Et si on considérait la construction d’un cours comme un projet collaboratif – une classe renversée Web

Ne pas considérer que seul le prof peut construire le cours : co-construire avec ses élèves que ce soit le plan, les sujets traités, et même les évaluations, c’est le paradigme de la classe renversée. Mais on peut aller plus loin. En effet, pourquoi ne pas considérer les productions de ce cours sous forme d’une ressource ouverte, publiée, et modifiable. Quand ce cours est un cours sur le Web, c’est même relativement naturel.

Un cours renversé, ouvert et sur le Web

J’avais envie depuis longtemps de proposer un cours sous forme de classe renversée. Le Maître ignorant prend la poussière depuis longtemps sur ma table de chevet. Le concept de classe inversée connaît un regain de popularité impressionnant qui a relancé cette envie, surtout après avoir lu l’approche de Marc Nagels où il annonce avoir renversé la classe inversée. Ce qui cadre avec le type « classe renversée » dans la typologie proposée par Marcel Lebrun. J’avais déjà proposé la prise de notes collaborative il y a quelques années, mais cela restait limité en termes d’autonomie, puisque je restais la « source » d’informations principale, et le maître du déroulé.

Typologie des classes inversés

Typologie des classes inversés

Pour un informaticien enseignant en école d’ingénieurs, le web semble un bon thème pour tester ce genre d’approche, tant par l’abondance des ressources, par la multiplicité des sujets possibles, que par les fausses conceptions des étudiants. En plus le web regorge d’outils pour le web ! Des élèves ingénieurs trouveront forcément leur bonheur.

Un tel cours s’appuie naturellement sur un ensemble de ressources publiées sur le Web. Si le cours est renversé et que l’objectif principal pour les étudiants est de maîtriser les outils sous-jacents, la construction d’un tel site web devient le projet collaboratif du cours. Le web regorgeant de ressources tant éducatives que techniques ouvertes et libres, ou simplement gratuites, il est naturel de se positionner dans une perspective d’ouverture de la formation.

Les différentes composantes d’un tel cours

Dans le cadre d’un cours électif, le contenu peut être libre, ce qui est donc un cadre plus ouvert que certaines classes inversées encadrées par un examen national ou un cadre disciplinaire très posé. Les débats autour de l’apprentissage de la programmation croisés avec ceux sur culture et littératie numérique le montrent bien. Ne tranchons pas le débat, donnons le à nos étudiants. Une petite négociation avec les services de scolarité de l’école pour faire passer l’idée que l’évaluation sera le résultat d’une « négociation » avec les étudiants, et le cadre institutionnel semble ouvert.

Pour les séances collaboratives, les éditeurs collaboratifs sont également utiles. Dans notre cadre, nous avons retenu HackMD qui colle aux types de documents visés. Pour organiser les échanges entre pairs, permettre la discussion, et intégrer la question de l’évaluation, l’approche de Philippe Ruffieux de validation mutuelle de compétences cadre parfaitement pour créer une dynamique d’entraide. D’autant qu’un outil, Sqily, a été développé qui permet de supporter cette approche.

L’objectif de production d’un tel cours semble quasiment naturel : des ressources Web sur un site Web, qui permettra la construction collaborative et le partage des productions entre étudiants. Ceci a de nombreux avantages :

  1. Cela permet de développer une pratique de production technique en phase avec le sujet du cours ;
  2. La diffusion des résultats donne un authenticité bienvenue à ce travail ;
  3. Le fait que ce soit un site, et non pas de simples pages de wiki permet a priori des productions plus libres plus variées ;
  4. L’ouverture d’un tel dispositif est maximale.

Si ce site web peut intégrer a priori n’importe quelle technologie web, un tel ensemble de ressources a vocation à être regroupé, mis à jour pour permettre la correction et l’intégration de remarques de tout bord, pouvoir évoluer au fur et à mesure que d’autres étudiants proposeront des compléments ou que les technologies évolueront (une autre règle du web « version beta permanente »), il s’agit donc bien d’un projet dynamique dont il doit être possible de modifier les éléments, donc le code source du site. Là encore, la solution est classique pour un informaticien, il s’agît donc d’héberger le source de ce site sur ce qu’on appelle une forge logicielle, outil adapté à la gestion collaborative de projets, et permettant la gestion de versions, de branches parallèles, de corrections …

La forge classique pour héberger des projets publics s’appelle Github. C’est également une carte de visite pour les informaticiens que de participer à des projets sur cette forge. De plus, ce site permet de gérer une publication directe de sources textuelles qu’il est possible d’écrire avec une syntaxe assez simple. Au départ, c’est prévu pour les documentations logicielles, mais c’est un excellent outil pour faciliter les premières publications, à la mode wiki.

Cette forge abrite d’ailleurs de nombreuses sources de cours en informatique, mais généralement écrits par l’équipe enseignante (si vous avec identifié un cours écrit par des étudiants, merci de me l’indiquer). On y trouve ainsi des éléments sources du site de la P2PU ou du Freecodecamp ou une liste de livres de programmation libres. Sans parler des innombrables logiciels ou bibliothèques libres dans tous les langages possibles. Bref, une mine logicielle, une carte de visite, et un outil diablement efficace, dont la connaissance est indispensable à tout jeune programmeur.

Dit autrement, même si le cours est renversé, il reste nécessaire de proposer une méthodologie et quelques contenus de départ pour permettre le travail en commun.

Premiers retours

J’ai donc proposé ce cours renversé, appelé « Exploration du Web : fondements, techniques et usages » au printemps de cette année en tant que cours électif à des étudiants de IMT Atlantique, parcours Télécom Bretagne. Ce cours a été choisi par 18 étudiants, qui ont été au départ un peu déconcertés et qui se sont en suite prêtés au jeu de bonne grâce.

Sur les sujets proposés par les étudiants, certains ont été des grands classiques : HTML, données, gestion de requêtes, javascript, installation de CMS … ; d’autres liés à l’actualité : sécurité, données personnelles ; et enfin les Dark et Deep Web, qu’ils ont à peine oser citer au début (ils étaient gênés que l’on puisse en parler ensemble) se sont avérés des sujets qui les interpellaient et qui ont permis de faire le lien avec toutes les autres questions.

