Ingénieur : expert ? manager ? Ou plus ?

Mais qu’est ce donc qu’un ingénieur ? Par facile à définir, tant la multiplicité des métiers possibles est large. On pourrait même dire que c’est sans doute la formation la plus généraliste qui soit quand on regarde le panel des parcours des anciens élèves des écoles d’ingénieurs.

Si l’on suit les avis des entreprises, c’est une personne qui va au cours de sa carrière progresser soit sur un axe d’expert, soit sur un axe de manager, soit alternativement entre les deux. Bref un cadre technique et/ou d’encadrement.

Cette présentation selon 2 axes amène en général la remarque qu’un jeune ingénieur sortant de l’école n’est pas encore mûr pour être chef de projet ou manager. A cela, certains répondent qu’il n’est pas non plus encore un expert, ce qui n’est pas faux non plus. La suite de la discussion peut alors porter sur le fait qu’une formation complémentaire peut être souhaitable : une thèse pour devenir expert, ou un master de management pour l’autre axe. L’évolution dans les entreprises laisse penser que la fréquentation d’une entreprise est également source d’apprentissage. On est là dans la discussion du niveau nécessaire pour aborder les problèmes d’aujourd’hui et de la formation tout au long de la vie.

Claude Maury, lors du conseil de programmes de Télécom Bretagne, nous a proposé la définition circulaire suivante : « un ingénieur, c’est quelqu’un qui résout des problèmes (d’ingénieur) », et qu’il en choisit pas. Cette définition caractérise la dimension d’action qui est liée aux métiers d’ingénieurs. Mais elle peut avoir le défaut de minimiser la dimension d’initiative qui peut être souhaitable pour un cadre supérieur. Le point de vue de Claude Maury va heureusement beaucoup plus loin, puisqu’il intègre un discours culturaliste approfondi.

Thierry Gaudin, insiste plutôt sur l’idée que l’ingénieur doit également savoir poser les problèmes. En tant que designer, au sens anglophone, c’est à dire le Conceive du CDIO, comprenant les usages, les besoins et étant capable de les traduire en spécifications de système ou service. C’est une dimension que nous avons intégré dans notre définition il y a déjà quelques années.

Mais en abordant ces aspects, on s’approche des dimensions d’éthique et des valeurs. Dans cette époque ou le développement durable devient central dans les préoccupations citoyennes, on voit apparaître des dimensions qui ne sont pas incluses dans les demandes explicites des entreprises.

Dernière dimension, celle de l’innovation. Cette dernière est considérée comme un enjeu central par la société, et par les écoles d’ingénieurs. Son intégration dans la formation est entamée, et c’est une bonne opportunité pour faire bouger nos formations. Elle permettra à certains ingénieurs de devenir maîtres de leur destin, soit au sein des entreprises, soit en créant leurs propres structures. On voit ces deux dernières années nos jeunes faire le pas plus facilement , aidés par le statut d’auto-entrepreneur. Par ailleurs, quand on investit ces démarches d’innovation, et donc la nécessité de rencontrer un public, des utilisateurs, on se rapproche inévitablement des notions de design.

Ce qui est intéressant dans ces échanges, c’est le glissement vers les valeurs. Nous savons tous que le monde va subir de nombreux changements climatiques, économiques, sociétaux, et que les réponses seront en partie portées par les technologies. Les ingénieurs auront toute leur place dans les réponses à apporter, mais elles ne devront surtout pas n’être que techniques.

On le voit, l’ingénieur a en face de lui un large choix de carrière. À lui de faire ses choix, pour évoluer et pouvoir être fier de son parcours. Il lui faudra être adaptable (sans être malléable), et donc porter les valeurs auxquelles il croit.

Le chantier sur les valeurs devra donc être ouvert dans les écoles, et avec lui celui des cultures portées par nos établissements. Des réponses satisfaisantes devront y être apportées, ne serait-ce que pour réconcilier nos futurs élèves à nos formations.

Des étudiants s’invitent au débat sur l’évolution des formations

En moins d’un mois j’ai été contacté par deux associations qui regroupent des étudiants qui veulent apporter leur pierre au débat de l’évolution des formations dans le supérieur.

