Un Etherpad pour définir un cours « Web pervasif »

OpenSpime : une vue pervasive

Dans le cadre de notre dernière année de la formation ingénieurs, nous sommes en train de passer un cap et d’aborder explicitement dans notre enseignement de spécialisation informatique les nouvelles tendances du web. Le titre provisoire est « Web, partout, toujours : enjeux, innovations et conceptions ». L’idée est d’aborder la conception de systèmes basés sur le web, avec une vue globale. Nous en sommes à un résumé, mais qui définit une problématique globale qui nous paraît intéressante en intégrant les aspects techniques, sociaux et sociétaux. De plus, nous comptons profiter de ce nouveau cours pour envisager une approche pédagogique permettant d’intégrer les démarches de réflexion, d’innovation.

Bien entendu les outils web seront utilisés de manière intensive. Nous allons voir dans quelle mesure les outils sémantiques pourront être intégrés.

Reste à construire un déroulement pour une soixantaine d’heures de formation.

Pour travailler, nous avons utilisé un outil, déjà classique pour certains, mais que j’utilise pour la première fois entre personnes distantes (l’un de nous était en Grèce). Et effectivement pour travailler en commun sur un texte, c’est un vrai bonheur. Vous pouvez d’ailleurs le commenter, le corriger en ligne :-).

En ouvrant ce document, par contre une mauvaise nouvelle : le service en ligne va fermer ! Il ne nous restera donc plus qu’à déployer notre propre serveur Etherpad ou attendre l’intégration de ce niveau de synchronisation dans les outils Google. Le code est passé en Open Source (Apache Licence 2.0) et déposé sur la forge Google.

Pour @garlatti : Peut être regarder comment intégrer des extensions sémantiques dans Etherpad ?

Le cycle des données du web

Avez vous remarqué que vos données circulent de plus en plus dans Internet ? Qu’elles sont accessibles partout et notamment dans votre mobile, à l’endroit et au moment où vous en avez besoin ? Que vous avez également accès à celles de votre réseau social, ou des internautes en général, au travers de conseils, de notes ? Oui, bien sûr !

Mais tous ces aspects sont ils déconnectés, indépendants ? Non, bien sûr !

Je vous propose de faire le lien entre ces facettes, en faisant une analogie avec une représentation classique, celle du cycle de l’eau.

Cycle de l'eau

cycle de l'eau (Wikimedia commons)

Qu’est ce que l’eau dans Internet ? Qu’est ce qui circule, qui change de nature, se transforme, se regroupe, se sépare, accède partout ? Les données, évidemment. Avec une « petite » différence, c’est qu’elles ont une mémoire, et qu’ils est possible de les marquer pour les différentier les unes des autres.

Aujourd’hui, la donnée peut être acquise depuis n’importe quel équipement électronique de notre entourage. Pour expliquer notre cycle intéressons à une goutte, pardon une information donnée. Disons à la photo que vous venez de prendre du local de votre association. Comme vous utilisez le super mobile offert à Noël, vous pouvez lui adjoindre sa position GPS (on dit géolocaliser), un petit nom … et directement l’envoyer sur Internet dans un silo de données (FlickR, Picasa, Facebook, …il y a le choix).

Les ruisseaux, les rivières, les fleuves qui vont recueillir cette goutte (eh oui, 1 Mo, c’est une goutte) sont les réseaux des opérateurs, (remarquez bien il n’y en a que quelques uns). Ils transportent toutes les données produits de tous les équipements dispersés sur le territoire, vers la mer.

Les mers sont ces silos de données (Google, qui intègre Picasa, étant un océan) qui recueillent toutes ces données mélangées, les laisse reposer et s’accumuler. Physiquement, ce sont les disques des serveurs, regroupés aujourd’hui en fermes de serveurs. Certaines données s’enfonceront au fond des océans, d’autres ressortiront

Étape suivante, l’évaporation. Vous trouvez ? Les moteurs de recherche de chacun de ces silos vont extraire les données sélectionnées, demandées par les nuages qui s’amoncèlent au dessus de la mer.

