Museomix à Brest ? discutons-en

Museomix, c’est une communauté ouverte qui revisite et expérimente sur et dans  les musées.

La vision originelle qui porte Museomix :

  • Un musée ouvert où chacun trouve sa place,
  • Un musée labo vivant qui évolue avec ses utilisateurs,
  • Un musée en réseau auprès de ses communautés.
Dans le cadre du master « Histoire des sciences et des techniques, humanités numériques et médiations culturelles« , le Centre François Viète organise une présentation de Museomix  par Mme Claire Jouanneault dans l’optique d’examiner de manière concrète l’organisation d’une opération de ce type concernant l’histoire et le patrimoine maritime brestois.

Cette présentation aura lieu à la faculté Victor Segalen, 20 rue Dusquesne,  en salle B126 de 9h à 12h le vendredi 9 décembre 2016 . Elle est ouverte à tous et notamment aux chercheurs, doctorants, étudiants et bien sûr tous professionnels intéressés par de nouveaux modes de valorisation du patrimoine.

Une séance de travail complémentaire aura lieu l’après-midi pour celles et ceux qui souhaiteraient s’impliquer dans la préparation d’une forme adaptée à Brest et inspirée du modèle de Museomix.

Merci de prendre contact, éventuellement par un commentaire ci-dessous si vous êtes intéressés.
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Crédit photo : le Muséolab du Centre Erasme par dalbera licence CC-by
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Scoledge, un environnement d’apprentissage orienté flux, et ça change tout

 

Scoledge est une toute jeune startup, qui renouvelle les environnements d’apprentissage, en privilégiant le flux des échanges sur les contenus. Cela veut dire en clair que le centre de l’interface est un mur comme celui que l’on trouve dans les différents environnements sociaux. D’après les créateurs de cet environnement, c’est parce que cela correspond aux habitudes des jeunes (dont ils font clairement partie). C’est un environnement pour la génération Faceboook. A priori, cela incite à interagir avec les autres membres du réseau, ce qui est indubitablement un des points faibles de tous les environnements d’apprentissage et autres LMS des écoles aux universités. Rien que pour cela, vous devriez allez regarder ce petit bijou.

Si vous regardez les fonctionnalités proposées (remise de devoirs, calendrier, espaces de cours, partage de fichiers, gestion de classes, gestion des absences), vous pouvez avoir deux points de vue. Si vous vous considérez comme habitué des systèmes classiques, vous trouverez sans doute que celles-ci ne sont ni nouvelles, ni aussi puissantes que sur d’autres plate-formes (mais qui utilise toutes les fonctionnalités de quelque logiciel que ce soit). Mais si vous prenez un point de vue utilisateur, vous apprécierez la qualité de l’expérience utilisateur, digne des plate-formes les plus modernes. Ce qui ne gâte rien, il existe déjà une version mobile.

a0dba05d86d6a7aae451b33b39b81517D’ailleurs, quand on voit leur interface, on pense inévitablement à Slack, l’outil phare pour la collaboration dans les projets, et ce n’est sûrement pas par hasard. Étant moi-même en train de tester slack en formation, je peux confirmer que les étudiants adhèrent.

Educpros les as mis dans leurs 10 start-up EdTech à suivre. C’est en tout cas une proposition nouvelle dans ce créneau des environnements d’apprentissage, très différent du positionnement d’autres plateformes d’apprentissage comme speach-me, ou autres Moodle. Et c’est une réponse par des étudiants à la question de Thot de savoir si c’est une simple mode. Le web, ce sont le flux et la conversation avant tout. C’est à dire social.

Crédit photo : copie d’écran extraite du site de Scoledge … en espérant qu’ils me le pardonneront.

Avez vous lu le rapport « Innovating Pedagogy 2014 » ?

C’est maintenant le troisième rapport que les chercheurs anglais de l’Open University nous proposent faisant la synthèse des tendances dans les innovations pédagogiques. Il est intéressant de voir l’évolution de leurs travaux. Il y a à la fois une dimension feuille de route et un travail de fond sur les tendances pédagogiques.

Le mot clé cette année encore est « social ». Ainsi les MOOC deviennent selon eux des « Massive Open Social Learning ». Derrière cette reformulation, il y a une idée, à savoir la personnalisation, qui est avant tout de donner aux apprenants le pouvoir de choisir quoi et comment apprendre et que l’enseignement s’adapte à l’apprenant. Il y a également une question, qui est : quelles sont les pédagogies qui s’améliorent quand on augmente le nombre de participants (dit autrement qui passent à l’échelle).

