules 12 connexions simultanées sur l’éditeur étaient possibles. Il y a souvent ce type de limite avec les outils du web 2.0, et qui sont rarement écrites. À retenir pour ne pas se faire bloquer. Nos animatrices ont su gérer cela avec le sourire et permis à chacun de se connecter dès qu’un groupe avait fini ;
  3. Votes : on nous a proposé de voter avec des télévoteurs. Sympathique, mais difficile à suivre. En tout cas interactif dans un amphi bien échauffé:-)
  4. Improvisation de la suite : sur le modèle de l’amphi de restructuration, le professeur est venu regarder les propositions, en a retenu 3, s’est rapidement préparé et nous les a restituées :
    1. il a commencé par nous faire déplacer dans la salle en nous faisant jouer le rôle d’in électron : chacun s’éloigne de l’autre, cela bouge, finit pas se stabiliser et on constate qu’un certain nombre de participants sont scotchés aux murs : parfaite illustration d’un phénomène d’électrostatique : charge moyenne et charge de surface :
    2. il nous a également demandé d’illustrer et de retrouver les concepts principaux pour les réorganiser à la volée (il paraît qu’un tableau interactif aurait ici été le bienvenu)
    3. et finalement, il a réalisé sous nos yeux une expérimentation sur la relation résistance/épaisseur de conducteur/dégagement de chaleur (qu’il avait préparé bien avant, comme quoi quand on maîtrise sa matière…)
    4. Bref la grande classe. Encore bravo à Pol-Bernard Gossiaux. Même si un voisin m’a glissé qu’il présentait bien moins de choses de cette manière là ? 😦 et qu’il était bien difficile de se passionner pour une présentation orientée matière après nos discussions. Un guidage pour le débriefing aurait peut être permis de se reconcentrer.

En tout cas une bien belle idée que cet amphi dont vous êtes le héros ! Dont nous avons eu la chance d’avoir la primeur (eh oui, c’était le printemps). Un grand merci à Anne-Céline et à Céline !

Crédit photo : Album souvenir du printemps d’Unit – droits non précisés (donc copyright vraisemblablement)

Museomix, une visite s’impose !

 

Du 11 au 13 novembre, nous serons une soixantaine à participer à une expérience de co-création visant à réinventer le musée à l’heure du numérique ! Ambiance Smartmob, les profils seront complémentaires, la réponse devra être concrète à la fin du week end. Prototypage garanti !

L’idée que je me fais de la vision du musée à l’heure du numérique, coté visiteur (pardon participant) me semble parfaitement résumée dans le diaporama de Loïc Haÿ Panorama d’usages d’outils numériques & de services du web social pour la médiation patrimoniale et culturelle. Une visite se prépare, se vit et se poursuit grâce aux outils numériques. La vision est que l’on passe d’une logique vitrine à une logique relationnelle.

Yves-Armel Martin dans son diaporama « transmettre le savoir à l’ère numérique » distingue les 3 centres sur lesquels on peut agir dans le cadre d’une visite augmentée (centre mental, centre relationnel, centre instinctif), et montre bien l’importance de ces trois dimensions.

Son introduction fait par ailleurs le parallèle entre visite de musée et modes d’apprentissages à l’école. On voit bien que nous sommes dans les mêmes problématiques. D’ailleurs les scénarios que nous avons étudié avec nos amis de PaHST pour l’apprentissage en mobilité en histoire des sciences montrent bien le lien entre espaces historiques à ciel ouvert, musée et information.

Puisque l’on passe à une logique relationnelle, on passe bien à la formalisation d’une expérience unique, personnalisée pour pouvoir être partagée.

Il y a donc une dimension de liberté dans la visite (d’où par exemple l’idée de musée-lego) ou de moyen d’identification de la personne pour pouvoir personnaliser le discours/l’expérience tout au long de sa visite (comme Visite+). L’une des questions de recherche est alors de comment proposer un discours vraiment adapté.

