Quelle éducation numérique pour l’Ingénieur Informatique et Télécom ?

J’avais botté en touche quelques sujets pendant les vacances (voir le billet Associer approche système, technologie, culture et économie numériques, pour la formation et l’innovation dans lequel je cite notamment le rapport de l’association Pascaline : économie numérique, innovation et enseignement : quelles conséquences ? )

En quoi l’accès numérique généralisé concerne les élèves ingénieurs, et donc leurs enseignants (également chercheurs …) ? En fait à trois niveaux, dont deux devraient être communs à tous les citoyens :

  1. La litéracie numérique en tant que compétence, j’entends ici à la fois la capacité à gérer, produire et partager de l’information et la capacité à le faire en groupe et dans un environnement social. Cela veut également dire comprendre l’écologie du numérique (les enjeux sociétaux, les modèles économiques …). C’est un élément fondamental pour permettre le débat social. Le niveau de compétence atteint par ces élèves doit être suffisant pour qu’il puissent être vecteurs d’innovation ;
  2. L’utilisation de l’environnement numérique pour apprendre et gérer la connaissance, et ce dans un contexte social (qui démarra au niveau de l’esprit de promo tel qu’on le connaissait au siècle dernier et qui s’étend aujourd’hui bien au delà dans les réseaux sociaux) ;
  3. L’action de l’ingénieur est d’abord technique. Il doit donc être capable d’imaginer, de concevoir et de développer les services numériques innovants. Ce domaine doit donc faire partie intégrante des enseignements qui lui seront proposés. À ce niveau, il est indispensable qu’il maitrise les fondements de l’informatique et des traitements numériques en général, et qu’ils soit capable de les intégrer dans le cadre d’une vision système.

Dans les projets d’innovation, nos élèves intègrent actuellement systématiquement les aspects sociaux dans les systèmes qu’ils proposent, ils doivent maintenant apprendre à y intégrer les aspects mobiles, d’agrégation des données, et d’accès systématique à l’information et au cloud.

Demain, ce sera par exemple l’interaction entre tous ces équipements et tous les objets (Internet des objets) pour des actions coordonnées. Peut être imaginera-t-on également de telles actions de groupes entre utilisateurs… Peut- être dans des cadres hybrides.

crédit photo :  Arduino controlled flash trigger par Enrique Jorreto, licence CC-by-nc-sa

La tentation du tout Google

Mon objectif n’est pas ici de faire la critique de l’hégémonie de Google, ni de faire le point sur les problèmes que cela pose en termes de confidentialité, d’identité numérique, de visibilité, de dé-référencement de la concurrence dans l’outil de recherche …

Il n’est pas non plus question de comparer les 2 approches pour essayer de rendre le web plus unifié, donc pas de savoir s’il faut choisir entre rendre interopérable les services web de nombreuses sociétés, ou regrouper tous ses usages dans ce qu’il faut bien appeler une suite de services, dans un environnement unique tel Facebook ou Google, ce que d’aucun appelle un silo de données.

Non, la question du jour est de savoir si on peut (quasiment) tout faire dans l’environnement Google, pour mesurer où en est arrivé cette entreprise, en termes d’intégration de services. En effet, deux nouveautés de l’été ont étendu l’emprise de la firme américaine : l’ouverture de Google+ et l’arrivée de la tablette tactile Samsung Galaxy Tab.

Celle-ci peut se visualiser facilement selon 3 axes :

  • le premier qui est la variété des équipements supportés ;
  • le second qui est le nombre de services aujourd’hui proposé avec un seul compte ;
  • le troisième correspond aux domaines sur lesquels Google avance des offres ;

Coté plateforme tout d’abord, les services Google étant d’abord dans les nuages (Cloud computing) , il sont accessibles de la plupart des plateformes numériques existantes, via un navigateur. Ils permettent donc de regrouper les données dans un même silo, entre services et entre équipements.

