Plate-formes de MOOCs, déjà la seconde génération

Certains découvrent à peine le phénomène MOOC (si nécessaire lire un résumé de l’année américaine 2012) mais aux États Unis on en est déjà à la saison 2.

Au niveau des plate-formes/startups, Novoed met en avant collaboration, travail en groupes, entre pairs pour améliorer les taux de poursuite dans les MOOCs. Si certains MOOCs l’ont déjà pratiqué (par exemple Learning Creative Learning ou Designing a New Learning Environment), il s’agit bien ici de l’intégrer à part entière dans la plate-forme proposée par cette nouvelle startup issue de Stanford, et d’en faire sa valeur ajoutée.

Au niveau des activités, ici aussi une nouveauté intéressante : Introductory Physics I with Laboratory nous propose d’exploiter les vidéos de notre téléphone pour faire des TP avec des données issues de notre propre environnement. Après l’environnement Python de Udacity, l’éditeur de circuits électriques de edX, on voit poindre une dimension « mobile learning »/BYOD/AVAN qu’il conviendra de suivre.

Coté Europe, si les portails institutionnels ne sont pas encore satisfaisants, signalons deux initiatives originales :

  • La commission ‘européenne a lancé une initiative Academic Cube, qui, si elle n’est pas très MOOC, a par contre le mérite de proposer une vision systémique pour une adéquation entre marché de l’emploi et formation en ligne dans le domaine du numérique ;
  • Dans une démarche très startup, iversity, plate-forme qui nous vient de Berlin, a lancé un concours pour supporter la production de 10 cours et propose aux internautes de contribuer au choix des heureux gagnants parmi les 200 et quelques candidats. Bien vu pour l’entreprise pour identifier les meilleurs cours, et espérons le pour créer une saine émulation ;

Plateformes, prise en compte de la dynamique de groupes et de pairs, élargissement des activités proposées aux participants, ouverture vers la formation tout au long de la vie, crowdsourcing, les acteurs des MOOCs intègrent une à une les dimensions de l’âge de la multitude.

Crédit photo : 703. L’éducation suffit-elle ? par un singe qui parle – licence CC-by-nc-sa

Conférence : Nomadisme, mobilité – utiliser les Equipements Numériques pour apprendre

J’ai été invité par l’Université de Brest (dite de Bretagne Occidentale) a faire une présentation sur ce qu’apportent l’usage des mobiles à l’université. La présentation aura lieu en centre ville à l’université Victor Segalen en salle B001 à 14 heures. (Mise à jour 13/02/2013 : vous pouvez retrouver l’enregistrement vidéo en ligne)

En résumé :

L’usage des mobiles rend possible de nouveaux modes d’apprentissages. La mobilité n’est ainsi pas que spatiale, mais ouvre aussi de nombreuses autres dimensions : temporelle, thématique, sociale, informative, technique. Comprendre le champ des possibles de ces nouveaux outils permet de les intégrer dans ses apprentissages pour les étudiants, et dans sa pédagogie pour l’enseignant.

L’immense majorité des étudiants disposent aujourd’hui d’équipements personnels, PC portables, smartphones, voire tablettes qu’ils utilisent au quotidien. La fracture numérique ne se situe plus au niveau du matériel, mais bien au niveau des usages. En permettant à nos étudiants de tirer parti de ces équipements au cœur de nos établissements, nous inversons nombre de logiques d’enseignements qui permettent de renouveler nos pédagogies, de valoriser l’étudiant et de réduire la fracture des usages en leur permettant d’acquérir une littératie numérique indispensable au XXIème siècle.

Au travers d’expérimentations réussies, nous explorerons quelques pistes d’usages au sein d’enseignements ou la participation devient le cœur de la pédagogie.

Pour les curieux et ceux qui ne pourront se joindre à nous voici le diaporama.

