CodeCamp : un non-cours pour apprendre à programmer sur un mobile

Durant la formation d’ingénieurs à Télécom Bretagne, sont organisés les cours d’intersemestres, qui correspond à un espace de liberté aussi bien thématique que pédagogique, apprécié des enseignants et des élèves. Après plusieurs sessions d’un cours sur le web2.0, (j’en ai parlé ici) son impact, ses évolutions, Cécile Bothorel qui fait partie des enseignants qui portent ces thématiques nous a poussé à ce que nos élèves deviennent « acteurs du web 2.0 mobile » au travers d’une semaine de développement sur mobile.

Pour arriver à relever ce défi, nous avons donc monté un codecamp, sur le principe des barcamps. Le barcamp étant une non-conférence, le codecamp est un non-cours. C’est à dire que les sujets traités sont proposés par les participants, où il est question de développement et de réalisation de prototype sur un temps très court en mêlant les motivations et les compétences.

Autrement dit, les caractéristiques principales :

  • préparation collaborative : quelques cafés, un wiki partagé par les intervenants,(et le reste du monde 🙂 ), moissonage de liens sur le wiki et sur diigo, échange d’idées, brainstorming sur des thèmes et des applications ;
  • minimum de blabla, maximum d’actions : sur la première journée, et pour lancer la semaine, nous avons présenté :
    • nos idées sur les mobiles Pourquoi le mobile est il différent ?, pour susciter la réflexion. En bilan, le retour est que cette présentation doit rester, mais en plus court ;
    • un panorama sur comment démarrer sur Android ;
  • laisser le temps à la créativité de s’exprimer. En trois temps : avant le cours en invitant les participants à réfléchir et en proposant des sujets, au début du cours en présentant des applications et en invitant ceux qui avaient déjà une idée à en dire quelques mots, et au deuxième jour en demandant à tous de présenter les applications qu’ils proposaient puis retenaient. Un détail d’importance : chaque présentation se fait en quelques phrases, avec pour objectif de convaincre. Les groupes se sont auto-construits, suivant les affinités, mais aussi selon les idées ;
  • créer un climat d’échanges. Nous avons réuni comme intervenants/experts : un ancien entrepreneur/développeur, deux élèves en dernière année, développeurs confirmés sur Android, un ingénieur de laboratoire impliqué dans des projets sur Android. Nous avons également invité toute personne voulant bien échanger. Des élèves-ingénieurs en apprentissage sont venus présenter quelques applications qu’ils ont d’ores et déjà publié sur les Markets Android ou iPhone ;
  • faciliter le développement : nous avons donc choisi Android, qui est plus facile de prise en main, plus libre, plus documenté … que d’autres, et nous avons incité les participants à préparer leurs environnements avant d’arriver le lundi matin ;
  • inciter à chercher les informations, à se débrouiller, à réutiliser du code existant. La présentation de prise en main a été basée essentiellement sur une visite de liens intéressants, prolongée sur le wiki ;
  • essayer de répondre aux défis posés. Un groupe voulait accéder à des données réelles : quelques courriels et autres coups de fil ont permis d’obtenir un premier jeu. Le prochain objectif est de les rendre ouvertes, ce qui semble possible, surtout à Brest. Un autre avait besoin d’un serveur Bluetooth sur PC, qui a été repris d’un ancien projet élève, etc. ;
  • valoriser les productions : par une présentation festive le dernier jour, relayée sur twitter, et qui a donné lieu à une forme de vote ou plutôt de définition par les élèves ;
  • prolonger l’expérience, en proposant aux élèves de continuer, de déposer leurs résultats sur des plate-formes de code comme la forge google (puisqu’on développe sur Android).

Conclusion de la première expérience :

  • toutes les applications proposées ont maintenant un prototype qui tourne ;
  • une envie d’utiliser plusieurs d’entre elles ;
  • des élèves contents, qui ont continué à coder le soir pour nombre d’entre eux, et qui regrettent que l’expérience ne dure qu’une semaine ;
  • et non, ce ne sont pas tous des geeks. Plusieurs sont venus pour voir, pour découvrir et ont envie d’aller plus loin ;
  • des liens resserrés entre les intervenants ;
  • des échanges à augmenter au cours de la semaine, entre les élèves, peut être au travers d’échanges rapides sur des sujets/problèmes identifiés au fil de l’eau ;
  • des idées étonnantes.

En résumé, une semaine qui motive tout le monde !

Et pour finir la liste classée de manière aléatoire des applications présentées par les élèves (en attendant la publication des codes et des exécutables) :

  • iBiture : une série de jeux pour tester son état en fin de soirée
  • ReselDroid : retrouver les coordonnées des autres élèves depuis son mobile ;
  • MeteoSociale : partagez le temps qu’il fait vraiment avec vos amis ;
  • BlueBird : télécommande de diaporama par bluetooth ;
  • RabbitShooter : jeu de shoot de lapins avec des carottes pour protéger le stock de carottes ;
  • PuzzleYourPhoto : un petit jeu parfaitement résumé dans son nom ;
  • PetsTalk : traduisez le langage des animaux ;
  • ReadDream : analysez vos rêves sur votre mobile. La présentation a été complétée par une vidéo qu’on espère bientôt sur Youtube ;
  • NumberChallenge : apprenez les nombres d’une langue étrangère ;
  • RevEDT : le réveil de smartphone qui se synchronise sur l’emploi du temps de l’école (la seule idée reprise dans celles que nous avions proposé au démarrage) ;
  • WhosWho Profs : retrouver les coordonnées et situer ses profs depuis son mobile ;
  • BibusMobile : une application pour connaître les horaires et les trajets des bus de Brest/BMO ;
  • MaVoile : s’inscrire aux sorties organisées par son club (de voile…)
  • BipboxCam : qui joue de la musique en fonction de la couleur et de la luminosité. Nous avons eu le droit à une lettre d’Élise jouée avec un post-it et un téléphone. Bluffant…

Et toutes se concentrent bien sur l’essence du mobile : l’expérience utilisateur.