Cela dit, Google développe des plateformes d’accueil pour permettre une meilleure intégration.

D’où puis je accéder à mes données ?

  • Le navigateur Chrome tout d’abord, qui bénéficie de plugins spécifiques, ou du moins avant les autres navigateurs, qui vous faciliteront la vie. J’ai apprécié le fait de pouvoir envoyer mes SMS directement depuis mon navigateur en me synchronisant avec mon smartphone (Android) ;
  • Les smartphones Android, qui permettent l’accès à vos données au travers de nombreux services tirant parti de la géolocalisation et des fond de cartes. Mais aussi qui permettent de partager (publier) et de sauvegarder dans les nuages toutes les données générées sur cet équipement : votre localisation, vos contacts, vos photos et vidéos … ;
  • Et maintenant les tablettes Android qui proposent un confort comparable avec celles de la concurrence, et la même passerelle que celle des smartphones.

Quelle intégration en découle ?

Le principe de mobiquité est ainsi assuré, permettant de se connecter en mobilité, depuis n’importe quel équipement à ses données et ses services, pour autant qu’ils soient chez Google. La synchronisation y est très forte puisque l’on peut y retrouver ses marque-pages d’un équipement à l’autre, ainsi que les photos prises (Instant Upload), ses contacts … On y trouve également le principe de partage généralisé, tant en publication qu’en production. Notons également que Google revisite les interfaces, non seulement en simplifiant au maximum, mais aussi en proposant la reconnaissance vocale en complément d’une saisie clavier, en attendant la réalisation d’actions par le même canal, et la traduction automatique.

Coté services, qu’en est il ?

  • Tout d’abord, la suite de base : mail, agenda, documents (tete, tableur, diaporama). Efficace, collaborative, avec outils de recherche intégrés, elle convient à la majorité des usages ;
  • Le partage d’images et vidéos, avec Picasa et Youtube. Picasa propose également un ensemble d’outils de retouche suffisants pour l’amateur. Cela manque à Youtube, mais ne chipotons pas ;
  • La publication web, soit au travers d’un blog, soit au travers d’un site. Sans oublier la possibilité de faire ses statistique avec Analytics, ou de récupérer quelques centimes en faisant de la pub ;
  • L’actualité, la météo, et le comparatif d’achat (Shopping)
  • La gestion de flux RSS au travers de Google Reader pour une veille efficace, ou via des alertes ;
  • La vue du monde entier sous forme de cartes, de photos satellites ou depuis la rue ;
  • L’interaction avec ses amis par réseau social grâce à Google Plus, alternative
  • La communication par courriel, par liste dans un groupe, par chat, et maintenant par vidéo via les bulles dans Google Plus ;
  • La recherche classique sur le web, mais aussi dans les publications scientifiques (Scholar), les livres (Books), les photos (géographiquement : Panoramio ou selon les formes de la photo Goggle), géographique (dans Maps) ;
  • Le développement logiciel, avec la forge logicielle qui permet de gérer vos projets, la publication de nombreuses API ou des outils de développement comme App Inventor qui permet de développer de manière graphique ;
  • J’en oublie … des existants (SkectchUp par exemple permet de faire des schémas 3D) et ce qui se prépare dans les labs (encore merci à Daniel Liewon pour sa présentation passionnante de Google Squared

Et souvent des ponts, des raccourcis existent entre les services. On arrive donc ici avec une série de services basés sur l’accès, le partage et l’exploitation de données, avec des interfaces renouvelées et avec une gamme complète d’équipements mobiles. Pas mal du tout, et en tout cas plus large que n’importe quelle autre compagnie !

Et pour qui tout cela ?

Clairement Google s’intéresse depuis longtemps à l’éducation, via Google Apps fo Education, des exemples d’usages (voir par exemple Android For Academics), ou même en donnant des leçons aux états. Il s’intéresse évidemment aux entreprises et aux développeurs (voir ci-dessus), aux associations, …. Bref à tous (du moins à leurs données), partout, toujours.