Parmi celles-ci on trouve la construction de scénarios de découverte riches, rejoignant l’approche de IBST (Inquiry Based Science Teaching : apprendre les sciences par démarche d’investigation) recommandée au niveau européen. On trouve également la possibilité de créer des parcours de lecture adaptables, comme l’explore Ioannis Kanellos (voir par exemple Les musées virtuels et la question de la lecture : pour une muséologie numérique centrée sur le visiteur). Les questions se situe donc à donner de la liberté à l’acteur/visiteur pour apprendre et s’émouvoir, mais également à pouvoir l’accompagner dans sa découverte. Quels équilibres doivent être trouvés entre liberté et accompagnement pour concevoir des services d’orchestration des ressources multimédias riches et variées, permettant d’embrasser différents points de vue et différents niveaux de détails.

Peut-on aller au delà de ce qui est disponible, préprogrammé ? C’est une autre question intéressante. J’aimais bien dans le livre Shaping Things de Bruce Serling l’idée que l’on pouvait interroger un objet sur différentes facettes. Ce qui pourrait se traduire par « et si un objet pouvait être source de visite ». Chaque objet pourrait devenir une opportunité de découverte. Chaque objet ne pouvant faire l’objet d’une programmation fermée a priori, il est nécessaire de coupler cette découverte avec une recherche sémantiquement enrichie par le contexte de découverte. J’avais proposé un sujet d’étude dans ce sens : « apprendre via les objets » qui est malheureusement resté au niveau de concept. D’après une étude récente relatée dans « les application mobiles des musées, juste des audioguides améliorés ? » on en est encore loin, l’interinterdisciplinarité du discours reste encore un vœu pieu.

Si l’objet peut devenir un médiateur intéressant, j’aime également bien l’idée que l’on peut expliquer quelque chose sur un coin de table, sur un bout de nappe en papier. L’idée m’est venue après avoir commencé à découvrir les vidéos de Salman Khan, de RSAnimate (Ken Robinson) où l’on revient au dessin simple pour expliquer une notion sans passer par des logiciels lourds pour dessiner. Le projet Kaleidoscope de muséolab l’a reformulé en « et si un bout de table devenait un outil de partage de connaissances ? », qui met en avant la dimension collaborative. Intéressant également. Sauf que dans la classe, l’espace de médiation est plutôt le tableau.

Qu’y a-t-il également d’intéressant à considérer dans cette visite de muéomix ?

Beaucoup de choses à vivre et à découvrir !

Pour le voyage vers Paris, quelques liens qui paraissent intéressants :

crédit photo : le Muséolab du Centre Erasme par dalbera licence CC-by

CodeCamp : un non-cours pour apprendre à programmer sur un mobile

Durant la formation d’ingénieurs à Télécom Bretagne, sont organisés les cours d’intersemestres, qui correspond à un espace de liberté aussi bien thématique que pédagogique, apprécié des enseignants et des élèves. Après plusieurs sessions d’un cours sur le web2.0, (j’en ai parlé ici) son impact, ses évolutions, Cécile Bothorel qui fait partie des enseignants qui portent ces thématiques nous a poussé à ce que nos élèves deviennent « acteurs du web 2.0 mobile » au travers d’une semaine de développement sur mobile.

Pour arriver à relever ce défi, nous avons donc monté un codecamp, sur le principe des barcamps. Le barcamp étant une non-conférence, le codecamp est un non-cours. C’est à dire que les sujets traités sont proposés par les participants, où il est question de développement et de réalisation de prototype sur un temps très court en mêlant les motivations et les compétences.

Autrement dit, les caractéristiques principales :