La première a été la CEVPU ( Conférence des Etudiants Vice-Présidents d’Universités) qui m’a invité a venir échanger sur les aspects e-learning et autres aspects numériques. J’ai donc eu la joie de leur faire une présentation pompeusement appelée « Quelle Université Numérique ? » pour poser un certain nombre d’idées qui me semble-t-il peuvent préparer les évolutions encore à venir. Je me suis trouvé face à un groupe réduit, mais bien organisé, très au fait des enjeux dans les universités (ce qui s’explique sans doute par leurs positions d’élus).

La seconde, qui m’a envoyé un courriel sympathique ce week-end s’appelle « Le Nouvel Ingénieur » qui me semble beaucoup plus informelle, plus balbutiante, mais dont les ambitions semblent intéressantes. Les articles de son blog montrent qu’elle est également ouverte au dialogue, à la collaboration, et à la recherche d’informations. Et sans dogmatisme.

Elle affiche un coté plus Génération Y ce qui me plait assez. Simplement, je me demande si cela est représentatif des élèves ingénieurs. Je note en effet que leur article « Time for Change » semble affirmer que la demande est forte d’utiliser plus fortement les outils du web 2.0. J’aimerai que cela soit vrai et généralisé, mais cela ne correspond malheureusement pas à mon expérience, mes élèves ayant toujours été étonné quand j’ai proposé d’utiliser un wiki, d’aller chercher de l’information par eux-mêmes. Leur demande est jusqu’à présent plutôt d’avoir un polycopié bien fait et des annales pour réviser.

Je trouve très sympa de voir que des jeunes prennent en main leur formation, et se constitue en association pour permettre le débat entre eux d’abord et avec les autres acteurs ensuite.

Et cela pourrait bien être un vecteur de changement, si la génération Y (ou C) s’invite dans le débat.

Bienvenue et longue vie à ces deux associations.

CodeCamp : un non-cours pour apprendre à programmer sur un mobile

Durant la formation d’ingénieurs à Télécom Bretagne, sont organisés les cours d’intersemestres, qui correspond à un espace de liberté aussi bien thématique que pédagogique, apprécié des enseignants et des élèves. Après plusieurs sessions d’un cours sur le web2.0, (j’en ai parlé ici) son impact, ses évolutions, Cécile Bothorel qui fait partie des enseignants qui portent ces thématiques nous a poussé à ce que nos élèves deviennent « acteurs du web 2.0 mobile » au travers d’une semaine de développement sur mobile.

Pour arriver à relever ce défi, nous avons donc monté un codecamp, sur le principe des barcamps. Le barcamp étant une non-conférence, le codecamp est un non-cours. C’est à dire que les sujets traités sont proposés par les participants, où il est question de développement et de réalisation de prototype sur un temps très court en mêlant les motivations et les compétences.

Autrement dit, les caractéristiques principales :

  • préparation collaborative : quelques cafés, un wiki partagé par les intervenants,(et le reste du monde 🙂 ), moissonage de liens sur le wiki et sur diigo, échange d’idées, brainstorming sur des thèmes et des applications ;
  • minimum de blabla, maximum d’actions : sur la première journée, et pour lancer la semaine, nous avons présenté :
    • nos idées sur les mobiles Pourquoi le mobile est il différent ?, pour susciter la réflexion. En bilan, le retour est que cette présentation doit rester, mais en plus court ;
    • un panorama sur comment démarrer sur Android ;
  • laisser le temps à la créativité de s’exprimer. En trois temps : avant le cours en invitant les participants à réfléchir et en proposant des sujets, au début du cours en présentant des applications et en invitant ceux qui avaient déjà une idée à en dire quelques mots, et au deuxième jour en demandant à tous de présenter les applications qu’ils proposaient puis retenaient. Un détail d’importance : chaque présentation se fait en quelques phrases, avec pour objectif de convaincre. Les groupes se sont auto-construits, suivant les affinités, mais aussi selon les idées ;
  • créer un climat d’échanges. Nous avons réuni comme intervenants/experts : un ancien entrepreneur/développeur, deux élèves en dernière année, développeurs confirmés sur Android, un ingénieur de laboratoire impliqué dans des projets sur Android. Nous avons également invité toute personne voulant bien échanger. Des élèves-ingénieurs en apprentissage sont venus présenter quelques applications qu’ils ont d’ores et déjà publié sur les Markets Android ou iPhone ;
  • faciliter le développement : nous avons donc choisi Android, qui est plus facile de prise en main, plus libre, plus documenté … que d’autres, et nous avons incité les participants à préparer leurs environnements avant d’arriver le lundi matin ;
  • inciter à chercher les informations, à se débrouiller, à réutiliser du code existant. La présentation de prise en main a été basée essentiellement sur une visite de liens intéressants, prolongée sur le wiki ;
  • essayer de répondre aux défis posés. Un groupe voulait accéder à des données réelles : quelques courriels et autres coups de fil ont permis d’obtenir un premier jeu. Le prochain objectif est de les rendre ouvertes, ce qui semble possible, surtout à Brest. Un autre avait besoin d’un serveur Bluetooth sur PC, qui a été repris d’un ancien projet élève, etc. ;
  • valoriser les productions : par une présentation festive le dernier jour, relayée sur twitter, et qui a donné lieu à une forme de vote ou plutôt de définition par les élèves ;
  • prolonger l’expérience, en proposant aux élèves de continuer, de déposer leurs résultats sur des plate-formes de code comme la forge google (puisqu’on développe sur Android).

