Le cycle des données du web

Avez vous remarqué que vos données circulent de plus en plus dans Internet ? Qu’elles sont accessibles partout et notamment dans votre mobile, à l’endroit et au moment où vous en avez besoin ? Que vous avez également accès à celles de votre réseau social, ou des internautes en général, au travers de conseils, de notes ? Oui, bien sûr !

Mais tous ces aspects sont ils déconnectés, indépendants ? Non, bien sûr !

Je vous propose de faire le lien entre ces facettes, en faisant une analogie avec une représentation classique, celle du cycle de l’eau.

Cycle de l'eau

cycle de l'eau (Wikimedia commons)

Qu’est ce que l’eau dans Internet ? Qu’est ce qui circule, qui change de nature, se transforme, se regroupe, se sépare, accède partout ? Les données, évidemment. Avec une « petite » différence, c’est qu’elles ont une mémoire, et qu’ils est possible de les marquer pour les différentier les unes des autres.

Aujourd’hui, la donnée peut être acquise depuis n’importe quel équipement électronique de notre entourage. Pour expliquer notre cycle intéressons à une goutte, pardon une information donnée. Disons à la photo que vous venez de prendre du local de votre association. Comme vous utilisez le super mobile offert à Noël, vous pouvez lui adjoindre sa position GPS (on dit géolocaliser), un petit nom … et directement l’envoyer sur Internet dans un silo de données (FlickR, Picasa, Facebook, …il y a le choix).

Les ruisseaux, les rivières, les fleuves qui vont recueillir cette goutte (eh oui, 1 Mo, c’est une goutte) sont les réseaux des opérateurs, (remarquez bien il n’y en a que quelques uns). Ils transportent toutes les données produits de tous les équipements dispersés sur le territoire, vers la mer.

Les mers sont ces silos de données (Google, qui intègre Picasa, étant un océan) qui recueillent toutes ces données mélangées, les laisse reposer et s’accumuler. Physiquement, ce sont les disques des serveurs, regroupés aujourd’hui en fermes de serveurs. Certaines données s’enfonceront au fond des océans, d’autres ressortiront

Étape suivante, l’évaporation. Vous trouvez ? Les moteurs de recherche de chacun de ces silos vont extraire les données sélectionnées, demandées par les nuages qui s’amoncèlent au dessus de la mer.

Là haut, l’analogie marche parfaitement. Qui n’a pas entendu parler de « cloud computing » (ou informatique dans les nuages) qui va effectuer des traitements, regrouper des données, les associer, les analyser, les traiter … et ramener notre goutte d’information vers nous.

Toutes ces données retombent via les multiples services qui sont proposés sur la toile, et comme d’habitude vous pourrez regarder cette pluie (d’informations) en regardant par la fenêtre (de votre navigateur).

Essayons de retrouver notre goutte du départ. Bien sûr, elle apparaît sur notre compte, mais aussi sur une carte, avec celle de vos voisins, ou par tag, etc. Au fait, regardons la carte, elle aussi est composée de données issues du monde réel. Dans le cas d’OpenStreetMap, elles ont été saisies par des utilisateurs comme vous et moi avec leur GPS, envoyées vers un serveur, déposées, retraitées, extraites et regroupées avec notre petite photo. Peut être également, se seront ajoutées les remarques de vos amis, ou de personnes inconnues qui commenteront votre photo, ou son sujet.

Votre téléphone ? Votre ordinateur ? C’est le seau qui recueille l’eau qui coule de la gouttière et qui déborde régulièrement d’informations que vous n’arriverez pas toujours à exploiter.

Si on veut vraiment boucler le cycle et réinjecter notre donnée dans la réalité, il suffit de la retrouver dans votre environnement. Pour comprendre ce retour, regardons les nouvelles applications de réalité augmentée, dont Wikitude est un bon exemple. Sur l’écran de votre téléphone, vous allez pouvoir visualiser votre environnement par la caméra, et dessus se superposent des petits drapeaux qui indiquent les informations disponibles aux endroits que vous regardez ! Demain, ce pourra être intégré dans vos lunettes, ou les informations pourront être déposées directement dans l’environnement.