La dimension analogique de l’EAP

Discussion dans le couloir ce matin avec @NicolasRoland qui s’avoue frustré par l’idée que les discussions autour des EAP (Environnement d’Apprentissage Personnel, il parle d’EPA avec un accent belge) ne prennent en compte que le volet numérique de l’environnement, et au delà que l’EAP mette en avant les outils. Il défend l’idée qu’il faut également prendre en compte le volet analogique : la prise de notes sur papier, les échanges verbaux … Il annonce qu’il abordera ce sujet à REF en septembre 2013, ce qui nous laisse un peu de temps pour y réfléchir:-)

Ma première remarque a été que oui les outils sont des points d’entrée, mais que c’est bien une approche centrée utilisateur, et que ce qui est permier, c’est bien l’entrée par les usages, l’outil n’étant que second. L’autre dimension intéressante de l’EAP est cette entrée vers la dimension sociale de l’apprentissage, puisque la communication y est centrale.

Alors oui, rappelons qu’un environnement d’apprentissage est à la fois analogique et numérique. Ce qui est intéressant, c’est bien de se questionner sur ses méthodes, son processus d’apprentissage de manière globale. Mais plutôt que analogique, je pense que je préfère le terme de physique.

Peut être parce que certains travaux autour de la réalité augmentée explorent (avec un point d’entrée certes technique) le continuum que l’on peut envisager entre environnement physique et environnement numérique. On peut penser aux démonstrations de Pranav Mistry autour de son projet 6th sense (voir la vidéo TED de Pranav Mistry) qui a une approche qui mixe son environnement physique et son environnement numérique.

Il me semble également que lorsque l’on se pose la question des espaces d’apprentissage, on cherche à créer des espaces physiques qui soient propices à l’apprentissage. L’approche est ici autour de l’espace physique, qui doit pouvoir accueillir la dimension numérique.

Mais le point de vue de Nicolas est autre. Il s’intéresse aux stratégies complètes de l’apprentissage, et donc veut étudier tout le processus, pour considérer les influences relatives des différents éléments d’un système d’apprentissage. En effet, l’organisation de son apprentissage inclut aussi son cartable, son stylo.

Il me semble que l’on complète ainsi la démarche du BYOD ou AVAN (Apportez Vos Appareils Numériques) qui est bien de choisir son équipement, et au delà les modes d’apprentissage qui nous conviennent. On est bien dans une approche de culture matérielle, entre outils et fonctions.

Si l’on met l’accent sur le numérique, c’est en fait simplement que c’est l’élément de changement aujourd’hui. Mais effectivement, il n’est qu’un élément du système.

Crédit photo : crayon par lilpete_1 – licence CC-by-NC-ND

Voilà pourquoi il faut laisser nos élèves venir avec leurs appareils en classe

Désolé cette vidéo est en anglais. Si vous le comprenez, n’hésitez pas à y consacrer quelques minutes. C’est bien fait, ludique, et surtout tous les arguments y sont pour encourager nos écoles à adopter le BYOD (« Bring Your Own Device »).

Sinon, il ne vous reste plus qu’à adopter la traduction française AVAN pour « Apportez Vos Appareils Numériques »et à vous rabattre sur quelques liens en français :

Il en a été également question dans les couloirs de l’université de Paris-Descartes lors du jnum12.

Que faut-il de plus pour convaincre les établissements ? Traduire cette vidéo en français ? Faire une étude financière ? Ou d’impact sur les apprentissages ?

Ou encore changer la logique des apprentissages ? Certains  prédisent ce changement et lui ont déjà trouvé un acronyme en anglais  : le BYOL – Bring Your Own Learning,

En conclusion, Marc-André Lalande nous pose la bonne question, qui est de savoir non pas si, mais quand passerons-nous aux technologies numériques à l’école.  Ce qui a bien été relevé ici :

PS : merci à Anne-Céline Grolleau, aussi connue sous le pseudonyme de @ActionsFLE pour le lien vers la vidéo et son scoop-it.

Marc-André Lalande

le BYOL – Bring Your Own Learning, conséquence du BYOD #AVAN

L’idée du BYOD ou Bring Your Own Device, permettant à chacun d’apporter ses propres équipements au travail, ou à l’école, est une grande tendance du moment. Il en a déjà été pas mal question dans ce blog, avec une traduction en français, AVAN pour Apportez Vos appareils Numériques.

