Devenir Ingénieur via les objets

Comme on l’a vu, une approche de type Apprendre via les Objets est, selon une approche par compétence telle que celle développée par le CDIO, est  une modalité pédagogique intéressante.

En effet, s’il est possible d’associer des ressources pédagogiques pour mettre en situation des notions scientifiques ou techniques, il est également possible d’envisager nombre d’activités complémentaires.

Entrer dans les savoirs par une entrée de ce type permet de mettre en exergue le caractère profondément interdisciplinaire des objets qui nous entourent. Cette interdisciplinarité est bien entendu technique, mais elle aborde aussi les aspects environnementaux, ou durables,  comme le propose Bruce Sterling. Elle permet de poser la question de l’utilité sociale de l’objet, son intégration dans des systèmes englobants qu’ils soient techniques, organisationnels ou sociaux.

L’approche « Apprendre via les objets » permet de construire différents types de sujets de type projet :

  • construire une réponse à des utilisateurs qui veulent pouvoir adapter un objet existant pour un usage nouveau. L’accès aux données des objets (rendu possible par des protocoles tels qu’OpenSpime , aux outils de reconstruction des objets (lié à la notion de Spime de Bruce Sterling). C’est une approche qui oblige à analyser l’existant et la demande, deux aspects importants pour le futur ingénieur ;
  • imaginer, analyser des conceptions alternatives en faisant varier des paramètres de type coût, nombre d’exemplaires, l’approche consistant à pouvoir faire du sur-mesure change en effet les critères qui ont conduit à la coneption de nombre d’objets qui nous entourent qui ont été conçus selon une approche d’échelle mondiale avec une personnalisation au niveau informatique ou de l’emballage ;
  • travailler avec des designers, ou d’autres. En effet les données étant partageables, partagées il devient possible de mettre en place des projets ou des campus distants collaborent. Le projet, la collaboration se fait autour de l’objet ;
  • l’internet des objets est également une source d’innovation qui permet d’envisager des innovations et des modèles économiques modernes comme l’a prouvé l’emblématique lapin Nabaztag

En bref, il est possible d’envisager des projets motivants, avec l’intégration des connaissances techniques, sociales, économiques, durables …

crédit photographique : http://www.flickr.com/photos/dalbera/2739290486/ par Dalbera en licence CC-by.

Rationale for a CDIO approach : Apprendre via les objets !

Je décrivais hier ce qu’est l’approche CDIO. Ce matin, j’écoute l’introduction du meeting.

Je reprend ici une diapo titrée « Rationale for a CDIO approach »

  • Most engineers tend to learn from a concrete to the abstract, e.g.in manipulating objects to understand theoritical concepts ;
  • Many students arrive at university lacking personal experience in building or repairing objects
  • Design-implement activities and other forms of experiential learning build the cognitive framework students need to understand the fundamentals more deeply
  • In a CDIO approach, learning activities have a dual impact of deepening technical knowledge while developing product, process, and system building skills

Un plaidoyer pour développer une approche moderne de la compréhension des objets. J’appelle cela « Apprendre via les objets« 

Apprendre via les Objets

L’Internet des Objets nous promet de pouvoir accéder aux données liées à un objet. L’idée de ce billet est d’envisager comment utiliser ce nouveau lien entre le réel et les données pour susciter une découverte des technologies et des sciences.

Ou comment Redonner le goût aux sciences…

Bruce Sterling nous parle de l’Internet des Objets comme d’un moyen de repenser le monde. L’accès aux informations permet d’accéder à la conception d’un objet, de connaître sa vie. Il en déduit une foule de comportements qui deviennent possible : changer son usage, le faire évoluer, améliorer son empreinte, être au courant de son impact environnemental. Il reste à envisager cet objet comme moyen, ou au moins comme prétexte à apprendre.

Si l’on se place du goût de la découverte des technologies et des sciences, l’idée est que l’on peut via un objet chercher à comprendre comment il est fait, et aussi comment il s’intègre dans son environnement physique et technologique.