Et ainsi le cycle est complet. La donnée, la photo a été extraite du monde réel, a effectué un long voyage (moult données sont hébergées aux états unis), et est revenue s’intégrer dans notre environnement, sous forme de réalité augmentée. Entre temps, il a pu lui arriver pas mal de choses, être exploitée par beaucoup de nuages, avant de revenir à sa place originale dans notre environnement.

Ce cycle de données est aujourd’hui balbutiant, mais trouve des applications multiples et est amené à se généraliser. Prenons par exemple l’application WideNoise de la société WideTag, qui via les réseaux sociaux permet de recueillir les niveaux de bruits partout où il y a des personnes avec téléphone mobile et de proposer une carte mondiale des niveaux sonores.

Que pensez vous de cette analogie ? Est-elle claire ? intéressante ?

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Une semaine prospective Internet à Télécom Bretagne

Certaines semaines font particulièrement apprécier de travailler dans des établissements comme Télécom Bretagne. La semaine qui démarre devrait en être un exemple parfait. Au programme un cours d’intersemestre, dite Post-Web2, comme on n’en trouve nulle part ailleurs et une retransmission de la conférence « Quel futur pour l’Internet ? » en amphi !

Le cours d’intersemestre est une spécialité brestoise qui consiste à proposer sur une semaine un ensemble de cours sur des thèmes qui paraissent intéressants ou qui tiennent au cœur des enseignants -chercheurs de l’école. Cela va du théâtre au nanotechnologies en passant par le leadership, le design, ou le secours en montagne, etc. Bref, il y en a pour tous les goûts, et l’objectif est bien d’élargir la culture de nos élèves ingénieurs.

Dans ce cadre, @gwendal Simon nous concocte depuis quelques années un cours autour du Web2. Mais contrairement aux autres cours sur le sujet, la prise de recul par rapport aux technologies est importante, puisque son approche est de faire intervenir des experts qui donnent leur vue sur l’évolution des usages et des possibilités offertes par l’Internet moderne. Cette année, le thème est le « post-web2 ». L’idée est donc de dépasser l’exploration habituelle du web communautaire, collaboratif, pour aller encore plus loin.

Ainsi, les deux moments forts de cette année seront les présentations de Rémi Sussan et Hugobiwan.

  • Rémi Sussan, va nous éclairer sur la société numérique avec la vision prospective qu’on lui connait sur InternetActu, entre post-humanisme et science-fiction.
  • Hugues Aubin nous accueillera sur Second Life pour nous parler de réalité mixte, d’hommes et territoires augmentés. Il semble qu’il ait réussi à convaincre plusieurs autres participants (d’après ses derniers tweets, on compterait sur @loichay @richwhite @dr_manhattan @davidorban @yannleroux @yannleguennec, si vous ne savez pas qui ils sont, je vous le laisse découvrir et … les suivre sur twitter).

N’oublions pas non plus la présentation de Cécile Bothorel (@CecileBothorel), une collègue experte dans l’analyse des réseaux sociaux.

L’aspect pratique n’est malgré tout pas oublié. Les élèves auront comme objectif de tenir un stand dans un exploriou camp, version locale des explorcamps, dans laquelle ils présenteront à toutes les personnes présentes sur le campus un thème qui a retenu leur attention. Pour cela, ils disposeront des après midi pour faire leurs recherches, leurs essais d’outils, et préparer leur argumentaire. Ma participation à ce cours se cantonnera d’ailleurs à participer à l’animation de cet aspect du cours.

Ce cours devrait non seulement remplir d’aise les geeks modernes, mais toutes les personnes un peu intéressées par la prospective dans le domaine des usages de l’Internet. En effet ces cours, et l’exploriou camp sont ouverts à tous ceux qui sont intéressés. N’hésitez pas à prendre contact.