  • préparation collaborative : quelques cafés, un wiki partagé par les intervenants,(et le reste du monde 🙂 ), moissonage de liens sur le wiki et sur diigo, échange d’idées, brainstorming sur des thèmes et des applications ;
  • minimum de blabla, maximum d’actions : sur la première journée, et pour lancer la semaine, nous avons présenté :
    • nos idées sur les mobiles Pourquoi le mobile est il différent ?, pour susciter la réflexion. En bilan, le retour est que cette présentation doit rester, mais en plus court ;
    • un panorama sur comment démarrer sur Android ;
  • laisser le temps à la créativité de s’exprimer. En trois temps : avant le cours en invitant les participants à réfléchir et en proposant des sujets, au début du cours en présentant des applications et en invitant ceux qui avaient déjà une idée à en dire quelques mots, et au deuxième jour en demandant à tous de présenter les applications qu’ils proposaient puis retenaient. Un détail d’importance : chaque présentation se fait en quelques phrases, avec pour objectif de convaincre. Les groupes se sont auto-construits, suivant les affinités, mais aussi selon les idées ;
  • créer un climat d’échanges. Nous avons réuni comme intervenants/experts : un ancien entrepreneur/développeur, deux élèves en dernière année, développeurs confirmés sur Android, un ingénieur de laboratoire impliqué dans des projets sur Android. Nous avons également invité toute personne voulant bien échanger. Des élèves-ingénieurs en apprentissage sont venus présenter quelques applications qu’ils ont d’ores et déjà publié sur les Markets Android ou iPhone ;
  • faciliter le développement : nous avons donc choisi Android, qui est plus facile de prise en main, plus libre, plus documenté … que d’autres, et nous avons incité les participants à préparer leurs environnements avant d’arriver le lundi matin ;
  • inciter à chercher les informations, à se débrouiller, à réutiliser du code existant. La présentation de prise en main a été basée essentiellement sur une visite de liens intéressants, prolongée sur le wiki ;
  • essayer de répondre aux défis posés. Un groupe voulait accéder à des données réelles : quelques courriels et autres coups de fil ont permis d’obtenir un premier jeu. Le prochain objectif est de les rendre ouvertes, ce qui semble possible, surtout à Brest. Un autre avait besoin d’un serveur Bluetooth sur PC, qui a été repris d’un ancien projet élève, etc. ;
  • valoriser les productions : par une présentation festive le dernier jour, relayée sur twitter, et qui a donné lieu à une forme de vote ou plutôt de définition par les élèves ;
  • prolonger l’expérience, en proposant aux élèves de continuer, de déposer leurs résultats sur des plate-formes de code comme la forge google (puisqu’on développe sur Android).

Conclusion de la première expérience :

  • toutes les applications proposées ont maintenant un prototype qui tourne ;
  • une envie d’utiliser plusieurs d’entre elles ;
  • des élèves contents, qui ont continué à coder le soir pour nombre d’entre eux, et qui regrettent que l’expérience ne dure qu’une semaine ;
  • et non, ce ne sont pas tous des geeks. Plusieurs sont venus pour voir, pour découvrir et ont envie d’aller plus loin ;
  • des liens resserrés entre les intervenants ;
  • des échanges à augmenter au cours de la semaine, entre les élèves, peut être au travers d’échanges rapides sur des sujets/problèmes identifiés au fil de l’eau ;
  • des idées étonnantes.

En résumé, une semaine qui motive tout le monde !

Et pour finir la liste classée de manière aléatoire des applications présentées par les élèves (en attendant la publication des codes et des exécutables) :

  • iBiture : une série de jeux pour tester son état en fin de soirée
  • ReselDroid : retrouver les coordonnées des autres élèves depuis son mobile ;
  • MeteoSociale : partagez le temps qu’il fait vraiment avec vos amis ;
  • BlueBird : télécommande de diaporama par bluetooth ;
  • RabbitShooter : jeu de shoot de lapins avec des carottes pour protéger le stock de carottes ;
  • PuzzleYourPhoto : un petit jeu parfaitement résumé dans son nom ;
  • PetsTalk : traduisez le langage des animaux ;
  • ReadDream : analysez vos rêves sur votre mobile. La présentation a été complétée par une vidéo qu’on espère bientôt sur Youtube ;
  • NumberChallenge : apprenez les nombres d’une langue étrangère ;
  • RevEDT : le réveil de smartphone qui se synchronise sur l’emploi du temps de l’école (la seule idée reprise dans celles que nous avions proposé au démarrage) ;
  • WhosWho Profs : retrouver les coordonnées et situer ses profs depuis son mobile ;
  • BibusMobile : une application pour connaître les horaires et les trajets des bus de Brest/BMO ;
  • MaVoile : s’inscrire aux sorties organisées par son club (de voile…)
  • BipboxCam : qui joue de la musique en fonction de la couleur et de la luminosité. Nous avons eu le droit à une lettre d’Élise jouée avec un post-it et un téléphone. Bluffant…

Et toutes se concentrent bien sur l’essence du mobile : l’expérience utilisateur.

