Quelques MOOC qui sortent du lot

Je vais assumer complètement un parti pris et une non exhaustivité de ce qui se passe dans le domaine. J’ai juste croisé quelques sujets qui ont attiré mon attention.

Sciences Tag : Les médiations culturelles et scientifiques à l’ère des réseaux sociaux” nous vient du monde de la médiation scientifique. Il parcourt les différentes dimensions de la littératie numérique du point de vue du médiateur. Le travail est  pro, et il sera parfait pour mes étudiants de l’UbO. En terme de bons goût, le teaser est remplacé par une simple animation très design. Un collaboration entre des pros de la médiation et l’équipe de Mooc et Compagnie, cela devrait être le must de la rentrée

Pour le titre, pour son sujet, j’ai coché “L’innovation pédagogique dont vous êtes le héros”. Ou comment aborder des sujets de fond en gardant une certaine distance. L’auteur principal, Bruno De Lièvre a tout compris à la pédagogie moderne. Le contenu du cours a l’air à la fois pratique et basé sur des références bien choisies. Sans nul doute un bon cours sur le sujet. En effet, même si on a l’impression qu’il y a déjà beaucoup de cours sur les sujets de la formation et de la pédagogie, celui-ci devrait pouvoir trouver sa place.

Comprendre l’économie collaborative” n’est pas le premier cours non plus sur la transition numérique et ses impacts. Celui-ci se dégage d’autres par la pluralité des points de vue, la place est en effet donnée à de nombreux acteurs et réels experts de ces questions. Les participants sont de premier ordre et d’horizons variés. Les clés du cours doivent permettre à chacun de faire la part des choses et de comprendre les différentes dimensions du débat.

D’autres sujets peuvent retenir votre attention : le MOOC de Tela botanica remet la botanique à l’honneur, et démontre l’intérêt de créer des communautés pour dynamiser ce genre de sujet. Dans la même veine, le mouvement Colibris va rejouer son MOOC “Concevoir une Oasis” en novembre. Ou comment concrétiser ses rêves🙂 Si vous ne connaissez pas ces 2 associations, je vous invite à aller regarder de plus près.

 

Mais avant de vous inscrire, assurez vous de pouvoir y consacrer le temps qu’ils méritent.

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Crédit photo : Say MOC one more time par Audrey Watters licence CC-by-SA

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Deux approches pédagogiques enthousiasmantes

Deux superbes articles ont retenu mon attention cette semaine. Je me permet donc de vous conseiller de les lire.

Le premier, paru dans le nouveau média « The conversation » est titré « Les vertus pédagogiques de Pokemon Go » nous donne deux leçons. Premièrement, il s’agit de chercher à transformer une tendance qui touche les jeunes et qui a mauvaise presse en atout pédagogique (@jmlebaut ne disait pas autre chose lors de son intervention au forum des usages en juillet, voici donc un exemple de plus).

Deuxièmement, cet article démontre qu’en se posant la question « qu’est ce que je peux faire avec cette application ? » on peut obtenir pleins de réponses. Sans doute, personne n’accrochera à toutes les opportunités, mais chacun trouvera une idée à appliquer, ou qui lui fera penser à une autre.

Alors, oui, regardons tout ce qui nous entoure avec un esprit ouvert et une envie de le réutiliser. C’est encore plus vrai avec les mobiles qu’on apprend à peine à exploiter.

Pour la petite histoire, j’ai aussi adoré l’application de réalité augmentée présenté dans cet article : Blippar, qui reconnaît les objets sur lesquels vous pointez votre smartphone et qui vous propose plein de points d’entrée pour apprendre quelque chose sur cet objet. On avait imaginé et tenté un prototype de cela il y a quelques années, et cela fait plaisir de voir une application opérationnelle. Idée développée à partir de la lecture du livre de Bruce Sterling « Shaping Things ».

Le second article, écrit par Marc Nagels, propose une modalité mettant les étudiants en responsabilité complète du cours, de la définition du plan du cours, en passant par l’écriture des supports et allant jusqu’à la construction des évaluations. « J’ai renversé la classe inversée » vous donnera envie de changer de rôle dans la classe, pour devenir élève unique face à vos nombreux professeurs. En tout cas, mon prochain cours en sera probablement inspiré.