Logiquement, cela donne de l’ autonomie aux personnes, puisque celles-ci deviennent maître de leur équipement personnel, mais aussi de travail et d’apprentissage (ou du moins d’une partie). De plus, cela met en avant l’apprentissage informel, notion qui reconnaît que l’apprentissage se fait également (surtout ? ) en dehors du temps du cours.

Autonomie, personnalisation, mais aussi développement de stratégies d’apprentissage personnelles. Il devient normal que chacun puisse redevenir son propre maître de ses apprentissages.

Jane Hart publie ainsi un article de blog (en anglais) « est-il temps pour une stratégie BYOL dans votre organisation ? », montrant que l’entreprise se doit d’accompagner ce mouvement pour compléter son offre de formation, mais ne peut le contrôler. Elle souligne la prise de distance des personnes par rapport à la formation professionnelle (et en ligne) en montrant que pour les employés celle-ci n’est plus la source unique d’évolution des compétences.

Cette approche est cohérente avec l’idée de Harold Jarche (qui travaille avec Jane Hart) que nous sommes à l’âge de l’apprentissage. L’apprendre à apprendre pourrait devenir réalité, mais ces deux articles constatent bien que les mentalités doivent encore évoluer, et que le plus vite sera le mieux.

Dans la même veine, Harold Jarche nous parle de PKM (Personal Knowledge Management ou gestion de connaissances personnalisées) en tant qu’environnement pour son développement personnel. Dans le domaine de l’apprentissage, on parle de PLE (Personal Learning Environment ou environnement d’apprentissage personnel), mais de fait on recouvre le même phénomène dans les deux cas. Notons que l’apprentissage est ici social et actif dans le sens où il se fait au travers de productions.

La formation tout au long de la vie peut trouver un environnement d’appui appréciable avec ces approches issues du numérique.

Quel impact sur l’enseignement supérieur formation initiale ? Difficile à dire tant pour l’instant ces dimensions de prise en main des apprentissages reste en dehors du focus :

  • Parce que nous délivrons des diplômes qui sont une construction cohérente des apprentissages ;
  • Parce que la structure des formations est basée sur l’offre et non la demande ;
  • Parce que nous craignons que les étudiants puissent faire des choix incohérents ;
  • Parce que nombre des étudiants n’ont qu’une vision très incomplète de leur futur professionnel ;

et pourtant :

  • Qui connaît les métiers de demain ?
  • Développer motivation, autonomie, responsabilité de nos étudiants ne passe-t-il pas par la délégation de leur avenir ?
  • Comment répondre à des demandes émergentes qui ne sont pas issues de la recherche ?

Sans doute la réponse sera dans une ouverture progressive, réconciliant une cohérence de l’offre (les diplômes) et de la demande (prise en compte de la construction de personnalités). On est bien dans la question de la formation d’adultes autonomes, capables de porter ses propres choix.

Au fait, depuis ce matin je me demande comment traduire BYOL (Bring Your Own Learning) en français. AVA pour Apportez Vos Apprentissages me paraît trop court :

  • CAVA pour Choisissez et Apportez Vos Apprentissages ?
  • SAVA pour Soyez Acteurs de Vos Apprentissages ?

Crédit photo : Relaxed Study, Learning Grid, University of Warwick par jisc_infonet licence CC-by-nc-nd

Fac en poche – État des lieux du mobile-learning à l’université

C’était le thème des dernières journées numériques de l’université de Paris-Descartes. Qu’en retenir ? N’ayant pu assister qu’à la première journée, le point de vue sera sans doute partiel, mais j’espère éclairant.

Il faut d’abord rappeler que concernant les mobiles, c’est quelque part la première fois qu’une technologie numérique s’invite chez quasiment tous les étudiants avant que l’institution ne s’en préoccupe. Cet objet est d’abord privé pour communiquer dans ses réseaux, avant que d’être un vecteur d’apprentissage. Et de fait, ce sont les services informatiques et TICE qui semblent s’en préoccuper avant les enseignants. Avec une contrainte nouvelle pour eux : accepter un parc (pré)existant.

Et pourtant, François Guité nous a montré que ces équipements s’intégraient dans la révolution numérique qui change notre rapport au savoir, et qui permet d’encourager la diversité des approches au travers de modes pédagogiques différents. De plus, le mobile encourage les apprentissages informels.

