Fab-Lab : un outil pour apprendre et innover dans un monde durable

Pourquoi s’intéresser aux technologies dans le monde du XXIème siècle ? Le concept du Fab Lab nous donne quelques beaux arguments !

La Fing qui cherche à fédérer un mouvement de Fab Lab en France le définit ainsi :

« Un Fab Lab (abréviation de Fabrication laboratory) est une plate-forme ouverte de création et de prototypage d’objets physiques, « intelligents » ou non. Il s’adresse aux entrepreneurs qui veulent passer plus vite du concept au prototype ; aux designers et aux artistes ; aux étudiants désireux d’expérimenter et d’enrichir leurs connaissances pratiques en électronique, en CFAO, en design ; aux bricoleurs du XXIe siècle… »

Son engagement est le suivant :

« L’innovation ouverte en France a besoin qu’émergent des « Fab Labs ». En coopération avec d’autres acteurs de l’innovation, de la création, de l’éducation et de la recherche et des technologies, la Fing s’engage pour les aider à émerger et se connecter. »

On peut donc voir ces outils technologiques comme support à l’innovation. La maîtrise de ces outils aide donc à être innovant . Cela est d’autant plus vrai que cela aide à s’ancrer dans le réel, à concrétiser une idée.

Si maintenant on regarde un peu plus loin, on s’aperçoit que ce concept est intéressant dans un contexte de développement durable. En effet, il permet d’envisager de rapprocher le lieu de production du lieu de consommation, puisqu’il devient possible de produire artisanalement des objets sophistiqués. Il créé du lien entre des utilisateurs du monde entier, et vous permet donc de mettre à disposition et de collaborer avec tout type de personnes, pour permettre de résoudre rapidement et localement tout type de problème dans des contrées reculées. Vous voulez pouvoir participer au mouvement du développement durable ? Apprenez-à utiliser les outils de production, qu’ils soient mécaniques, électroniques ou informatique.

Et si on revient à mon idée d’Apprendre via les objets, ou aux nombreuses idées de Bruce Sterling sur le web des objets dans son livre Shaping Things (traduit par Daniel Kaplan sous le titre Objets bavards), il est intéressant de pouvoir passer de la compréhension à la construction et à l’évolution d’objets existants. Là encore, si on veut retrouver la dimension du bricolage pour comprendre, le Fab Lab est un excellent support.

Au fait, Shaping Things est édité par le MIT, le Fab Lab est un programme issu du Center for Bits and Atoms, (CBA) du MIT.

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Apprendre via les Objets

L’Internet des Objets nous promet de pouvoir accéder aux données liées à un objet. L’idée de ce billet est d’envisager comment utiliser ce nouveau lien entre le réel et les données pour susciter une découverte des technologies et des sciences.

Ou comment Redonner le goût aux sciences…

Bruce Sterling nous parle de l’Internet des Objets comme d’un moyen de repenser le monde. L’accès aux informations permet d’accéder à la conception d’un objet, de connaître sa vie. Il en déduit une foule de comportements qui deviennent possible : changer son usage, le faire évoluer, améliorer son empreinte, être au courant de son impact environnemental. Il reste à envisager cet objet comme moyen, ou au moins comme prétexte à apprendre.

Si l’on se place du goût de la découverte des technologies et des sciences, l’idée est que l’on peut via un objet chercher à comprendre comment il est fait, et aussi comment il s’intègre dans son environnement physique et technologique.

Si l’on considère que les plans qui ont conduit à sa conception sont disponibles, il devient possible de proposer ces informations à quelqu’un qui veut comprendre comment l’objet a été conçu ou fabriqué. Il est alors possible de parcourir ces plans pour comprendre quels sont ces composants, qu’ils soient physiques, intégrés ou logiciels. Sa construction redevient lisible !

Ainsi quand je suis face à un objet et que je me demande comment il fonctionne, il suffit de l’interroger pour pouvoir accéder à son fonctionnement interne. Il est ainsi possible de commencer à susciter ma curiosité au moment où je suis prêt à être intéressé.

Ce parcours peut évidemment s’adapter à différents critères : mon âge, mon niveau de connaissances, mon envie d’approfondissement, mes intérêts actuels (je peux m’intéresser actuellement à la découverte de l’électronique, à l’impact environnemental des objets, à l’histoire des sciences …). Il y a là de la matière pour tous les niveaux d’apprentissage. Pour faire une analogie avec le travail d’un collègue : chaque objet devient un musée virtuel dont il est possible de choisir un parcours.

Pour prendre une autre analogie, un certain nombre d’ingénieurs avouent en privé être venus à ce métier par un goût du démontage des objets qui les entouraient du temps de leur enfance. Qui de se souvenir d’une boite de vitesse, de son solex, d’une radio … Les avancées technologiques ont été suffisamment importantes pour que la technologie deviennent invisibles, et tous les objets qui nous entourent indémontables. De la à expliquer le moindre intérêt des jeunes pour la technologie, il n’y a qu’un pas. Cet accès aux plans de l’objet peut le rendre à nouveau « démontable », au moins virtuellement.

Dans cette perspective, l’Internet des objets peut devenir un moyen de comprendre le monde.

Moi cette perspective me branche assez, et vous, qu’en pensez-vous ?

Redonner le goût aux sciences

Les filières scientifiques semblent devenir moins attrayantes pour nos jeunes. Un des remèdes proposés serait de redonner le goût aux sciences à nos jeunes. Pour cela il faut rendre à nouveau visible ou plutôt accessibles les phénomènes technologiques.

Parmi les raisons avancées pour explique que la science ne serait plus attrayante, on trouve l’idée que ce n’est pas amusant/ intéressant. Les petits débrouillards montrent qu’il n’en n’est rien, et que l’on peut lutter contre cela. Le développement d’une démarche de découverte, d’expérimentation, d’éveil de la curiosité est le fondement de la démarche des petits débrouillards. Le problème, c’est le caractère « laboratoire » qui limite cette exploration dans le temps et l’espace.

Autre raison évoquée, c’est que la technologie devient invisible. Là où il était possible il y a 20 30 ans de démonter un moteur, un radio-cassette, un téléphone et suivre les montages, les fils, pour voir des composants et leur agencement, on est face aujourd’hui à une merveille de technologie complètement intégrée et surtout indémontable. La technologie est devenue tellement mature, qu’elle a disparu. Les phénomènes physiques sous-jacents ne sont plus matérialisés. La science est partout, mais elle est cachée. Or, pour bon nombre d’ingénieurs, ce qui a déclenché leur vocation, c’est bien la possibilité de toucher du doigt le fonctionnement interne des machines qui a déclenché leur vocation.

Et pourtant quoi de mieux que cette vision de liens et de composants pour démarrer une approche système ? C’est bien un des éléments principaux de la formation d’ingénieurs. C’est bien cela qui forme la colonne vertébrale du syllabus du cdio (merci de me relancer pour que je fasse un papier en français pour expliquer ce qui se cache derrière cet acronyme).

Comment rendre à nouveau visible ? Les images, la simulation sont des moyens de visualiser de manière extraordinaire les phénomènes dans lesquels nous sommes plongés, d’ouvrir des perspectives, des points de vue qui étaient impensables il y a 30 20 ans. Mais nous restons souvent dans une posture d’émerveillement face à ces phénomènes, loin de la démarche de découverte liée au bricoleur qui démonter pour chercher à comprendre. Ces images nous sont données, imposées. Elles ne sont pas construites par tâtonnements, elles n’arrivent pas au moment où l’on essaye de comprendre un tout dans lequel ce phénomène trouve sa place.

Bref, il manque la situation prétexte à l’apprentissage.

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