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Crédit photo : Pikachu parade par Yoshikazu Takada Licence CC-by

 

Ludovia 2016, le temps de la diffusion

Pour prendre la température de la question du numérique à l’école, rien de mieux que de participer à Ludovia fin août, cette université d’été atypique ou se croisent représentants du ministère, défricheurs/blogueurs, professeurs innovants, inspecteurs, chercheurs, entrepreneurs … Impossible de participer à tout, mais le flux de compte rendus, d’articles et d’échanges informels permet de se faire une bonne idée de ce qui se passe. Voici ce que j’ai envie de partager.

La diffusion des pratiques

Evidemment, les Explorcamps, ces séances où chacun peut présenter son dispositifs étaient toujours aussi riches et suivis, suscitant de nombreux échanges. Mais curieusement, nombre de présentateurs se réclament d’un groupe plus large et ne se revendiquent plus d’une expérience isolée. Soit ils font partie d’un réseau départemental, soit d’une association, soit de Canope, soit d’un projet plus large encore (le projet européen de valorisation des collections des musées Europeana.eu a ainsi impressionné le public ).

Mais surtout, ce qui était intéressant, c’était le nombre de collectifs présents basés sur des bonnes pratiques pédagogiques, Twictée, classe inversée (800 participants à leurs journées début juillet), cyber-langues, éducation musicale 2.0 (#edmus). Partenaires à part entière, ceux-ci ont pu travailler sur leurs pratiques, partager avec les autres participants de Ludovia, nous faire partager leur dynamisme (ah les intervalles musicaux!!). Dernier signe de cette diffusion, les initiatives initiales sont inconnues des nouveaux arrivants, ce qui montre bien qu’on est passé à autre chose.

La diffusion des pratiques s’amplifie donc, se structure, gagne sa place dans l’écosystème. Les officiels apprennent à les reconnaître et à admettre qu’ils peuvent avoir leur place dans le développement professionnel des enseignants !

L’irruption de la polémique autour de l’éducation dans les réseaux sociaux

Des réaction polémiques sur les réseaux sociaux, rien de nouveau dira-t-on, c’est le phénomène bien connu des trolls. Ce qui peut paraître préoccupant,c’est que ce phénomène prend de l’ampleur et peut se renforcer de lui-même. Il marque une nouvelle manière d’interpeller sur Internet et peut empêcher d’autres échanges plus constructifs, d’autant qu’il est en phase avec une certaine vision du débat public ou politique. D’après certains il pourrait “ruiner Internet”.

Ce qui est nouveau dans le périmètre de l’éducation, c’est que ce mode de débat semble pouvoir se mettre en place entre enseignants. En étant positifs, on peut espérer que c’est un signe que ceux-ci découvrent le débat public sur les réseaux et sauront rapidement y réinvestir la rigueur de leur métier qu’ils semblent parfois oublier. Oubli d’autant plus regrettable qu’en étant visibles, ils peuvent donner un bien piètre exemple aux autres partenaires éducatifs, enfants, étudiants ou parents. En tout cas, ce phénomène démontre bien que la formation des enseignants au numérique ne doit pas s’arrêter aux pratiques pédagogiques, mais bien englober tous les aspects de la culture numérique. Le sujet est d’importance et doit être traité dans le respect de chacun, et de tous les points de vue, pour que nous puissions avancer dans l’intérêt des élèves. Le risque de cette approche polémique serait de faire taire les personnes les plus ouvertes au dialogue. Certain(e)s s’accrocheront, d’autres ont déjà quitté le débat.

L’évolution des discours officiels

Les représentants du ministère sont très présents sur Ludovia. Ils viennent écouter, échanger, mais aussi faire part des orientations du moment. Il est intéressant de voir l’évolution des discours.