Ces aspects sociaux se retrouvent dans les questionnements propos des données à recueillir pour la deuxième entrée de ce rapport : « conception des apprentissages guidée par les données ». Quelles sont les bonnes données et les outils pour les analyser. Clairement, nous en sommes au tout début pour trouver les bonnes métriques.

Si ces 2 entrées sont des mises à jour du rapport Les 8 autres entrées sont nouvelles. On y trouve des éléments déjà présentés par ailleurs : Flipped classroom, BYOD (Apportez vos Appareils Numériques), qui reconnaissent une certaine autonomie aux étudiants et promeuvent plus d’interactions entre pairs. On trouve également comme entrée, l’apprentissage au travers d’événement (event-based learning). C’est une reconnaissance de l’importance des événements participatifs qui fleurissent autour des tiers-lieux, des fablabs, comme les startup weekends ou autres MOOCamps.

On voit également des fondements pédagogiques apparaître, qui démontrent bien la prise d’autonomie et la collaboration. Ces trois points se positionnent dans le processus d’apprentissage. De manière générique, nous trouvons la notion de « apprendre à apprendre », l’idée est bien d’encourager une double boucle, d’apprentissage et de démarche réflexive pour permettre aux apPrenants de développer leur auto-détermination. L’entrée « learning through storytelling » propose ainsi une modalité. La question du « dynamic assesment » ou évaluation dynamique, aborde ainsi l’évaluation non pas sur la question de la maîtrise des connaissances, mais sur la détermination des potentialités d’apprentissage, pour permettre de définir les parcours futurs. C’est un changement de perspective intéressant, élargissant la potentialité de l’évaluation formative.

Autre élément clé que nos collègues ont choisi de mettre en avant, l’idée des concepts en rupture (tentative de traduction de « threshold concept »). Ces concepts, comme la récursion en informatique, la question de la respiration d’un muscle, …, sont des changements de modèles de compréhension, donc des barrières d’apprentissage. Ils sont souvent identifiés dans les disciplines. La proposition est donc d’intégrer dans la conception des formations ces pivots de l’apprentissage. Leur analyse est qu’il y a actuellement un mouvement pour partager et discuter ces concepts d’une part et de les intégrer dans les curriculums d’autre part.

Leur dernière tendance m’a fait particulièrement plaisir, mettant à l’honneur le bricolage, au sens de Levy-Strauss, bien sûr. Leur première acception est dans la démarche d’apprentissage au travers d’une certaine improvisation, source de pratique et de créativité. Leur seconde acception renvoie à une démarche d’innovation pédagogique, que je revendique, basée sur l’expérimentation, la combinaison, le détournement, l’essai-erreur. Source de rupture, c’est une réelle démarche de rupture en phase avec la culture numérique qui est bien le moteur de l’innovation pédagogique actuellement.

Source du schéma : projet beyond prototypes

Un MOOCamp pour l’école des communs au Forum des usages coopératifs

Comme mise en bouche pour le Forum des usages coopératifs, nous vous proposons de venir imaginer et scénariser les premiers MOOC autour d’une école des communs le 1er juillet à Brest.

C’est quoi un MOOCamp ?

Tous faiseurs de MOOC : Proposer, imaginer, scénariser des nouveaux MOOC en une journée, c’est l’objet du MOOCamp Day. Sur le modèle des barcamp et autres journées d’innovation, dans lesquelles tous les présents participent, le déroulement de la journée suit un schéma efficace : présentation de sujets de MOOC proposés par des participants et vote par l’assistance, puis ateliers de brainstorming et de construction impliquant tous les participants. La formule a été proposée par SenseSchool qui partage sa méthodologie, et c’est une excellente manière de transformer l’éducation.

La formule MOOCamp a déjà été jouée deux fois avec succès dans le cadre de l’initiative France Université Numérique. Il est donc temps de lui proposer d’autres horizons. Le cadre du Forum des usages coopératifs est naturel pour un telle ouverture, avec son motto « la coopération en action ». Ce Off constituera donc une excellente introduction à la session « L’école contributive » !

Pourquoi l’école des communs ?

Cette formule d’école des communs reprend les valeurs du forum. Autour des biens communs, il y a la notion d’éducation, de partage de valeurs et de savoirs bien de la contribution. Pour imaginer des formations citoyennes, pour proposer des formations accessibles à tous portées par des collectifs, le MOOC, Cours Ouvert à Tous en ligne et Massif est une option qui semble porteuse dans la droite ligne d’une initiative comme l’Université Pair à Pair (P2PU).

Vous cherchez un exemple ? Le MOOC sur les Ressources Éducatives Libres proposé au printemps est d’une certaine manière fondateur. Vous cherchez des thématiques ? Le programme du Forum en regorge. À titre d’inspiration, je vous propose également un point de vue de Christine Vaufrey : Les MOOC d’équipe débarquent ! N’hésitez par à venir partager votre passion et proposer votre sujet, quel qu’il soit, l’école des communs est ouverte.