Conclusion de la première expérience :

  • toutes les applications proposées ont maintenant un prototype qui tourne ;
  • une envie d’utiliser plusieurs d’entre elles ;
  • des élèves contents, qui ont continué à coder le soir pour nombre d’entre eux, et qui regrettent que l’expérience ne dure qu’une semaine ;
  • et non, ce ne sont pas tous des geeks. Plusieurs sont venus pour voir, pour découvrir et ont envie d’aller plus loin ;
  • des liens resserrés entre les intervenants ;
  • des échanges à augmenter au cours de la semaine, entre les élèves, peut être au travers d’échanges rapides sur des sujets/problèmes identifiés au fil de l’eau ;
  • des idées étonnantes.

En résumé, une semaine qui motive tout le monde !

Et pour finir la liste classée de manière aléatoire des applications présentées par les élèves (en attendant la publication des codes et des exécutables) :

  • iBiture : une série de jeux pour tester son état en fin de soirée
  • ReselDroid : retrouver les coordonnées des autres élèves depuis son mobile ;
  • MeteoSociale : partagez le temps qu’il fait vraiment avec vos amis ;
  • BlueBird : télécommande de diaporama par bluetooth ;
  • RabbitShooter : jeu de shoot de lapins avec des carottes pour protéger le stock de carottes ;
  • PuzzleYourPhoto : un petit jeu parfaitement résumé dans son nom ;
  • PetsTalk : traduisez le langage des animaux ;
  • ReadDream : analysez vos rêves sur votre mobile. La présentation a été complétée par une vidéo qu’on espère bientôt sur Youtube ;
  • NumberChallenge : apprenez les nombres d’une langue étrangère ;
  • RevEDT : le réveil de smartphone qui se synchronise sur l’emploi du temps de l’école (la seule idée reprise dans celles que nous avions proposé au démarrage) ;
  • WhosWho Profs : retrouver les coordonnées et situer ses profs depuis son mobile ;
  • BibusMobile : une application pour connaître les horaires et les trajets des bus de Brest/BMO ;
  • MaVoile : s’inscrire aux sorties organisées par son club (de voile…)
  • BipboxCam : qui joue de la musique en fonction de la couleur et de la luminosité. Nous avons eu le droit à une lettre d’Élise jouée avec un post-it et un téléphone. Bluffant…

Et toutes se concentrent bien sur l’essence du mobile : l’expérience utilisateur.

Pourquoi le mobile est il différent ?

À Télécom Bretagne, nous avons 2 semaines à l’articulation des semestres dans lesquelles nous pouvons proposer des cours sur des sujets différents ou avec un format différent. Nous appelons cela l’intersemestre. Après le célèbre cours d’intersemestre sur le web2.0, nous organisons un codecamp, c’est à dire un barcamp pour développeurs. Nous reviendrons sur ce modèle de cours.

En introduction, nous nous sommes permis de lancer les débats par une présentation sur le monde des mobiles, son marché, ses spécificités, ses exemples emblématiques, les données géographiques.

L’idée était de montrer un panorama suffisant pour que les élèves puissent imaginer une application à développer (ou du moins à prototyper) dans la semaine.

