Un Innovation Camp sur les Smart Cities

Passer une semaine à imaginer la ville de demain avec des élèves ingénieurs du monde entier à Copenhague en juin. Ça vous dit ? C’est ce que vous propose la CDIO Academy à tous les élèves ingénieurs.

Ce concours se passe en deux temps :

  • dès aujourd’hui chacun peut déposer ses idées sur le site de la CDIO Academy. Il est également possible d’acheter des parts sur les meilleures idées. Deux classements en résulteront : les idées les plus retenues, et les meilleurs investisseurs ;
  • en mars les élèves ingénieurs porteurs des meilleures idées seront sélectionnés pour créer des groupes, préparer et aller participer à l’Innovation Camp du 20 au 24 juin à Copenhague en conjonction avec la Conférence du CDIO. Une belle occasion de concrétiser ses idées et de rencontrer des experts venus du monde entier.

En abordant le thème de la ville de demain, ce concours se positionne clairement dans une perspective de développement durable et pluridisciplinaire !

OpenSpimes et CO2 cap - flickr CC Leeander

Pour se démarrer une petite culture francophone orientée numérique, un petit tour coté Fing, peut être en commençant via cet article :Villes 2.0 : la ville complexe… et familière

Le CDIO est une association mondiale qui cherche à développer une nouvelle vision de la formation des ingénieurs. Parmi les institutions partenaires du CDIO, on trouve le MIT, la Beijing Jiaotong University, l’École Polytechnique de Montréal, QUT Brisbane, toutes les écoles de Suède et de Finlande, Télécom Bretagne (la seule école française) et bien d’autres.

En savoir plus : http://cdio-academy-2011.dk/. Inscrivez-vous. En tout cas, nous le conseillons à nos élèves. Si d’autres francophones s’inscrivent. N’hésitez pas à faire un petit coucou.

Dernier point, les idées déposées seront considérées comme faisant partie du domaine public.

Apprendre avec le téléphone mobile, y réfléchir ensemble ?

J’ai donc lu Pourquoi et comment utiliser le téléphone cellulaire à des fins pédagogiques ? par Alexandre Roberge Sur Thot grâce au tweet de @W2YDavid « : RT @tjeanbaptiste: http://t.co/a8O2bXb /via @thot une lente évolution de la perception du téléphone portable dans l’enseignement #eduipm ». Et cela me donne envie de rebondir.

Il n’y a pas tant d’article que ça sur le sujet du mobile pédagogique en France. J’en parle de temps en temps sur mon blog (voir le tag « mobile learning »). Et pourtant de l’autre coté de la Manche le « mobile learning » est un sujet de recherche à part entière, et la dynamique st telle qu’elle mérite qu’on s’y intéresse. J’ai par exemple fait un résumé en français d’un wiki sur « apprendre avec les mobiles publié selon l’ALT » qui montre bien le recul de nos amis anglais.

Alexandre Roberge, donc nous explique que les choses bougent. Il est peut être donc temps de faire une collecte de ce qui se fait ça et là. Qu’en pensez-vous ?

Dans son analyse, je retiens que quelques commissions scolaires autorisent l’usage des mobiles pour des fins pédagogiques. Il serait donc super intéressant de disposer d’informations à ce niveau pour permettre à d’autres de trouver les levier de pression. En effet, il relève que souvent cela se fait sous le manteau, les enseignants se sentent seuls face à leur administration.

Il paraît donc intéressant de pouvoir faire une collecte, même anonyme dans un premier temps, pour avoir une idée de ce qui existe, de ce qui est intéressant, de ce qui marche, de ce que cela peut apporter pédagogiquement. Ce travail est d’autant plus important que le mobile souffre d’un a priori très négatif. Alexandre Roberge nous donne pourtant quelques pistes encourageantes d’usages pertinents.

