Visite d’une salle pour la pédagogie active

Pédagogie active, pédagogie par projets, sont des pédagogies que nous pratiquons depuis de nombreuses années dans mon institution. Pourtant, il est toujours intéressant de voir comment s’organisent d’autres institutions. La vidéo en anglais ci-dessous, nous permet de faire le tour d’une salle spécifiquement organisée pour ce genre d’activités à l’Université du Minnesota. Voyons ensemble quelques caractéristiques intéressantes de leur salle de classe pour la pédagogie active.

Le terme qui ressort le plus souvent de la vidéo, c’est apprentissage en profondeur. Normal, c’est de la pédagogie active. Les élèves témoignent de la richesse du travail en groupe, du développement de l’apprentissage entre pairs, de l’intérêt du projet en tant que situation d’apprentissage. Ce sont les arguments admis de ce type de formation.

Mais pour voir comment l’espace s’organise pour supporter cette pédagogie, regardons plutôt l’organisation de la salle :

  • des tables rondes, pour 8 élèves, pas trop grandes, et qui ainsi encouragent l’échange ;
  • un tableau blanc par groupe, qui permet d’échanger autour d’idées, de post-its lors des phases de créativité ou d’exporation, de schémas ou d’éléments de résolution de problèmes. Le tableau sera utilisé aussi bien par les élèves que par l’enseignant ;
  • des connexions pour des portables, indispensables pour la recherche d’informations, la construction de documents, les simulations … Dans ce cas il y en a 3. La vidéo ne dit pas si c’est dû à une limitation technique ou si c’est un choix pour la dynamique de groupe. En effet, sans PC, pas d’espace numérique, mais avec 8 portable, il n’y plus d’échange en direct ;
  • au dessus du tableau blanc, il y a un écran qui permet d’afficher l’écran d’un des portables connectés. Cet espace est important pour pouvoir partager des ressources au sein du groupe. L’année dernière dans notre établissement certains groupes ont utilisé le vidéoprojecteur présent dans nos salles. Cela a été très  fructueux pour les groupes qui ont utilisé ce dispositif, mais cela a également frustré les autres groupes de la salle qui n’y avaient pas accès. Pour aller plus loin, on pourrait imaginer un tableau interactif par groupe. Même si cela est trop tôt, la démocratisation de ce dernier dispositif devrait le permettre dans les toutes prochaines années ;
  • comme les écrans sont en hauteur, ils sont visibles de toute la salle. L’enseignant(e) peut donc aisément voir ce qui est affiché et choisir de retransmettre un affichage jugé intéressant à l’ensemble des groupes ;
  • l’enseignant(e) passe d’ailleurs dans les groupes pour discuter des pistes explorées par les groupes, de points obscurs … sur un mode d’échange, la vidéo laisse penser qu’une relation plus riche s’établit avec les élèves ;
  • pour compléter des posters sont sur les murs libres, sans doute témoignages des projets précédents ;

En résumé :

  • l’espace d’un groupe d’élèves s’organise autour : d’une table ronde permettant de connecter des ordinateurs, d’un tableau blanc et d’un écran de vidéo-projection. Dans certaines salles, on trouve également une zone de stockage (armoire) pour le groupe,  et/ou une zone pour le matériel nécessaire ;
  • la salle est suffisamment aérée pour permettre la circulation (notamment celle des enseignants), permet des partages entre tous les groupes au travers d’affichages partagés. Si nécessaire, on peut également prévoir des zones pour les ressources dont auront besoin les différents groupes (idée du magasin, tel qu’on le trouve dans les ateliers d’électronique) ;

On a bien là les ingrédients de base pour une salle réussie. L’organisation sera variable suivant les institutions, les domaines de travail en groupe, mais les éléments ci dessus forment la base du cahier des charges d’une salle réussie.

L’apprentissage du collaboratif prend bien ses racines dans l’organisation d’un espace physique bien réel qui l’encourage.