Après deux heures, leurs premières propositions sont :

  • BibusMobile ou trouver les horaires de bus à Brest. Ça existe ailleurs, mais pas à Brest/BMO.
  • NumberGame, où apprendre à prononcer des nombres dans la langue de votre choix
  • Mes Sorties, où s’inscrire aux prochaines sorties proposées par les clubs de l’école
  • CoVoiturage, où une application de covoiturage sur son mobile. À destination du campus …

Bref, des applications qui peuvent leur servir tous les jours. Nous avons fait d’autres propositions. Nous verrons demain midi ce qui est finalement retenu.

Visite virtuelle du campus : un hall d’accueil pour nos futurs élèves

page d'accueil de la visite virtuelle

Dans la série « que font nos élèves en projet ? », je vous propose une petite visite de notre école.

Ce sujet proposé à des élèves en première année en Master Of Science, option informatique initié en mars, s’est terminé en juin par la réalisation d’une maquette intéressante. Mais ce qui m’a intéressé, c’est le parcours pour obtenir ce résultat.

Le sujet de départ correspond au billet de mon blog « Quel hall d’accueil virtuel pour notre campus réel ? », sujet non centré directement sur l’informatique au sens traditionnel, ou du moins ne se raccrochant avec aucun des cours que nos élèves pouvaient suivre (algorithmique, programmation, conception, SGBD, …). De plus, ils étaient interpellés puisque la question était : « de quoi auriez-vous aimer disposer pour découvrir l’école dans laquelle vous êtes entrés ? ». De longues discussions ont suivies sur la possibilité de pouvoir interagir avec des gens présents sur le campus, de pouvoir visiter les salles de classes et surtout de TP qui sont différentes suivant les pays, de pouvoir visiter les labos de recherche, de pouvoir accéder facilement à des informations de manière simple (vidéo, image), de découvrir ce qui se fait par le jeu …

Et pour eux pendant tout ce temps, on ne faisait pas de l’informatique…

Petit à petit, nous avons convergé vers l’idée d’une visite virtuelle dans le campus, dans les locaux, de pouvoir trouver un endroit précis (une salle de cours, une chambre, la bibliothèque…). Et toujours pas d’informatique …

Un bon mois s’étant écoulé, nous avons commencé à discuter de comment on pourrait faire pour proposer tout cela, et là ils ont été rassurés. Ils ont découvert qu’il y avait sans doute des algorithmes à définir, à implémenter, à organiser la saisie des données, à organiser ces données elles-mêmes. S’est posée la question de ce que permettaient des systèmes déjà existant comme Google Maps, comment réutiliser l’existant et comment y intégrer ses propres extensions.

Il a fallu ensuite proposer une interface avec les utilisateurs potentiels, et même si celle-ci n’est pas complètement intuitive elle est fonctionnelle et permet de démontrer ce qu’ils ont développer.

Et surtout, il a fallu intégrer les développements des différents membres de l’équipe, chacun ayant exploré certains aspects un peu indépendamment des autres.

Le blog censé rendre compte de leur avancement n’a pas été mis à jour très régulièrement. Peut être le besoin n’était pas évident pour eux. En tout cas les rencontres hebdomadaires de travail ont toujours été constructives, en permettant de faire des points réguliers qui suscitaient des discussions de fond (l’approche adoptée pour le développement était du type incrémental) et permettaient au groupe de prendre des décisions pour la suite du travail.

Derrière ces rencontres, différents outils classiques ont été mis en place pour la gestion du projet :

  • un Trac qui a servi principalement pour l’affectation des tâches ;
  • un système de versions du type svn pour les sources et la documentation ;
  • une liste de diffusion sur un serveur sympa de l’école pour la coordination.

Du coup, ces élèves ont réalisé que le web, c’est de l’informatique. Espérons qu’ils retiendront dans leur future carrière de chercheur que le web est un formidable espace de démonstration pour valoriser des travaux plus théoriques, lorsqu’il n’est pas un objet d’étude.

Au final, leur prototype, s’il n’est pas complètement intuitif, est fonctionnel et est suffisamment démonstratif pour interpeller notre service de communication. Visitez leur démonstrateur, tant qu’il fonctionne sur les serveurs de TP de l’école. À moins qu’il soit possible de lui trouver un hébergement plus pérenne un jour prochain.

Si vous êtes intéressés par leur rapport (en anglais) ou leurs développements, je vous invite à prendre contact directement avec eux, ou par mon intermédiaire.

Si vous avez aimé cet article et si vous voulez découvrir d’autres réalisations, suivez ce tag : projets d’élèves.