Quel futur pour l’Internet est une conférence multi-site avec Vinton Cerf, Bob Kahn et Louis Pouzin, autrement dit les figures historiques de l’Internet qui ont une compréhension du phénomène et une vision qui méritent sans contexte qu’on les écoute. Leur intervention sera suivie de quelques autres pointures nationales, d’après le programme :

  • Jean-François C. Morfin, dit « Jefsey », Chair de l’IUCG@IETF qui nous parlera du travail engagé vers l’Intersem (l’internet des pensées).
  • Michel Riguidel, professeur émérite de Télécom ParisTech qui nous présentera de l’Internet polymorphe.
  • Michel Charron, directeur des opérations, Amesis qui évoquera la sécurité à l’horizon 2015, 2020 …
  • Nicolas Arpagian, rédacteur en Chef de la revue Prospective Stratégique, sur le thème : Une cyberguerre est-elle possible ? probable ?
  • Joao Schwarz Da Silva, Commission Européenne : l’Internet du futur, ce qu’en pense l’Europ.

Bref quelques beaux sujets de réflexion. La conférence est ouverte à tous et les inscriptions gratuites sont à indiquer à l’AFEIT pour Brest.

En tout cas, l’objectif d’ouvrir les esprits devrait être atteint, et pas seulement pour les élèves.

ean-François C. MORFIN, dit « Jefsey », Chair de l’IUCG@IETF qui nous parlera du travail engagé vers l’Intersem (l’internet des pensées).

Michel RIGUIDEL, professeur émérite de Télécom ParisTech qui nous présentera de l’Internet polymorphe.

Michel CHARRON, directeur des opérations, Amesis qui évoquera la sécurité à l’horizon 2015, 2020 …

Nicolas ARPAGIAN, rédacteur en Chef de la revue Prospective Stratégique, sur le thème : Une cyberguerre est-elle possible ? probable ?

Joao SCHWARZ DA SILVA

Fab-Lab : un outil pour apprendre et innover dans un monde durable

Pourquoi s’intéresser aux technologies dans le monde du XXIème siècle ? Le concept du Fab Lab nous donne quelques beaux arguments !

La Fing qui cherche à fédérer un mouvement de Fab Lab en France le définit ainsi :

« Un Fab Lab (abréviation de Fabrication laboratory) est une plate-forme ouverte de création et de prototypage d’objets physiques, « intelligents » ou non. Il s’adresse aux entrepreneurs qui veulent passer plus vite du concept au prototype ; aux designers et aux artistes ; aux étudiants désireux d’expérimenter et d’enrichir leurs connaissances pratiques en électronique, en CFAO, en design ; aux bricoleurs du XXIe siècle… »

Son engagement est le suivant :

« L’innovation ouverte en France a besoin qu’émergent des « Fab Labs ». En coopération avec d’autres acteurs de l’innovation, de la création, de l’éducation et de la recherche et des technologies, la Fing s’engage pour les aider à émerger et se connecter. »

On peut donc voir ces outils technologiques comme support à l’innovation. La maîtrise de ces outils aide donc à être innovant . Cela est d’autant plus vrai que cela aide à s’ancrer dans le réel, à concrétiser une idée.

Si maintenant on regarde un peu plus loin, on s’aperçoit que ce concept est intéressant dans un contexte de développement durable. En effet, il permet d’envisager de rapprocher le lieu de production du lieu de consommation, puisqu’il devient possible de produire artisanalement des objets sophistiqués. Il créé du lien entre des utilisateurs du monde entier, et vous permet donc de mettre à disposition et de collaborer avec tout type de personnes, pour permettre de résoudre rapidement et localement tout type de problème dans des contrées reculées. Vous voulez pouvoir participer au mouvement du développement durable ? Apprenez-à utiliser les outils de production, qu’ils soient mécaniques, électroniques ou informatique.

Et si on revient à mon idée d’Apprendre via les objets, ou aux nombreuses idées de Bruce Sterling sur le web des objets dans son livre Shaping Things (traduit par Daniel Kaplan sous le titre Objets bavards), il est intéressant de pouvoir passer de la compréhension à la construction et à l’évolution d’objets existants. Là encore, si on veut retrouver la dimension du bricolage pour comprendre, le Fab Lab est un excellent support.

Au fait, Shaping Things est édité par le MIT, le Fab Lab est un programme issu du Center for Bits and Atoms, (CBA) du MIT.