Visite virtuelle du campus : un hall d’accueil pour nos futurs élèves

page d'accueil de la visite virtuelle

Dans la série « que font nos élèves en projet ? », je vous propose une petite visite de notre école.

Ce sujet proposé à des élèves en première année en Master Of Science, option informatique initié en mars, s’est terminé en juin par la réalisation d’une maquette intéressante. Mais ce qui m’a intéressé, c’est le parcours pour obtenir ce résultat.

Le sujet de départ correspond au billet de mon blog « Quel hall d’accueil virtuel pour notre campus réel ? », sujet non centré directement sur l’informatique au sens traditionnel, ou du moins ne se raccrochant avec aucun des cours que nos élèves pouvaient suivre (algorithmique, programmation, conception, SGBD, …). De plus, ils étaient interpellés puisque la question était : « de quoi auriez-vous aimer disposer pour découvrir l’école dans laquelle vous êtes entrés ? ». De longues discussions ont suivies sur la possibilité de pouvoir interagir avec des gens présents sur le campus, de pouvoir visiter les salles de classes et surtout de TP qui sont différentes suivant les pays, de pouvoir visiter les labos de recherche, de pouvoir accéder facilement à des informations de manière simple (vidéo, image), de découvrir ce qui se fait par le jeu …

Et pour eux pendant tout ce temps, on ne faisait pas de l’informatique…

Petit à petit, nous avons convergé vers l’idée d’une visite virtuelle dans le campus, dans les locaux, de pouvoir trouver un endroit précis (une salle de cours, une chambre, la bibliothèque…). Et toujours pas d’informatique …

Un bon mois s’étant écoulé, nous avons commencé à discuter de comment on pourrait faire pour proposer tout cela, et là ils ont été rassurés. Ils ont découvert qu’il y avait sans doute des algorithmes à définir, à implémenter, à organiser la saisie des données, à organiser ces données elles-mêmes. S’est posée la question de ce que permettaient des systèmes déjà existant comme Google Maps, comment réutiliser l’existant et comment y intégrer ses propres extensions.

Il a fallu ensuite proposer une interface avec les utilisateurs potentiels, et même si celle-ci n’est pas complètement intuitive elle est fonctionnelle et permet de démontrer ce qu’ils ont développer.

Et surtout, il a fallu intégrer les développements des différents membres de l’équipe, chacun ayant exploré certains aspects un peu indépendamment des autres.

Le blog censé rendre compte de leur avancement n’a pas été mis à jour très régulièrement. Peut être le besoin n’était pas évident pour eux. En tout cas les rencontres hebdomadaires de travail ont toujours été constructives, en permettant de faire des points réguliers qui suscitaient des discussions de fond (l’approche adoptée pour le développement était du type incrémental) et permettaient au groupe de prendre des décisions pour la suite du travail.

Derrière ces rencontres, différents outils classiques ont été mis en place pour la gestion du projet :

  • un Trac qui a servi principalement pour l’affectation des tâches ;
  • un système de versions du type svn pour les sources et la documentation ;
  • une liste de diffusion sur un serveur sympa de l’école pour la coordination.

Du coup, ces élèves ont réalisé que le web, c’est de l’informatique. Espérons qu’ils retiendront dans leur future carrière de chercheur que le web est un formidable espace de démonstration pour valoriser des travaux plus théoriques, lorsqu’il n’est pas un objet d’étude.

Au final, leur prototype, s’il n’est pas complètement intuitif, est fonctionnel et est suffisamment démonstratif pour interpeller notre service de communication. Visitez leur démonstrateur, tant qu’il fonctionne sur les serveurs de TP de l’école. À moins qu’il soit possible de lui trouver un hébergement plus pérenne un jour prochain.

Si vous êtes intéressés par leur rapport (en anglais) ou leurs développements, je vous invite à prendre contact directement avec eux, ou par mon intermédiaire.

Si vous avez aimé cet article et si vous voulez découvrir d’autres réalisations, suivez ce tag : projets d’élèves.