Qu’est ce qui nous retient (encore) en dehors de Google ?

Quelques services manquent encore : la musique principalement (quoique, un service existe déjà aux États-Unis), et quelques babioles : les cartes conceptuelles, le partage de signets…

Sinon peut être d’y retrouver nos amis, nos réseaux sociaux, car ils n’ont pas tous migré, loin de là. Facebook bénéficie de la position établie face à Google Plus, Twitter semble moins inquiéter Google puisqu’il peut être intégré facilement dans « Plus ». Mais cet argument tombera peut être tant il est plus facile d’y entrer que d’en sortir. Tout est fait pour que nous amenions nos amis avec nous. Curieusement, les passerelles d’exportation de Google Plus ne sont pas encore opérationnelles : pas d’API, pas de flux RSS … Heureusement Google nous rassure en nous promettant qu’il est facile de le quitter pour d’autres cieux.

J’ai bien envie pourtant de me laisser tenter et de passer un temps à tester ce monde à lui tout seul qu’est devenu Google (et non plus une brique du Web), et en essayant de ne pas en sortir, en espérant que cela ne soit pas aussi dangereux que l’exploration des fast foods à la mode « Supersize me ».

Crédit photo : #googlerally @moveon bus @google don’t be evil #NetNeutrality par Steve Rhodes, licence CC-by-nc-sa

Quelques liens pour se donner des idées :

Un Innovation Camp sur les Smart Cities

Passer une semaine à imaginer la ville de demain avec des élèves ingénieurs du monde entier à Copenhague en juin. Ça vous dit ? C’est ce que vous propose la CDIO Academy à tous les élèves ingénieurs.

Ce concours se passe en deux temps :

  • dès aujourd’hui chacun peut déposer ses idées sur le site de la CDIO Academy. Il est également possible d’acheter des parts sur les meilleures idées. Deux classements en résulteront : les idées les plus retenues, et les meilleurs investisseurs ;
  • en mars les élèves ingénieurs porteurs des meilleures idées seront sélectionnés pour créer des groupes, préparer et aller participer à l’Innovation Camp du 20 au 24 juin à Copenhague en conjonction avec la Conférence du CDIO. Une belle occasion de concrétiser ses idées et de rencontrer des experts venus du monde entier.

En abordant le thème de la ville de demain, ce concours se positionne clairement dans une perspective de développement durable et pluridisciplinaire !

OpenSpimes et CO2 cap - flickr CC Leeander

Pour se démarrer une petite culture francophone orientée numérique, un petit tour coté Fing, peut être en commençant via cet article :Villes 2.0 : la ville complexe… et familière

Le CDIO est une association mondiale qui cherche à développer une nouvelle vision de la formation des ingénieurs. Parmi les institutions partenaires du CDIO, on trouve le MIT, la Beijing Jiaotong University, l’École Polytechnique de Montréal, QUT Brisbane, toutes les écoles de Suède et de Finlande, Télécom Bretagne (la seule école française) et bien d’autres.

En savoir plus : http://cdio-academy-2011.dk/. Inscrivez-vous. En tout cas, nous le conseillons à nos élèves. Si d’autres francophones s’inscrivent. N’hésitez pas à faire un petit coucou.

Dernier point, les idées déposées seront considérées comme faisant partie du domaine public.

Ernest, raconte moi une histoire

Ou comment construire son business innovant à l’heure d’Internet

Petite discussion aujourd’hui avec un bon ami, sur les moteurs de l’innovation, sur les changements liés à Internet, et sur les méthodes pour convaincre. A la clé, un petit ensemble de références accessibles pour qui voudrait comprendre quelque clés concernant l’impact d’Internet sur le montage d’un nouveau business.