Il y a vraiment beaucoup de choses qui sont possible aujourd’hui avec les smartphones (je préfère à téléphone cellulaire), pleins d’applications qui font sens et qui permettent d’étendre l’apprentissage au delà de la classe. Les capacités de prise de photos, de son, de vidéos permettent d’illustrer des concepts appris en classe. L’accès aux réseaux sociaux permet d’interagir avec d’autres (éventuellement même des enseignants !). La ballado-diffusion permet de réviser dans les transports en commun. Les accès au web permettent d’accéder à la bonne info au bon moment …

Et cela peut même permettre d’interagir dans la classe ! Que ce soit en permettant une prise de position différente, plus aisée pour les timides, ou pour recueillir la compréhension de l’ensemble de la classe au travers de questions ou d’exercices courts.

Connected, connected Korea

Bref, l’avènement des mobiles amplifie encore les possibilités offertes par le web2.0. Que ce soit pour l’apprentissage ou pour le reste. C’est ce que j’essayai de démontrer à mes élèves cette semaine dans ma présentation Pourquoi le mobile est il différent ? qui tendait également à montrer que c’est un domaine d’avenir pour les développements informatiques.

Le fait que le téléphone n’ait pas été plébiscité directement pourrait être un avantage si cela permet d’expliciter comment utiliser ce type d’outil, avant que ne soit imposée une solution technique par défaut qui ne conviendrait pas aux enseignants. Profitons donc du répit pour collecter les usages qui pourraient guider des choix ultérieurs.

Alexandre Roberge lance l’idée de proposer un téléphone plutôt qu’un ordinateur par élève. Cette idée peut être séduisante, mais il faudrait d’abord passer deux « verrous » :

  • Le premier est un problème d’usage. Il s’agit d’être au clair sur les avantages comparés d’équipements différents : téléphone, ordinateur portable, tablette tactile, TBI, et ce qui est possible de faire avec chacun. J’ai bien peur que suivant les différentes matières les choix soient différents et que la conclusion est que l’ensemble serait la seule solution, à moins que notre culture pédagogique basée sur l’écrit n’ignore les fonctionnalités du mobile. Cela dit c’est un exercice qui serait certainement intéressant ;
  • Le second est plus politique. On se demande toujours comment se sont fait les choix d’équipements de portables dans un département ou de tablettes dans un autre, et qui ont été les prescripteurs. On se demande également comment sont associés les enseignants tant au niveau des choix, qu’au niveau de la prise en main de ces machines. Pourtant s’ils ne sont pas moteurs, ces machines aussi belles que ce soit resteront au fond des cartables ou finiront dans les armoires (et l’excuse que cela profite à l’industrie française n’est même plus valable). Ce devrait sans doute être un choix d’équipe pédagogique, comme le choix d’un livre par les équipes disciplinaires, mais je ne sais pas si il a une telle instance au niveau établissement. Il est donc indispensable que la réflexion ait eu lieu en amont des choix politiques

En conclusion, une collecte des initiatives, des usages, des recherches au niveau francophone serait intéressante, voire passionnante. Elle pourrait être également alimentant en allant voir ce qui se fait coté anglo-saxon. Cela permettrait de se faire une idée si un mobile pourrait avoir un véritable intérêt à coté ou dans la classe.

Comme dirait Michel Briand « Juste faisons le … ». Qui trouve cela intéressant ? Pensez-vous que ce chemin vaille la peine d’être exploré ?

En cas de réponses positives, nous pourrions rapidement proposer un espace de collecte. Go ?

Devenir Ingénieur via les objets

Comme on l’a vu, une approche de type Apprendre via les Objets est, selon une approche par compétence telle que celle développée par le CDIO, est  une modalité pédagogique intéressante.

En effet, s’il est possible d’associer des ressources pédagogiques pour mettre en situation des notions scientifiques ou techniques, il est également possible d’envisager nombre d’activités complémentaires.