Projet élèves de construction d’un hall virtuel d’accueil

Un groupe d’élèves a commencé à se pencher sur l’idée d’organiser un hall virtuel d’accueil de nos futurs élèves. Leur blog, qui conserve le titre du projet « Greet Our Students » vient d’ouvrir, en anglais. En effet, ce sont des élèves en Master Of Science. Nous y découvrirons l’avancement de leur sujet, les différentes ressources qu’ils retiendront, et bientôt le résultat de leur travail.

Souhaitons leur bon courage.

Quel hall d’accueil virtuel pour notre campus réel ?

Aujourd’hui, le premier contact avec une institution est généralement le site web, surtout si l’on vient de l’étranger. Mais est-ce encore suffisant ? Comment établir le contact avec les visiteurs et leur faire découvrir notre campus de manière plus réaliste ou augmentée ?

Une initiative intéressante il y a 2 ans et demi a été de créer une île sur Second Life pour Télécom Bretagne permettant une première prise de contact avec des futurs élèves ou pour l’organisation d’événements, mais cet outil s’avère difficile à utiliser, et de plus il a le défaut de nous emmener dans un autre univers, au lieu de présenter le nôtre. C’est un nouveau campus délocalisé, plutôt qu’un hall d’accueil.

Pour élargir la question, nous avons posé la question à un groupe d’élèves comment pourrait-on tirer parti ou étendre des environnements existants pour améliorer l’accueil de nouveaux élèves. Cet accueil peut se concevoir en plusieurs étapes :

  • comment améliorer la première prise de contact ;
  • comment découvrir le campus, que ce soit à distance ou en arrivant sur place, en mixant informations pertinentes et géolocalisation ;

Et pour étendre la réflexion :

  • peut-il être intéressant d’étendre le « Global village » au delà du campus ;
  • peut-on tirer parti de ces environnements pour maintenir la communauté étudiante après les études.

Le sujet est vaste, mais il s’agît bien d’imaginer des scenarii, et de voir en quoi la réalité augmentée ou virtuelle telle qu’elle existe aujourd’hui peut servir ce propos d’accueil qui nous tient à cœur. Dans le cadre de leur projet, nos élèves auront à identifier un ou quelques scenarii et les rendre opérationnels.

Pour se donner des idées, explorons un peu quelques possibilités. Commençons par un woaw effet en regardant 10 expériences de réalité augmentée regroupées par Metaverse3D. Cela donne quelques idées sur les possibilités offertes aujourd’hui. Nous pourrons retenir simplement qu’il est possible d’ajouter de l’information à notre environnement. Pranav Mistry (9ème vidéo), pas son projet SixthSense est sans doute le plus convaincant, et permettent d’envisager une visite à distance ou sur place en disposant de données géolocalisées. La réalité mixte peut être approchée par l’article d’InternetActu « de la réalité augmentée à la réalité mixte ».

On peut imaginer effectuer un visite comme le permet au niveau des routes un système comme GoogleStreetMap et visualiser des informations pertinentes. Cette approche est disponible aujourd’hui dans certains téléphones, via des applications comme wikitude ou layar, qui permettent de se visualiser des informations où se porte le regard, de chercher un lieu et de nous indiquer où il se trouve depuis notre position. Ces outils s’ils sont tout à fait convaincants, fonctionnent aujourd’hui au niveau d’une localité, de routes, mais ne zooment pas jusqu’au niveau d’un campus, d’un bâtiment, d’un couloir. Il y a une place pour ce niveau de granularité pour des bâtiments publics.

Si l’on veut s’intéresser à des environnements de niveau bâtiment, il faut se tourner du coté des musées qui proposent des environnements adaptés comme celui du projet GAMME Guide Augmenté Mobile pour les Musées et Expositions. Parfait pour la visite dans le bâtiment, il faudrait néanmoins le plonger dans un environnement virtuel si la visite se fait à distance.