On a parlé du livre de Lawrence Lessig, Free Culture ou Culture libre en français, de celui de Chris Anderson, Free, pour les idées globales racontées au travers  d’histoires, d’anecdotes, sur le mode de la conversation, et finalement généralisées. Indispensables pour aborder les nouveaux modèles économiques et les droits liés. On y trouve les concepts principaux : le problème des droits d’auteurs et les équilibres liés,l’économie de l’attention, le modèle du gratuit

Le livre collaboratif « Business Model Generation » a été évoqué pour sa vue globale pour définir la structure d’une entreprise, et définir son modèle éconmique. Un Must, semble-t-il.

Autre étape importante pour développer son entreprise : convaincre. Que ce soient des futurs partenaires, des futurs clients ou des décideurs, le challenge est d’accrocher son auditoire, et de lui laisser une « image » pour la suite.  On a donc parlé du livre « Convaincre en 2 coups de crayons » qui propose une méthode basée sur la production de petits schémas simples et clairs. Le livre de Lessig est convaincant notamment au travers de ses schémas simples et synthétiques. L’heure est au schéma marquant, explicite, synthétique, ciblé pour construire et expliquer son argumentaire. A l’heure de l’économie de l’attention, il faut aller à l’essentiel.

Et cela se traduit au niveau des modes de communication. Les vidéos aux chiffres et idées clés fleurissent pour la prise de conscience, mais pour expliquer un élément un peu complexe la démarche de CommonCraft, qui privilégie les explications au travers de schémas dynamiques en 3 minutes reste inégalée.

Quoique, pour les grandes idées, le format de TED : une personne présente une idée révolutionnaire en 18 minutes, et sa vidéo est retransmise sur le web fait des émules. l’ENS d’ULM propose ainsi ses Ernest, pour diffuser la connaissance. Puisque l’on est dans l’innovation, la compréhension des modèles économiques et les changements dus à Internet, deux vidéos « introductives » peuvent retenir l’intérêt.

A noter à titre d’exemple de l’importance de l’image la démarche de ces 2 orateurs. Pierre Bellanger construit son support sur des croquis simples et des idées clés, qui résument son discours. Serge Soudoplatoff lui se contente d’un  tableau dynamique de compteurs ( de Gary Hayes) qui résume l’impact d’Internet au travers de l’évolution les chiffres clés le temps de son discours, et qui reste derrière lui le temps de son intervention.

Voilà donc un début de petite bibliothèque pour mieux apprendre à construire dans le monde du début du XXIème siècle. En tout cas un contexte indispensable à comprendre pour le domaine de l’innovation.

Fish in water by Mc Beth - licence CC sur flickr

Concernant l’enseignement, les impacts sont :

  • les éléments à comprendre pour le futur ingénieur ;
  • l’impact du problème des droits d’auteurs sur la diffusion des ressources éducatives (libres notamment).
  • l’approche d’outils plus pertinents pour faire passer des concepts auprès des élèves.

Mais les deux derniers points feront l’objet de billets ultérieurs 🙂

Les inscriptions à la P2PU sont ouvertes

Les inscriptions à la P2PU sont ouvertes aujourd’hui – venez choisir vos nouveaux cours

Traduction de l’article « P2PU Sign-up opens today – come and get your new courses! », par rebeccakahn du 26 août 2010.

La Peer 2 Peer University (P2PU : Université Pair à Pair) vient d’annoncer aujourd’hui l’ouverture de son troisième cycle de cours libres en ligne. Un nombre croissant de cours spécialisés dans des domaines allant de la gestion de cours collaboratifs jusqu’au trafic des êtres humains.

La P2PU est également heureuse d’annoncer le lancement de la P2PU School of Webcraft (école P2PU des métiers du web), mené en collaboration avec la Fondation Mozilla. L’école des métiers du Web est une nouvelle manière d’apprendre le développement sur les standards ouverts du web dans un environnement collaboratif. Les cours de cette école incluent « Débuter avec les services web Python » ou HTML5.