Là haut, l’analogie marche parfaitement. Qui n’a pas entendu parler de « cloud computing » (ou informatique dans les nuages) qui va effectuer des traitements, regrouper des données, les associer, les analyser, les traiter … et ramener notre goutte d’information vers nous.

Toutes ces données retombent via les multiples services qui sont proposés sur la toile, et comme d’habitude vous pourrez regarder cette pluie (d’informations) en regardant par la fenêtre (de votre navigateur).

Essayons de retrouver notre goutte du départ. Bien sûr, elle apparaît sur notre compte, mais aussi sur une carte, avec celle de vos voisins, ou par tag, etc. Au fait, regardons la carte, elle aussi est composée de données issues du monde réel. Dans le cas d’OpenStreetMap, elles ont été saisies par des utilisateurs comme vous et moi avec leur GPS, envoyées vers un serveur, déposées, retraitées, extraites et regroupées avec notre petite photo. Peut être également, se seront ajoutées les remarques de vos amis, ou de personnes inconnues qui commenteront votre photo, ou son sujet.

Votre téléphone ? Votre ordinateur ? C’est le seau qui recueille l’eau qui coule de la gouttière et qui déborde régulièrement d’informations que vous n’arriverez pas toujours à exploiter.

Si on veut vraiment boucler le cycle et réinjecter notre donnée dans la réalité, il suffit de la retrouver dans votre environnement. Pour comprendre ce retour, regardons les nouvelles applications de réalité augmentée, dont Wikitude est un bon exemple. Sur l’écran de votre téléphone, vous allez pouvoir visualiser votre environnement par la caméra, et dessus se superposent des petits drapeaux qui indiquent les informations disponibles aux endroits que vous regardez ! Demain, ce pourra être intégré dans vos lunettes, ou les informations pourront être déposées directement dans l’environnement.

Et ainsi le cycle est complet. La donnée, la photo a été extraite du monde réel, a effectué un long voyage (moult données sont hébergées aux états unis), et est revenue s’intégrer dans notre environnement, sous forme de réalité augmentée. Entre temps, il a pu lui arriver pas mal de choses, être exploitée par beaucoup de nuages, avant de revenir à sa place originale dans notre environnement.

Ce cycle de données est aujourd’hui balbutiant, mais trouve des applications multiples et est amené à se généraliser. Prenons par exemple l’application WideNoise de la société WideTag, qui via les réseaux sociaux permet de recueillir les niveaux de bruits partout où il y a des personnes avec téléphone mobile et de proposer une carte mondiale des niveaux sonores.

Que pensez vous de cette analogie ? Est-elle claire ? intéressante ?

Nos élèves 2.0 seront les ingénieurs 3.0 (et plus encore)

Our students 2.0 will be the engineers 3.0 (and more)

Nos élèves ont une culture numérique, principalement ancrée dans les réseaux d’amis dans Facebook ou Messenger, mais aussi autour de la musique, des jeux, des téléphones… Nous pouvons les appeler «natifs du numériques » ou élèves 2.0 (pour coller au titre du billet). C’est un constat, une prise en compte de leur acquis, mais cela ne guide pas sur ce qu’il faut leur faire acquérir. Ce qui est m’intéresse ici, c’est qu’il ne faut pas confondre cet état de fait avec l’objectif d’en faire des professionnels demain. Voici donc quelques objectifs à intégrer dans une formation d’élèves 2.0 futurs ingénieurs 3.0.

Par rapport à l’Internet et son utilisation.

Quelques compétences de base transverses à toute formation de niveau master :

  • la digital literacy, qui regroupe compétences de recherche, d’évaluation, d’utilisation et de synthèse d’information numérique, ainsi que la capacité d’exprimer ses idées de manière numérique. C’est assez différent de l’habileté de manipuler des objets techniques, cela passe plutôt par une acquisition d’un esprit critique numérique, qui ne leur est pas naturel ;
  • la capacité à argumenter, agréger, participer à des communautés, voire à les animer. Cela correspond à une vision élargie à la capacité à convaincre et à travailler en groupe.