Devenir Ingénieur via les objets

Comme on l’a vu, une approche de type Apprendre via les Objets est, selon une approche par compétence telle que celle développée par le CDIO, est  une modalité pédagogique intéressante.

En effet, s’il est possible d’associer des ressources pédagogiques pour mettre en situation des notions scientifiques ou techniques, il est également possible d’envisager nombre d’activités complémentaires.

Entrer dans les savoirs par une entrée de ce type permet de mettre en exergue le caractère profondément interdisciplinaire des objets qui nous entourent. Cette interdisciplinarité est bien entendu technique, mais elle aborde aussi les aspects environnementaux, ou durables,  comme le propose Bruce Sterling. Elle permet de poser la question de l’utilité sociale de l’objet, son intégration dans des systèmes englobants qu’ils soient techniques, organisationnels ou sociaux.

L’approche « Apprendre via les objets » permet de construire différents types de sujets de type projet :

  • construire une réponse à des utilisateurs qui veulent pouvoir adapter un objet existant pour un usage nouveau. L’accès aux données des objets (rendu possible par des protocoles tels qu’OpenSpime , aux outils de reconstruction des objets (lié à la notion de Spime de Bruce Sterling). C’est une approche qui oblige à analyser l’existant et la demande, deux aspects importants pour le futur ingénieur ;
  • imaginer, analyser des conceptions alternatives en faisant varier des paramètres de type coût, nombre d’exemplaires, l’approche consistant à pouvoir faire du sur-mesure change en effet les critères qui ont conduit à la coneption de nombre d’objets qui nous entourent qui ont été conçus selon une approche d’échelle mondiale avec une personnalisation au niveau informatique ou de l’emballage ;
  • travailler avec des designers, ou d’autres. En effet les données étant partageables, partagées il devient possible de mettre en place des projets ou des campus distants collaborent. Le projet, la collaboration se fait autour de l’objet ;
  • l’internet des objets est également une source d’innovation qui permet d’envisager des innovations et des modèles économiques modernes comme l’a prouvé l’emblématique lapin Nabaztag

En bref, il est possible d’envisager des projets motivants, avec l’intégration des connaissances techniques, sociales, économiques, durables …

crédit photographique : http://www.flickr.com/photos/dalbera/2739290486/ par Dalbera en licence CC-by.

Rationale for a CDIO approach : Apprendre via les objets !

Je décrivais hier ce qu’est l’approche CDIO. Ce matin, j’écoute l’introduction du meeting.

Je reprend ici une diapo titrée « Rationale for a CDIO approach »

  • Most engineers tend to learn from a concrete to the abstract, e.g.in manipulating objects to understand theoritical concepts ;
  • Many students arrive at university lacking personal experience in building or repairing objects
  • Design-implement activities and other forms of experiential learning build the cognitive framework students need to understand the fundamentals more deeply
  • In a CDIO approach, learning activities have a dual impact of deepening technical knowledge while developing product, process, and system building skills

Un plaidoyer pour développer une approche moderne de la compréhension des objets. J’appelle cela « Apprendre via les objets« 

Apprendre via les Objets

L’Internet des Objets nous promet de pouvoir accéder aux données liées à un objet. L’idée de ce billet est d’envisager comment utiliser ce nouveau lien entre le réel et les données pour susciter une découverte des technologies et des sciences.

Ou comment Redonner le goût aux sciences…

Bruce Sterling nous parle de l’Internet des Objets comme d’un moyen de repenser le monde. L’accès aux informations permet d’accéder à la conception d’un objet, de connaître sa vie. Il en déduit une foule de comportements qui deviennent possible : changer son usage, le faire évoluer, améliorer son empreinte, être au courant de son impact environnemental. Il reste à envisager cet objet comme moyen, ou au moins comme prétexte à apprendre.

Si l’on se place du goût de la découverte des technologies et des sciences, l’idée est que l’on peut via un objet chercher à comprendre comment il est fait, et aussi comment il s’intègre dans son environnement physique et technologique.

Si l’on considère que les plans qui ont conduit à sa conception sont disponibles, il devient possible de proposer ces informations à quelqu’un qui veut comprendre comment l’objet a été conçu ou fabriqué. Il est alors possible de parcourir ces plans pour comprendre quels sont ces composants, qu’ils soient physiques, intégrés ou logiciels. Sa construction redevient lisible !