Les écoles d’ingénieurs à l’heure du web2.0

Joli titre pour une journée organisée par le CEFI, à laquelle j’ai été convié pour témoigner de certaines expériences conduites dans mon institution, Télécom Bretagne.

Trois intervenants de talent ont occupé la matinée pour brosser un panorama général :

  • Christian Colin, des Mines de Nantes nous a rappelé que l’intégration des TICE est un processus engagé de longue date, mais que finalement la seule introduction de technologies ne suffit pas à faire évoluer les pratiques. Sa présentation en ligne ;
  • John Charles Fothergill nous a montré des approches venant de l’autre coté de la Manche. Il a notamment insisté sur le fait que le web2.0 présente de nouveaux challenges : l’attente des entreprises et les capacités des jeunes sont relativement proches, dans leurs approches de la gestion des connaissances, mais très déconnectées de ce qui se fait dans les universités. Il est donc indispensable que l’université (et donc les écoles d’ingénieurs) évolue, pour s’approprier les outils et les usages, afin de permettre aux élèves de développer de nouveaux types d’activités, les e-tivities, pour mieux apprendre et mieux évoluer dans leurs futurs. Son exemple d’utilisation se focalise finalement sur les podcasts et leurs apports ;
  • Marcel Lebrun insiste sur le fait que le premier verrou est de maitriser la pédagogie, la motivation, les niveaux d’engagement des élèves, et d’utiliser de manière conjointe les technologies. Il souligne que le principal frein au changement est les peurs des enseignants et des institutions ; Sa présentation en ligne

L’après midi s’est décomposé en 2 parties.

Une phase de retours d’expériences :

  • Notre discours (nous l’avons construit à plusieurs collègues) s’appuie sur plusieurs idées :
    • Idée 1 : le web2.0 transforme le lien à l’information, la manière d’aborder, de construire, de comprendre les connaissances, et cela devrait s’amplifier encore avec l’arrivée des webs mobiles, des objets, temps réel, sémantiques …
    • Idée 2 : l’innovation et la litéracie numérique (digital literacy en anglais) sont des objectifs de formation. La maitrise de ce que l’on peut appeler la litéracie numérique est un prérequis à la capacité d’innover. Et cette litéracie s’apprend et peut être abordée de manière progressive. L’innovation est une capacité indispensable pour l’ingénieur du XXIème siècle.
    • Idée 3 : l’intégration des ces usages dans les formations est un vecteur d’amélioration des apprentissages, en favorisant la recherche, l’analyse, la synthèse d’informations, l’esprit critique. Mais cela se fait bien sûr dans une approche transverse au service d’objectifs pédagogiques, en soutien à des méthodes d’apprentissage …
    • Idée 4 : il faut proposer des situations variées, des outils différents suivant les objectifs en appui aux méthodes pédagogiques utilisées, à plusieurs niveaux de collaboration (petit groupe, promo, école …), et donc être cohérent sur ses approches pédagogiques ;
    • Idée 5 : il faut promouvoir les usages au sein des enseignants pour qu’il puisse ensuite en tirer parti dans leurs contacts avec les élèves ;
    • Plusieurs exemples d’expérimentations ont été présentés :
      • la construction d’une bibliographie partagée et critiquée au sein d’une promotion dans le cadre d’un enseignement par projets (outil : Moodle) ;
      • la découverte des usages du web2.0 au travers d’une session d’une semaine et présentation via des explorcamps ;
      • la construction collaborative de notes de cours multilingues (outil : wiki)
      • le réinvestissement des acquis d’un cours dans le contexte professionnel d’élèves apprentis (outil : blog)
      • l’utilisation d’outils web2.0 pour la gestion des projets (Google docs, site, groups, code…)
    • Simplement, cela fait beaucoup de concepts à présenter en ½ heure. J’ai eu l’impression d’être un peu dense.