Ces aspects correspondent en fait à un niveau minimal pour un niveau master, traduit dans l’environnement numérique, conforme à ce qu’on appelle les descripteurs de Dublin au niveau européen. Nous avions d’ailleurs présenté un article autour de cette idée là il y a déjà deux ans.

Intégrer la dimension de l’Internet

Mais, pour un ingénieur, il faut aussi intégrer la compréhension des phénomènes techniques liés à Internet – en termes de dynamique – de grand système, de facteur de convergence. Cela est important car l’intégration de ces dimensions impacte tous les domaines techniques actuels. La convergence, dite NBIC (pour nanotechnologies, les technologies du vivant, la science informatique et les sciences de la cognition). La conférence de Rémi Sussan dans le cadre de l‘intersemestre sur le post-web2 proposé cette semaine par Gwendal Simon en montrait bien les enjeux. Les autres conférences montraient en quoi la virtualisation du monde, couplée à la projection tangible des informations du web dans le monde réel au travers de l’internet des objets (pour faire court) amenait à reconsidérer la perception du monde réel (écouter par exemple le speech que David Orban nous a fait dans Second Life). Par ailleurs, la dimension de l’Internet transforme totalement la dimension de la capacité de calcul, d’acquisition et de traitement de l’information.

Pour le travail des ingénieurs Télécom aussi cela a un impact sur la gestion des données, les architectures et les infrastructures techniques, ainsi que sur la manière de penser l’algorithmique.

De manière générale, cette dimension nouvelle des problèmes d’ingénierie, cette complexification des systèmes encourage à conserver un volet d’expertise scientifique et technique dans la formation.

Quels enjeux de vie auxquels nos élèves auront à faire face ?

La vie n’est pas un long fleuve tranquille. Internet est un vecteur important de changement, il est d’ailleurs en perpétuelle évolution (en passant, avez vous remarqué que les évolutions de l’électronique ne se mesurent plus en puissance de calcul, mais en niveau d’intégration dans Internet et en débit), tant dans ses capacités, que dans sa sphère d’influence. Cela amène au niveau de l’activité à des dynamiques inconnues, qui nécessitent donc de l’adaptativité. Celle-ci ne peut s’obtenir que s’ils ont confiance en eux, qu’ils aient une motivation suffisante. Par ailleurs, il y a une nécessité d’éthique renforcée, liée au fait que les systèmes technique impactent de manière renforcée des enjeux de pouvoir, de démocratie, les enjeux liés à la vie de la planète entière et de ses habitants. En bref il faut acquérir une conscience des choix de société qui sont devant nous (dans quel meilleur des mondes vivront nous ?)

Quels défis les attendent ?

De manière évidente, dans les 40 ou 50 ans à venir, ils auront à gérer des systèmes intégrant les composantes des NBIC, à imaginer les usages, et à développer les applications qui y seront liées. Mais cette intégration se fera avec un objectif qui va devenir de plus en plus prioritaire : le développement durable dans ses trois composantes : sociale, écologique et économique.

Prospectif ? Peut-être, mais tellement vital pour notre société, comme le rappelle Bruce Sterling.

PS1 : au départ, je suis parti juste du titre proposé dans un billet twitter, que j’ai eu envie de reprendre. Le reste vient en fin de « semaine prospective » de manière un peu courte ou abrupte. Certaines parties peuvent nécessiter un discours un peu plus long. Prêt à en discuter avec qui voudra…

PS2 : je n’ai pas intégré grand chose de la journée « internet du futur » qui se concentrait plus sur une problématique accès aux données, architecture du réseau lui-même avec le débat liberté versus contrôle nécessaire, qui me parait tellement biaisé, bien que sans doute vital pour l’avenir.

Une semaine prospective Internet à Télécom Bretagne

Certaines semaines font particulièrement apprécier de travailler dans des établissements comme Télécom Bretagne. La semaine qui démarre devrait en être un exemple parfait. Au programme un cours d’intersemestre, dite Post-Web2, comme on n’en trouve nulle part ailleurs et une retransmission de la conférence « Quel futur pour l’Internet ? » en amphi !