La construction commune de l’évaluation finale a amené pas mal de discussions et a impacté la préparation de l’évaluation finale. Leurs contenus sont publics, tant en tant que site de ressource qu’en tant que dépôt sur Github. Leur bilan est globalement très positif. Leur sentiment d’efficacité personnelle sur le domaine est impressionnant, ils se sentent prêts à aborder un projet autour du Web, plus que si le cours avait été uniquement technique. Sur une auto-évluation sur les différentes compétences visées par le cours (qui étaient majoritairement autour de la gestion d’information, le travail en groupe, la valorisation de résultats, l’autoformation, et la capacité de développement logiciel), la différence est entre 1 et 1,5 points sur une échelle de 5 pour chaque élément. Leur reproche principal concerne le rythme du cours, lié de mon point de vue au fait que j’ai voulu laisser trop de degrés de liberté (choix des outils) et n’ai pas donné de consigne assez précise. Ce cours démarre à nouveau ce 15 octobre, sur les mêmes bases, mais avec une animation revue. Espérons que les 15 nouveaux étudiants y trouveront le même intérêt, et y apprendront encore plus. Dans le principe, il est possible d’y intégrer des personnes extérieures, mais l’articulation entre débats présentiels et échanges à distance n’est pas géré à ce stade.

Ce cours s’avère donc bien répondre aux enjeux de la classe renversée, en renforçant le sentiment d’auto-efficacité des étudiants et en les amenant à traiter des sujets inédits pour eux, selon leurs point d’intérêts.

Pour plus d’ouverture

Les outils déployés en support de ce cours (site web, forge logicielle, validation mutuelle de compétences) sont bien alignés avec la thématique du cours, et permettent à nos étudiants de s’approprier des outils à la fois de travail et de valorisation de leurs compétences. Mais ils s’avèrent également permettre de modifier la publication d’un cours. Ce qui est mis à disposition n’est pas simplement le résultat d’un travail, mais également les éléments du processus (code source, modifications proposées…) qui ont permis ce résultat. Ce qui est mis à disposition devient un projet qui peut être repris, amélioré, étendu facilement. Il me semble que ce devrait être un standard à viser pour les ressources éducatives libres. Les modalités proposées peuvent s’appliquer à beaucoup de cours en informatique, et certaines le sont déjà (dépôt de code sur github, utilisation d’outils en ligne comme Plunker pour le développement web). La question pourrait être de savoir comment permettre ce genre de dépôt pour des cours en dehors de ceux de l’informatique.

Crédit photo : Typologie des classes inversées par Marcel Lebrun, licence CC-by-SA

 

Sur des nouveaux outils pour enseigner le langage C en ligne

L’équipe des MOOC sur le langage C (MOOC le plus innovant de l’année) nous a invité à découvrir les outils qu’elle a développés pour améliorer l’apprentissage du langage C. Le principe de base est que beaucoup de choses peuvent s’exécuter depuis ou mieux dans le navigateur, en tout cas tout ce qui est nécessaire pour apprendre, pour rendre la prise en main la plus simple possible pour l’apprenant.

Trois outils complémentaires, élégants et originaux ont été intégrés, tous basés sur du logiciel libre :

  • codecast, qui permet d’enregistrer la voix et l’éditeur du prof, mais en redonnant la main à l’apprenant directement sur le code quand il le désire. C’est un vrai plus par rapport aux screencasts classiques, puisqu’il est possible de pousser le professeur et de faire à sa place. J’adore ;
  • taskgrader, qui permet d’éditer, compiler et valider du code, et donc d’évaluer l’apprenant. Cet outil permet donc à l’étudiant de faire du code et d’avoir un retour sur son code. Là encore, on donne la main à l’étudiant. C’est une technologie que l’on a déjà vu dans d’autres MOOC ou formations en ligne (codecademy, khan academy, mais donc aussi France IOI…), mais ici le compilateur C est intégré ce qui est original. Le choix est également de montrer la différence par rapport à ce qui est attendu plutôt que de laisser un environnement d’affichage libre ;
  • weblinux, permet d’avoir un environnement linux directement dans son navigateur, qui permet de développer du code C et de le tester sur un véritable système d’exploitation.

Bref, il est donc possible d’embarquer dans un navigateur un environnement de développement avec son compilateur (codecast) et sa machine cible d’exécution (weblinux), ce qui rend l’apprentissage plus simple, hors de toute contrainte liée à l’ordinateur sur lequel on apprend.

On doit ces développements à Rémi Sharrock et à l’association France IOI qui promeut l’apprentissage du code et de l’algorithmique, avec Mathias Hiron notamment.

D’un point de vue plus technique, cela a été pour moi une bonne mise à niveau. Un navigateur est bien devenu un système à part entière dans lequel il est possible de faire exécuter ce que l’on veut : un compilateur, un système d’exploitation (tournant lui même sur un émulateur de processeur OpenRisc, c’est le projet libre jor1k) comprenant les outils linux qu’on voudra y adjoindre. Les outils d’évaluation de code sont par contre plus classiquement déportés sur des serveurs cloud, mais là aussi le projet taskgrader est accessible et open source. Par contre, ce code est prévu pour tourner sur des services clouds spécifiques. Il est intégré dans les MOOC via l’interface classique LTI, classique dans ce contexte.

Le couplage d’un outil interactif et d’un enregistreur ne semble pas être très difficile à développer, mais l’idée est très séduisante pour renforcer la capacité d’interagir de l’apprenant. Nos présentateurs ne se sont pas étendus sur la chose.

Après cela vous serez prêts à utiliser un environnement intégré dans votre navigateur comme cloud9, sur lequel les outils ci-dessus se sont inspirés en intégrant des fonctionnalités pour accompagner l’apprenant. Mais si vous êtes débutant en programmation, n’hésitez pas à utiliser ces outils en vous inscrivant sur le MOOC « ABC d langage C »,  les enseignants sont des super développeurs et des super pédagogues.