Sujet présent depuis au moins 2012, le BYOD (Bring Your Own Device) ou AVEC/AVAN en français (Apportez Vos Équipements Connectés/Appareils Numériques) semblait ne pas être envisageable dans l’éducation nationale jusqu’à cette année. C’est avec plaisir que nous avons appris qu’il devenait possible dans le cadre des appels à projets pour  l’équipement des collèges, et que nous avons écouté le témoignage de David Cohen, enseignant qui démontre que c’est possible dans un établissement.

On a aussi entendu que le développement professionnel des enseignants ne se cantonnait pas aux formations proposées par l’éducation nationale, mais passait par la consultation de ressources sur le web, et la participation à des collectifs apprenants comme ceux présents sur Ludovia.

Sur ces deux points il s’agit  bien d’une prise de conscience des officiels, liée à la fois à un certain réalisme (contraintes budgétaire pour le premier cas, et impact dans le second cas) mais aussi à leur participation récurrente à Ludovia (du moins on se plait à le croire😉 ).

Si certains discours évoluent dans le bon sens, il reste encore des sujets en devenir.

Côté lien entre recherche et pratiques, la présence du “Professeur Monteil” démontre bien que le sujet est d’importance. Le constat semble démontrer que les bonnes articulations demandent encore à être identifiées. Et on attend avec intérêt un futur rapport sur les pédagogies actives sur lequel Madame Becchetti Bizot travaille.

Et après ?

L’année dernière, à l’issue de Ludovia, certains blogueurs semblaient se trouver trop en phase avec les échanges, se demandant dans quelle mesure ils pouvaient avoir encore un rôle prospectif, de défricheur. Deux espaces leur ont été proposés cette année pour avancer sur la route du changement. Le premier a été une rencontre “Educatank” la veille de Ludovia qui réunissait blogueurs et chercheurs, ou chacun a pu présenter son “idée pour changer l’école”.  Le second était une présentation sous forme de pecha-kucha en soirée d’ouverture.

Parmi celles-ci, on y retrouve la nécessité de construire ensemble, en cohérence, en confiance. On a aussi vu apparaître la question de la construction de l’individu grâce à ses données, et l’évolution des postures du corps habitant des espaces d’apprentissages.

 

Et bien sûr, on a parlé de PokemonGo !

 

Crédit photo : images publiées par @batier et @moiraud

Et si on pensait un vrai cartable numérique, c’est à dire, personnel

Le cartable, c’est le sac dans lequel vous stockez vos cahiers, votre trousse avec vos stylos, votre gomme, votre règle, votre équerre et votre compas. C’est là que vous avez les livres qui vous servent en ce moment. C’est aussi ici que l’on range son carnet de correspondance avec ses notes, ses échanges avec les enseignants et l’administration et que l’on pourra conserver au delà de l’année.  Mais c’est aussi là que vous stockez vos trésors : vos bons points, vos billes et autres ocelets, vos malabars, le petit livre ou le petit bricolage dont vous êtes si fier.  

C’est donc bien plus qu’un espace d’accès à l’école, c’est votre espace personnel à l’école ! C’est le moyen d’exister en tant qu’individu dans un collectif.  Si vous changez d’école, vous conserverez votre cartable, avec tout ce qu’il y a dedans, sauf peut être les livres qui resteront dans l’établissement s’ils ne sont pas en accès libre. L’étudiant qui devient travailleur troquera son cartable pour une musette, qui elle aussi contiendra ses affaires personnelles.

Laissons cet un élève nous ouvrir son cartable numérique personnel.

“Bonjour, je m’appelle Antoine, je vais vous montrer ce que j’ai dans mon Cartable.

L’affichage que vous voyez ouvert, montre mes progrès de course à pied, il récupère mes données de mon smartphone. J’ai fait un footing juste avant de vous croiser. Juste à coté, mon coté, mon copain Yann a partagé une petite application qu’il a lui même développé pour comparer nos courbes de progression à Pokémon GO, on y retrouve nos amis de Facebook qui veulent bien partager leurs scores.