  • Matthieu Roy de l’Ensimag nous a montré tous les usages que l’on pouvait avoir d’un wiki appelé EnsiWiki en soutien à des enseignements, la souplesse apportée, et les possibilités d’expressions que cela apportait aux élèves. Il est intéressant de constater que comme pour la mise en place de notre wiki, la décision d’ouverture d’un tel environnement repose sur la détection d’un manque au niveau des supports de cours
  • Rémi Bachelet de Centrale Lille, nous a montré comment un wiki, correctement animé pouvait servir de base à la construction professionnelle au sein d’une communauté d’élèves et d’anciens, et soutenir des activités dans les projets ;

Et de manière très (trop) courte :

  • Sophie Pene nous a présenté quelques enjeux autour de la gestion des quantités d’informations disponibles, des sites qui permettent de visualiser, de gérer, et de croiser ces informations pour mieux les aborder et les partager. Comment cela pouvait être générateur d’innovation (elle nous a notamment présenté Mapping Controversies, Innocentive et bien d’autres mais si vite…). Elle a conclu en faisant le lien entre visualisation des concepts, permettant de les rendre tangible, et la nécessité de rendre tangible les réseaux d’échange, c’est à dire en leur donnant une réalité physique (si j’ai bien compris…).
  • Un invité surprise : Tarik Lebtahi responsable de la plate-forme commmunautaire chez Dassault Systèmes,  qui décrit leurs approches pour permettre les échanges entre pairs dans leur entreprise, pour rendre possible l’innovation.

Claude Maury en conclusion, a noté les points suivants :

  • Une remise en cause de l’institution de par l’ouverture engendrée et de par la nécessité d’appropriation par tous ;
  • L’idée que le web2.0 permet de travailler à des niveaux taxonomiques plus haut, par exemple en développant l’intelligence critique ;
  • et de finir sur l’aspect de la motivation, et sur la nécessité de faire, au travers de situations authentiques, dans une communauté apprenante, avec des aspects de valorisation et de développement de la confiance en soi.

On retombe bien sur les enjeux qui attendent les formations du XXIème siècle, où se marieront échanges globalisés des connaissances et communautés localisées pour un développement humain que l’on espère fructueux.

Litéracie numérique et formation d’ingénieurs : diaporama

Une semaine d’avance pour la préparation d’un diaporama, c’est incroyable !

Cela dit, le format de la présentation, un elevator-pitch en 5′ pousse à peaufiner la présentation et à se demander comment se passera la 1/2 heure d’échanges qui suivra en globish et en anglais.

Coté diaporama : aller à l’essentiel de ce que j’ai détaillé précédemment. L’audience est une série de respons de formation d’écoles d’ingénieurs du monde entier : donc ne pas passer pour un rigolo ou pire un geek.  Et coté niveau TIC, ces gens là en sont encore au niveau diaporama et téléphone.

Voici ce que je compte leur asséner. Commentaires, corrections bienvenues. Il me reste une semaine pour améliorer !

Litéracie numérique et formation d’ingénieur

Lors de la prochaine conférence à Montréal du CDIO, j’irai présenter l’idée que le web modifiant le lien à la connaissance, il est nécessaire d’intégrer la maitrise des suages du numérique (ou litéracie numérique) aux formations d’ingénieur.

Pourquoi les formations d’ingénieurs ? Tout simplement, parce que j’y enseigne et que le CDIO est une association mondiale d’écoles d’ingénieurs et qu’elle n’intègre pas encore la dimension numérique dans ses préoccupations. Les constats dressés ici doivent pouvoir se généraliser, tant la société de l’information modifie en profondeur nombre de métiers, et notre condition de citoyen.

L’article est en anglais, en voici un résumé.

D’un point de vue professionnel, l’introduction des outils de communication modifie les organisations et leur maitrise est maintenant considérée par certains comme un prérequis pour pouvoir exercer sa créativité, innover, et devenir entrepreneur dans la société du XXIème siècle. Or ces compétences sont considérées comme centrales dans les évolutions identifiées du métier d’ingénieur.

Ingénieur et collaboration

Ingénieur et collaboration

Les compétences liées au numérique (litéracie numérique ou digital literacy) impactent notre rapport à l’apprentissage, à la construction de savoirs, notamment en encourageant un apprentissage collaboratif. Il est donc également intéressant de les intégrer pour la qualité de la formation

Malgré tout ce que l’on peut penser, ces compétences ne sont pas innées. Utiliser les outils (blogs, wikis, réseaux sociaux, …) dans un contexte professionnel ou d’apprentissage nécessite de mobiliser des compétences à un haut niveau. Il est donc nécessaire d’apprendre à les utiliser dans des situations nécessitant un degré suffisant de réflexion. Nous avons identifié qu’il était donc nécessaire d’avoir une démarche progressive dans l’appropriation de ces outils qui peut s’intégrer avec une montée en compétence d’un certain nombre de compétences identifiées dans le syllabus de l’ingénieur (travail en groupe, gestion de l’information, communication, apprentissage tout au long de la vie, …).