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Moi je MOOC, et vous ?

Le MOOC en 4 lettres

MOOC est donc un acronyme anglais (« Massive Open Online Course ») qui a fait la une de nombreux journaux. Sa traduction en français CLOM, pour Cours en Ligne Ouvert et Massif, n’est pas forcément beaucoup plus explicite. Détaillons quelque peu.

Il s’agit donc d’un Cours, au sens universitaire, avec un début, une fin, une équipe d’enseignants qui accompagne les étudiants, une acquisition de connaissances et des activités qui permettent d’appliquer ces nouvelles connaissances.

Ce cours est en Ligne et Ouvert, ce qui signifie que n’importe quel internaute intéressé peut s’inscrire, et devenir plutôt qu’un étudiant, un participant à ce cours.

L’attribut Massif est ainsi une conséquence de cette ouverture, puisque, si la communication et le bouche à oreille fonctionnent bien, plusieurs milliers, voire dizaines ou centaines de milliers d’internautes peuvent s’y inscrire. Mais au delà des chiffres, c’est bien une expérience nouvelle qui est proposée aux participants des MOOC. Tout comme le caractère Massif de certains jeux en ligne (comme le célèbre World of Warcraft) permet de nouveaux comportements des joueurs, comme l’entraide, l’émulation, la constitution d’équipes, voire de guildes. Tout comme les réseaux sociaux ont révolutionné les prises de contact, les relations entre personnes et aussi la manière de recommander l’information, donc la connaissance. Cette dimension sociale de l’apprentissage permet bien de développer une entraide qui permet à certains d’apprendre mieux en aidant leurs pairs, en questionnant de manière plus libre, ou de résoudre ensemble une énigme (pardon, je voulais dire un exercice, un problème, un projet) qui permettra à chacun de progresser dans ses apprentissages.

Rien ne change, et tout change

Rien ne change, puisqu’il s’agit d’un cours en ligne, ce qui se fait depuis des années, avec souvent des enregistrements vidéos d’enseignants qui transmettent un savoir. Rien ne change parce que des contenus ouverts existent sur de nombreux sites. Rien ne change car la réussite du cours donne droit à une attestation ou un certificat.

Et tout change, parce que l’internaute s’est inscrit par curiosité, et ne s’accrochera que si l’expérience a du sens pour lui. Parce qu’il pourra échanger avec ses pairs et s’appuyer sur une large communauté pour construire ses connaissances, et peut être aller plus loin que ce qui était proposé au départ. Parce que moins d’un tiers des participants viennent pour cette validation. Parce que le contenu sera comparé à ses équivalents sur le web, tant sur le fond (une erreur dans un cours est vite détectée et peut ainsi être corrigée), que sur la forme. Pour les vidéos, les standard actuels sont donc la Khan Academy, pour sa concision, TED pour son ambiance et la passion, et les MOOC nord-américains …

Les premiers MOOC et l’informatique

C’est par un cours d’informatique que l’acronyme MOOC a pris de l’importance. En octobre 2011, Sebastian Thrun et Peter Norvig annoncent que leur cours d’intelligence artificielle à Stanford sera ouvert à tous. En quelques semaines 160 000 internautes se sont inscrits à ce cours. C’est le départ d’un mouvement qui a été rejoint par des millions d’apprenants sur les différents portails de MOOC à travers le monde. De même le premier MOOC de l’EPFL a été sur le langage Scala par son concepteur Martin Odersky.

Sebastian Thrun a créé dans la foulé une startup Udacity, pour proposer des cours en ligne en partenariat avec des experts issus de l’industrie de la Silicon Valley. Autres acteurs de l’ouverture des cours, Andrew Ng et Daphne Koller ont eu aussi créé une plateforme Coursera qui accueille des centaines de cours de plus de cent universités différentes du monde entier, qui représentent la moitié de l’offre étiquetée MOOC à travers le monde.

Derrière ces créations, il y a une ambition, celle de diffuser les connaissances dans le monde entier, mais aussi un objectif, celui de mieux comprendre comment les gens apprennent, en développant l’analyse des données d’apprentissage avec des approches issues des big data et de l’apprentissage automatique. Ce domaine de recherche connaît ainsi un fort développement. Le Cnrs, en partenariat avec l’Institut Mines-Télécom propose d’ailleurs une école thématique sur le sujet début juillet à destination des chercheurs en informatique.

Trouver son MOOC

Très rapidement, des enseignants de toutes les disciplines ont proposé des MOOC, de tous niveaux. Et le catalogue s’étoffe tous les jours, dans toutes les langues, et sur des plate-formes toujours plus nombreuses. Même si Coursera reste la plus impressionnante, de nombreuses alternatives existent : comme edX, qui est gérée par une fondation d’universités et d’autres partenaires, avec le MIT et Harvard en tête, comme Future Learn d’origine anglaise, qui nous propose des cours de haute facture et avec une approche très sociale, ou Iversity qui est la grande plate-forme privée européenne, qui a sélectionné ses premiers cours en organisant un concours où les internautes pouvaient choisir leur cours, sans oublier la plateforme FUN proposée par le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche dans le cadre de son agenda stratégique France Université Numérique qui accueille des MOOC de nombreux établissements français. On pourrait citer de nombreux autres acteurs nationaux, ou des outsiders qui cherchent à se positionner sur le créneau. Le portail MOOC list en dénombre plus de quarante à travers le monde.

Quand une offre se diversifie, l’écosystème voit éclore des portails pour guider l’internaute dans ses choix. Outre MOOC list, citons Mooctivity qui offre des fonctionnalités sociales, et MOOC Francophone qui s’est spécialisé dans les cours en français. La communauté européenne propose également un tel point d’entrée en faisant la promotion de la production européenne au travers du site Open Education Europa.

