Reconnaissance ouverte des apprentissages pour mieux coopérer

Coopérer autour de ses apprentissages, tout un programme pour les apprenants tout au long de la vie, élèves, étudiants, citoyens… Comment rendre visible ses connaissances, comment donner à voir ce que l’on a appris au détour d’une expérience, du chemin, comment permettre aux étudiants de s’épauler pour progresser ensemble ? Lors du forum des usages coopératifs de Brest, plusieurs acteurs, proposant des solutions complémentaires nous ont proposé un panorama d’approches et de solutions qui promettent de dynamiser ces coopérations, tout en gommant les frontières dans les apprentissages.

Pour ouvrir l’échange, Serge Ravet nous a présenté l’initiative MIRVA et les OpenBadges : rendre les apprentissages informel visibles et actionnables. Serge nous a démontré l’intérêt de pouvoir montrer ses talents cachés au travers d’open badges. L’idée est que chacun puisse proposer et définir des éléments de reconnaissance qui fassent sens, au niveau d’une communauté, d’un territoire. Cette reconnaissance ouverte est porteuse de confiance et de partage, en permettant une reconnaissance beaucoup plus ouverte que si elle est porté uniquement par des institutions délivrant des diplômes.

Eden Jean-Marie du CIBC Normandie, nous a ensuite présenté comment accompagner les parcours d’apprenants pour leur donner confiance et de leur permettre de se prendre en main. L’outil proposé en support à cet accompagnement est DayTripper, qui permet de capturer une expérience avec son mobile, de la décrire, de la caractériser et de la partager. Ainsi, chacun peut valoriser ses apprentissages, communiquer sur ses parcours, ses expériences, et donc de devenir acteur, porteur de preuves de son parcours. Le CIBC Normandie propose ainsi une démarche inclusive auprès de différents publics. DayTripper n’est pas qu’une application, c’est avant tout une démarche pour valoriser tous types d’expériences d’apprentissage. Une de leur cible principale est ainsi les étudiants en mobilité internationale. Complément évident aux badges, il est ainsi possible d’apporter ses preuves pour acquérir un badge.

Philippe Ruffieux apporte quant à lui une approche qui permet aux apprenants de travailler ensemble. Chacun peut devenir expert d’un apprentissage dès qu’il a réussi à le démontrer et ensuite accompagner ses pairs, voire proposer de nouvelles modalités pour démontrer ses capacités. On est bien dans une démarche d’enseignement mutuel. L’outil proposé, Sqily permet ainsi de définir des objectifs d’apprentissage, de décrire un parcours complet sous forme d’arbre, de gérer la validation mutuelle, et de supporter l’enseignement collaboratif avec une interface proche de Slack, outil collaboratif bien connu et reconnu.

Open Badges, DayTripper, Sqily sont des outils existant, permettant de rendre visible les talents, les apprentissages, les expériences et de soutenir la coopération. Les témoignages démontrent que ces outils prennent leur sens dans une démarche qui soutient et développe la capacité d’agir des acteurs. Si vous êtes intéressés par les conditions pour que numérique rime avec pouvoir d’agir, je vous encourage à aller consulter le travail du projet Capacity qui est en train de présenter ses conclusions sur ce sujet.

Une autre question est de se poser la question de comment permettre à chacun de conserver, valoriser, et croiser ses différents environnements. C’est l’enjeu d’un autre projet, Sedela, qui vise à proposer cet environnement technique, et évidemment les principes d’accompagnement.

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Crédit photo : Football par Rdikeman – licence CC-by-SA

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Quelques lectures autour de l’éducation juste avant le forum des usages coopératifs

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Le forum des usages coopératifs de Brest démarre. Temps d’échanges, de réflexion, d’inspiration.

Tellement de choses à changer dans l’éducation pour porter la coopération ouverte. Le forum est à la fois l’occasion de montre ce qui avance, ce que font les acteurs du changement, et ils seront encore nombreux cette année. Le programme ne rend honneur qu’à quelques uns, mais nombreux seront dans la salle qui témoigneront de leurs actions. Pour se mettre en appétit, Michel Briand a publié quelques interviews sur la coopération que vous pouvez aller lire.

Pour coopérer, il faut rendre les échanges possibles, et c’est souvent ce qui fait défaut. Je lisais il y a quelques jours l’article « Une société qui bâillonne sa jeunesse renonce à éduquer ». Ce plaidoyer me paraît être un bon texte pour nous sensibiliser à l’attention que nous ne devons pas oublier de porter aux jeunes. Celui-ci démontre une asymétrie entre ce que nous leur proposons et ce que nous attendons d’eux (NdA : que veut dire « attendre d’eux » ? ).

Denis Cristol vient de proposer un billet sur Thot « Libération de l’apprenance à l’ère du numérique », qui rappelle différentes dimensions qui permettent d’aborder cette question du changement au travers de la notion d’apprenance, démontrant que les changements sont d’autant plus durs qu’ils sont culturels. Dans ce cas, comment faire apparaître de nouvelles pistes ? En pratiquant, en expérimentant, mais aussi en étant ouvert aux questions qui dérangent ?

Denis parle de nouvelles pratiques en musique comme le mixage ou la recomposition de morceaux nouveaux. Quelle traduction peut on faire en éducation ? Il nous rappelle que c’est en se libérant du carcan gestionnaire que nous pourrons avancer. Quels sont les éléments que nous pouvons remettre en question ?

Serge Ravet nous parlera de reconnaissance ouverte qui remet en question le « monopole » des institutions à proposer des référentiels de compétences. Philippe Ruffieux nous démontrera comment renforcer le sentiment d’efficacité personnel en encourageant la reconnaissance par les pairs.

Lors du dernier Edumix, j’ai eu la chance d’accompagner un groupe qui se demandait pourquoi les lieux d’apprentissage ne sont pas naturellement ouvertes aux personnes d’un quartier, pourquoi ne pourraient elles pas venir proposer des enseignements ? Question d’autant plus troublante que nous étions dans une école d’ingénieurs. Le résultat de cette réflexion a été plutôt intéressant. C’est aussi via ces « Pourquoi ? » que nous pourrons accélérer la libération de l’apprenance

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