Le cours d’intersemestre est une spécialité brestoise qui consiste à proposer sur une semaine un ensemble de cours sur des thèmes qui paraissent intéressants ou qui tiennent au cœur des enseignants -chercheurs de l’école. Cela va du théâtre au nanotechnologies en passant par le leadership, le design, ou le secours en montagne, etc. Bref, il y en a pour tous les goûts, et l’objectif est bien d’élargir la culture de nos élèves ingénieurs.

Dans ce cadre, @gwendal Simon nous concocte depuis quelques années un cours autour du Web2. Mais contrairement aux autres cours sur le sujet, la prise de recul par rapport aux technologies est importante, puisque son approche est de faire intervenir des experts qui donnent leur vue sur l’évolution des usages et des possibilités offertes par l’Internet moderne. Cette année, le thème est le « post-web2 ». L’idée est donc de dépasser l’exploration habituelle du web communautaire, collaboratif, pour aller encore plus loin.

Ainsi, les deux moments forts de cette année seront les présentations de Rémi Sussan et Hugobiwan.

  • Rémi Sussan, va nous éclairer sur la société numérique avec la vision prospective qu’on lui connait sur InternetActu, entre post-humanisme et science-fiction.
  • Hugues Aubin nous accueillera sur Second Life pour nous parler de réalité mixte, d’hommes et territoires augmentés. Il semble qu’il ait réussi à convaincre plusieurs autres participants (d’après ses derniers tweets, on compterait sur @loichay @richwhite @dr_manhattan @davidorban @yannleroux @yannleguennec, si vous ne savez pas qui ils sont, je vous le laisse découvrir et … les suivre sur twitter).

N’oublions pas non plus la présentation de Cécile Bothorel (@CecileBothorel), une collègue experte dans l’analyse des réseaux sociaux.

L’aspect pratique n’est malgré tout pas oublié. Les élèves auront comme objectif de tenir un stand dans un exploriou camp, version locale des explorcamps, dans laquelle ils présenteront à toutes les personnes présentes sur le campus un thème qui a retenu leur attention. Pour cela, ils disposeront des après midi pour faire leurs recherches, leurs essais d’outils, et préparer leur argumentaire. Ma participation à ce cours se cantonnera d’ailleurs à participer à l’animation de cet aspect du cours.

Ce cours devrait non seulement remplir d’aise les geeks modernes, mais toutes les personnes un peu intéressées par la prospective dans le domaine des usages de l’Internet. En effet ces cours, et l’exploriou camp sont ouverts à tous ceux qui sont intéressés. N’hésitez pas à prendre contact.

Quel futur pour l’Internet est une conférence multi-site avec Vinton Cerf, Bob Kahn et Louis Pouzin, autrement dit les figures historiques de l’Internet qui ont une compréhension du phénomène et une vision qui méritent sans contexte qu’on les écoute. Leur intervention sera suivie de quelques autres pointures nationales, d’après le programme :

  • Jean-François C. Morfin, dit « Jefsey », Chair de l’IUCG@IETF qui nous parlera du travail engagé vers l’Intersem (l’internet des pensées).
  • Michel Riguidel, professeur émérite de Télécom ParisTech qui nous présentera de l’Internet polymorphe.
  • Michel Charron, directeur des opérations, Amesis qui évoquera la sécurité à l’horizon 2015, 2020 …
  • Nicolas Arpagian, rédacteur en Chef de la revue Prospective Stratégique, sur le thème : Une cyberguerre est-elle possible ? probable ?
  • Joao Schwarz Da Silva, Commission Européenne : l’Internet du futur, ce qu’en pense l’Europ.

Bref quelques beaux sujets de réflexion. La conférence est ouverte à tous et les inscriptions gratuites sont à indiquer à l’AFEIT pour Brest.

En tout cas, l’objectif d’ouvrir les esprits devrait être atteint, et pas seulement pour les élèves.

ean-François C. MORFIN, dit « Jefsey », Chair de l’IUCG@IETF qui nous parlera du travail engagé vers l’Intersem (l’internet des pensées).

