Quelle prise de notes face à un TNI ?

Le Tableau Blanc Interactif ou le Tableau Numérique Interactif (TNI) est enfin un équipement numérique qui pénètre de manière centrale dans l’enceinte de la classe. Vécu comme ludique, facile de prise en main, permettant de présenter des ressources variées en support au cours, il est plébiscité par les enseignants et les élèves.

La question que je me pose ce matin, et que j’aimerai poser aux utilisateurs de cet outil est la suivante : comment évolue la prise de notes des élèves face à cet outil ?

La question subsidiaire pourrait être : avec quoi vos élèves révisent-ils, et est ce que le TNI fait évoluer les pratiques d’évaluation ?

En effet, nous avons depuis longtemps constaté que l’utilisation des diaporamas (certains diraient à tort « Powerpoint© ») rendaient les élèves plus passifs et limitaient leur prise de notes (qui est effectivement plus difficile dans ces environnements plus riches d’information). Or sans prise de notes efficace, la révision du cours est plus difficile, surtout s’il n’y a pas de support de substitution. En effet la prise de notes est un mode d’action, donc d’appropriation de la connaissance. Je me posai la question si le même phénomène pouvait apparaître dans ces classes numériques.

Quel est le vécu dans les classes ? Quelles nouvelles formes de prise de notes, quelles modalités apparaissent ?

Petit ajout du 17/5/2011 : lien vers La pertinence du TBI en fonction des courants pédagogiques. Ou il n’y a pas que la prise de notes par rapport au TNI.

Crédit photographique : Interactive whiteboard par enric archivell – licence CC-by-nc-sa

Publicités

Et si on cherchait à rendre le Tableau Blanc plus collaboratif ?

Quand on regarde le résumé du dossier « Les technologies de l’information et de la communication (TIC) en classe au collège et au lycée : éléments d’usages et enjeux », on ne peut qu’être frappé par la phrase :

Il en ressort que 80 % des enseignants déclarent utiliser parfois les TIC en présence des élèves, mais que la manipulation d’outils par les élèves reste peu fréquente.

Cela semble signifier que les élèves ne pratiquent que peu, et que si les TIC rentrent dans la classe, c’est d’abord dans le cadre de la préparation, et ensuite pour être utilisé par l’enseignant en classe.

Le Tableau Blanc Interactif, s’il constitue une réelle avancée en terme d’interactivité avec les contenus, peut renforcer cette tendance, en ne permettant cette interactivité qu’entre l’enseignant et le contenu. De fait, si l’on regarde les phases d’appropriation du TBI, telle que décrites par le site le récit du Québec, on ne parle d’interaction avec l’élèves que dans les 2 derniers items de la dernière phase d’appropriation « j’intègre ». Autant dire que c’est optionnel.

Et pourtant …

C’est aussi et surtout par l’action que l’on apprend. C’est par la conversation, la collaboration que l’on avance …

Et aussi …

Utiliser un affichage partagé, que chacun peut regarder est une première étape de partage, ou du moins un point de focalisation partagé.
La question devient alors : comment tirer parti de ce formidable outil pour permettre un travail collaboratif, i.e. travailler ensemble sur un sujet ?

Comme d’habitude, il y a deux niveaux de réponses pour avancer, qui peuvent se renforcer

  1. partager des usages qui marchent, que chacun peut réutiliser dans son contexte propre ;
  2. proposer des outils qui permettent une collaboration efficace, et qui permettent d’imaginer de nouveaux usages.

Coté usages, je pense au petit truc technopédagogique de François Jourde, qui passe un clavier sans fil aux élèves pour leur permettre de faire leur proposition. C’est simple, ça permet de donner la main à une personne, et cela évite de mettre l’élève seul face à la classe. Et ça marche.

Je serai très intéressé de partager d’autres exemples. Commentaires bienvenus en fin d’article 🙂

Coté technologies facilitantes, il y a au moins des exemples qui existent, et qui peuvent alimenter la réflexion :

  • La possibilité de donner l’écran à n’importe quel PC des participants, comme c’est par exemple décrit dans la salle de classe de pédagogie active ;
  • Plus prospectif, on pourrait imaginer le tableau comme espace partagé sur le modèle des tables interactives, ou plusieurs personnes peuvent s’échanger des photos (donc des fichiers), construire des schémas à plusieurs… reste à voir quels sont les bons modes de travail à plusieurs sur un tableau : chacun son crayon ? Chacun sa tablette depuis sa place ? Au travers des claviers/souris de portables ? En utilisant son téléphone portable ? Avec des équipements équivalents aux systèmes d’interrogation en amphi ? Il va falloir imaginer, tester suivant les différents usages ;
  • on peut également imaginer passer par des outils collaboratifs comme Etherpad, ou chacun pourrait contribuer, une tableau de post-it à la wallwisher, ou une carte conceptuelle et où le rôle principal du scribe au tableau serait la restructuration ;

Il reste tout à faire :

  • imaginer des usages ;
  • combiner des technos existantes : web2.0 ou simples ;
  • voir comment les systèmes d’exploitation multi-touche et multi-utilisateurs peuvent servir de support ;
  • imaginer et développer l’environnement pervasif qui rendra l’usage d’une telle salle facile à utiliser ;
  • développer les éléments de logiciel qui permettent de combiner tout cela. Et là clairement, la suite Sankoré qui vient de passer libre peut constituer une bonne base.
Table interactive – licence CC Mesq sur Flickr

Dit autrement, Sankoré ouvre le logiciel pour les tableaux blancs, permet la coopération pour les ressources entre enseignants. Reste à développer le matériel de manière libre, à ouvrir encore les usages en imaginant une vision collaborative du tableau.

Et à trouver une bonne manière de partager les bonnes pratiques.

Jolis projets, à rajouter dans la liste des bonne résolutions de début d’année. Qui veut jouer ?

%d blogueurs aiment cette page :