Si l’on considère que les plans qui ont conduit à sa conception sont disponibles, il devient possible de proposer ces informations à quelqu’un qui veut comprendre comment l’objet a été conçu ou fabriqué. Il est alors possible de parcourir ces plans pour comprendre quels sont ces composants, qu’ils soient physiques, intégrés ou logiciels. Sa construction redevient lisible !

Ainsi quand je suis face à un objet et que je me demande comment il fonctionne, il suffit de l’interroger pour pouvoir accéder à son fonctionnement interne. Il est ainsi possible de commencer à susciter ma curiosité au moment où je suis prêt à être intéressé.

Ce parcours peut évidemment s’adapter à différents critères : mon âge, mon niveau de connaissances, mon envie d’approfondissement, mes intérêts actuels (je peux m’intéresser actuellement à la découverte de l’électronique, à l’impact environnemental des objets, à l’histoire des sciences …). Il y a là de la matière pour tous les niveaux d’apprentissage. Pour faire une analogie avec le travail d’un collègue : chaque objet devient un musée virtuel dont il est possible de choisir un parcours.

Pour prendre une autre analogie, un certain nombre d’ingénieurs avouent en privé être venus à ce métier par un goût du démontage des objets qui les entouraient du temps de leur enfance. Qui de se souvenir d’une boite de vitesse, de son solex, d’une radio … Les avancées technologiques ont été suffisamment importantes pour que la technologie deviennent invisibles, et tous les objets qui nous entourent indémontables. De la à expliquer le moindre intérêt des jeunes pour la technologie, il n’y a qu’un pas. Cet accès aux plans de l’objet peut le rendre à nouveau « démontable », au moins virtuellement.

Dans cette perspective, l’Internet des objets peut devenir un moyen de comprendre le monde.

Moi cette perspective me branche assez, et vous, qu’en pensez-vous ?

Redonner le goût aux sciences

Les filières scientifiques semblent devenir moins attrayantes pour nos jeunes. Un des remèdes proposés serait de redonner le goût aux sciences à nos jeunes. Pour cela il faut rendre à nouveau visible ou plutôt accessibles les phénomènes technologiques.

Parmi les raisons avancées pour explique que la science ne serait plus attrayante, on trouve l’idée que ce n’est pas amusant/ intéressant. Les petits débrouillards montrent qu’il n’en n’est rien, et que l’on peut lutter contre cela. Le développement d’une démarche de découverte, d’expérimentation, d’éveil de la curiosité est le fondement de la démarche des petits débrouillards. Le problème, c’est le caractère « laboratoire » qui limite cette exploration dans le temps et l’espace.

Autre raison évoquée, c’est que la technologie devient invisible. Là où il était possible il y a 20 30 ans de démonter un moteur, un radio-cassette, un téléphone et suivre les montages, les fils, pour voir des composants et leur agencement, on est face aujourd’hui à une merveille de technologie complètement intégrée et surtout indémontable. La technologie est devenue tellement mature, qu’elle a disparu. Les phénomènes physiques sous-jacents ne sont plus matérialisés. La science est partout, mais elle est cachée. Or, pour bon nombre d’ingénieurs, ce qui a déclenché leur vocation, c’est bien la possibilité de toucher du doigt le fonctionnement interne des machines qui a déclenché leur vocation.

Et pourtant quoi de mieux que cette vision de liens et de composants pour démarrer une approche système ? C’est bien un des éléments principaux de la formation d’ingénieurs. C’est bien cela qui forme la colonne vertébrale du syllabus du cdio (merci de me relancer pour que je fasse un papier en français pour expliquer ce qui se cache derrière cet acronyme).

Comment rendre à nouveau visible ? Les images, la simulation sont des moyens de visualiser de manière extraordinaire les phénomènes dans lesquels nous sommes plongés, d’ouvrir des perspectives, des points de vue qui étaient impensables il y a 30 20 ans. Mais nous restons souvent dans une posture d’émerveillement face à ces phénomènes, loin de la démarche de découverte liée au bricoleur qui démonter pour chercher à comprendre. Ces images nous sont données, imposées. Elles ne sont pas construites par tâtonnements, elles n’arrivent pas au moment où l’on essaye de comprendre un tout dans lequel ce phénomène trouve sa place.

Bref, il manque la situation prétexte à l’apprentissage.

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