Mais pour pouvoir généraliser l’utilisation avec les élèves (on dit comme ça pour les étudiants dans les écoles d’ingénieurs), il est nécessaire que les enseignants soient familiers de ces outils. Dans notre école, nous avons travaillé à 3 niveaux :

  • Soutien des early adopters en encourageant les innovations pédagogiques, qui peuvent ensuite être proposées aux autres collègues dans une petite structure comme la nôtre. Nous avons également la chance de pouvoir organiser des sessions courtes sur une semaine proposées à nos élèves à l’intersemestre ce qui a permis de proposer un séminaire sur le web2.0, puis le post-web2.0 avec de nombreux intervenants extérieurs.
  • Développer des communautés de pratiques. En profitant des projets interdisciplinaires, et de l’existence d’équipes pédagogiques, des outils collaboratifs ont pu être introduits dans la pratique quotidienne des enseignants. Leur usage devient naturel, le seul écueil étant le risque de figer certaines pratiques sur certains outils.
  • Proposer des animations. Qui se font à différents niveaux : conférence d’experts, formation continue, séminaires d’échange sur les pratiques, organisation d’événements nationaux comme Moodlemoot ou le colloque questions de pédagogies dans l’enseignement supérieur, participation à des réseaux d’utilisateurs et de recherche, ou présentation par les élèves (un explorcamp est organisé par les élèves à l’issue du séminaire web2.0

Cet effort devra se continuer, les usages devront se diversifier. Cela reste malgré tout un enjeu majeur pour développer un esprit d’innovation chez nos élèves.

Pour aller plus loin sur la montée en pratique des enseignants, il faudra sans doute s’intégrer, voire développer des communautés de pratiques plus larges, mais cela était l’objet du billet de la semaine dernière : Les ressources éducatives se développeront en réseau(x).

En attendant de proposer une formation vraiment orientée vers l’innovation …

Un Etherpad pour définir un cours « Web pervasif »

OpenSpime : une vue pervasive

Dans le cadre de notre dernière année de la formation ingénieurs, nous sommes en train de passer un cap et d’aborder explicitement dans notre enseignement de spécialisation informatique les nouvelles tendances du web. Le titre provisoire est « Web, partout, toujours : enjeux, innovations et conceptions ». L’idée est d’aborder la conception de systèmes basés sur le web, avec une vue globale. Nous en sommes à un résumé, mais qui définit une problématique globale qui nous paraît intéressante en intégrant les aspects techniques, sociaux et sociétaux. De plus, nous comptons profiter de ce nouveau cours pour envisager une approche pédagogique permettant d’intégrer les démarches de réflexion, d’innovation.

Bien entendu les outils web seront utilisés de manière intensive. Nous allons voir dans quelle mesure les outils sémantiques pourront être intégrés.

Reste à construire un déroulement pour une soixantaine d’heures de formation.

Pour travailler, nous avons utilisé un outil, déjà classique pour certains, mais que j’utilise pour la première fois entre personnes distantes (l’un de nous était en Grèce). Et effectivement pour travailler en commun sur un texte, c’est un vrai bonheur. Vous pouvez d’ailleurs le commenter, le corriger en ligne :-).

En ouvrant ce document, par contre une mauvaise nouvelle : le service en ligne va fermer ! Il ne nous restera donc plus qu’à déployer notre propre serveur Etherpad ou attendre l’intégration de ce niveau de synchronisation dans les outils Google. Le code est passé en Open Source (Apache Licence 2.0) et déposé sur la forge Google.

Pour @garlatti : Peut être regarder comment intégrer des extensions sémantiques dans Etherpad ?

Projet élèves de construction d’un hall virtuel d’accueil

Un groupe d’élèves a commencé à se pencher sur l’idée d’organiser un hall virtuel d’accueil de nos futurs élèves. Leur blog, qui conserve le titre du projet « Greet Our Students » vient d’ouvrir, en anglais. En effet, ce sont des élèves en Master Of Science. Nous y découvrirons l’avancement de leur sujet, les différentes ressources qu’ils retiendront, et bientôt le résultat de leur travail.

Souhaitons leur bon courage.

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