Michel RIGUIDEL, professeur émérite de Télécom ParisTech qui nous présentera de l’Internet polymorphe.

Michel CHARRON, directeur des opérations, Amesis qui évoquera la sécurité à l’horizon 2015, 2020 …

Nicolas ARPAGIAN, rédacteur en Chef de la revue Prospective Stratégique, sur le thème : Une cyberguerre est-elle possible ? probable ?

Joao SCHWARZ DA SILVA

Un wiki alimenté par les élèves : premier bilan

A titre expérimental dans mon école, nous avons proposé aux élèves dans un module d’informatique de 21 heures de prendre des notes collaborativement sur un wiki. Le résultat a été très encourageant.

Quelle intention ?

Nous avions plusieurs objectifs :

  • inciter les élèves à prendre des notes ;
  • expérimenter la construction de supports par les élèves ;
  • constituer un document de support à la révision ;
  • permettre la transmission de connaissances vers les futurs élèves étrangers accueillis à l’école.

Quelle a été la consigne ?

Vu que nous savons qu’il est plus facile de faire  travailler nos élèves lorsqu’il y a une note nous avons choisi de compter cette activité comme contrôle continu.

La consigne initiale, envoyée sur le forum des nouvelles du cours sur  Moodle (accès restreint) était la suivante :

Avatar GILLIOT Jean-Marie
Expérimentation d’écriture partagée de supports
par GILLIOT Jean-Marie, Thursday 9 April 2009, 17:53
Bonjour,comme je vous en avais dit un mot lors du cours d’introduction, nous vous proposons une expérimentation visant à permettre :

  • d’enrichir les supports pédagogiques;
  • de plus vous impliquer dans la formation;
  • dans une dimension collaborative accompagnée qui prenne en compte votre richesse et votre diversité.

Pour cela nous vous demandons à titre de CC, de procéder pour une séance (Cours, PC, STP) à un travail de rédaction au sein d’un groupe de 5 élèves.
Ce travail peut prendre, par exemple, l’une des formes suivantes :

  • commentaires de transparents ;
  • rédaction d’un chapitre, d’un glossaire, de l’explicitation de concepts présentés ;
  • proposition d’exemples simples, de petits exercices ;
  • proposition de QCM d’auto évaluation ;
  • bibliographie commentée (c’est à dire décrivant les éléments présentés dans les références, et rapport avec le cours) ;
  • traduction vers une langue de votre choix

Un groupe couvrira typiquement 3 items différents. Vous avez toute latitude pour trouver des éléments complémentaires sur le web ou dans des livres, du moment que vous citez vos sources. Il s’agit bien de constituer un support qui vous permettra de comprendre au mieux les notions présentées dans ce cours, donc toute bonne référence est bonne à prendre.

Un wiki de type mediawiki sera proposé d’ici peu. L’objectif à terme est de pouvoir héberger le résultat de ce travail sur un site tel que celui de wikibooks (qui a l’avantage d’être multi-lingue).
Les diaporamas sous forme modifiables (OpenOffice) sont disponibles sur Moodle.

Les groupes seront constitués d’ici le 21 avril. Si vous souhaitez démarrer ce travail dès maintenant pour les 2 séances qui ont déjà eu lieu, vous pouvez prendre contact dès maintenant.

Si vous le souhaitez, je reste disponible pour répondre à toute question, ou pour discuter de tout élément pour permettre le meilleur résultat possible. L’idée est bien de produire ensemble des supports qui vous permettront de mieux acquérir les éléments présentés dans ce cours et qui pourront être réutilisés et améliorés par vos successeurs.

Cordialement,
Jean-Marie Gilliot

Pour démarrer le travail, un groupe d’élèves a été affecté à un cours. Un délai d’une semaine a aussi été donné, pour se mettre d’accord sur l’organisation de chaque groupe (étape qui n’a pas été vérifiée mais qui aurait mérité de l’être), puis d’une autre semaine pour produire une première version du contenu. Les premières pages écrites ont ont donc été des pages de séances.

Comme l’exercice était nouveau, il a fallu 2 relances pour démarrer le processus de manière suffisante.