Apprendre en ligne

Évidemment, le MOOC n’est pas la seule manière d’apprendre en ligne. Nombreux sont ceux qui ont pris l’habitude de travailler sur des ressources variées. Khan Academy vous propose de vous accompagner de votre première addition jusqu’à l’université. Les informaticiens vont chercher des réponses à leurs questions techniques sur des sites comme stackoverflow. Codecademy vous propose d’apprendre à programmer de manière interactive par vous même. Les cours en ligne disponibles sur OpenClassrooms sont connus de tous les professionnels, étudiants et lycéens de France, pour l’informatique, mais aussi de plus en plus en sciences. De plus ces sites sont contributifs, chacun peut proposer du contenu qui sera reversé à la communauté, selon des modalités spécifiques.

Un site comme OpenClassrooms a pourtant fait le choix de proposer des MOOC en plus de ses ressources, pour plus de dynamique et de visibilité. Si l’on parle si souvent de MOOC, c’est qu’ils constituent une réponse à ce besoin d’apprendre en ligne, proposés par le monde universitaire, portés par de grandes institutions, et donc bénéficiant de la réputation des universités. Les MOOC sont plébiscités car ils proposent un cadre connu, ce sont des un cours, un événement avec un début, une fin, un objectif et surtout une équipe d’enseignants, qui donne un cadre à la communauté. C’est donc un accélérateur pour faire évoluer la formation vers le monde numérique.

La forme n’est néanmoins pas figée. Les formes de MOOC sont variées et vont continuer d’évoluer.

Le terme MOOC nous vient d’ailleurs d’un cours de 2008 sur une nouvelle manière d’apprendre en ligne, appelée connectivisme, qui soutient qu’apprendre l’ère de l’abondance des ressources sur le Web est un processus de création basées sur son propre parcours construit sur des connexions entre des nœuds qui peuvent aussi bien être des ressources, des expériences, ou des personnes. L’apprentissage est alors un phénomène émergent. Cette vision de l’apprentissage est en phase avec les modèles de systèmes complexes et les phénomènes d’auto-organisation ou auto-apprentissage observés par des scientifiques de l’éducation comme Sugata Mitra.

Si il est ainsi prouvé que de tels autres modes d’apprentissage sont possibles, nombre de MOOC cherchent à apporter leurs propres spécificités, qui l’évaluation entre pairs, qui l’utilisation du smartphone comme outil de mesure, qui l’organisation de rencontres dans des tiers lieux comme les fablabs … L’enjeu est bien ici de renouveler l’enseignement, chacun apportant sa pierre à l’édifice d’une connaissance ouverte.

Créer son MOOC

Chacun pourra en effet créer son propre cours. C’est la promesse que nous fait mooc.org, site porté par edX et Google, mais qui reste encore à réaliser. En attendant, choisissez votre thématique, cherchez ce qui existe déjà dans le domaine, identifiez votre public, mettez vous à sa place, proposez lui une expérience enrichissante comme le font tous les sites web. Vous pouvez vous inscrire au MOOC de votre choix pour voir comment les autres ont fait, au MOOC « Monter son MOOC de A à Z » sur FUN, à lire les retours d’expérience de ceux qui en ont suivi ou fait un sur mooc.fr, voire à y contribuer…

Ensuite, c’est un travail d’enseignant connecté qui vous attend. Vous chercherez sans doute à constituer une équipe. Vous choisirez votre option d’hébergement. Vous préparerez en groupe votre cours, son déroulement, vous développerez ses ressources, dont sans doute des vidéos, au moins un teaser pour présenter votre sujet, des questions de compréhension, des exercices, des activités de groupe, des projets. Et le jour du démarrage du cours, vous serez là pour lancer un message de bienvenue, pour voir les premiers échanges, pour animer une séance de questions réponses, pour corriger les erreurs vite détectées par les participants, pour susciter les échanges, pour participer.

Tous étudiants, tous professeurs

À l’heure où le numérique permet une ouverture nouvelle dans l’accès à la formation, certains voient dans les MOOC l’annonce d’une standardisation des formations. C’est ignorer que le renouvellement des savoirs croit de manière exponentielle. La faute au web !

La formation restera donc dynamique pour suivre les évolutions et contribuer à sa structuration. C’est bien en s’inscrivant dans cette dynamique qu’il faut imaginer l’apprentissage. Le MOOC constitue une réponse actuelle à ce besoin de formation, dans un environnement web qui nous a habitué à innover sans cesse, et à nous proposer d’être tous contributeurs. Tout comme dans l’industrie du cinéma, il y aura des grands studios, de nombreuses productions, du cinéma d’auteur, et de multiples productions plus ou moins amateur, parfois géniales, et un renouvellement incessant.

L’homme est un animal social. L’appétence pour les échanges entre pairs montrent bien que l’on apprend en enseignant. Et pour rester pertinent en tant qu’enseignant, on n’arrête jamais d’apprendre, donc de contribuer.

Note : cet article a été initialement rédigé pour être publié sur le blog binaire de la SIF

Crédits photos :

Quoi de neuf pour enseigner la programmation ?

J’avais fait un petit article en mars plutôt orienté vers des sites pour apprendre en ligne (Apprendre à programmer ? C’est en ligne). L’idée ici est de compléter avec quelques approches complémentaires dont certaines qui peuvent renouveler également l’apprentissage en présentiel. En effet certains élèves ne semblent pas encore prêt à apprendre en autonomie.

Blockly (qui fait suite à AppInventor que Google a reversé au MIT) permet de générer du code vers le web : à essayer ici Il semble plus complet que son prédécesseur et peut être une entrée structurante pour une première découverte de la programmation.

Plus proche des communautés d’enseignants, deux outils proposent de mettre le jeu au cœur de l’apprentissage de la programmation. Tournoyons pour faire confronter des programmes écrits par des équipes différentes sur un terrain de jeu. L’apprentissage lui reste en dehors du site. Prog&Play va plus loin en proposant une démarche qui est intégrée dans des cours.

Autre nouveauté à considérer : IPython qui permet de coupler outils de résolution mathématiques (numérique et formel) sur le modèle de bloc notes comme on pouvait les trouver dans Mathematica, mais en donnant la possiblité de programmer avec Python : une option pour coupler résolution mathématique et programmation tout à fait intéressante.

