Visualiser les informations d’un objet.

have a look at the structure of an object

Have a look at the structure of an object will allow you to understand it !

Pour donner du corps à l’idée d’apprendre via les objets, il est intéressant de regarder la vidéo venant du groupe Fluid Interfaces du MIT, et présenté il y adéjà quelques temps par 01net dans son article « Le MIT a les moyens de faire parler les objets » ou dans coopératique dans son article Le téléphone mobile : cet appareil tellement dépassé… d’où j’ai extrait l’image de mise en bouche.

voici ce que cela proposent les gens du MIT :

Les vidéos Vodpod ne sont plus disponibles.

On voit que l’on peut afficher ce que l’on veut sur n’importe quel objet, et interagir, nous sommes donc bien dans une optique de réalité augmentée dans la rue. Donc, pas de problème pour visualiser un éclaté de l’objet considéré et commencer à rentrer dans la structure interne de l’objet et donc de commencer à comprendre comment il est fait.

Je viens de proposer un sujet sur le prototypage d’un apprentissage au sein d’un l’objet, qui a été choisi par une de nos élèves de dernière année. Je suis impatient de voir ce qu’il est possible de proposer.

Devenir Ingénieur via les objets

Comme on l’a vu, une approche de type Apprendre via les Objets est, selon une approche par compétence telle que celle développée par le CDIO, est  une modalité pédagogique intéressante.

En effet, s’il est possible d’associer des ressources pédagogiques pour mettre en situation des notions scientifiques ou techniques, il est également possible d’envisager nombre d’activités complémentaires.

Entrer dans les savoirs par une entrée de ce type permet de mettre en exergue le caractère profondément interdisciplinaire des objets qui nous entourent. Cette interdisciplinarité est bien entendu technique, mais elle aborde aussi les aspects environnementaux, ou durables,  comme le propose Bruce Sterling. Elle permet de poser la question de l’utilité sociale de l’objet, son intégration dans des systèmes englobants qu’ils soient techniques, organisationnels ou sociaux.

L’approche « Apprendre via les objets » permet de construire différents types de sujets de type projet :

  • construire une réponse à des utilisateurs qui veulent pouvoir adapter un objet existant pour un usage nouveau. L’accès aux données des objets (rendu possible par des protocoles tels qu’OpenSpime , aux outils de reconstruction des objets (lié à la notion de Spime de Bruce Sterling). C’est une approche qui oblige à analyser l’existant et la demande, deux aspects importants pour le futur ingénieur ;
  • imaginer, analyser des conceptions alternatives en faisant varier des paramètres de type coût, nombre d’exemplaires, l’approche consistant à pouvoir faire du sur-mesure change en effet les critères qui ont conduit à la coneption de nombre d’objets qui nous entourent qui ont été conçus selon une approche d’échelle mondiale avec une personnalisation au niveau informatique ou de l’emballage ;
  • travailler avec des designers, ou d’autres. En effet les données étant partageables, partagées il devient possible de mettre en place des projets ou des campus distants collaborent. Le projet, la collaboration se fait autour de l’objet ;
  • l’internet des objets est également une source d’innovation qui permet d’envisager des innovations et des modèles économiques modernes comme l’a prouvé l’emblématique lapin Nabaztag

En bref, il est possible d’envisager des projets motivants, avec l’intégration des connaissances techniques, sociales, économiques, durables …

crédit photographique : http://www.flickr.com/photos/dalbera/2739290486/ par Dalbera en licence CC-by.

ECTEL 09 et sa lanterne magique

J’ai eu la chance de participer à la conférence ECTEL 2009 (European Conference on Technology Enhanced LEarning « Learning in the Sinergy of Multiple Disciplines »). D’excellents papiers, des keynotes speakers convaincants (notamment Mike Sharples qui nous convie à une recherche interdisciplinaire et globalisée, tout en restant au contact de la réalité de la classe).

J’ai participé avec Serge Garlatti à un workhsop appelé « Future Learning Landscapes: Towards the Convergence of Pervasive and Contextual computing, Global Social Media and Semantic Web in Technology Enhanced Learning ». L’objet était de réfléchir au futur des environnements d’apprentissage dans une perspective d’intégration des apects pervasifs, sociaux, mobiles et sémantiques. Nous avons présenté notre point de vue au travers d’un papier « An Adaptive and Context-Aware Architecture for Future Pervasive Learning Environments« . La présentation orale que j’ai faite permet d’aborder cela d’une manière plus graphique :

Parmi les présentations auxquelles j’ai assisté, j’ai particulièrement apprécié celle de l’EPFL (Hamed Seiied Alavi, Frederic Kaplan and Pierre Dillenbourg). Leur article Distributed Awareness for Class Orchestration part de l’étude d’un problème très pratique : l’intervention d’assistants dans un bureau d’études (recitation in english), passe à un niveau d’analyse très poussé, puis propose une solution pragmatique et particulièrement idoine : une lanterne qui donne le numéro de l’exercice traité (via la couleur), le temps passé (via l’intensité), le fait qu’ils demandents de l’aide (une couleur clignotante) et depuis combien de temps (fréquence du clignotement). Le travail de thèse d’Hamed Seiied Alavi semble porter sur l’oganisation spatiale des apprentissage et permet donc ce recul nécessaire pour proposer ce genre d’innovation

Je suis impatient de pouvoir utiliser ce genre d’objet dans mes BE.