Par ailleurs, j’ai créé la page d’accueil du wiki, et la page qui comprenait le plan du cours. Celles-ci ont d’ailleurs été corrigées…

Le suivi au fil de l’eau

Ce qui est intéressant, c’est de suivre l’activité pour pouvoir donner des commentaires, inciter la relecture ou la correction, créer des points d’entrée pour le wiki (en « wikifiant » les concepts clés par exemple), éventuellement réorganiser l’information.

De fait, dans le cas de cette expérience, ce travail a été très (trop ?) léger.

Dans ce genre d’activité, on peut distinguer plusieurs types d’actions :

  • la correction au niveau orthographique ou grammatical,  ce qui permet au débutant de dédramatiser la modification, l’écriture dans un wiki. Cela prouve aussi une lecture du contenu, et donc un travail d’appropriation du cours.
  • la correction du fond du contenu, qui dénote une bonne habitude de l’outil et une confiance suffisante dans les concepts du cours (ce qui n’en prouve pas la justesse)
  • la construction de contenu dans une page existante. Si ce dépôt se fait en une fois, on peut en déduire que le travail a été fait hors wiki, ce qui est dommage en terme de collaboration. Si ce dépôt se fait en plusieurs sauvegardes, cela dénote d’un travail sur l’outil. Si cette construction se fait en une seule passe, cela veut sans doute dire que l’auteur n’est pas retourné sur le wiki, pour améliorer le document, ou pour voir les modifications ultérieures d’autres contributeurs.
  • la construction de nouvelles pages. On a alors affaire à un structurateur. Cela dénote une confiance dans l’organisation des concepts. Couplée à une production de contenu, cette activité dénote une bonne prise en main de l’outil et une appropriation du contenu du cours. Par ailleurs, ce type d’action permet d’enrichir le contenu du wiki, puisqu’il va permettre d’identifier des éléments nouveaux et d’effectuer des croisements entre les différentes pages.
  • la construction de doublons (2 pages pour un même sujet). Soit il s’agit d’une mauvaise coordination de groupe, soit une mauvaise exploration du wiki. Cela peut être facilement détecté en consultant la page qui référence toutes les pages du wiki (quand il n’est pas trop gros, ce qui est a priori le cas pour un cours)

Notons qu’il est possible de s’approprier le contenu du cours sans modifier le wiki, donc on ne peut évaluer correctement les non producteurs.

Plusieurs questions ont été posées par les élèves soit en fin de cours, soit par courriel, soit dans mon bureau pour clarifier la demande.

Pour la correction, il aurait fallu donner des critères sur ce qui était attendu. Pour cette première fois, j’ai fait un parcours des modifications effectuées par chacun des contributeurs, et posé une échelle allant de « j’ai posé une information construite pertinente » à « je suis revenu plusieurs fois, ai ajouté du contenu en plusieurs endroits, et/ou effectué des corrections de fond et ai construit des pages non définies auparavant ».

Quel(s) outil(s) ?

Clairement pour ce genre d’exercice le wiki est le bon candidat.

Nous avions déjà utilisé le wiki de Moodle qui a une interface Wysiwyg, mais qui est lent, plante de temps en temps, difficile d’accès (plusieurs clics et mot de passe), et de fait bien que j’aie déjà essayé de l’utiliser avec des élèves ou des collègues, les contributeurs n’y reviennent jamais.

L’autre choix était le mediawiki. Moins Wysiwyg, mais avec une syntaxe simple. Il est celui de Wikipédia et surtout de Wikibooks, ce qui permet à terme d’envisager d’exporter le contenu pour en faire une série de  wikilivres multilingues.  Le fait qu’il existe des catégories permet d’organiser le contenu. Nous avons détourné cette fonctionnalité pour différencier les langues des différents articles.

Notons par ailleurs qu’il permet d’intégrer des formules mathématiques ou des images (fonctions/plug-ins qui n’ont pas été mis à disposition lors de notre expérimentation). Les élèves savent clairement utiliser les sites de dépôt pour les photos/images.