En phase avec le PC Expert de juin 2010

Quand on parcourt la presse, il y a des numéros rassurants sur les orientations que l’on prend dans son activité. Le numéro de PC Expert en est un. Et voici pourquoi :

  • Un article sur le Smart Grid, ou comment gérer intelligemment sa consommation électrique. Si cet article était disponible de manière plus facilement consultable, je n’hésiterai pas à le mette en bibliographie du projet, dit « Introduction aux Grands Systèmes » que nous allons proposer à la rentrée à nos nouveaux élèves ingénieurs qui portera sur l’éclairage public éco-responsable dans notre bonne ville de Brest ; on apprend par ailleurs que ces approches sont testées par ERDF en Bretagne !
  • Toujours sur le projet « Introduction aux Grands Systèmes », en page 97, on trouve une photo du Robot Rovio de la société Wowwee, qui correspond à une extension du premier sujet que nous avions proposé il y a 6 ans, et qui consistait à envoyer une image ou une vidéo sur le téléphone mobile du propriétaire d’une maison qui recevait une visite impromptue. Un robot qui promène sa caméra à distance pour à peine 149$, on n’osait pas en rêver à l’époque ;
  • Un article sur l’Open Source qui montre bien que lorsque les notions de logiciel libre sont visitées par les entreprises, cela devient un peu moins simple ;
  • Une enquête sur les nouvelles monnaies qui introduit l’idée est qui est donc une excellente introduction pour la conférence « Des monnaies complémentaires pour l’innovation » que Jean-Michel Cornu (cité dans l’article) donnera au forum des usages coopératifs de Brest ;
  • Et de manière plus personnelle, j’ai besoin de m’acheter une nouvelle imprimante, et je me demande toujours si je ne devrai pas installer un réseau CPL pour virer mon wifi. Les 2 comparatifs tombent donc à point nommer.

J’avoue ne pas acheter régulièrement des journaux papiers, sauf en voyage (c’était le cas hier), je ne suis donc pas étonné, même si je la regrette de tomber sur la nouvelle de la disparition de ce titre et ds SVM à la fin de ce mois, en cherchant leur sommaire sur le net. Je ne suis pas sûr de pouvoir trouver un sommaire à ce niveau dans l’Ordinateur Individuel.

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Combien de scientifiques se cachent dans mon téléphone portable ?

C’est Luc Deneire qui nous donne la réponse dans une vidéo de 2’21 »: Les scientifiques cachés à l’intérieur d’un téléphone

Voilà le genre d’explication simple et claire qui montre bien l’articulation entre les disciplines qui constituent le domaine des télécoms, que l’on ne voit que trop peu souvent.

Merci à lui.

Les ressources éducatives se développeront en réseau

Ces deux derniers jours, j’ai assisté à un atelier très intéressant en anglais, mais à Brest, Mind the Gap, sur le lien entre apprentissage des sciences, histoire des sciences, et TICE.  La question de fond est toujours  comment redonner aux jeune les goût des sciences.

Dans les débats, se dégageait la question de quelles ressources et de quels réseaux d’enseignants.  A l’écoute des collègues historiens des sciences et des mathématiques, j’ai commencé une série de transparents sur le sujet, qui font également résonance aux sessions sur le sujet qui se dérouleront au Forum de Usages Coopératifs début juillet à Brest. Comme les débats étaient en anglais, j’ai écrit en anglais.

C’est donc pour le moment un brouillon de transparents. Peut être que quelqu’un fera un retour. A mon niveau, j’ai deux axes à travailler :

  • le transparent sur les institutions internationales qui supportent cette approche est encore incomplet.
  • j’aimerai bien intégrer les 5 niveaux de collaboration proposés par Tapscott et Williams dans leur papier de janvier sur Educause joliment appelé « Innovating the 21st-Century University: It’s Time! » qui me paraissent structurants, même si on peut sans doute discuter cette classification

Et bien sûr travailler les images et le texte, voire le traduire en français.