Là, j’ai mes compte rendus de TP. Sur celui-ci on a travaillé sur un document partagé pour prendre des notes avec mon binôme. On a fait une photo du montage, et un film de la prise de mesure. Regardez les courbes qu’on a obtenues, il y a là un petit décrochage. Quand on a posé la question sur le forum, un ancien nous a dit qu’il y a avait un petit jeu sur la maquette, ce que le prof a confirmé. On a remis le CR au prof et j’ai gardé une copie dans mon cartable. Sur cet autre, on est allé sur nquire-it pour voir comment mesurer la vitesse d’un ascenseur. Chacun pouvait aller faire sa mesure dans la semaine en ville, ou à l’école. on a pu partager nos courbes, et ce n’est pas celui de l’école qui est le plus rapide.

Là, j’ai ma carte de maîtrise, vous voyez tout ce que je maîtrise déjà, le compétences sur lesquelles je travaille, les exos qui peuvent m’aider, les challenges qui peuvent m’intéresser. Tiens celui-ci, les copains l’ont bien aimé, et ces deux là sont conseillés par mon prof. Il parait que ça ressemble au du site de la Khan Academy, en mieux. Je peux me comparer avec mon copain Yann, mais aussi la moyenne bretonne ou nationale.

Par ici, c’est ce que mon coach appelle un portfolio. Je peux y regrouper tout ce que je veux pour me projeter dans ce que je voudrai faire. Par exemple, j’ai fait un dossier sur la mer, parce que c’est un domaine qui me passionne et dans lequel j’aimerai travailler plus tard. J’y ai mis les compte rendus sur nos sorties en mer avec l’école, mon attestation du MOOC Flotrisco. Les liens vers les photos et les commentaires (et mon cartable a gardé une copie), que j’ai déposé pendant ce MOOC sur le même site que le TP sur les ascenseurs. Et puis surtout tout ce que j’ai pu récolter pendant mon stage à l’Ifremer : des photos, un interview d’un chercheur, des vidéos qu’un copain a prises de moi pendant que je nourrissais les poissons, et même le rapport. Et à coté, je regroupe tout ce que je peux trouver sur les métiers de la mer.

Et vous, vous l’utilisez comment votre cartable ? “

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Ce petit texte a été rédigé en préparation à un échange “Mon idée pour changer l’éducation“ qui se dérouler juste avant #Ludovia13 dont le thème est cette année « Présence, attention et engagement en classe avec le numérique ».

L’idée présentée ici est liée à des réflexions issues mon travail de recherche autour des données  d’apprentissages (learning analytics). Parmi les influences inspirantes, je voudrai citer ici les travaux de la FING, d’une part l’exploration FuturEduc qui vise à explorer des futurs désirables autour de “l’École pour tous à l’ère numérique” et d’autre part le projet musette de l’actif, qui vise à imaginer des services pour le travailleur à l’ère du numérique. Vous pouvez voir cette proposition comme une intersection des deux. Trois idées clés guident cet exercice de prospective.

La première est que pour encourager l’engagement, il est intéressant de donner à voir ce qui est réalisé, de pouvoir se construire sur ses acquis, pas seulement sur l’atteinte d’objectifs. Pour surmonter un échec, il faut savoir ce qui a coincé, mais surtout ce qui a été malgré tout réalisé, et acquis.

La seconde est qu’un apprentissage, s’il est personnel, se place dans un cadre social dans lequel chacun choisit ce qu’il donne à voir. Et puisqu’il est social, chacun peut développer de nouvelles interactions, passer d’une application à une autre, échanger sur les sujets de son choix.

La troisième est qu’apprendre se fait tout au long de la vie, est un parcours personnel qui appartient à chacun. Il est donc indispensable de penser cet espace numérique personnel comme étant une propriété privée, mais surtout un espace de confiance. Il doit permettre de passer d’un établissement à un autre, d’un employeur à un autre, et  de se construire avec les autres.

 

Crédit photo : #1 Série : « Ce que je suis »  par ALlisson H licence CC-by-nd

 

Quelques clés pour la transition de l’école

Transition, le terme est à la mode, il est utilisé pour décrire les transformations en cours induits par la prise en compte des impacts écologiques, le développement de nouveaux modes énergétiques, les nouveaux modes organisationnels, le numérique. Toute la société est en transition. Et l’école est donc évidemment en transition. Elle intègre de nouvelles pratiques, apprend à jongler avec le numérique, et doit préparer le citoyens de demain à un monde en transitions. Je vous propose ici quelques points de synthèse issus de nombreux échanges durant le forum des usages coopératifs 2016.