Ainsi quand je suis face à un objet et que je me demande comment il fonctionne, il suffit de l’interroger pour pouvoir accéder à son fonctionnement interne. Il est ainsi possible de commencer à susciter ma curiosité au moment où je suis prêt à être intéressé.

Ce parcours peut évidemment s’adapter à différents critères : mon âge, mon niveau de connaissances, mon envie d’approfondissement, mes intérêts actuels (je peux m’intéresser actuellement à la découverte de l’électronique, à l’impact environnemental des objets, à l’histoire des sciences …). Il y a là de la matière pour tous les niveaux d’apprentissage. Pour faire une analogie avec le travail d’un collègue : chaque objet devient un musée virtuel dont il est possible de choisir un parcours.

Pour prendre une autre analogie, un certain nombre d’ingénieurs avouent en privé être venus à ce métier par un goût du démontage des objets qui les entouraient du temps de leur enfance. Qui de se souvenir d’une boite de vitesse, de son solex, d’une radio … Les avancées technologiques ont été suffisamment importantes pour que la technologie deviennent invisibles, et tous les objets qui nous entourent indémontables. De la à expliquer le moindre intérêt des jeunes pour la technologie, il n’y a qu’un pas. Cet accès aux plans de l’objet peut le rendre à nouveau « démontable », au moins virtuellement.

Dans cette perspective, l’Internet des objets peut devenir un moyen de comprendre le monde.

Moi cette perspective me branche assez, et vous, qu’en pensez-vous ?

Redonner le goût aux sciences

Les filières scientifiques semblent devenir moins attrayantes pour nos jeunes. Un des remèdes proposés serait de redonner le goût aux sciences à nos jeunes. Pour cela il faut rendre à nouveau visible ou plutôt accessibles les phénomènes technologiques.

Parmi les raisons avancées pour explique que la science ne serait plus attrayante, on trouve l’idée que ce n’est pas amusant/ intéressant. Les petits débrouillards montrent qu’il n’en n’est rien, et que l’on peut lutter contre cela. Le développement d’une démarche de découverte, d’expérimentation, d’éveil de la curiosité est le fondement de la démarche des petits débrouillards. Le problème, c’est le caractère « laboratoire » qui limite cette exploration dans le temps et l’espace.

Autre raison évoquée, c’est que la technologie devient invisible. Là où il était possible il y a 20 30 ans de démonter un moteur, un radio-cassette, un téléphone et suivre les montages, les fils, pour voir des composants et leur agencement, on est face aujourd’hui à une merveille de technologie complètement intégrée et surtout indémontable. La technologie est devenue tellement mature, qu’elle a disparu. Les phénomènes physiques sous-jacents ne sont plus matérialisés. La science est partout, mais elle est cachée. Or, pour bon nombre d’ingénieurs, ce qui a déclenché leur vocation, c’est bien la possibilité de toucher du doigt le fonctionnement interne des machines qui a déclenché leur vocation.

Et pourtant quoi de mieux que cette vision de liens et de composants pour démarrer une approche système ? C’est bien un des éléments principaux de la formation d’ingénieurs. C’est bien cela qui forme la colonne vertébrale du syllabus du cdio (merci de me relancer pour que je fasse un papier en français pour expliquer ce qui se cache derrière cet acronyme).

Comment rendre à nouveau visible ? Les images, la simulation sont des moyens de visualiser de manière extraordinaire les phénomènes dans lesquels nous sommes plongés, d’ouvrir des perspectives, des points de vue qui étaient impensables il y a 30 20 ans. Mais nous restons souvent dans une posture d’émerveillement face à ces phénomènes, loin de la démarche de découverte liée au bricoleur qui démonter pour chercher à comprendre. Ces images nous sont données, imposées. Elles ne sont pas construites par tâtonnements, elles n’arrivent pas au moment où l’on essaye de comprendre un tout dans lequel ce phénomène trouve sa place.

Bref, il manque la situation prétexte à l’apprentissage.

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