Permettre la réutilisation de ses ressources éducatives libres : l’exemple de Github

Yann Houry est enseignant en français dans le secondaire et souhaite partager ses cours. Il a proposé un wiki, et dépose ses cours sur un dépôt github. Github est une plateforme prévue pour les informaticiens qui permet de travailler ensemble et partager des projets informatiques : code source, outils de déploiement, mais aussi documentation. De fait les utilisations de cet outil va au-delà puisqu’il est utilisé pour tout type de projet collaboratif, souvent ouvert. Il y a notamment des milliers de cours déposés sur cette plateforme, surtout sur des sujets en informatique, puisque tout informaticien connaît (et souvent utilise) cette plateforme. Je l’avais pour ma part utilisé pour construire un cours renversé avec mes étudiants sur les technologies du Web.

C’est un outil gratuit tant que les dépôts restent publics. Il est donc possible de travailler à plusieurs sur un tel dépôt, à garder une trace des versions proposées, de proposer des variantes, et cela sans être connecté en permanence via une interface web (l’idée est au contraire de pouvoir une copie sur sa machine). Il permet surtout de conserver les sources (i.e. de rendre modifiable un projet) et le processus de construction de la ressource finale (i.e les scripts d’appels aux outils de production et de post production). J’avais pour ma part apprécié que la génération de site web soit automatisée, que la mise à jour soit rapide, et l’hébergement intégré.

Deux freins sont néanmoins à noter. L’utilisation de la gestion de version nécessite un petit apprentissage et l’utilisation d’un outil dédié. Et à ma connaissance, ces outils sont en anglais. Il existe néanmoins de nombreux didacticiels (tutoriels?) en français. Le contrôle de version permet par la suite de travailler de manière plus sûre à l’amélioration du projet collaboratif (il y a notamment des processus de revue). Bref, cela vaut la peine de faire un petit effort.

Malgré tout, déposer ses cours sur un tel dépôt est un choix fort de mise à disposition et de volonté de partage. Github vous incite d’ailleurs à choisir votre licence de partage et à l’intégrer dans votre dépôt. Cela va donc au-delà du simple dépôt. La possibilité de modification est complètement intégrée ici. Vous pouvez récupérer les fichiers et commencer à les modifier, puis éventuellement proposer à l’auteur vos modifications. Des outils de discussions (questions ouvertes), un wiki accompagnent le dépôt. On est donc au-delà du simple outil de dépôt. Il est aussi possible de suivre l’évolution d’un projet (d’un cours donc).

L’organisation est celle que vous pourriez choisir classiquement : un espace pour les textes sources, un espace pour les images, et autres vidéos, un espace pour le mode d’emploi. La documentation est d’ailleurs une pratique normale pour les informaticiens. Un tel dépôt peut donc s’accompagner de documents d’accompagnement : mode d’utilisation, explication sur les choix, sur l’impact de ces choix.

Vous pouvez déposer toute sorte de fichiers dans un tel dépôt. L’orientation informatique incite à revenir à des formats les plus simples possibles pour exprimer le fond, et la forme des documents (souvent de manière dissociée). Un peu comme ce qu’on retrouve sur les wikis d’ailleurs. Yann Houry a ainsi quitté les traitements de texte classiques pour aller sur le format markdown (il s’en explique d’ailleurs ici). Il permettra d’aller aussi bien vers documents structurés, des diaporamas ou des sites web. Des outils existent écrire en markdown et faire la conversion entre de nombreux formats (et markdown en particulier) (voir par exemple pandoc que je n’ai pas encore utilisé). Pour ceux qui sont habitués des écrits collaboratifs, des outils comme HackMD permettent de prendre en main facilement et ensemble ce format.

Des plateformes comme Github (voyez également Gitlab) font partie des briques de base pour d’autres pratiques comme la science ouverte et la recherche reproductible (y compris donc pour les humanités numériques). Il est donc maintenant courant de créer un dépôt pour partager les outils et les données d’analyses, afin que chacun puisse les analyser, et les réutiliser.

Ces dépôts, prévus initialement pour les projets informatiques, ont donc de bonnes propriétés techniques pour soutenir la réutilisation de ressources et la collaboration.

C’est bien plus qu’une bibliothèque. Une forme d’outils à explorer pour encourager la réutilisation de ressources éducatives libres. Allez voir ce que Yann Houry en dit.

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