Quelles sont les éléments apportés dans ces journées ?

  • La proposition de services étendant les services administratifs et d’accueil dans les universités : les bons plans, les menus des restaurants universitaires, les salles de cours … bref la mise à disposition dans les mobiles du système d’information administratif de l’université. Utile, créant du lien, mais qui ne peut être considéré comme un élément d’apprentissage ;
  • la mise en ligne de podcasts, i.e étendre l’accès aux supports de cours a mobilisé beaucoup de services universitaires tant cette option paraissait intéressante. La présentation « Vers un Moodle Mobile » en était un exemple. Nicolas Roland semble pourtant moins positif sur leur accès sur des équipements « vraiment » mobiles, constatant que leur accès reste majoritairement sur ordinateur (certes portables).

Dans ces 2 premiers cas, on est dans la remise en forme de données. Passons à une dimension plus usages pédagogiques :

  • l’iPad semble être l’archétype du terminal pour enseignant. Permettant d’assurer une projection confortable, un meilleur contact avec les étudiants et proposant tous les services nécessaires pour gérer son cours, ses ressources, ses copies … C’est ce que Jean Debaecker a cherché à nous convaincre. Ce qui correspond clairement aux retours de plusieurs collègues qui ont fait le pas ;
  • Le Cape des Mines de Nantes nous a présenté notamment « Parlez vous chinois ? » qui est une app sympathique pour découvrir le chinois. Initialement développée comme support de cours, elle est maintenant disponible sur l’App store d’Apple. À la fois prouesse technique et réussite pédagogique, elle pose la question du positionnement des universités vis à vis du marché, puisque ici nos collègues se placent dans les marché des applis pour tous. Notons également qu’il n’y a pas eu d’étude pour savoir si cette app permettait d’apprendre ou de compléter un apprentissage ;
  • Pour ma part, j’ai produit un témoignage portant sur l’usage de PC portables dans la salle de classe pour proposer des séquences d’apprentissage différentes.  Je me dois d’avouer que le mobile n’est chez moi qu’un objet d’étude, pas un équipement intégré dans ma pédagogie, sauf à considérer un PC portable comme mobile ;
  • Il semble que le lendemain, il y ait eu des sessions avec des exemples d’usages autour de serious games.

Bref, l’université se rend bien compte qu’il y a un enjeu à proposer une offre sur ces équipements, mais n’a pas les éléments de compréhension pour identifier les besoins, ni surtout les opportunités. Lors de la table ronde du premier soir, à la question des usages possibles des mobiles, certains semblaient avoir leur convictions sur les possibles, les souhaitables, la posture de François Guité était inverse affirmant que « la réponse reste à trouver : on n’a pas assez osé – on n’a pas assez expérimenté »

Un autre fait intéressant est que l’on ne cherche pas trop à définir le terme de mobile. Qu’est-ce que le mobile ? Si on fait référence au mobile-learning tel qu’il est envisagé dans la littérature, on se limite à quelque chose qui tient dans sa poche (le titre de ces journées était « fac en poche »). La première question est alors de savoir quelle information peut être mise à disposition pour être exploitable. Michel Diaz, lors de son intervention en table ronde ce mercredi soir, comprenait des vidéos et des évaluations. La seconde question peut être de savoir quelles sont les choses que l’on peut faire avec un tel outil que l’on ne peut pas faire ou difficilement avec un autre outil. Cela couvre la prise de son, de vidéos, de points géolocalisés en visite de sites, pour alimenter un portfolio, pour résoudre une énigme pendant une chasse au trésor ou autre jeu.

Le fait que l’on peut avoir une réponse à une question que l’on se pose au moment où on se la pose est un autre aspect intéressant des outils mobiles. Mais est-ce encore le problème de l’université, d’aborder cette demande informelle ? Cette dimension reste-t-elle fortuite ou se raccroche-t-elle à un processus d’apprentissage qui rentre dans le cadre de l’institution ? On touche là à des questions de la place que doit garder ou prendre l’institution dans la construction des personnes. Pas si facile. De toute façon, la personne n’ira sur les ressources de l’université que si elles sont plus faciles à accéder et plus pertinentes que d’autres sources. Rien ne peut l’obliger.