Toutes les classes sont universellement accessibles, gratuites et alimentées entièrement par les apprenants, les mentors et les contributeurs. L’objectif est de créer un système dynamique, guidé par les pairs, donnant un accès facile mondial permettant de bâtir sa carrière sur les technologies web ouvertes.

La communauté P2PU est en croissance et heureuse d’accueillir ces nouveaux cours leurs organisateurs en son sein.

Depuis la dernière série de cours, quelques changements ont eu lieu à P2PU, notamment sur le site P2PU sur lequel a été apporté une révision majeure, le rendant plus simple et plus facile à utiliser que jamais. La communauté P2PU conserve ses principes, de contenus générés par la communauté ouverts et partageables sous licence CC BY-SA.

La communauté P2PU se compose d’un groupe diversifié de personnes. Ils sont écrivains, enseignants, concepteurs, doctorants et autres étudiants diplômés, artistes, spécialistes du droit d’auteur, des scientifiques et des musiciens de blues de la guitare. Surtout, ils sont des apprenants travaillant ensemble pour apprendre les uns des autres.

Inscrivez-vous en ligne en parcourant la liste : http://p2pu.org/course/list. La date limite d’inscription est le 8 septembre 2010. Les cours ouvriront d’ici le 27 Octobre. L’inscription à un cours peut nécessiter des informations supplémentaires.

L’initiative P2PU est très intéressante, proposant une vraie communauté d’apprentissage, basée sur des productions ouvertes à tous. Cela dit pour l’instant la P2PU est uniquement anglophone. Faut-il envisager une déclinaison francophone ?

Le futur de l’éducation ! En vidéo ?

Impressionnant, l’intérêt pour le futur de l’éducation est croissant. Et la problématique de la mise en ligne de la production académique suit. Tout cela est très bien, et laisse espérer enfin une évolution de nos pratiques et de nos ressources. Et il est plus que temps !

Mon petit problème est du coup la profusion de vidéos disponibles, avec des gens plus passionnants les uns que les autres. Sur ce mois, il y a eu :

Le format de TED est dynamique : 20 minutes pour une idée, un point de vue original, qui compte, qui les passionne avec uniquement des intervenants reconnus. Les conférences et autres cours en ligne sont souvent plus longs (1 heure et plus), et même si certains orateurs sont passionnants, l’écoute en est chronophage. J’avoue par ailleurs pouvoir écouter une présentation en français en tâche de fond d’une autre activité, mais j’ai plus de mal en anglais.

Marc Giget du Cnam confirme que la vidéo, via le canal de la télévision ou du podcast permet de diffuser largement des contenus. En découverte d’un sujet, une vidéo est effectivement souvent plus accrocheuse qu’un document écrit ou plus compréhensible qu’un diaporama.

On a donc droit aux conférences en ligne, comme si vous y étiez. Le problème est qu’il n’est pas possible d’être partout, et que cela reste vrai même en différé, et que pour prendre connaissance du contenu, il est nécessaire de les écouter !

Le problème est une question d’usages multiples :

  • Pour qui voulait absolument suivre en intégral la conférence en question, ou qui veut suivre un cours complet sur un sujet, pas de problème !
  • Pour qui veut mettre à disposition, pour être vue intégralement, tout va bien !
  • Pour qui veut réécouter la vidéo, pour mieux saisir un point qui a posé problème en première écoute, il va falloir pouvoir retrouver le moment intéressant ;
  • Et dans un contexte de butinage, de recherche d’informations, de curiosité, de synthèse … c’est tout simplement inutilisable, et c’est bien dommage, car il y a des idées intéressantes à découvrir. Et qui sont d’autant plus convaincantes que le média vidéo est plus riche que l’écrit.