Et pour finir, je vous propose néanmoins le site de Codecademy qui aurait dû se trouver dans le précédent article, puisqu’il s’agit d’un site qui vous propose des suites d’exercices en ligne pour apprendre à programmer, mais qui de plus est contributif en accueillant vos propositions de nouveaux exercices.

Crédit photo : Programming rockstars face off par Lloyd Dewolf – licence CC-by-NC

 

Apprendre à programmer ? C’est en ligne

Impressionnant le nombre de cours en ligne pour apprendre à programmer :

  • la codeschool propose des formations courtes et amusantes : Rail for Zombies en est un titre particulièrement accrocheur et gratuit Mais ce n’est pas le cas pour les autres cours, qui eux sont payants ;
  • le site du zéro regorge de tutoriels en français et est bien connu des étudiants ;
  • il est courant de trouver des tutoriels en ligne pour un langage, un environnement de développement qui sont souvent aussi bien fait (voire mieux et en tout cas plus souvent mis à jour) que les livres que l’on trouve dans les librairies. Par exemple, les site de développeurs android est auto-suffisant pour quelqu’un qui maîtrise un langage de type Java (qui lui même peut s’apprendre en ligne …).

Mais si vous désirez aller plus loin, pourquoi ne pas s’inscrire dans un vrai cours, à l’université ?

Vous êtes difficile et souhaitez une véritable université, voire un certificat ou un diplôme ? Pas de problème :

  • Udacity vous propose des cours terriblement modernes : « construire son moteur de recherche », « programmer une voiture autonome » … proposé par des professeurs ou des professionnels renommés (David Evans en grand organisateur), avec examen et évaluation à l’américaine ; c’est libre et issu de la côte ouest (Google, Palo Alto, Stanford, Virginia U …), et cela attire des dizaines de milliers d’étudiants ;
  • Coursera propose plusieurs cours issus d’universités reconnues (Satnford, Berkeley, Michigan) mais ne propose pas de credits : Model thinking, design and analysis of Algorithms.  on est bien au delà de la programmation ;
  • le MIT nous annonce son initiative MITx pour très bientôt, mais pour le moment seul un cours d’électronique est proposé, à suivre.

Quatre petites remarques pour finir :

  • au début de cette année, il y a eu plusieurs échanges sur l’importance de savoir coder au XXIème siècle: je retiens par exemple Les codeurs sont la nouvelle élite politique sur Framablog. Beaucoup de voix s’élèvent pour dire que cela fait partie de notre culture, de notre citoyenneté ;
  • Pour le coup, il y a un cours d’informatique (au sens scientifique : représentation de l’information, architecture, programmation, algorithmique, …) qui se met en place en terminale. Insuffisant pour certains (cela ne concerne qu’une option pour l’instant) un renouveau pour d’autres, un pas dans le bon sens en tout cas. Ma question est de savoir comment ces cours s’articuleront avec toutes ces ressources en ligne. S’appuieront-ils dessus ou les ignoreront-ils comme l’ensemble de l’éducation nationale ignore encore wikipédia, première ressource des tous les élèves à la maison (avec raison) ;
  • Au niveau de l’université (de l’enseignement supérieur) quel impact ? Ici aussi on a tendance à ignorer ce qui se fait en ligne. Et pourtant, quel confort de s’appuyer sur de telles ressources pour amener les étudiants à de vrais problèmes. C’est une des raisons pour lesquelles un cours comme le CodeCamp est si dynamique. On s’appuie sur les ressources android et du coup on peut parler d’idées, d’organisation de code, de réutilisation, bref d’informatique et non pas de syntaxe ;
  • Un autre modèle possible (c’est en tout cas celui que voit presse-citron) serait une uniformisation des cours, au travers d’une industrialisation/standardisation liée à ces cours en ligne massifs qui pourraient délivrer des crédits. Cela ne peut donner que des cours de base. Quel modèle d’université en découlera : à 2 vitesses, au rabais, ou se concentrant sur des compétences de haut niveau, laissant les étudiants apprendre de manière autonome certains champs de connaissance ?

PS : ressources complémentaires bienvenues

Crédit photo : Northern Voice 2009 Program Committee par Cyprien licence CC-by-nc-sa

Ces cours qui ne pourraient pas se faire sans une posture AVAN

Si certains se posent encore de l’intérêt de pousser les étudiants à venir en cours avec leurs propres équipements numériques, il est des cours que nous n’aurions pu proposer sans dire à nos étudiants : Apportez Vos Appareils Numériques (AVAN).

Premier exemple, avec un collègue nous avons proposé pour la seconde année des « cours » basés sur des questions, des problèmes nécessitant des recherches en groupe. Aller trouver de l’information sur Internet, croiser les définitions, écrire en groupe des synthèses, des présentations, sont les activités de base sur lesquelles nous rebondissons pour démontrer l’intérêt du web sémantique, social, pervasif, construire collaborativement les modèles sous-jacents, et explorer les outils informatiques de développement. Certes, nous pourrions investir une salle de TP informatique, mais les postes y sont prévus pour accueillir 2 élèves par poste, et les tables sont fixes, ce qui ne permet pas la confrontation en groupe de plus de deux. De plus, en incitant les élèves à apporter leurs propres équipements, nous les incitons à utiliser des services collaboratifs dans leurs environnements propres, et à installer des logiciels techniques sur leurs propres machines, ce qui permet de démystifier cette étape pour les moins geeks d’entre eux. Bien sûr, nous assurons de pourvoir un équipement à qui n’en posséderait pas. Cette année cela concernait 2 élèves : un, le premier jour, qui avait laissé sa machine chez lui, et le second dont le PC portable était en panne. Précisons qu’il s’agit de cours en dernière année d’ingénieurs.

Le second exemple concerne deux cours en parallèle d’introduction à des technologies du moment : une initiation à la programmation sur mobiles et l’autre sur la découverte des arduinos dans un contexte de fablab. On est ici typiquement dans des cours choisis, dans lesquels les élèves viennent parce que cela les intéresse, et où certains ont déjà des projets en tête.