Du coté des environnements virtuels, notons qu’il existe maintenant des environnements qui sont intégrés au navigateur. Assemb’Live est ainsi plus simple d’accès que Second Life, mais nécessite néanmoins une installation d’une extension pour permettre son utilisation, ce qui est clairement trop compliqué pour une prise de contact. Par ailleurs, si l’on veut reprendre le contrôle de l’environnement, l’alternative libre OpenSimulator, ou son extension pédagogique EduSim3D sont à regarder de plus près.

Si la 3D peut être considérée encore lourde, il reste l’approche cartographique. Une environnement comme OpenStreetMap pourrait être étendu au niveau des bâtiments, permettant ainsi une première prise de contact et être utilisée lors des premières visites réelles. Il s’agirait d’ajouter un niveau des zoom permettant d’intégrer les bâtiments, en utilisant Chimère pour y faire des annotations adaptées. Ce fond de carte pourrait sans doute ensuite être réintégré dans des environnements virtuels géolocalisés comme Twinverse qui permet visite et échange par chat ou vidéo, le tout sans installation préalable.

Ces différents environnements, en étant couplés devraient donc pouvoir servir aux différentes étapes de l’accueil de visiteurs. Reste à définir les modes souhaitables, à faire les développements nécessaires, à y ajouter les données nécessaire et à être prêts pour les prochaines visites.

Comme d’habitude, je suis preneur d’autres environnements, notamment coté musées augmentés ou mixtes.

Des exemples de projets de wikibooks inter-institutions

Résumé de l’article  : The tensions of transformation in three cross-institutional wikibook projects Pages 126-135 Curtis J. Bonk, Mimi Miyoung Lee, Nari Kim, Meng-Fen Grace Lin du journal Internet and Higher Education (2009- vol3-4)

Bookcover of Web 2.0 and Emerging Learning Technologies d'une des wikibooks cité dans l'article

Cet excellent article tire des enseignements sur la mise en place de wikibooks entre différentes institutions dans des enseignements. Il devrait nous permettre d’avancer dans notre réflexion sur l’utilisation des wikis dans les enseignements.

Les auteurs soulignent l’intérêt de la mise en place de wikis dans le sens où il s’agit d’une situation « authentique »  pour les étudiants, dans le sens où leurs écrits trouvent naturerellement une audience et que le processus d’apprentissage devient un processus de production et de participation. Ils soulignent que cela permet également de développer les compétences du XXIème siècle : l’expression créative, la communication, l’interprétation d’informations trouvées en ligne et la collaboration. Ils citent notamment Vygotsky au sens où l' »apprentissage est un processus social ».

Ils identifient différents usages possibles : du glossaire au livre complet, en passant par les résumés, les rapports sur des articles, les dissertations de classe, le journal de classe, le partage de ressources (conférences, sites web, exemples …).

Les 3 exemples d’utilisation montrent leur progression dans l’utilisation de wikibooks dans un cours, en affinant les modalités pédagogiques et la progression. Pour des élèves non utilisateurs de wikis, plusieurs étapes peuvent être distinguées : l’apprentissage technique du wiki en classe, la correction de wikibooks existants pour la prise de confiance et réaliser que l’écrit d’un wiki n’est pas définitif, l’écriture simple ensuite, la relecture et la correction croisée pour affirmer la dimension de collaboration et finalement l’écriture collaborative de wikibooks ayant vocation à exister après le cours (je pense ici notamment à des exemples de cours où l’objectif est explicitement la création de livres). On parle aussi de rôles différenciés avec l’idée d’un éditeur en chef, en charge de la qualité globale du wiki. Notons que ces exemples de wikis collaboratifs portent une fois de plus sur soit des étudiants en éducation, soit un cours sur le web2.0.

Par ailleurs, ils constatent qu’il faut du temps pour que les étudiants s’adaptent à ce style d’écriture. La longueur du semestre semble nécessaire et les élèves doivent pouvoir dégager du temps pour ce type d’exercices.