Une école au cœur d’un écosystème

Autour de l’école, les acteurs sont nombreux : les services d’appui comme Canope, les associations de médiation culturelle et numériques, les politiques (mairie, conseil général, ministère de la culture …) et j’en oublie. Et bien sûr les enseignants et les parents.

De nouvelles écoles se créent aujourd’hui, souvent pour explorer de nouvelles formes de médiation, comme l’école 42 ou Simplon. Ces écoles cherchent à trouver leur place dans l’écosystème, tout en cultivant leur différence. La question centrale est ici la reconnaissance des compétences acquises, de leur certification.

Tous ne se connaissent pas, certains ont l’impression de ne pas avoir leur place (on a pas mal échangé autour des parents : ceux qui n’osent pas retourner à l’école tout en attendant beaucoup d’elle, ceux qui au contraire sont tellement présents qu’ils en sont insupportables, ceux qui trouvent que les conseils de classe sont des espaces de non-discussion, ceux qui ne répondent pas aux convocations). Mais le besoin d’interagir avec les autres acteurs est bien présent.

Et là où la rencontre a lieu, localement, où un projet est mis en place en respectant chacun, les choses se font bel et bien. De nombreux acteurs en témoignent. Pour les élèves, les changements de cadre, de dimension de groupes, de croisements avec d’autres personnes (autres niveaux, acteurs, mais aussi personnes que les élèves vont pouvoir aider) sont des moments d’épanouissement d’autant plus riches s’ils font le pont entre l’école et son environnement.

Mais on sent bien qu’il faut pour cela qu’il n’y ait pas de prise de pouvoir par l’une des parties. Bref, la culture de la coopération reste à mettre en place, à affirmer, à développer.

Un besoin de s’exprimer autour des freins

De l’amertume parfois, une impression de ne pouvoir avancer face à des murs, les témoignages viennent des tripes, tant il est vrai que certains ont une impression d’impuissance et enragent.

Parmi les éléments qui ressortent, la question des moyens est partagée par tout le monde. L’évaluation (la note, le classement) est largement décriée, et si certains veulent rappeler que les approches par compétences visent à faire disparaître ces sanctions, ils ne peuvent nier que les examens (« Le Bac, point de blocage majeur ! ») bloquent le mouvement.

Les programmes surchargés, s’ils pourraient être intéressants pour cadrer les acquisitions, sont souvent une chape de plomb, en bridant l’initiative, en limitant les possibles.

Des jeunes qui changent

L’intervention en plénière de Laurène Castor était un témoignage vécu de ces changements, qui ont été confirmés dans les discussions qui ont suivi. Ceux-ci disposent d’espaces d’expression. Ils ont besoin de sens. Ils n’hésitent pas à être critiques (Vincent Ribaud racontait cette anecdote que ses étudiants en master discutaient ses énoncés de problème). Bref, la question est comme toujours de les comprendre pour mieux tirer parti de leur énergie pour leur permettre d’avancer, d’apprendre.

Le texte récent de Yves Citton « l’éducation de l’attention à l’âge numérique ubiquitaire » va dans le même sens.

Le monde change et continuera à changer

Difficile pour les participants d’exprimer comment prendre en compte le monde de demain. Les participants ne semblaient pas se sentir concernés par ces questions. Il reste que créativité, apprentissage par projet, apprentissage du code, apprendre à apprendre, sont des éléments intégrés dans les discours, mais dont on a du mal à voir la place dans le faits.

En tout état de cause, il faudra être prêt à affronter l’inconnu, et pour cela la description des jeunes que l’on nous fait semble être la meilleure des réponses, aidons les à devenir eux-même. La vidéo TED d’Emilie Wapnick vous fera comprendre le type de profils qu’il va nous falloir apprendre à reconnaître.