Entrer dans les savoirs par une entrée de ce type permet de mettre en exergue le caractère profondément interdisciplinaire des objets qui nous entourent. Cette interdisciplinarité est bien entendu technique, mais elle aborde aussi les aspects environnementaux, ou durables,  comme le propose Bruce Sterling. Elle permet de poser la question de l’utilité sociale de l’objet, son intégration dans des systèmes englobants qu’ils soient techniques, organisationnels ou sociaux.

L’approche « Apprendre via les objets » permet de construire différents types de sujets de type projet :

  • construire une réponse à des utilisateurs qui veulent pouvoir adapter un objet existant pour un usage nouveau. L’accès aux données des objets (rendu possible par des protocoles tels qu’OpenSpime , aux outils de reconstruction des objets (lié à la notion de Spime de Bruce Sterling). C’est une approche qui oblige à analyser l’existant et la demande, deux aspects importants pour le futur ingénieur ;
  • imaginer, analyser des conceptions alternatives en faisant varier des paramètres de type coût, nombre d’exemplaires, l’approche consistant à pouvoir faire du sur-mesure change en effet les critères qui ont conduit à la coneption de nombre d’objets qui nous entourent qui ont été conçus selon une approche d’échelle mondiale avec une personnalisation au niveau informatique ou de l’emballage ;
  • travailler avec des designers, ou d’autres. En effet les données étant partageables, partagées il devient possible de mettre en place des projets ou des campus distants collaborent. Le projet, la collaboration se fait autour de l’objet ;
  • l’internet des objets est également une source d’innovation qui permet d’envisager des innovations et des modèles économiques modernes comme l’a prouvé l’emblématique lapin Nabaztag

En bref, il est possible d’envisager des projets motivants, avec l’intégration des connaissances techniques, sociales, économiques, durables …

crédit photographique : http://www.flickr.com/photos/dalbera/2739290486/ par Dalbera en licence CC-by.

Internet du Futur

Dans le cadre d’une réflexion sur l’Internet du futur proposée par le gouvernement, mon laboratoire se penchera sur le sujet au cours de son prochain séminaire. Cette réflexion semble déjà bien engagée si l’on consulte un peu le questionnaire et son document d’accompagnement. On peut d’ailleurs légitimement se demander à qui s’adresse la consultation publique vu le genre de questions posées (Présentez les équipes et moyens que vous dédiez (ou pensez dédier à court et moyen terme) à chacun des thèmes liés à l’Internet du Futur et compléter autant que de besoin le tableau présent à l’Annexe 1. Quels sont, pour votre entité, les thèmes prioritaires ? ou Quelle part consacrez-vous à la recherche incrémentale et à la recherche disruptive sur ce sujet ?). Il serait sympathique de le préciser …. en tout cas ce ne semble pas être dédié au citoyen de base, ni même au chercheur de base.

Bon, malgré tout je peux répondre à la question 1. La suite se fera à un niveau plus haut que le mien. Allons-y en vue de ce prochain séminaire :

A l’horizon 2015-2020, quels sont les principaux nouveaux services, usages et applications qui viendront redéfinir le fonctionnement et l’utilisation de l’Internet dans vos domaines d’activité ?

Une intégration de la dimension numérique (données actuelles et du cycle de vie) dans les objets du quotidien (internet des objets) couplée avec une généralisation de la gestion des liens entre entités et information (web sémantique) introduit une version intégralement distribué des l’information (pair à pair). Une généralisation de l’accès et de la production d’information

Cette extension va amplifier la possibilité de mieux comprendre notre environnement et comment développer de nouveaux systèmes, de collaborer et d’apprendre !

en tant qu’enseignant en école d’ingénieurs, cela va changer notre manière d’aborder le monde et la formation.

Quel peut-être l’impact économique de ces évolutions ?

Comme le souligne le site de préparation d’Autrans 2010, entre autres : il va être nécessaire de redéfinir totalement les modèles économiques. Cela est par ailleurs indispensable pour pouvoir repenser notre rapport au monde et donc pouvoir répondre aux défis du développement durable.

Quelles opportunités et quels risques anticipez-vous dans le cadre de vos activités ?