La partie la plus intéressante de cet article est qu’il énumère un bon nombre de points clés à prendre en compte pour la mise en place de telles expériences dans un cours :

  • Les questions d’ingénierie pédagogique (instructional issues)
    • Prendre en compte le background des élèves : plein temps ou non, habitude des technologies et nombre de plate-formes utilisées (wiki + CMS + email + …) …;
    • Contrôle des étudiants sur le wikibook. Plus ils sont responsables, plus la qualité sera au rendez vous ;
    • La coordination entre pairs de différentes institutions est importante, bien que difficile. Les périodes de travail des élèves doivent être compatibles pour permettre les interactions. La planification est indispensable ;
    • Le degré de structure et l’organisation. Des échéances sont nécessaires, ainsi que des aides, des critères clairs d’évaluation, des exemples et des encouragements de l’encadrement. La structure doit être maitrisée en fonction des objectifs, mais doit permettre la créativité et l’expression d’idées ;
    • Les temps des activités doivent être gérés. Une rencontre via vidéo entre institutions peut être intéressante, en lancement pour créer des liens, ou pour une présentation (par les élèves) en fin de cours ;
    • La coordination entre institutions et le planning sont indispensables ;
    • Quel apprentissage. Comment le mesurer, comment l’évaluer ? Reste-on sur les connaissances ou prend-on en compte l’apprentissage de compétences du XXIème siècle. L’article affirme que cela nécessite des recherches ultérieures ;
    • Contrôle par l’instructeur et prise de risque. Il semble qu’une expérience de pédagogie par projet dans laquelle on donne plus de latitude aux étudiants soit bénéfique. En effet, ce type d’apprentissage collaboratif prend d’autant plus de sens que l’on laisse de la liberté aux élèves. Il faut donc apprendre à naviguer dans un environnement plus ouvert, sans sombrer dans le chaos ;
    • Réutilisation du wikibook. Est-il à usage unique ou peut-il être utilisé comme base, repris, étendu, remodelé. Cela nécessite sans doute une approche pédagogique différente dans l’évolution d’un enseignement ;
    • Meta-réflexion sur les principes de wikibooks (i.e transfert des idées liées aux wikis) ;
    • Techniques de motivation. Mettre une note permet de forcer le démarrage (motivation extrinsèque), mais il faut ensuite d’autres facteurs de motivation pour déclencher une réelle dynamique : l’encouragement, l’objectif final, la revue par les pairs, la collaboration internationale, des interactions intelligemment préétablies, sont des facteurs de motivation intrinsèques ;
  • Les questions de collaboration
    • Perception de la collaboration entre étudiants de différentes institutions. Celle-ci paraît intéressante mais la valeur ajoutée n’est pas ressentie de manière très appuyée ;
    • Prise de perspective. Cette apprentissage impose la prise en compte d’autres perspectives et d’autres idées ;
    • Collaboration des instructeurs et retour. Ces retours sont essentiels. Le positionnement des instructeurs (je dirais bien tuteur) peut être variable : donnant des indications, il peut devenir collaborateur à part entière. Ce positionnement dépend des objectifs et des habitudes des institutions ;
    • Compétences linguistiques. Les exemples cités sont dissymétriques entre des étudiants américains et des asiatiques devant traduire en anglais ;
    • Autres : choix des partenaires, des cours, …
  • Les questions liées aux wikibooks
    • Règles et procédures. Si le wikibook est développé dans un site déjà existant, il est nécessaire de se plier aux règles de la communauté, notamment au niveau des copyrights de document (images avec des droits compatibles dans wikibook.org) ;
    • Sélection des sujets de chapitres. Issu de l’enseignant ou d’une réflexion et d’un choix des étudiants ;
    • Contrôle de l’édition des chapitres. Certains étudiants ont des difficultés avec l’idée que leurs écrits puissent être repris. Ce facteur doit être pris en compte pour permettre le développement d’échange entre pairs et de revues croisées ;
  • Les questions de construction de connaissance et questions de communautés.
    • Acceptation de la construction de connaissances et processus de négociation . Il faut du temps pour passer les tensions, notamment parce qu’habituellement l’évaluation est individuelle et met en avant les idées apportées par chacun. Il est également nécessaire d’apprendre à accepter la critique et à adopter une attitude mesurée et constructive ;
    • Difficulté de développer des communautés dans les limites d’un cours ;
    • Tactiques de construction de communautés. Il faut amener la contribution de manière progressive (par exemple commencer par une espace de partage de ressources), organiser des rencontres …

Les difficultés sont réelles mais l’enjeu en vaut la chandelle.