Un tout petit peu d’organisation.

Vous êtes intéressé ?Vous comptez venir ? Proposer un sujet à explorer ensemble ? Vous pouvez vous inscrire sur ce formulaire en ligne, ou amender la page wiki du MOOCamp.

La journée aura un déroulement classique : rendez-vous 14:00 – proposition de sujets et vote – travail en ateliers de brainstorming puis de consolidation – en fin de journée : présentation, vote et acclamation des sujets travaillés dans la journée – avant de rejoindre l’apéro coopératif de nos régions proposé dans le cadre du forum des usages, et de découvrir le programme de la soirée.

 

Crédit photo : T Shirt clicc par Sylvain Naudin – licence CC-by-sa

MOOCamp, ou quand la conception d’un cours devient participative

Créer dix scénarios innovants, imaginer et concevoir des scénarios de MOOC : c’était le but de l’événement MOOCAMP, journée d’ateliers créatifs organisée le 11 janvier 2014 à Paris. Mission réussie !

C’est donc SenseSchool, dans les nouveaux locaux du CRI (Centre de Recherche Interdisciplinaire), sous l’égide de France Université Numérique, qui aura organisé en premier une initiative ouverte de conception ouverte de MOOC, un MOOCamp, en adoptant les démarches d’innovation ouverte qui font l’intérêt des barcamp, startup weekend (ne manquez pas celui de Brest le week-end prochain) et autres museomix.

L’idée était de réunir concepteurs de MOOC, des tous horizons, à venir proposer des sujets de MOOC, à voter pour leurs préférés et à passer la journée à travailler en groupe avec des animateurs qui assurent une démarche d’innovation en 4 temps (ouverture, focalisation, échange entre équipes et retours d’experts, présentation devant un jury). Les gens de SenseSchool ont réussi l’exploit de faire tenir cela dans une journée.

Cette initiative fait sens à plus d’un titre :

  • D’abord elle démontre qu’on peut ouvrir la conception d’un cours sans être obligés de rester entre enseignants pour monter un cours ;
  • Ensuite, cela permet de faire prendre conscience que pour monter un cours ouvert, un MOOC, il faut convaincre un public. Il ne s’agit plus simplement de proposer son sujet, mais de comprendre ou créer le besoin. Et cela dès le début ;
  • Mais je retiens surtout qu’un tel cadre permet d’aborder la création d’un cours de manière désinhibée, et donc d’aborder des solutions alternatives qui n’ont que peu de chances d’apparaître dans un processus classique. Elle permet de mieux aborder ce qui fait la différence entre un cours universitaire classique et un cours ouvert. C’est également un excellent accélérateur de projet. À ces titres, je recommande ce type de questionnement en phase amont de la conception d’un MOOC.

Parmi les projets de la journée, l’un d’entre eux a été sélectionné par un vote en ligne, parmi des « idées de MOOC » proposées par les internautes. L’idée retenue « l’art de négocier : les clés du succès pour tous » était portée par un étudiant dynamique @CyrilEchevarria. Au début de la journée, c’était juste une idée coup de cœur. A la fin de la journée, les éléments principaux d’un tel cours sont largement cadrés, y compris des activités qui tranchent avec les MOOC conventionnels. Manon Silvant en a d’ailleurs fait une synthèse disponible en ligne.

J’ai constaté que le caractère ouvert des échanges permettait d’imaginer des choses nouvelles, comme l’idée d’un concours contre les profs comme évaluation, la vidéo dont vous êtes le héros pour mieux comprendre de quoi est faite une négociation, l’utilisation de google glasses pour vivre une négociation de l’intérieur ou l’idée de proposer une cérémonie en fin de MOOC pour ceux qui ont réussi. Ces quelques exemples montrent bien qu’il y a pléthore de pistes à explorer pour proposer des cours plus attrayant dans l’avenir. Puissent les prochains MOOC de France université Numérique en tirer parti.

C’était donc le premier événement dédié aux MOOC de ce genre. J’ai donc noté quelques éléments à chaud :

  • Sur le déroulement lui même, les phases proposées par l’organisation : la séance de créativité pour l’ouverture, la séance de cadrage en début d’après midi, les échanges avec les experts pour affiner les idées, la finalisation et le retour devant la salle et un jury étaient bien définis, avec des supports qui m’ont l’air complet, et menés par des animatrices/animateurs de manière tout à fait pro. Un grand bravo.
  • En amont, pour la présentation en ligne, j’aurai apprécié de pouvoir voter sur des projets un peu plus explicites qu’une simple phrase. Sans aller jusqu’aux vidéos de teasing qui ont été proposées dans le cadre du concours d’Iversity qui était beaucoup plus formel, on aurait aimé en savoir un tout petit peu plus. De même, un peu plus de dynamique au moment de la présentation en salle aurait été bienvenue.
  • Super, le déjeuner pizza/ coca, tout à fait dans l’ambiance visée;-)
  • En tant qu’expert, j’aurai aimé passer cinq minutes avec mes pairs avant le démarrage pour mieux les reconnaître dans les couloirs. La phase de retour par les experts mériterait d’être mieux organisée, ou alors très différente mais cela risque d’allonger le déroulement.