Opportunités : pouvoir permettre une meilleure appropriation de notre environnement qui permette une revalorisation intellectuelle du métier d’ingénieur. Permettre un engagement de nos élèves dans leur formation et dans leur compréhension des problèmes.

Risques : un éclatement des institutions d’enseignement et du rôle de l’enseignant, diluant et réduisant l’accompagnement à la maturité intellectuelle des jeunes. Ce risque est d’autant plus important que l’éducation nationale (dont je ne fais pas partie) ne s’approprie que trop peu Internet et qu’au contraire elle se sanctuarise.

Dans ce contexte, quels facteurs auront le plus d’impact dans la redéfinition de l’Internet et de son architecture ?

L’important est de permettre un accès le plus libre et le plus transparent possible aux données pour permettre la formation, l’appropriation et l’amélioration de tous les champs de connaissance.

Quelles éventuelles nouvelles formes celle-ci peut-elle prendre ? Quels sont les verrous à lever ?

Celle-ci se rapporte à quoi : architecture ? Les 2 extrèmes sont Pair à pair ou centralisée.  Le risque est de tendre vers le pôle centralisé, l’opportunité est de tendre vers la plus grande répartition possible

Verrous à lever :

  • la confusion entre pirate (usage) et technique (partage et lien entre ordinateurs) : cela au niveau juridique et par ricochet au niveau opérateur
  • l’autonomie des équipements (adaptation dynamique, reconfiguration ,évolution …)
  • la rapidité d’accès à l’information
  • la gestion de la redondance et la synchronisation
  • l’interopérabilité


Internet des objets social pour Digital Pre-natives

Une vidéo à voir:

Vodpod videos no longer available.

(vu sur Twitter : Aussi pour suivre… les coups de pieds de bébé)

L’application peut être considérée comme plus qu’anecdotique. N’empêche …

Elle est emblématique !

Combiner l’Internet des objets et le web social, et en plus permettre d’aller encore plus loin sur l’appropriation des technologies par les jeunes : après les Digital Natives, les Digital Pre-Natives !

grâce à un twit dont je ne retrouve plus la trace …

pour Théo !

Internet des Objets

Daniel Kaplan en parle enfin dans son 3ème opus sur le sujet :

Repenser l’internet des objets (3/3) : Industrialiser l’internet ou internetiser l’industrie ?

Il s’agit bien des objets qui ont une vie numérique depuis l’idée jusqu’au démantèlement (même si ce n’est pas abordé dans l’article, le fait d’avoir à disposition toutes les infos nécessaires permet de l’envisager), avec une interrogation possible durant sa vie opérationnelle. Un objet  interopérable, ouvert, à vocation collaborative.

« Un bon spime est à la fois plus complexe que ce qu’exigerait son usage premier (”trop” riche en fonctions) et jamais fini. Il se présente comme “un projet technologique ouvert dont l’évolution est déléguée à ses utilisateurs finaux.” » Cela ressemble furieusement à tous ces services « web2.0 » que l’on s’approprie, que l’on détourne pour son usage personnel.

Autant l’ article précédent me faisait penser au web1.0 (le contenu statique, contrôlé par quelques uns), voire la tentative de l’industrie d’utiliser Internet comme un réseau fermé équivalent à ceux qu’elle a l’habitude de déployer, autant dans cet article on est bien dans la dimension participative dans les objets. Les deux modèles cohabiteront sans doute, et correspondent à des usages différents.

En termes d’innovation, ce qui est important c’est bien l’Internet des objets au sens ouverture, participation, collaboration, données exploitables et liens possibles. Ce que nous en ferons ? Nous verrons bien, de nouveaux usages verront le jour. En plus cela permet l’action locale dans un monde global. Et si cela conduit à améliorer la planète et le quotidien, tant mieux !

Y-a-t-il des clubs de spimeurs en France ?

Et décidément, comment vont évoluer les métiers de l’ingénierie et de l’informatique dans ces changements annoncés ?

%d blogueurs aiment cette page :