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Pourquoi le mobile est il différent ?

À Télécom Bretagne, nous avons 2 semaines à l’articulation des semestres dans lesquelles nous pouvons proposer des cours sur des sujets différents ou avec un format différent. Nous appelons cela l’intersemestre. Après le célèbre cours d’intersemestre sur le web2.0, nous organisons un codecamp, c’est à dire un barcamp pour développeurs. Nous reviendrons sur ce modèle de cours.

En introduction, nous nous sommes permis de lancer les débats par une présentation sur le monde des mobiles, son marché, ses spécificités, ses exemples emblématiques, les données géographiques.

L’idée était de montrer un panorama suffisant pour que les élèves puissent imaginer une application à développer (ou du moins à prototyper) dans la semaine.

Après deux heures, leurs premières propositions sont :

  • BibusMobile ou trouver les horaires de bus à Brest. Ça existe ailleurs, mais pas à Brest/BMO.
  • NumberGame, où apprendre à prononcer des nombres dans la langue de votre choix
  • Mes Sorties, où s’inscrire aux prochaines sorties proposées par les clubs de l’école
  • CoVoiturage, où une application de covoiturage sur son mobile. À destination du campus …

Bref, des applications qui peuvent leur servir tous les jours. Nous avons fait d’autres propositions. Nous verrons demain midi ce qui est finalement retenu.

Les mobiles entrent à l’université

Grâce à UnivMobile, le sujet du mobile n’est plus tabou à l’Éducation Nationale ! UnivMobile est un projet qui fournit une application pour téléphone portable permettant d’accéder depuis une même interface aux actualités de l’université, services de la vie scolaire, Géocampus, Catalogue SCD, podcasts pédagogiques et du projet sms-u qui est un service d’envoi de message SMS aux étudiants (changement de salles, notes et résultats publiés…)

Cela dit, c’est par le prisme de l’organisation et de l’accès aux ressources « autorisées » que le mobile. Ce service est certes utile, mais est-ce le seul service que peut rendre un tel objet ? Une association anglo-saxone « Association for Learning Technology » a ouvert cet été un wiki dans lequel on trouve une page tout à fait intéressante qui s’appelle Learning using mobile and handheld devices (apprendre en utilisant des mobiles et des portables).

Pour ne parler que des portables, on peut imaginer quelques usages pédagogiques :

  • de nombreux systèmes de réponses à des questions existent, par exemple en amphi, pour encourager la réflexion personnelle ;
  • le micro-blogging est une forme plus avancée d’interaction qui est bien mise en avant par Laurence Juin et qui permet l’ouverture de l’espace de la classe ;
  • le développement de simulations ou de jeux dédiés pour encourager l’apprentissage : un exemple est d’utiliser le portable comme support pour expliquer, et pour mesurer comment se diffusent des virus ;
  • l’apprentissage de langues, le CAPE de Nantes propose une application sur iPhone pour apprendre le chinois ;
  • la possibilité d’enregistrer, de filmer, de prendre des photos, dans le cadre de visites, pour encourager une pratique réflexive, voire pour constituer un portfolio ;
  • l’écoute de podcasts est heureusement prévue dans les systèmes proposés par les universités

D’autres dimensions verront bientôt le jour autour du travail en groupe, du partage d’interfaces, de l’utilisation de la réalité augmentée, d’activités géolocalisées dans le cadre d’activités de découvertes. Mais pour développer de telles activités, il faudra une collaboration entre chercheurs, développeurs et enseignants. C’est la démarche qu’adopte la communauté anglaise. Ce n’est pas assez le cas en France, les communautés ne sont sans doute pas assez développées (combien de chercheurs sur le mobile, le pervasif ?), les structures d’interaction insuffisantes.

Une application sur mobile pour le campus proposée par un élève

Ca y est, cette semaine dans le journal des élèves (notre Coup de Venst), un article proposait une première application sur mobile,  disponible sur la marketplace du téléphone, avec le QR-code correspondant pour la télécharger directement. Cool, donc.

Évidemment, l’OS cible était Android, puisqu’il n’est pas possible sur l’autre plate forme du moment de proposer simplement ses propres applications.

Bon l’application est toute simple, mais a une vraie utilité pour la communauté. C’est tout bêtement le menu proposé par le restaurant administratif du campus !

Et en plus, ça marche après avoir flashé le code, le téléchargement et l’installation se sont bien passés sur mon portable, et je peux enfin savoir si il y aura des moules en entrée.

Un pas vient bien d’être franchi !

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