Le cycle des données du web

Avez vous remarqué que vos données circulent de plus en plus dans Internet ? Qu’elles sont accessibles partout et notamment dans votre mobile, à l’endroit et au moment où vous en avez besoin ? Que vous avez également accès à celles de votre réseau social, ou des internautes en général, au travers de conseils, de notes ? Oui, bien sûr !

Mais tous ces aspects sont ils déconnectés, indépendants ? Non, bien sûr !

Je vous propose de faire le lien entre ces facettes, en faisant une analogie avec une représentation classique, celle du cycle de l’eau.

Cycle de l'eau

cycle de l'eau (Wikimedia commons)

Qu’est ce que l’eau dans Internet ? Qu’est ce qui circule, qui change de nature, se transforme, se regroupe, se sépare, accède partout ? Les données, évidemment. Avec une « petite » différence, c’est qu’elles ont une mémoire, et qu’ils est possible de les marquer pour les différentier les unes des autres.

Aujourd’hui, la donnée peut être acquise depuis n’importe quel équipement électronique de notre entourage. Pour expliquer notre cycle intéressons à une goutte, pardon une information donnée. Disons à la photo que vous venez de prendre du local de votre association. Comme vous utilisez le super mobile offert à Noël, vous pouvez lui adjoindre sa position GPS (on dit géolocaliser), un petit nom … et directement l’envoyer sur Internet dans un silo de données (FlickR, Picasa, Facebook, …il y a le choix).

Les ruisseaux, les rivières, les fleuves qui vont recueillir cette goutte (eh oui, 1 Mo, c’est une goutte) sont les réseaux des opérateurs, (remarquez bien il n’y en a que quelques uns). Ils transportent toutes les données produits de tous les équipements dispersés sur le territoire, vers la mer.

Les mers sont ces silos de données (Google, qui intègre Picasa, étant un océan) qui recueillent toutes ces données mélangées, les laisse reposer et s’accumuler. Physiquement, ce sont les disques des serveurs, regroupés aujourd’hui en fermes de serveurs. Certaines données s’enfonceront au fond des océans, d’autres ressortiront

Étape suivante, l’évaporation. Vous trouvez ? Les moteurs de recherche de chacun de ces silos vont extraire les données sélectionnées, demandées par les nuages qui s’amoncèlent au dessus de la mer.

Là haut, l’analogie marche parfaitement. Qui n’a pas entendu parler de « cloud computing » (ou informatique dans les nuages) qui va effectuer des traitements, regrouper des données, les associer, les analyser, les traiter … et ramener notre goutte d’information vers nous.

Toutes ces données retombent via les multiples services qui sont proposés sur la toile, et comme d’habitude vous pourrez regarder cette pluie (d’informations) en regardant par la fenêtre (de votre navigateur).

Essayons de retrouver notre goutte du départ. Bien sûr, elle apparaît sur notre compte, mais aussi sur une carte, avec celle de vos voisins, ou par tag, etc. Au fait, regardons la carte, elle aussi est composée de données issues du monde réel. Dans le cas d’OpenStreetMap, elles ont été saisies par des utilisateurs comme vous et moi avec leur GPS, envoyées vers un serveur, déposées, retraitées, extraites et regroupées avec notre petite photo. Peut être également, se seront ajoutées les remarques de vos amis, ou de personnes inconnues qui commenteront votre photo, ou son sujet.

Votre téléphone ? Votre ordinateur ? C’est le seau qui recueille l’eau qui coule de la gouttière et qui déborde régulièrement d’informations que vous n’arriverez pas toujours à exploiter.

Si on veut vraiment boucler le cycle et réinjecter notre donnée dans la réalité, il suffit de la retrouver dans votre environnement. Pour comprendre ce retour, regardons les nouvelles applications de réalité augmentée, dont Wikitude est un bon exemple. Sur l’écran de votre téléphone, vous allez pouvoir visualiser votre environnement par la caméra, et dessus se superposent des petits drapeaux qui indiquent les informations disponibles aux endroits que vous regardez ! Demain, ce pourra être intégré dans vos lunettes, ou les informations pourront être déposées directement dans l’environnement.