Reste alors à choisir l’hébergement et la visibilité.  L’hébergement interne à l’école n’était pas envisageable dans les délais que nous nous étions donnés. Par ailleurs, l’exposition à l’extérieur paraissait une bonne motivation pour la production, ce que des élèves ingénieurs peuvent assumer facilement, sans pour autant les intégrer dans une communauté existante, ce qui peut être plus difficile.

La solution de déposer directement auprès de Wikibooks n’a pas été retenue, pour éviter de risquer des interactions parasites, mais cela reste une possibilité à explorer avec des élèves, ou pour construire une base de cours entre établissements. Nous avons finalement choisi d’instancier un mediawiki dans un environnement dont nous nous servons pour diverses expérimentations, ce qui

Comment utiliser Mediawiki pour suivre la construction d’un cours ?

Une fois les premières pages mises en place pour permettre de démarrer l’activité, il est intéressant de suivre ce qui s’y passe. Voici quelques liens utiles pour cela :

Une question de droit

Le cours étant basé sur le livre de Magee & Kramer « Concurrency » et sur ses compléments en ligne, il a été  nécessaire de demander leur autorisation, ce qu’ils ont fait de manière très ouverte et proactive, puisqu’ils nous ont retransmis une version espagnole et japonaise.

Le choix de licence de publication était orienté pour permettre une réutilisation possible. Nous avons donc retenu la licence CC by SA 3.0.

Quelques résultats

Un point intéressant est que dans cet exercice on utilise des outils 2.0 pour un cours qui n’a rien à voir avec le web2.0.

Bien que la formule ait été assez ouverte, tous les élèves se sont concentrés sur le wiki. Les seules variantes ont été des tentatives de livrer leurs notes sous forme de document à part, auquel cas j’ai renvoyé vers le wiki. Principalement, les élèves ont contribué à détailler les contenus des différentes séances et ont commencé à isolé quelques concepts clés.

Autre phénomène de fuite, certains ont voulu effectuer des traductions vers des langues qu’ils étaient seuls à écrire (exemple de l’italien ou, pour des raisons différentes, de l’arabe). A mon avis, il ne faut accepter ce genre de traduction que s’il y a une « communauté » sur l’école, dans l’année ou dans les années suivantes. Notons également que quelques élèves ne se sont pas inscrits sur la plate-forme, ni n’ont remis de document.

La suite

Concernant le cours, la prochaine étape devrait être de construire les différents concepts et inciter les élèves à faire le lien entre les différents articles existants. Cela devrait être une activité féconde, et donner de l’ampleur au contenu du wiki.

Au niveau de notre institution, cette première expérience fera des petits et d’autres cours devraient utiliser cette modalité. Une première étape vers une série de cours dans différents domaines d’enseignement.

Ceci peut être vu comme un premier brouillon soumis à discussion. Vos commentaires sont plus que bienvenus.

Version initiale le 10 juillet 2009

Quel socle de connaissances (informatiques) pour l’ingénieur STIC de demain ?

C’est la question que se pose Telecom ParisTech (TPT) au démarrage de sa prochaine réforme de l’enseignement (le dernier ajustement remonte à 10 ans). Pour alimenter la réflexion, TPT organise une série de conférences dans lesquelles elle convie quelques sommités. Grands témoins selon la terminologie utilisée dans l’introduction La première posait donc la question : « Quel socle de connaissances pour l’ingénieur STIC de demain ? ». Cinq grands noms donc pour nous éclairer.