Une vidéo trouvée sur une page décrivant ce projet à l’EPFL du Craft vous permettra de mieux en juger.

Rationale for a CDIO approach : Apprendre via les objets !

Je décrivais hier ce qu’est l’approche CDIO. Ce matin, j’écoute l’introduction du meeting.

Je reprend ici une diapo titrée « Rationale for a CDIO approach »

  • Most engineers tend to learn from a concrete to the abstract, e.g.in manipulating objects to understand theoritical concepts ;
  • Many students arrive at university lacking personal experience in building or repairing objects
  • Design-implement activities and other forms of experiential learning build the cognitive framework students need to understand the fundamentals more deeply
  • In a CDIO approach, learning activities have a dual impact of deepening technical knowledge while developing product, process, and system building skills

Un plaidoyer pour développer une approche moderne de la compréhension des objets. J’appelle cela « Apprendre via les objets« 

Apprendre via les Objets

L’Internet des Objets nous promet de pouvoir accéder aux données liées à un objet. L’idée de ce billet est d’envisager comment utiliser ce nouveau lien entre le réel et les données pour susciter une découverte des technologies et des sciences.

Ou comment Redonner le goût aux sciences…

Bruce Sterling nous parle de l’Internet des Objets comme d’un moyen de repenser le monde. L’accès aux informations permet d’accéder à la conception d’un objet, de connaître sa vie. Il en déduit une foule de comportements qui deviennent possible : changer son usage, le faire évoluer, améliorer son empreinte, être au courant de son impact environnemental. Il reste à envisager cet objet comme moyen, ou au moins comme prétexte à apprendre.

Si l’on se place du goût de la découverte des technologies et des sciences, l’idée est que l’on peut via un objet chercher à comprendre comment il est fait, et aussi comment il s’intègre dans son environnement physique et technologique.

Si l’on considère que les plans qui ont conduit à sa conception sont disponibles, il devient possible de proposer ces informations à quelqu’un qui veut comprendre comment l’objet a été conçu ou fabriqué. Il est alors possible de parcourir ces plans pour comprendre quels sont ces composants, qu’ils soient physiques, intégrés ou logiciels. Sa construction redevient lisible !

Ainsi quand je suis face à un objet et que je me demande comment il fonctionne, il suffit de l’interroger pour pouvoir accéder à son fonctionnement interne. Il est ainsi possible de commencer à susciter ma curiosité au moment où je suis prêt à être intéressé.

Ce parcours peut évidemment s’adapter à différents critères : mon âge, mon niveau de connaissances, mon envie d’approfondissement, mes intérêts actuels (je peux m’intéresser actuellement à la découverte de l’électronique, à l’impact environnemental des objets, à l’histoire des sciences …). Il y a là de la matière pour tous les niveaux d’apprentissage. Pour faire une analogie avec le travail d’un collègue : chaque objet devient un musée virtuel dont il est possible de choisir un parcours.

Pour prendre une autre analogie, un certain nombre d’ingénieurs avouent en privé être venus à ce métier par un goût du démontage des objets qui les entouraient du temps de leur enfance. Qui de se souvenir d’une boite de vitesse, de son solex, d’une radio … Les avancées technologiques ont été suffisamment importantes pour que la technologie deviennent invisibles, et tous les objets qui nous entourent indémontables. De la à expliquer le moindre intérêt des jeunes pour la technologie, il n’y a qu’un pas. Cet accès aux plans de l’objet peut le rendre à nouveau « démontable », au moins virtuellement.

Dans cette perspective, l’Internet des objets peut devenir un moyen de comprendre le monde.

Moi cette perspective me branche assez, et vous, qu’en pensez-vous ?

Internet du Futur

Dans le cadre d’une réflexion sur l’Internet du futur proposée par le gouvernement, mon laboratoire se penchera sur le sujet au cours de son prochain séminaire. Cette réflexion semble déjà bien engagée si l’on consulte un peu le questionnaire et son document d’accompagnement. On peut d’ailleurs légitimement se demander à qui s’adresse la consultation publique vu le genre de questions posées (Présentez les équipes et moyens que vous dédiez (ou pensez dédier à court et moyen terme) à chacun des thèmes liés à l’Internet du Futur et compléter autant que de besoin le tableau présent à l’Annexe 1. Quels sont, pour votre entité, les thèmes prioritaires ? ou Quelle part consacrez-vous à la recherche incrémentale et à la recherche disruptive sur ce sujet ?). Il serait sympathique de le préciser …. en tout cas ce ne semble pas être dédié au citoyen de base, ni même au chercheur de base.