Et ainsi le cycle est complet. La donnée, la photo a été extraite du monde réel, a effectué un long voyage (moult données sont hébergées aux états unis), et est revenue s’intégrer dans notre environnement, sous forme de réalité augmentée. Entre temps, il a pu lui arriver pas mal de choses, être exploitée par beaucoup de nuages, avant de revenir à sa place originale dans notre environnement.

Ce cycle de données est aujourd’hui balbutiant, mais trouve des applications multiples et est amené à se généraliser. Prenons par exemple l’application WideNoise de la société WideTag, qui via les réseaux sociaux permet de recueillir les niveaux de bruits partout où il y a des personnes avec téléphone mobile et de proposer une carte mondiale des niveaux sonores.

Que pensez vous de cette analogie ? Est-elle claire ? intéressante ?

Une semaine prospective Internet à Télécom Bretagne

Certaines semaines font particulièrement apprécier de travailler dans des établissements comme Télécom Bretagne. La semaine qui démarre devrait en être un exemple parfait. Au programme un cours d’intersemestre, dite Post-Web2, comme on n’en trouve nulle part ailleurs et une retransmission de la conférence « Quel futur pour l’Internet ? » en amphi !

Le cours d’intersemestre est une spécialité brestoise qui consiste à proposer sur une semaine un ensemble de cours sur des thèmes qui paraissent intéressants ou qui tiennent au cœur des enseignants -chercheurs de l’école. Cela va du théâtre au nanotechnologies en passant par le leadership, le design, ou le secours en montagne, etc. Bref, il y en a pour tous les goûts, et l’objectif est bien d’élargir la culture de nos élèves ingénieurs.

Dans ce cadre, @gwendal Simon nous concocte depuis quelques années un cours autour du Web2. Mais contrairement aux autres cours sur le sujet, la prise de recul par rapport aux technologies est importante, puisque son approche est de faire intervenir des experts qui donnent leur vue sur l’évolution des usages et des possibilités offertes par l’Internet moderne. Cette année, le thème est le « post-web2 ». L’idée est donc de dépasser l’exploration habituelle du web communautaire, collaboratif, pour aller encore plus loin.

Ainsi, les deux moments forts de cette année seront les présentations de Rémi Sussan et Hugobiwan.

  • Rémi Sussan, va nous éclairer sur la société numérique avec la vision prospective qu’on lui connait sur InternetActu, entre post-humanisme et science-fiction.
  • Hugues Aubin nous accueillera sur Second Life pour nous parler de réalité mixte, d’hommes et territoires augmentés. Il semble qu’il ait réussi à convaincre plusieurs autres participants (d’après ses derniers tweets, on compterait sur @loichay @richwhite @dr_manhattan @davidorban @yannleroux @yannleguennec, si vous ne savez pas qui ils sont, je vous le laisse découvrir et … les suivre sur twitter).

N’oublions pas non plus la présentation de Cécile Bothorel (@CecileBothorel), une collègue experte dans l’analyse des réseaux sociaux.

L’aspect pratique n’est malgré tout pas oublié. Les élèves auront comme objectif de tenir un stand dans un exploriou camp, version locale des explorcamps, dans laquelle ils présenteront à toutes les personnes présentes sur le campus un thème qui a retenu leur attention. Pour cela, ils disposeront des après midi pour faire leurs recherches, leurs essais d’outils, et préparer leur argumentaire. Ma participation à ce cours se cantonnera d’ailleurs à participer à l’animation de cet aspect du cours.

Ce cours devrait non seulement remplir d’aise les geeks modernes, mais toutes les personnes un peu intéressées par la prospective dans le domaine des usages de l’Internet. En effet ces cours, et l’exploriou camp sont ouverts à tous ceux qui sont intéressés. N’hésitez pas à prendre contact.