Des valeurs à réaffirmer

Dans les discussions, les questions d’ouverture, de collaboration, de respect (mutuel), d’inclusion, de citoyenneté ont été constamment réaffirmés. Ces valeurs sont de l’avis des présents indispensables pour que le monde de demain soit vivable. Si j’adhère complètement à ces valeurs, je me demande parfois si elles sont globalement partagées dans notre société. La réponse est sans doute encore dans l’action et le partage pour pouvoir leur donner corps.

Imaginer un futur désirable

Pour pouvoir s’extraire de la chape qui semble s’emparer de beaucoup d’entre nous, il est nécessaire de se projeter, d’avoir un but qui nous permette d’avancer. Il faut penser des transitions « favorables ». C’est le pari que nous proposent nombre d’acteurs.

La Fing mène un travail appelé FuturEduc pour imaginer l’École pour tous à l’ère numérique. Et si vous voulez prendre les cartes en main, elle a également développé un jeu des transitions pour animer des ateliers de brainstorming. Vous trouverez notamment un exemple pour l’école dans leur cahier des transitions.

Autre moyen d’échanger sur ces futurs, les forums ouverts. Le labschool network nous invite à participer à de tels forums le 26 novembre prochain dans toute la France (Paris, Brest, …), thème : Quelles transitions dans l’éducation pour faire société ?

Un participant a également fait une proposition qui a donné envie à de nombreux participant : Remixer l’école. Le remix est un événement qui croise des publics variés dans l’idée de recréer les espaces (voir biblioremix ou museomix pour se faire une idée). On y reviendra sans doute. Si ça vous tente, n’hésitez pas c’est une superbe idée à mettre en place.

Donner à voir les pratiques

Les enseignants ont entendu beaucoup de discours sur la nécessité de changement, mais ont besoin de se projeter dans leur quotidien. Pour cela, les témoignages de ceux qui font des petites ou grandes choses dans leur « classe » sont indispensables, parce qu’ils sont incarnés, parce qu’on voit comment le faire chez soi, parce que cela rassure. Et plus ces témoignages viendront de contextes différents, plus nous aurons des éléments pour revoir nos pratiques, et plus nous trouverons quelqu’un de proche, par l’approche ou par la discipline.

Là aussi les valeurs du partage, de l’exemple sont indispensables pour permettre d’avancer (et de passer du prescrit au vécu). Dans le secondaire, des associations comme Sésamaths, les Clionautes, Weblettres, ou des sites comme le café pédagogique permettent en partie ces relais, mais méritent plus de visibilité et de reconnaissance. L’université d’été Ludovia est également un lieu de rencontre remarquable la dernière semaine d’août. Dans le supérieur, un site comme innovation-pédagogique ou des journées de rencontres permettent également d’initier ces dynamiques.

Pour ceux qui seraient allés voir un film comme Demain, rappelez vous des visionnaires vous proposent un futur motivant et des acteurs de terrain vous expliquent comment ils agissent au quotidien. C’est bien aux deux niveaux qu’il convient d’agir.

S’engager pour des expériences vivantes

Que nous disent les enseignants qui nous inspirent ? Qu’ils vont vers leurs élèves/étudiants, et qu’ils veulent partager leur passion. Ils créent des situations de rencontre qui permettent de construire ensemble, dans lesquelles exigence rime avec respect. Ils créent de l’empathie pour susciter de l’appétence qui pourra être transformée en compétence. Créativité, coopération, espace d’échange respectant les valeurs des enseignants ET des apprenants, sont des constantes.

Cela ne se décrète pas. Ces témoignages démontrent souvent que l’erreur fait partie de l’apprentissage, que l’imitation, l’adaptation permettent d’avancer, mais surtout que son engagement peut créer de la dynamique avec les apprenants. En synthèse, que l’appétit vient en marchant, pour peu qu’on le veuille et qu’on soit au clair sur ce qui est vraiment important.

Lors des forums précédents, nous avions aussi vu qu’il était plus facile d’avancer quand on peut échanger. Le numérique permet cela tant pour les élèves, que pour les profs. Le « vrai Web » est plein d’exemples et de personnes avec qui échanger.

