Quel hall d’accueil virtuel pour notre campus réel ?

Aujourd’hui, le premier contact avec une institution est généralement le site web, surtout si l’on vient de l’étranger. Mais est-ce encore suffisant ? Comment établir le contact avec les visiteurs et leur faire découvrir notre campus de manière plus réaliste ou augmentée ?

Une initiative intéressante il y a 2 ans et demi a été de créer une île sur Second Life pour Télécom Bretagne permettant une première prise de contact avec des futurs élèves ou pour l’organisation d’événements, mais cet outil s’avère difficile à utiliser, et de plus il a le défaut de nous emmener dans un autre univers, au lieu de présenter le nôtre. C’est un nouveau campus délocalisé, plutôt qu’un hall d’accueil.

Pour élargir la question, nous avons posé la question à un groupe d’élèves comment pourrait-on tirer parti ou étendre des environnements existants pour améliorer l’accueil de nouveaux élèves. Cet accueil peut se concevoir en plusieurs étapes :

  • comment améliorer la première prise de contact ;
  • comment découvrir le campus, que ce soit à distance ou en arrivant sur place, en mixant informations pertinentes et géolocalisation ;

Et pour étendre la réflexion :

  • peut-il être intéressant d’étendre le « Global village » au delà du campus ;
  • peut-on tirer parti de ces environnements pour maintenir la communauté étudiante après les études.

Le sujet est vaste, mais il s’agît bien d’imaginer des scenarii, et de voir en quoi la réalité augmentée ou virtuelle telle qu’elle existe aujourd’hui peut servir ce propos d’accueil qui nous tient à cœur. Dans le cadre de leur projet, nos élèves auront à identifier un ou quelques scenarii et les rendre opérationnels.

Pour se donner des idées, explorons un peu quelques possibilités. Commençons par un woaw effet en regardant 10 expériences de réalité augmentée regroupées par Metaverse3D. Cela donne quelques idées sur les possibilités offertes aujourd’hui. Nous pourrons retenir simplement qu’il est possible d’ajouter de l’information à notre environnement. Pranav Mistry (9ème vidéo), pas son projet SixthSense est sans doute le plus convaincant, et permettent d’envisager une visite à distance ou sur place en disposant de données géolocalisées. La réalité mixte peut être approchée par l’article d’InternetActu « de la réalité augmentée à la réalité mixte ».

On peut imaginer effectuer un visite comme le permet au niveau des routes un système comme GoogleStreetMap et visualiser des informations pertinentes. Cette approche est disponible aujourd’hui dans certains téléphones, via des applications comme wikitude ou layar, qui permettent de se visualiser des informations où se porte le regard, de chercher un lieu et de nous indiquer où il se trouve depuis notre position. Ces outils s’ils sont tout à fait convaincants, fonctionnent aujourd’hui au niveau d’une localité, de routes, mais ne zooment pas jusqu’au niveau d’un campus, d’un bâtiment, d’un couloir. Il y a une place pour ce niveau de granularité pour des bâtiments publics.

Si l’on veut s’intéresser à des environnements de niveau bâtiment, il faut se tourner du coté des musées qui proposent des environnements adaptés comme celui du projet GAMME Guide Augmenté Mobile pour les Musées et Expositions. Parfait pour la visite dans le bâtiment, il faudrait néanmoins le plonger dans un environnement virtuel si la visite se fait à distance.

Du coté des environnements virtuels, notons qu’il existe maintenant des environnements qui sont intégrés au navigateur. Assemb’Live est ainsi plus simple d’accès que Second Life, mais nécessite néanmoins une installation d’une extension pour permettre son utilisation, ce qui est clairement trop compliqué pour une prise de contact. Par ailleurs, si l’on veut reprendre le contrôle de l’environnement, l’alternative libre OpenSimulator, ou son extension pédagogique EduSim3D sont à regarder de plus près.

