Vers une reconnaissance ouverte des acquis d’apprentissage

Le question de l’accès à l’éducation pour tous est un des enjeux fondamentaux de notre époque. L’approche d’éducation ouverte est un moteur puissant pour y répondre de manière à encourager le développement de chacun.

Ce mouvement a longtemps eu comme fer de lance le développement des ressources éducatives libres, qui a permis une mise à disposition et un meilleur partage des connaissances. Dans un second temps, le développement des MOOC a permis à des millions de personnes de s’inscrire à des cours complets sur tous les sujets imaginables. Cette étape a permis de populariser l’accès aux cours, et d’ancrer l’idée dans le grand public qu’il était possible de se former à tout âge. Même si les MOOC sont une réelle avancée pou construire une réponse pour l’accès à l’éducation pour tous, tous les commentateurs s’accordent pour dire que ce n’est pas LA réponse, ce qui est un peu normal puisque l’éducation est un (éco)système complexe, qui dépasse largement la question de l’accès aux cours (je ne vais pas rentrer dans le débat ici, mais on en rediscutera peut être sans doute).

Pour aller plus loin pour accompagner les développement personnel, il faut aller au delà de la simple question de mise à disposition de médias ou de cours, il faut renforcer le pouvoir d’agir des apprenants. Cela passe par une meilleure reconnaissance des apprentissages informels, non formels, c’est à dire ce qui se passe en dehors de la classe. Cette reconnaissance, pour être intéressante doit permettre d’expliciter ces apprentissages. Il doit donc être possible de leur donner une forme visible (une forme de badge par exemple).

Le Web nous a également habitué à des formes de recommandation. Dans une approche sociale, chacun devrait pouvoir recommander quelqu’un, ce qui est une forme particulière de valorisation d’ acquis. LinkedIn travaille depuis longtemps dans cette direction, mais ces recommandations délivrées dans LinkedIn restent dans LinkedIn et ne sont donc exploitables que de manière limitée. De même, dans une optique d’ouverture de la recommandation, il doit être possible de recommander les badges que l’on considère intéressant, les communautés ou les institutions dans lesquelles on se reconnaît. Bref une approche de reconnaissance ouverte doit être symétrique pour être sociale et donner du pouvoir d’agir aux apprenants.

Le projet Badgeons la Normandie est une première expérimentation dans le sens de la reconnaissance ouverte d’apprentissages informels basée sur les Open Badges. Le projet MIRVA (pour Making Informal Recognition Valuable and Actionable – Rendre la reconnaissance informelle visible et actionnable) doit permettre de mieux cerner le potentiel de cette nouvelle étape de l’ouverture en éducation. Bonne nouvelle, ces idées sont relayées de manière institutionnelle, et seront à l’honneur d’un prochain colloque à Caen les 6 et 7 décembre.

La reconnaissance ouverte des acquis a le potentiel d’aller plus loin dans l’ouverture de l’éducation en renforçant le pouvoir d’agir des apprenants. C’est pourquoi j’ai signé avec plaisir la déclaration de Bologne pour une reconnaissance ouverte.

Im on Bord
Crédit photo : Badge support de la déclaration de Bologne pour une reconnaissance ouverte

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IP3S et la question de l’université ouverte en France

Jeudi prochain, le 8 novembre, je serai à Lille au congrès de l’université numérique IP3S pour une session dont le titre « quelle université ouverte en France ? ». J’y présenterai quelques questions que les MOOCs, de nouvelles formes de cours ouverts, permettent de poser.

Si j’ai bien compris l’idée d’université ouverte est ici le modèle des Open University, organisme qui propose des formations en ligne. La question au moment où des établissements pourraient proposer des cours ouverts serait celle de l’articulation entre différentes initiatives nationales.

On pourrait s’amuser à décliner les différentes acceptions du terme ouvert. Ceux qui ont répondu au questionnaire de l’espace recherche d’ITyPA auront déjà quelques éléments. Ceux qui suivent les travaux de Annie Jézégou également. Mais nous y reviendrons autour du bilan de ITyPA.

 

Voici mon diaporama, qui partira évidemment de ce qui se passe actuellement dans #ITyPA :

Peut-être avec vous des idées sur des arguments des questions, qui pourraient compléter l’échange. N’hésitez pas les commentaires sont là pour ça.

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