Les outils de développement sont disponibles sur toute plate-forme (logiciels libres), et largement diffusés. Il est probable que les élèves continueront après les cours, et c’est quelque part l’objectif de développer chez eux le goût du DIY, qui a conduit à ces technologies. Et qui sait s’ils ne créeront ou ne rejoindront pas une startup en se basant sur ces technologies qui permettent le prototypage rapide, le déploiement d’idées à un coût toujours plus faible.

Dernier point, il est très difficile d’équiper un laboratoire complet avec des équipements comme des smartphones. L’administration est réticente à faire de tels achats, car ces équipements ne sont pas considérés comme des cibles de développement. En plus la rapidité d’obsolescence obligerait à en racheter plus souvent que ce qui se fait pour des PCs pour être en phase avec l’état du marché. Sans parler de l’intendance pour éviter toute perte d’équipement dans la salle.Bref, cela coûterait cher pour un résultat peu satisfaisant. Il est donc beaucoup plus logique de demander aux élèves de venir avec leur parc qui donne une bonne base de travail et de le compléter avec les équipements que nous avons acheté pour divers développements spécifiques.

Pour la petite histoire, si la diversité des équipements peut parfois poser un problème de configuration pendant les phase de mise en œuvre, elle évite par contre d’avoir une salle entière bloquée par un problème non identifié avant la mise en place (et comme chacun sait, histoire adore se répéter).

En résumé, encourager les élèves à venir avec leurs propres équipements simplifie l’organisation d’une classe participative, permet une plus grande implication, améliore et simplifie l’intendance. Tout cela permet de libérer les énergies pour mieux apprendre et explorer de nouvelles voies.

 

 

Quelle éducation numérique pour l’Ingénieur Informatique et Télécom ?

J’avais botté en touche quelques sujets pendant les vacances (voir le billet Associer approche système, technologie, culture et économie numériques, pour la formation et l’innovation dans lequel je cite notamment le rapport de l’association Pascaline : économie numérique, innovation et enseignement : quelles conséquences ? )

En quoi l’accès numérique généralisé concerne les élèves ingénieurs, et donc leurs enseignants (également chercheurs …) ? En fait à trois niveaux, dont deux devraient être communs à tous les citoyens :

  1. La litéracie numérique en tant que compétence, j’entends ici à la fois la capacité à gérer, produire et partager de l’information et la capacité à le faire en groupe et dans un environnement social. Cela veut également dire comprendre l’écologie du numérique (les enjeux sociétaux, les modèles économiques …). C’est un élément fondamental pour permettre le débat social. Le niveau de compétence atteint par ces élèves doit être suffisant pour qu’il puissent être vecteurs d’innovation ;
  2. L’utilisation de l’environnement numérique pour apprendre et gérer la connaissance, et ce dans un contexte social (qui démarra au niveau de l’esprit de promo tel qu’on le connaissait au siècle dernier et qui s’étend aujourd’hui bien au delà dans les réseaux sociaux) ;
  3. L’action de l’ingénieur est d’abord technique. Il doit donc être capable d’imaginer, de concevoir et de développer les services numériques innovants. Ce domaine doit donc faire partie intégrante des enseignements qui lui seront proposés. À ce niveau, il est indispensable qu’il maitrise les fondements de l’informatique et des traitements numériques en général, et qu’ils soit capable de les intégrer dans le cadre d’une vision système.

Dans les projets d’innovation, nos élèves intègrent actuellement systématiquement les aspects sociaux dans les systèmes qu’ils proposent, ils doivent maintenant apprendre à y intégrer les aspects mobiles, d’agrégation des données, et d’accès systématique à l’information et au cloud.

Demain, ce sera par exemple l’interaction entre tous ces équipements et tous les objets (Internet des objets) pour des actions coordonnées. Peut être imaginera-t-on également de telles actions de groupes entre utilisateurs… Peut- être dans des cadres hybrides.

crédit photo :  Arduino controlled flash trigger par Enrique Jorreto, licence CC-by-nc-sa

La tentation du tout Google

Mon objectif n’est pas ici de faire la critique de l’hégémonie de Google, ni de faire le point sur les problèmes que cela pose en termes de confidentialité, d’identité numérique, de visibilité, de dé-référencement de la concurrence dans l’outil de recherche …

Il n’est pas non plus question de comparer les 2 approches pour essayer de rendre le web plus unifié, donc pas de savoir s’il faut choisir entre rendre interopérable les services web de nombreuses sociétés, ou regrouper tous ses usages dans ce qu’il faut bien appeler une suite de services, dans un environnement unique tel Facebook ou Google, ce que d’aucun appelle un silo de données.

Non, la question du jour est de savoir si on peut (quasiment) tout faire dans l’environnement Google, pour mesurer où en est arrivé cette entreprise, en termes d’intégration de services. En effet, deux nouveautés de l’été ont étendu l’emprise de la firme américaine : l’ouverture de Google+ et l’arrivée de la tablette tactile Samsung Galaxy Tab.

Celle-ci peut se visualiser facilement selon 3 axes :

  • le premier qui est la variété des équipements supportés ;
  • le second qui est le nombre de services aujourd’hui proposé avec un seul compte ;
  • le troisième correspond aux domaines sur lesquels Google avance des offres ;

Coté plateforme tout d’abord, les services Google étant d’abord dans les nuages (Cloud computing) , il sont accessibles de la plupart des plateformes numériques existantes, via un navigateur. Ils permettent donc de regrouper les données dans un même silo, entre services et entre équipements.

Cela dit, Google développe des plateformes d’accueil pour permettre une meilleure intégration.

D’où puis je accéder à mes données ?

  • Le navigateur Chrome tout d’abord, qui bénéficie de plugins spécifiques, ou du moins avant les autres navigateurs, qui vous faciliteront la vie. J’ai apprécié le fait de pouvoir envoyer mes SMS directement depuis mon navigateur en me synchronisant avec mon smartphone (Android) ;
  • Les smartphones Android, qui permettent l’accès à vos données au travers de nombreux services tirant parti de la géolocalisation et des fond de cartes. Mais aussi qui permettent de partager (publier) et de sauvegarder dans les nuages toutes les données générées sur cet équipement : votre localisation, vos contacts, vos photos et vidéos … ;
  • Et maintenant les tablettes Android qui proposent un confort comparable avec celles de la concurrence, et la même passerelle que celle des smartphones.