Si la 3D peut être considérée encore lourde, il reste l’approche cartographique. Une environnement comme OpenStreetMap pourrait être étendu au niveau des bâtiments, permettant ainsi une première prise de contact et être utilisée lors des premières visites réelles. Il s’agirait d’ajouter un niveau des zoom permettant d’intégrer les bâtiments, en utilisant Chimère pour y faire des annotations adaptées. Ce fond de carte pourrait sans doute ensuite être réintégré dans des environnements virtuels géolocalisés comme Twinverse qui permet visite et échange par chat ou vidéo, le tout sans installation préalable.

Ces différents environnements, en étant couplés devraient donc pouvoir servir aux différentes étapes de l’accueil de visiteurs. Reste à définir les modes souhaitables, à faire les développements nécessaires, à y ajouter les données nécessaire et à être prêts pour les prochaines visites.

Comme d’habitude, je suis preneur d’autres environnements, notamment coté musées augmentés ou mixtes.

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Interagir avec les élèves en amphi via leurs mobiles

Comment rendre un amphi interactif ? Il faut pouvoir solliciter les étudiants, les interroger, les interpeller sans pour cela les mettre position de défense, bref le rendre actif pour capter son attention. Et pourquoi ne pas utiliser les équipements dont ils disposent (mobiles ou PC portables) pour interagir plus facilement ?

Amphithéâtre de l'Acropolis

En effet, un cours en en amphi uniquement magistral, sans sollicitation des élèves présente plusieurs défauts :

  • on perd en général l’attention des élèves ;
  • l’élève ne mémorise pas grand chose et peut considérer qu’il est aussi efficace de lire les éléments de ce cours plutôt que de les écouter, que ce soit au travers des supports de cours, ou d’autres sources (livres ou plus probablement Internet) ;
  • et de plus cela ne permet pas d’avoir de retour sur ce que l’étudiant a effectivement compris du discours.

Cette mise en activité peut se faire au travers de questions, de petits exercices, d’activités de discussions en petits groupes… Le CDIO parle d’apprentissage actif et a d’ailleurs intégré cet aspect dans un de ses 12 standards. Un étape importante est de recueillir les retours de cette réflexion. Cela se fait bien au travers d’un vote (qui peut être une Question à Choix Multiples), qui permet ensuite de rebondir et d’expliquer au travers des réponses fausses quelques difficultés classiques. D’autres types d’interactions pourront sans doute se mettre en place après l’appropriation des outils.

Le recueil peut se faire à main levée, mais on voit également apparaitre des dispositifs techniques qui peuvent permettre d’aller plus loin, ou d’interagir plus facilement :

  • la société TurningTechnologies propose des systèmes complets intégrant des boitiers distribués aux élèves, un boitier de réception sur le PC du prof et l’intégration dans PowerPoint. Simple à utiliser, efficace, mais limité aux QCMS, chaque élève peut voter une fois. Et d’après l’Université Technique de Delft, cela marche bien. Mais cela nécessite un équipement dédié, à distribué et à récupérer au début et à la fin du cours ;
  • la société TxtTools nous a donné accès lors de l’école thématique de Brest sur le mobile learning à son système basé sur SMS. On peut ainsi recueillir les avis ou des questions de n’importe quel utilisateur enregistré, ce qui est plus large qu’un QCM. Il est également possible d’envoyer des messages à tous ou à des groupes, ce qui peut être pratique avant d’entrer dans la salle ou après. Par contre, le système est relativement fermé, et ne fonctionne que par SMS, qui ont malheureusement un certain coût au moins en France ;
  • PollEverywhere propose une solution plus orientée web, acceptant plusieurs modes d’entrée (web, twitter, SMS), ce qui permet de s’adapter à l’équipement de la personne qui répond, et permet l’affichage des résultats dans un navigateur ou dans un diaporama Powerpoint (sans installation spécifique) ;
  • Math4Mobile est un projet qui va plus loin que le QCM, puisqu’il permet d’interagir sur un téléphone mobile avec un objet mathématique (une équation et sa courbe). L’exercice peut être récupéré via un QR-code, et les résultats des différents élèves peuvent être affichés au tableau. Ce système permet également le vote. Comme c’est un projet local, le système est développé sur la base d’une servlet Java, et est donc limité en termes de diffusion.