  • Jeannette M. Wing (Prof. Carnegie Mellon) nous a parlé de « Computational Thinking » (en français ici) qu’elle définit comme le processus d’abstraction. Son discours a porté principalement sur l’influence de l’informatique sur les autres disciplines (biologie, mécanique …) et sur l’importance d’enseigner l’informatique au plus tôt (dès le collège, voire avant) en introduisant les notions principales dès que les enfants sont en mesure de les aborder. Il s’agit, selon elle, d’une compétence fondamentale du XXIème siècle.
  • François Bourdoncle (Pdt Exalead) nous propose une vision d’un recruteur, dans laquelle il insiste sur l’importance de l’abstraction pour former des architectes, faisant les bons choix, des gens capables d’organiser un développement, de maitriser les aspect génie logiciel. Dans le contexte d’Internet (son coeur de métier), la théorie des graphes, la concurrence (le parallélisme), le passage à l’échelle sont des concepts clés ;
  • Serge Abiteboul (DR Inria) a le point de vue d’un ancien élève de TPT, devenu chercheur par goût. Sur l’informatique, il fait remarquer que le terme est flou (informatique == rayon de supermarché), que pour lui il s’agit d’abstraction et de rigueur. De plus, pour maitriser il faut du temps, travailler sur des vrais problèmes et à plusieurs. Ceci peut justifier d’aller jusqu’au PhD.  Il nous éclaire aussi sur ce qui peut faire choisir le domaine informatique : pour changer la société , pour créer de nouvelles entreprises, parce que c’est amusant, parce que cela permet de faire autre chose que des maths financières ;
  • Gérard Berry (on ne le présente plus) insiste sur le fait qu’il faut former tout le monde (et donc aussi les décideurs, les politiques) au bon sens informatique, qu’il est nécessaire de s’adapter à la façon de penser de l’autre, en tant qu’enseignant pour faire comprendre les concepts de l’informatique, en tant qu’informaticien pour se faire comprendre et pour pouvoir comprendre les besoins des autres. Il nous montre comment à son avis présenter les notions fondamentales de l’informatique en nous renvoyant vers les cours qu’il a donné au Collège de France, qu’il nous propose de réutiliser. Pour lui les cours se partagent, les vidéos servent de support, cela fait partie des évolutions permises par la numérisation, applicables à l’enseignement.
  • Joseph Sifakis nous parle de système embarqué, insiste sur l’importance des modèles, de l’approche système (propriétés et nécessité de gérer plusieurs niveaux d’abstraction) et de l’approche multidisciplinaire.

Toutes ces personnes ont une vision très large du domaine informatique, intégrant « computer science », communication, automatique, traitement du signal, robotique. En bref, tout ce qui est traitement programmable, ce qui intègre donc également l’électronique numérique. Cette vue large n’est à mon avis pas du tout intégrée au sein de l’Institut Télécom.

Pour plus de détails Annie Gravey a pris des notes sous forme de MindMap :

Tous insistent sur la nécessité de rigueur, d’abstraction, de travail en groupe, d’aborder de vrais problèmes. Tout cela s’articule autour de la notion de projet (que l’on traduira en termes informatique par génie logiciel ?) et d’approche système (et de passage à différents niveaux d’abstraction des systèmes).

Jeannette M. Wing et Gérard Berry nous rappellent douloureusement le manque de formation à l’informatique, même en tant qu’outil (bien que eux parlent de formation à la science informatique) dans l’éducation française. Il y a là un vrai chantier dormant, qui se combine avec la nécessité de revaloriser les sciences auprès de nos jeunes.

Gérard Berry nomme le concept de schéma mental. Il est intéressant de constater qu’entre un Bourdoncle, gourou de l’Internet et un Sifakis, champion des systèmes critiques, ce schéma diffère sensiblement. Et nos élèves peuvent potentiellement travailler dans ces domaines, et bien d’autres. Pour moi, cela signifie qu’il est préférable de permettre à nos élèves de se construire leur schéma (qui peut/doit être varié) plutôt que de chercher à couvrir tous les aspects de notre discipline.

Quant au « cœur » des connaissances en informatique, seul Berry donne une liste : que veut dire numériser (son, image …), quels sont les paradigmes du calcul (lambda calcul, séquentiel, les différents parallélismes), fondements des raisonnements sur les programmes (actuellement les algorithmes aléatoires). Il est d’ailleurs le seul à oser le faire, pour les autres cela dépend.

Finalement, ce sont bien les compétences transverses : gérer un projet, les approches systèmes pouvoir comprendre les usages, pouvoir communiquer, avoir du plaisir à apprendre et apprendre à apprendre qui sont les éléments qui font le plus consensus en termes de besoins. Tous ces aspects sont forcément à intégrer dans une formation au XXIème siècle.

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