Quel est la richesse de l’écrit par rapport à la vidéo ? La vidéo telle que est linéaire, et forme un bloc. L’écrit, lui, permet plusieurs types d’entrées, qui en facilitent la recherche, la découverte et son parcours : mots clés (ou tags), plan, introduction, conclusion, extraits, 4ème de couverture …

Les vidéos actuelles ne proposent rien de ce genre. Pourtant des solutions existent. Un résumé (vidéo ou textuel) pourrait améliorer les choses, mais ces premières mises en ligne ne le font que trop peu se contentant d’un nom, d’une date, et d’un lieu. Le chapitrage permet de découper en parties, mais si cela est pratique pour retrouver la partie intéressante dans un document déjà écouté, il ne permet pas la découverte. Une autre solution de parcours est de proposer le marquage de passages avec des tags. Si un diaporama est disponible, il peut être intéressant de synchroniser la vidéo pour pouvoir choisir le commentaire d’une diapo donnée. La mise à disposition des diaporamas sur Slideshare permet maintenant de synchroniser du son, à défaut de la vidéo.

Même avec ces compléments l’entrée dans une vidéo est plus engageant que de parcourir un texte. Comment gérer cette nouvelle forme d’infobésité ? Peut être en utilisant le système de recommandations des réseaux sociaux :

  • Olivier Ertzscheid nous conseille deux vidéos parmi celles de Nice, avec la frustration de risquer de rater d’autres points de vue ;
  • Stian Haklev, dans un post intitulé Open Scholars and Divergence/Convergence, Groups/Networks conseille chaleureusement la présentation de George Siemens à TEDxNYED. Je pense donc commencer par celle-là.
  • Pour les assises de l’éducation et du numérique, faute d’autre conseil, je me permet de vous conseiller la vidéo de Marc Giget sur la formation en général à travers le monde élargit le champ des possibles en nous montrant ce que font les autres pays. Plein de pratiques qui ne demandent qu’à être adaptées à nos contexte : TV éducative, accès en ligne aux cours des universités prestigieuses, le fait que l’ensemble des informations est immédiatement accessible dans la classe, les outils d’entrée dans la connaissance, comme les simulateurs, le problème de l’attractivité des connaissances, les voyages d’études pour les cohortes d’étudiants …
  • Dans la série constat, j’avoue avoir bien apprécié la prestation de Sir Kenneth Robinson à TED Dallas où il nous annonce que l’école tue la créativité. À nous de changer cela…

Un Etherpad pour définir un cours « Web pervasif »

OpenSpime : une vue pervasive

Dans le cadre de notre dernière année de la formation ingénieurs, nous sommes en train de passer un cap et d’aborder explicitement dans notre enseignement de spécialisation informatique les nouvelles tendances du web. Le titre provisoire est « Web, partout, toujours : enjeux, innovations et conceptions ». L’idée est d’aborder la conception de systèmes basés sur le web, avec une vue globale. Nous en sommes à un résumé, mais qui définit une problématique globale qui nous paraît intéressante en intégrant les aspects techniques, sociaux et sociétaux. De plus, nous comptons profiter de ce nouveau cours pour envisager une approche pédagogique permettant d’intégrer les démarches de réflexion, d’innovation.

Bien entendu les outils web seront utilisés de manière intensive. Nous allons voir dans quelle mesure les outils sémantiques pourront être intégrés.

Reste à construire un déroulement pour une soixantaine d’heures de formation.

Pour travailler, nous avons utilisé un outil, déjà classique pour certains, mais que j’utilise pour la première fois entre personnes distantes (l’un de nous était en Grèce). Et effectivement pour travailler en commun sur un texte, c’est un vrai bonheur. Vous pouvez d’ailleurs le commenter, le corriger en ligne :-).

En ouvrant ce document, par contre une mauvaise nouvelle : le service en ligne va fermer ! Il ne nous restera donc plus qu’à déployer notre propre serveur Etherpad ou attendre l’intégration de ce niveau de synchronisation dans les outils Google. Le code est passé en Open Source (Apache Licence 2.0) et déposé sur la forge Google.

Pour @garlatti : Peut être regarder comment intégrer des extensions sémantiques dans Etherpad ?

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