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Crédit Image : Les nouveaux apprenants et la transition éducative par Julie Boiveau, licence CC-by-nc

 

PS : je n’ai pas remis ici l’ensemble des débats, autour de la formation des enseignants notamment aux démarches projets, l’éducation aux médias, les études importantes de chercheurs, …. Je n’ai pas cité à nouveau tous les intervenants, si vous êtes un peu curieux, n’hésitez pas à consulter les notes prises pendant les échanges.

L’apprenant acteur principal de son parcours tout au long de sa vie

De différentes manières les questions de l’apprentissage tout au long de la vie, de sa place dans la société, des politiques associées (on pense au CPA), des dynamiques possibles, des outils qui pourraient contribuer à l’émancipation de la personne (voir par exemple le travail d’exploration de la musette du travailleur de la Fing, aussi détaillée par Amandine Brugière : nouvelles formes du travail et de la protection des actifs) traversent le débat.

Nous nous proposons d’organiser un atelier fin janvier pour identifier quelles recherches sont-elles à mener pour mieux comprendre, accompagner et infléchir cette transition ? et pour initier des travaux en commun entre chercheurs de différents horizons.

Cet atelier prend place dans un rendez vous de 3 jours, appelé ORPHEE Rendez-Vous organisé pour identifier les grands challenges et les questions de recherche associées en éducation et e-éducation.

Pour aujourd’hui, nous attendons de votre part vos contributions, sous forme de papiers de positionnement, pour préparer et initier ces journées de débat.

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Crédit photo: Pyrénées par Jean-Paul Droz, licence CC-by-nd

 

Une session/débat sur l’École en transition au forum des usages coopératifs

« École en transition » ! Cet important sujet nous réunira pendant 3 matinées du 5 au 7 juillet 2016 à Brest au forum des usages coopératifs. Nous y parlerons de tout ce qui se fait dans, autour et à coté de l’école pour vivre ces transitions qui transforment notre société.

Je viens de reprendre l’organisation et l’animation de cette « session », un peu au débotté, mais avec plaisir finalement, et surtout plein d’envies :

  • J’ai envie de faire le point avec les participants des actions de chacun qui font sens pour vivre cette transition aux travers de leurs témoignages. Ce sera notre travail commun principal lors de la première matinée.
  • Nous (je dis nous car c’est un souhait partagé par les intervenants du deuxième jour) avons envie de comprendre ce que chacun projette quand on parle de transition de l’école, de comment nous pensons ces transitions dans le cadre de l’école, et comment préparer à ces transitions. Bref de comprendre de quoi on parle quand on parle de transition à l’école.
  • Et puisque le numérique est un vecteur du changement, je compte sur les intervenants de la dernière séance pour nous proposer des actions en cours ou à venir pour évoquer des pistes d’actions, sur lesquelles les participants pourront réagir et qu’ils seront invités à enrichir.

Ainsi la session éducation nous permettra bien de décliner la thématique du forum :

Transition numérique, transition énergétique et écologique, transition numérique, économie collaborative, école en transition, industrie 4.0 c’est toute la société qui se cherche un à venir entre un ancien qui ne fonctionne plus et un futur incertain parsemé de dangers. …

Vous l’avez compris, le terme école du slogan est à comprendre au sens le plus large, et intègre toutes les dimensions de l’éducation. Notre ambition est bien d’éclairer le débat en mettant en avant ce qui va dans le sens d’une école/éducation souhaitable, plus ouverte, plus inclusive et respectueuse de la personne, à même de donner les outils pour aborder les grands enjeux des transitions.

Pour rappel, ce sera pour la session éducation, la quatrième session.

Cette année, nous revisiterons donc ces sujets à la lumière de ces transitions qui impactent tous nos repères et à laquelle l’éducation doit répondre en lien avec la société.

Si vous voulez contribuer à construire cette vision, vous pouvez proposer un témoignage, une contribution, un point de vue sur le site du forum. Vous pouvez m’envoyer un message. Mais surtout vous êtes invité à venir débattre pendant le forum. On compte sur vous !

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Crédit photo : L’escalade du chateau d’eau _ Clement Murin par Marc Blieux licence CC-by-nc-nd

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