En tout cas une initiative à renouveler et à diffuser. Je compte bien en être l’ambassadeur en Bretagne (et ailleurs) d’une manière ou d’une autre. Je vois déjà trois options qui me paraissent faire sens :

  • en parallèle avec d’autres villes si l’idée d’un MOOCamp multi-site se confirme ;
  • dans le cadre du forum des usages coopératif cet été, c’est typiquement le genre d’atelier qui y trouverait sa place, avec un public habitué à la coopération et au brassage d’idées ;
  • sur le temps de l’école d’été MOOC qui se déroulera également en juillet à Brest (du 6 au 11). Cela pourrait permettre des rencontres entre chercheurs, concepteurs de MOOC et innovateurs 🙂

Évidemment , comme toujours dans de telles manifestations, de nombreuses rencontres et discussions se sont déroulées en marge de manière très détendue, qui justifient pleinement de se déplacer.

Moi qui avait un peu de mal à me remettre dans le bain en ce début d’année (avec certes un gros rhume qui n’aidait pas), cette rencontre m’a redonné la pêche. Rien que pour cela, un gros merci aux organisateurs.

À chacun son modèle économique

Pour beaucoup, le numérique c’est d’abord une question d’économie. Pour pouvoir être innovant, il faut pouvoir vivre de son innovation. La question de définir un modèle économique viable est alors stratégique. C’est pourquoi j’ai beaucoup aprécié les 2 présentations auxquelles j’ai assisté à l’Open Coffee à Brest le 19 septembre dernier.

Peter Keates a été très convaincant sur comment construire un modèle économique innovant et l’outil business model canvas qui permet d’explorer les différentes options pour un service à construire.

Certainement un outil à exploiter dans les startup week-ends et dans les incubateurs.

Le témoignage de Michel Nizon (Edulang, Morlaix) était une parfaite illustration d’un modèle économique innovant pour une petite entreprise bretonne, qui en faisant preuve de courage, puisqu’elle a complètement changé son modèle économique, peut aborder le marché mondial. Les deux éléments que j’ai retenu : faire appel à la communauté (ici des profs de langue) pour faire sa publicité, et proposer un modèle de paiement avec ticket minimal, pouvant être augmenté au choix de l’acheteur. Modèle non viable en France, mais qui est possible dès qu’on ouvre au-delà de la France, il fallait l’oser depuis Morlaix, et ça semble marcher.

Ce qui m’interpelle à chaque fois que l’on parle de ces modèles économiques, c’est que ces choix modifient complètement l’architecture technique. Deux leçons donc, les ingénieurs doivent intégrer ces contraintes pour proposer des solutions performantes, et ils doivent intégrer la nécessité de proposer des solutions qui pourront s’adapter à des changements de modèles.

Merci à l’AFEIT et au Technopôle Brest-Iroise d’organiser ces rencontres enrichissantes, qui permettent de nous croiser entre acteurs du web d’horizons variés.

 

Crédit photo : Mobile Monday Amsterdam Business Model Canvas par marcfonteijn – licence CC-by-nc-sa

Des mobiles aux objets : Internet pour apprendre

Depuis quelques années, mon école se fait un plaisir d’accueillir pendant une semaine des élèves de CPGE (classes préparatoires aux grandes écoles). Cette année nous avons ainsi accueilli  des élèves du lycée Gustave Eiffel (Bordeaux) et Lakanal (Sceaux).  On m’a gentiment demandé de leur faire une présentation pendant une heure, au milieu d’un programme chargé (visites de labos, moment de détente, mais aussi travail avec leurs propres enseignants). Sachant qu’un collègue leur faisait une présentation dont l’intention était de leur montrer que ce qu’ils apprenaient actuellement leur servirait plus tard en école d’ingénieurs, pour compléter son point de vue, je me suis amusé à prendre le contre pied en leur montrant en quoi le numérique  modifiait les façons d’apprendre et les objectifs d’une formation d’ingénieurs.

Cela donne ceci :

Des mobiles aux objets : Internet pour apprendre.

L’échange en tout cas a été très sympathique 🙂

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