Dans les systèmes approchants, on peut noter que dans un certain nombre de conférences, des systèmes basés sur des services web2 comme twitter pour la saisie de commentaires ou de questions, et un navigateur pour l’affichage via vidéoprojecteur, avec un outil d’affichage (on parle aussi de Metawall) qui peut être choisi suivant ses préférences. L’avantage est que si la conférence est retransmise sur le web, n’importe qui peut interagir depuis n’importe quel point du monde. Ces solutions sont actuellement à ma connaissance bricolées (principe des mashups) pour chaque événement.

Loic Hay, grand expert de la chose présente l’architecture technique qu’il a retenu pour Autrans2010. On retrouve bien une architecture en 3 étapes :

  1. la saisie et l’adaptation des différentes sources
  2. le regroupement sur un serveur (ici twitter)
  3. l’exploitation et l’affichage

Dans le cas des solutions d’interaction avec les étudiants, il y a clairement un protocole sous-jacent pour permettre l’exploitation à la volée et souvent une interface de type RF ou bluetooth dans l’amphi. Cela peut être vu comme un cas particulier du projet de Sylvain Galand de l’année dernière

Concernant les solutions proposées, on constate plusieurs manques. D’une part elles sont toujours partielles : soit au niveau des moyens de saisie, soit au niveau des moyens d’affichage (uniquement PowerPoint par exemple), soit sur les modalités d’interactions. Et de plus comme ce sont des solutions fermées, il n’est pas possible de les adapter pour d’autres types d’interactions.

Une solution libre ou open-source serait particulièrement bienvenue. Une solution mashup basée sur des composants libres, pourrait être élégante.

Qulequ’un connait-il des solutions libres permettant de mettre en oeuvre s éléments décrits ici ?

PS : certains éléments cités ici sont repris d’un article d’Elena Pasquinelli dans le journal des Tice qui présente un bon résumé sur les potentialités du mobile learning et qui rappelle en introduction l’interdit en France pour les mobiles de la maternelle au lycée. Cet a priori sur les nouvelles technologies et la volonté de légiférer contre les technologies démontre une réticence sur les nouvelles technologies. Pour l’instant pas d’interdiction dans les universités, même si certains enseignants voient dans ces outils des rivaux pour capter l’attention des élèves. La compréhension de ces technologies doit pouvoir les faire passer du statut de rival à celui de compagnon.

Visualiser les informations d’un objet.

have a look at the structure of an object

Have a look at the structure of an object will allow you to understand it !

Pour donner du corps à l’idée d’apprendre via les objets, il est intéressant de regarder la vidéo venant du groupe Fluid Interfaces du MIT, et présenté il y adéjà quelques temps par 01net dans son article « Le MIT a les moyens de faire parler les objets » ou dans coopératique dans son article Le téléphone mobile : cet appareil tellement dépassé… d’où j’ai extrait l’image de mise en bouche.

voici ce que cela proposent les gens du MIT :

Les vidéos Vodpod ne sont plus disponibles.

On voit que l’on peut afficher ce que l’on veut sur n’importe quel objet, et interagir, nous sommes donc bien dans une optique de réalité augmentée dans la rue. Donc, pas de problème pour visualiser un éclaté de l’objet considéré et commencer à rentrer dans la structure interne de l’objet et donc de commencer à comprendre comment il est fait.

Je viens de proposer un sujet sur le prototypage d’un apprentissage au sein d’un l’objet, qui a été choisi par une de nos élèves de dernière année. Je suis impatient de voir ce qu’il est possible de proposer.

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