On touche là de nouveau aux problèmes généraux de la place des TICE et des connaissances disponibles sur Internet (en effet les mobiles sont beaucoup moins « web » que nos navigateurs). On aborde la problématique du mobile, sans avoir revu notre façon d’enseigner. Le mobile ne fait qu’apporter un nouveau coup de boutoir dans l’édifice. Tant que cette dimension n’est pas assumée, elle risque bien de perturber les autres questions.

Faut-il intégrer ou pas la tablette dans ces réflexions, et pourquoi pas le PC portable, avec ou sans écran tactile ? En fait peu importe. Première remarque, nombre d’aspects du mobile s’appliquent à la tablette : accès immédiat à l’information, disponibilité de nouveaux périphériques (photo, son, vidéo, GPS et donc réalité augmentée, nécessité de remise en forme de contenu …). Deuxième remarque, des fonctionnalités s’ajoutent : possibilité de dessiner, d’annoter, de parcourir des listes de contenus avec des lecteurs adaptés (Pulse ou même un google reader). Ce qu’il y a alors d’intéressant, c’est de positionner le mobile comme un élément qui s’intègre dans un système, comme l’ont parfaitement compris les concepteurs d’Evernote, une application de type cahier de texte multiplate-forme, qui tire parti des avantages de chacune d’elles et propose une vue agrégée de vos données. Tous ces équipements se complètent pour former notre espace d’apprentissage. Dernier point, nous sommes dans une phase d’évolution des terminaux. Le PC/clavier/souris tel que nous l’avons ces 25 dernières années semble appeler à voir ses usages se réduire. Pour moi, il reste essentiellement l’équipement pour coder les autres, et pour des usages de conception de même type. Et la variété permettant de s’adapter aux différentes habitudes, de permettre de  personnaliser les usages, il est essentiel de permettre à chaque usager (étudiants, enseignants, chercheurs) de choisir l’équipement qui lui convient.

Considérons pour finir, les différents usages à explorer dans une perspective mobile. Si la mise à disposition d’informations semble assez naturelle pour les universités, malgré les limites qui peuvent surgir, il y a deux pistes d’usages différents qui restent à tester et à valider.

Une première piste se positionne sur les opportunités que l’on peut mettre en place dans la classe pour modifier les pratiques d’apprentissage. Recherche d’information, interaction avec l’enseignant par des questions, des réponses à des sondages, à des problèmes, annotation de diapos, prise de notes, de son, de photo de tableau … les solutions sont nombreuses pour changer le rythme d’un cours et réveiller l’auditoire, surtout si on y intègre une dimension collaborative.

Une seconde piste est d’explorer des séquences en situation. Ce peut-être de :

  • proposer des contenus utilisables dans les temps libres (cas des vendeurs en entreprise dans le projet P-Learnet) ;
  • permettre des visites sur site pour certaines disciplines ;
  • prendre de l’information pendant l’action, ou juste après l’action pour l’exploiter après, seul ou en groupe ;
  • permettre des échanges avec autrui en situation ;
  • accéder à l’information au moment où l’on en a besoin, sous des formes adaptées (visualisations diverses comme la réalité augmentée par exemple) …

Dans tous les cas, il s’agit de lier l’expérience vécue et le savoir, en articulant de manière différente l’action. Beaucoup d’opportunités à permettre, à parcourir, à découvrir. On en est qu’aux balbutiements. Il y a un vaste travail de sensibilisation, de découverte, d’évaluation, de diffusion et de formation à faire.

Est-ce que cela se fera dans le cadre de l’université ? Ou est-on dans un cadre d’apprentissage tout au long de la vie ? Sans doute les deux. Beaucoup de réflexions se font autour de l’évolution de l’apprentissage, de la maîtrise des savoirs, de la construction de connaissance dans le travail, de l’avenir de l’éducation. Un chose est sure, cela va bouger et le mobile n’est qu’une petite variable de l’équation, et l’université devra s’ouvrir pour ne pas risquer de disparaître, et sans doute apprendre à collaborer.