Devenir Ingénieur via les objets

Comme on l’a vu, une approche de type Apprendre via les Objets est, selon une approche par compétence telle que celle développée par le CDIO, est  une modalité pédagogique intéressante.

En effet, s’il est possible d’associer des ressources pédagogiques pour mettre en situation des notions scientifiques ou techniques, il est également possible d’envisager nombre d’activités complémentaires.

Entrer dans les savoirs par une entrée de ce type permet de mettre en exergue le caractère profondément interdisciplinaire des objets qui nous entourent. Cette interdisciplinarité est bien entendu technique, mais elle aborde aussi les aspects environnementaux, ou durables,  comme le propose Bruce Sterling. Elle permet de poser la question de l’utilité sociale de l’objet, son intégration dans des systèmes englobants qu’ils soient techniques, organisationnels ou sociaux.

L’approche « Apprendre via les objets » permet de construire différents types de sujets de type projet :

  • construire une réponse à des utilisateurs qui veulent pouvoir adapter un objet existant pour un usage nouveau. L’accès aux données des objets (rendu possible par des protocoles tels qu’OpenSpime , aux outils de reconstruction des objets (lié à la notion de Spime de Bruce Sterling). C’est une approche qui oblige à analyser l’existant et la demande, deux aspects importants pour le futur ingénieur ;
  • imaginer, analyser des conceptions alternatives en faisant varier des paramètres de type coût, nombre d’exemplaires, l’approche consistant à pouvoir faire du sur-mesure change en effet les critères qui ont conduit à la coneption de nombre d’objets qui nous entourent qui ont été conçus selon une approche d’échelle mondiale avec une personnalisation au niveau informatique ou de l’emballage ;
  • travailler avec des designers, ou d’autres. En effet les données étant partageables, partagées il devient possible de mettre en place des projets ou des campus distants collaborent. Le projet, la collaboration se fait autour de l’objet ;
  • l’internet des objets est également une source d’innovation qui permet d’envisager des innovations et des modèles économiques modernes comme l’a prouvé l’emblématique lapin Nabaztag

En bref, il est possible d’envisager des projets motivants, avec l’intégration des connaissances techniques, sociales, économiques, durables …

crédit photographique : http://www.flickr.com/photos/dalbera/2739290486/ par Dalbera en licence CC-by.

Se tromper d’abord, se tromper vite, se tromper pour avancer

Mon ami Gwendal visitait récemment le centre de design de Stanford dans le cadre d’un voyage d’études. Il nous a permis de suivre ses visites au travers de twitter. Qu’il en soit ici remercié.

Gwendal, donc, positive sympathiquement en affirmant que nos élèves ne sont pas particulièrement étonnés par la pédagogie proposée dans ce laboratoire en affirmant que leur pédagogie par projet était  équivalente à la nôtre. N’étant pas sur place, je ne me permettrai pas d’en juger. Comme je lui demandai ce qu’il retenait de cette visite, il m’a retourné un tweet pointant vers ce billet de blog : Fail First, Fail Fast, Fail Forward de Thomas E. Anderson, II.

De fait, ici encore, rien de nouveau sur le fond, nous parlons entre nous de « pédagogie par l’erreur ». Ce qu’il y a de différent entre les 2 cotés de l’Atlantique, c’est que de notre coté nous osons à peine le verbaliser entre nous, alors que nos amis américains positivent ce droit à l’erreur au point de donner envie de se tromper ! L’avantage de cette approche est de pouvoir en parler de manière décomplexée et donc de gérer ces moments de doute pour pouvoir en tirer bénéfice.

Classique, sans doute. Proposé chez nous, certes. Intégré ? par trop peu d’entre nous. En tout cas très très juste.

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