Quel futur pour l’Internet est une conférence multi-site avec Vinton Cerf, Bob Kahn et Louis Pouzin, autrement dit les figures historiques de l’Internet qui ont une compréhension du phénomène et une vision qui méritent sans contexte qu’on les écoute. Leur intervention sera suivie de quelques autres pointures nationales, d’après le programme :

  • Jean-François C. Morfin, dit « Jefsey », Chair de l’IUCG@IETF qui nous parlera du travail engagé vers l’Intersem (l’internet des pensées).
  • Michel Riguidel, professeur émérite de Télécom ParisTech qui nous présentera de l’Internet polymorphe.
  • Michel Charron, directeur des opérations, Amesis qui évoquera la sécurité à l’horizon 2015, 2020 …
  • Nicolas Arpagian, rédacteur en Chef de la revue Prospective Stratégique, sur le thème : Une cyberguerre est-elle possible ? probable ?
  • Joao Schwarz Da Silva, Commission Européenne : l’Internet du futur, ce qu’en pense l’Europ.

Bref quelques beaux sujets de réflexion. La conférence est ouverte à tous et les inscriptions gratuites sont à indiquer à l’AFEIT pour Brest.

En tout cas, l’objectif d’ouvrir les esprits devrait être atteint, et pas seulement pour les élèves.

ean-François C. MORFIN, dit « Jefsey », Chair de l’IUCG@IETF qui nous parlera du travail engagé vers l’Intersem (l’internet des pensées).

Michel RIGUIDEL, professeur émérite de Télécom ParisTech qui nous présentera de l’Internet polymorphe.

Michel CHARRON, directeur des opérations, Amesis qui évoquera la sécurité à l’horizon 2015, 2020 …

Nicolas ARPAGIAN, rédacteur en Chef de la revue Prospective Stratégique, sur le thème : Une cyberguerre est-elle possible ? probable ?

Joao SCHWARZ DA SILVA

Fab-Lab : un outil pour apprendre et innover dans un monde durable

Pourquoi s’intéresser aux technologies dans le monde du XXIème siècle ? Le concept du Fab Lab nous donne quelques beaux arguments !

La Fing qui cherche à fédérer un mouvement de Fab Lab en France le définit ainsi :

« Un Fab Lab (abréviation de Fabrication laboratory) est une plate-forme ouverte de création et de prototypage d’objets physiques, « intelligents » ou non. Il s’adresse aux entrepreneurs qui veulent passer plus vite du concept au prototype ; aux designers et aux artistes ; aux étudiants désireux d’expérimenter et d’enrichir leurs connaissances pratiques en électronique, en CFAO, en design ; aux bricoleurs du XXIe siècle… »

Son engagement est le suivant :

« L’innovation ouverte en France a besoin qu’émergent des « Fab Labs ». En coopération avec d’autres acteurs de l’innovation, de la création, de l’éducation et de la recherche et des technologies, la Fing s’engage pour les aider à émerger et se connecter. »

On peut donc voir ces outils technologiques comme support à l’innovation. La maîtrise de ces outils aide donc à être innovant . Cela est d’autant plus vrai que cela aide à s’ancrer dans le réel, à concrétiser une idée.

Si maintenant on regarde un peu plus loin, on s’aperçoit que ce concept est intéressant dans un contexte de développement durable. En effet, il permet d’envisager de rapprocher le lieu de production du lieu de consommation, puisqu’il devient possible de produire artisanalement des objets sophistiqués. Il créé du lien entre des utilisateurs du monde entier, et vous permet donc de mettre à disposition et de collaborer avec tout type de personnes, pour permettre de résoudre rapidement et localement tout type de problème dans des contrées reculées. Vous voulez pouvoir participer au mouvement du développement durable ? Apprenez-à utiliser les outils de production, qu’ils soient mécaniques, électroniques ou informatique.

Et si on revient à mon idée d’Apprendre via les objets, ou aux nombreuses idées de Bruce Sterling sur le web des objets dans son livre Shaping Things (traduit par Daniel Kaplan sous le titre Objets bavards), il est intéressant de pouvoir passer de la compréhension à la construction et à l’évolution d’objets existants. Là encore, si on veut retrouver la dimension du bricolage pour comprendre, le Fab Lab est un excellent support.

Au fait, Shaping Things est édité par le MIT, le Fab Lab est un programme issu du Center for Bits and Atoms, (CBA) du MIT.

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