Quelle intégration en découle ?

Le principe de mobiquité est ainsi assuré, permettant de se connecter en mobilité, depuis n’importe quel équipement à ses données et ses services, pour autant qu’ils soient chez Google. La synchronisation y est très forte puisque l’on peut y retrouver ses marque-pages d’un équipement à l’autre, ainsi que les photos prises (Instant Upload), ses contacts … On y trouve également le principe de partage généralisé, tant en publication qu’en production. Notons également que Google revisite les interfaces, non seulement en simplifiant au maximum, mais aussi en proposant la reconnaissance vocale en complément d’une saisie clavier, en attendant la réalisation d’actions par le même canal, et la traduction automatique.

Coté services, qu’en est il ?

  • Tout d’abord, la suite de base : mail, agenda, documents (tete, tableur, diaporama). Efficace, collaborative, avec outils de recherche intégrés, elle convient à la majorité des usages ;
  • Le partage d’images et vidéos, avec Picasa et Youtube. Picasa propose également un ensemble d’outils de retouche suffisants pour l’amateur. Cela manque à Youtube, mais ne chipotons pas ;
  • La publication web, soit au travers d’un blog, soit au travers d’un site. Sans oublier la possibilité de faire ses statistique avec Analytics, ou de récupérer quelques centimes en faisant de la pub ;
  • L’actualité, la météo, et le comparatif d’achat (Shopping)
  • La gestion de flux RSS au travers de Google Reader pour une veille efficace, ou via des alertes ;
  • La vue du monde entier sous forme de cartes, de photos satellites ou depuis la rue ;
  • L’interaction avec ses amis par réseau social grâce à Google Plus, alternative
  • La communication par courriel, par liste dans un groupe, par chat, et maintenant par vidéo via les bulles dans Google Plus ;
  • La recherche classique sur le web, mais aussi dans les publications scientifiques (Scholar), les livres (Books), les photos (géographiquement : Panoramio ou selon les formes de la photo Goggle), géographique (dans Maps) ;
  • Le développement logiciel, avec la forge logicielle qui permet de gérer vos projets, la publication de nombreuses API ou des outils de développement comme App Inventor qui permet de développer de manière graphique ;
  • J’en oublie … des existants (SkectchUp par exemple permet de faire des schémas 3D) et ce qui se prépare dans les labs (encore merci à Daniel Liewon pour sa présentation passionnante de Google Squared

Et souvent des ponts, des raccourcis existent entre les services. On arrive donc ici avec une série de services basés sur l’accès, le partage et l’exploitation de données, avec des interfaces renouvelées et avec une gamme complète d’équipements mobiles. Pas mal du tout, et en tout cas plus large que n’importe quelle autre compagnie !

Et pour qui tout cela ?

Clairement Google s’intéresse depuis longtemps à l’éducation, via Google Apps fo Education, des exemples d’usages (voir par exemple Android For Academics), ou même en donnant des leçons aux états. Il s’intéresse évidemment aux entreprises et aux développeurs (voir ci-dessus), aux associations, …. Bref à tous (du moins à leurs données), partout, toujours.

Qu’est ce qui nous retient (encore) en dehors de Google ?

Quelques services manquent encore : la musique principalement (quoique, un service existe déjà aux États-Unis), et quelques babioles : les cartes conceptuelles, le partage de signets…

Sinon peut être d’y retrouver nos amis, nos réseaux sociaux, car ils n’ont pas tous migré, loin de là. Facebook bénéficie de la position établie face à Google Plus, Twitter semble moins inquiéter Google puisqu’il peut être intégré facilement dans « Plus ». Mais cet argument tombera peut être tant il est plus facile d’y entrer que d’en sortir. Tout est fait pour que nous amenions nos amis avec nous. Curieusement, les passerelles d’exportation de Google Plus ne sont pas encore opérationnelles : pas d’API, pas de flux RSS … Heureusement Google nous rassure en nous promettant qu’il est facile de le quitter pour d’autres cieux.

J’ai bien envie pourtant de me laisser tenter et de passer un temps à tester ce monde à lui tout seul qu’est devenu Google (et non plus une brique du Web), et en essayant de ne pas en sortir, en espérant que cela ne soit pas aussi dangereux que l’exploration des fast foods à la mode « Supersize me ».

Crédit photo : #googlerally @moveon bus @google don’t be evil #NetNeutrality par Steve Rhodes, licence CC-by-nc-sa

Quelques liens pour se donner des idées :

CodeCamp : un non-cours pour apprendre à programmer sur un mobile

Durant la formation d’ingénieurs à Télécom Bretagne, sont organisés les cours d’intersemestres, qui correspond à un espace de liberté aussi bien thématique que pédagogique, apprécié des enseignants et des élèves. Après plusieurs sessions d’un cours sur le web2.0, (j’en ai parlé ici) son impact, ses évolutions, Cécile Bothorel qui fait partie des enseignants qui portent ces thématiques nous a poussé à ce que nos élèves deviennent « acteurs du web 2.0 mobile » au travers d’une semaine de développement sur mobile.

Pour arriver à relever ce défi, nous avons donc monté un codecamp, sur le principe des barcamps. Le barcamp étant une non-conférence, le codecamp est un non-cours. C’est à dire que les sujets traités sont proposés par les participants, où il est question de développement et de réalisation de prototype sur un temps très court en mêlant les motivations et les compétences.