Bon, malgré tout je peux répondre à la question 1. La suite se fera à un niveau plus haut que le mien. Allons-y en vue de ce prochain séminaire :

A l’horizon 2015-2020, quels sont les principaux nouveaux services, usages et applications qui viendront redéfinir le fonctionnement et l’utilisation de l’Internet dans vos domaines d’activité ?

Une intégration de la dimension numérique (données actuelles et du cycle de vie) dans les objets du quotidien (internet des objets) couplée avec une généralisation de la gestion des liens entre entités et information (web sémantique) introduit une version intégralement distribué des l’information (pair à pair). Une généralisation de l’accès et de la production d’information

Cette extension va amplifier la possibilité de mieux comprendre notre environnement et comment développer de nouveaux systèmes, de collaborer et d’apprendre !

en tant qu’enseignant en école d’ingénieurs, cela va changer notre manière d’aborder le monde et la formation.

Quel peut-être l’impact économique de ces évolutions ?

Comme le souligne le site de préparation d’Autrans 2010, entre autres : il va être nécessaire de redéfinir totalement les modèles économiques. Cela est par ailleurs indispensable pour pouvoir repenser notre rapport au monde et donc pouvoir répondre aux défis du développement durable.

Quelles opportunités et quels risques anticipez-vous dans le cadre de vos activités ?

Opportunités : pouvoir permettre une meilleure appropriation de notre environnement qui permette une revalorisation intellectuelle du métier d’ingénieur. Permettre un engagement de nos élèves dans leur formation et dans leur compréhension des problèmes.

Risques : un éclatement des institutions d’enseignement et du rôle de l’enseignant, diluant et réduisant l’accompagnement à la maturité intellectuelle des jeunes. Ce risque est d’autant plus important que l’éducation nationale (dont je ne fais pas partie) ne s’approprie que trop peu Internet et qu’au contraire elle se sanctuarise.

Dans ce contexte, quels facteurs auront le plus d’impact dans la redéfinition de l’Internet et de son architecture ?

L’important est de permettre un accès le plus libre et le plus transparent possible aux données pour permettre la formation, l’appropriation et l’amélioration de tous les champs de connaissance.

Quelles éventuelles nouvelles formes celle-ci peut-elle prendre ? Quels sont les verrous à lever ?

Celle-ci se rapporte à quoi : architecture ? Les 2 extrèmes sont Pair à pair ou centralisée.  Le risque est de tendre vers le pôle centralisé, l’opportunité est de tendre vers la plus grande répartition possible

Verrous à lever :

  • la confusion entre pirate (usage) et technique (partage et lien entre ordinateurs) : cela au niveau juridique et par ricochet au niveau opérateur
  • l’autonomie des équipements (adaptation dynamique, reconfiguration ,évolution …)
  • la rapidité d’accès à l’information
  • la gestion de la redondance et la synchronisation
  • l’interopérabilité


Internet des Objets

Daniel Kaplan en parle enfin dans son 3ème opus sur le sujet :

Repenser l’internet des objets (3/3) : Industrialiser l’internet ou internetiser l’industrie ?

Il s’agit bien des objets qui ont une vie numérique depuis l’idée jusqu’au démantèlement (même si ce n’est pas abordé dans l’article, le fait d’avoir à disposition toutes les infos nécessaires permet de l’envisager), avec une interrogation possible durant sa vie opérationnelle. Un objet  interopérable, ouvert, à vocation collaborative.

« Un bon spime est à la fois plus complexe que ce qu’exigerait son usage premier (”trop” riche en fonctions) et jamais fini. Il se présente comme “un projet technologique ouvert dont l’évolution est déléguée à ses utilisateurs finaux.” » Cela ressemble furieusement à tous ces services « web2.0 » que l’on s’approprie, que l’on détourne pour son usage personnel.

Autant l’ article précédent me faisait penser au web1.0 (le contenu statique, contrôlé par quelques uns), voire la tentative de l’industrie d’utiliser Internet comme un réseau fermé équivalent à ceux qu’elle a l’habitude de déployer, autant dans cet article on est bien dans la dimension participative dans les objets. Les deux modèles cohabiteront sans doute, et correspondent à des usages différents.

En termes d’innovation, ce qui est important c’est bien l’Internet des objets au sens ouverture, participation, collaboration, données exploitables et liens possibles. Ce que nous en ferons ? Nous verrons bien, de nouveaux usages verront le jour. En plus cela permet l’action locale dans un monde global. Et si cela conduit à améliorer la planète et le quotidien, tant mieux !

Y-a-t-il des clubs de spimeurs en France ?

Et décidément, comment vont évoluer les métiers de l’ingénierie et de l’informatique dans ces changements annoncés ?

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