Autrement dit, les caractéristiques principales :

  • préparation collaborative : quelques cafés, un wiki partagé par les intervenants,(et le reste du monde 🙂 ), moissonage de liens sur le wiki et sur diigo, échange d’idées, brainstorming sur des thèmes et des applications ;
  • minimum de blabla, maximum d’actions : sur la première journée, et pour lancer la semaine, nous avons présenté :
    • nos idées sur les mobiles Pourquoi le mobile est il différent ?, pour susciter la réflexion. En bilan, le retour est que cette présentation doit rester, mais en plus court ;
    • un panorama sur comment démarrer sur Android ;
  • laisser le temps à la créativité de s’exprimer. En trois temps : avant le cours en invitant les participants à réfléchir et en proposant des sujets, au début du cours en présentant des applications et en invitant ceux qui avaient déjà une idée à en dire quelques mots, et au deuxième jour en demandant à tous de présenter les applications qu’ils proposaient puis retenaient. Un détail d’importance : chaque présentation se fait en quelques phrases, avec pour objectif de convaincre. Les groupes se sont auto-construits, suivant les affinités, mais aussi selon les idées ;
  • créer un climat d’échanges. Nous avons réuni comme intervenants/experts : un ancien entrepreneur/développeur, deux élèves en dernière année, développeurs confirmés sur Android, un ingénieur de laboratoire impliqué dans des projets sur Android. Nous avons également invité toute personne voulant bien échanger. Des élèves-ingénieurs en apprentissage sont venus présenter quelques applications qu’ils ont d’ores et déjà publié sur les Markets Android ou iPhone ;
  • faciliter le développement : nous avons donc choisi Android, qui est plus facile de prise en main, plus libre, plus documenté … que d’autres, et nous avons incité les participants à préparer leurs environnements avant d’arriver le lundi matin ;
  • inciter à chercher les informations, à se débrouiller, à réutiliser du code existant. La présentation de prise en main a été basée essentiellement sur une visite de liens intéressants, prolongée sur le wiki ;
  • essayer de répondre aux défis posés. Un groupe voulait accéder à des données réelles : quelques courriels et autres coups de fil ont permis d’obtenir un premier jeu. Le prochain objectif est de les rendre ouvertes, ce qui semble possible, surtout à Brest. Un autre avait besoin d’un serveur Bluetooth sur PC, qui a été repris d’un ancien projet élève, etc. ;
  • valoriser les productions : par une présentation festive le dernier jour, relayée sur twitter, et qui a donné lieu à une forme de vote ou plutôt de définition par les élèves ;
  • prolonger l’expérience, en proposant aux élèves de continuer, de déposer leurs résultats sur des plate-formes de code comme la forge google (puisqu’on développe sur Android).

Conclusion de la première expérience :

  • toutes les applications proposées ont maintenant un prototype qui tourne ;
  • une envie d’utiliser plusieurs d’entre elles ;
  • des élèves contents, qui ont continué à coder le soir pour nombre d’entre eux, et qui regrettent que l’expérience ne dure qu’une semaine ;
  • et non, ce ne sont pas tous des geeks. Plusieurs sont venus pour voir, pour découvrir et ont envie d’aller plus loin ;
  • des liens resserrés entre les intervenants ;
  • des échanges à augmenter au cours de la semaine, entre les élèves, peut être au travers d’échanges rapides sur des sujets/problèmes identifiés au fil de l’eau ;
  • des idées étonnantes.

En résumé, une semaine qui motive tout le monde !

Et pour finir la liste classée de manière aléatoire des applications présentées par les élèves (en attendant la publication des codes et des exécutables) :

  • iBiture : une série de jeux pour tester son état en fin de soirée
  • ReselDroid : retrouver les coordonnées des autres élèves depuis son mobile ;
  • MeteoSociale : partagez le temps qu’il fait vraiment avec vos amis ;
  • BlueBird : télécommande de diaporama par bluetooth ;
  • RabbitShooter : jeu de shoot de lapins avec des carottes pour protéger le stock de carottes ;
  • PuzzleYourPhoto : un petit jeu parfaitement résumé dans son nom ;
  • PetsTalk : traduisez le langage des animaux ;
  • ReadDream : analysez vos rêves sur votre mobile. La présentation a été complétée par une vidéo qu’on espère bientôt sur Youtube ;
  • NumberChallenge : apprenez les nombres d’une langue étrangère ;
  • RevEDT : le réveil de smartphone qui se synchronise sur l’emploi du temps de l’école (la seule idée reprise dans celles que nous avions proposé au démarrage) ;
  • WhosWho Profs : retrouver les coordonnées et situer ses profs depuis son mobile ;
  • BibusMobile : une application pour connaître les horaires et les trajets des bus de Brest/BMO ;
  • MaVoile : s’inscrire aux sorties organisées par son club (de voile…)
  • BipboxCam : qui joue de la musique en fonction de la couleur et de la luminosité. Nous avons eu le droit à une lettre d’Élise jouée avec un post-it et un téléphone. Bluffant…

Et toutes se concentrent bien sur l’essence du mobile : l’expérience utilisateur.

Pourquoi le mobile est il différent ?

À Télécom Bretagne, nous avons 2 semaines à l’articulation des semestres dans lesquelles nous pouvons proposer des cours sur des sujets différents ou avec un format différent. Nous appelons cela l’intersemestre. Après le célèbre cours d’intersemestre sur le web2.0, nous organisons un codecamp, c’est à dire un barcamp pour développeurs. Nous reviendrons sur ce modèle de cours.

En introduction, nous nous sommes permis de lancer les débats par une présentation sur le monde des mobiles, son marché, ses spécificités, ses exemples emblématiques, les données géographiques.

L’idée était de montrer un panorama suffisant pour que les élèves puissent imaginer une application à développer (ou du moins à prototyper) dans la semaine.

Après deux heures, leurs premières propositions sont :

  • BibusMobile ou trouver les horaires de bus à Brest. Ça existe ailleurs, mais pas à Brest/BMO.
  • NumberGame, où apprendre à prononcer des nombres dans la langue de votre choix
  • Mes Sorties, où s’inscrire aux prochaines sorties proposées par les clubs de l’école
  • CoVoiturage, où une application de covoiturage sur son mobile. À destination du campus …

Bref, des applications qui peuvent leur servir tous les jours. Nous avons fait d’autres propositions. Nous verrons demain midi ce qui est finalement retenu.

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