Crédit photo : Mobile Learning Revolution par César Poyatos licence CC-by-nc-sa

jnum12 : innovation numérique et équipements mobiles des étudiants

Le 28 mars, je ferai à Paris Descartes aux Jnum12 une présentation que nous avons nommé : « aborder l’innovation numérique à travers l’environnement mobile des étudiants ». Il parait que ce sera en amphi Vulpian. Ce sera exemplifié au travers de 2 cours que j’ai eu la joie d’assurer avec deux de mes collègues @cecilebothorel et @garlatti .

J’en ai profité pour tester Prezi, ce qui m’a pris beaucoup de temps pour un résultat que j’ai du mal à juger à chaud, on verra. Vous pouvez me donner votre avis.

Le résumé envoyé aux organisateurs était le suivant :

Thème 3 : Les outils et applications mobiles, des supports à l’apprentissage ?

La formation des ingénieurs est aujourd’hui face à trois défis sociétaux liés au numériques qui correspondent à trois niveaux différents dans la révolution du numérique [1] : la maîtrise des usages des environnements numériques, la maîtrise de la science informatique, et la capacité d’innover. Le premier concerne la littératie numérique [2], qui se développe au travers d’un usage maîtrisé d’Internet et des médias sociaux [3]. Le second impose des enseignements intégrant l’informatique en tant que discipline. Le dernier se développe notamment en encourageant un esprit critique mêlant initiative, créativité et curiosité, mais aussi au travers de technologies propices à l’innovation comme les Fablabs [4,5] et les mobiles. Nous présentons deux dispositifs qui ont été conçus dans cet esprit et proposés à nos étudiants.

Le premier dispositif se déroule sur une semaine bloquée. Sur un mode projet, nous proposons à nos élèves de découvrir les technologies mobiles (au travers d’Android) [6] ou électroniques (au travers d’Arduino [7]) pour développer par les élèves leur idée d’application. Ces technologies sont délibérément choisies pour être proches des étudiants, et pour permettre de donner à voir des résultats, y compris en les emmenant avec soi. Vu la popularité des ces enseignements (choisis parmi une longue liste variée d’enseignements), nos étudiants affirment leur intérêt sur ces technologies.Ce non-cours démarre par une phase de prise en main, suivie d’une phase d’échange et de validation d’idée, avant de prendre le temps de développer sur un mobile ou sur une carte électronique Arduino. La semaine se clôture sur une exposition des réalisations dans un lieu de passage détourné, où les étudiants assurent des démonstrations courtes.

Durant toute la semaine, les étudiants sont invités à utiliser leur matériel (PC portables comme base d’information et station de développement, ordiphones comme cible pour l’application), ce qui permet de passer facilement du lieu de développement, à la zone d’exposition, et de continuer les développements au delà des heures programmées. Des équipements restent bien sûr disponibles, si nécessaire. Par ailleurs, l’encadrement est mixte entre enseignants-chercheurs, développeurs professionnels et pairs. Cet accompagnement est orienté sur de l’accompagnement technique.

Le second dispositif concerne un cours d’informatique, sur le web social, mobile, pervasif et sémantique, dans lequel les étudiants abordent les notions développées dans le cours au travers de questionnements proposés par les enseignants sur le blog du cours (disponible ici : http://molene.enstb.org/fipC0320A_Cours/ ). Les étudiants développent une activité collaborative de recherche et de synthèse d’informations. Ils rédigent leurs conclusions de manière collaborative. Le résultat de leur recherche permet l’échange entre pairs et avec l’enseignant. L’enseignement mêle compréhension des usages et concepts techniques sous-jacents. Au travers d’une analyse des évolutions, des expérimentations en cours, et des nouvelles technologies émergentes, les étudiants sont invités à proposer de nouveaux services dans des domaines comme la formation, le tourisme, les réseaux sociaux d’entreprise, l’Internet des objets …

Ici aussi, les étudiants sont invités à apporter leurs propres équipements mobiles en salle, tant pour la recherche, le travail collaboratif, ou l’utilisation de technologies informatiques. Le rôle de l’enseignant alterne entre tuteur accompagnant les réflexions des étudiants, et référent reprenant les résultats au travers d’intervention de restructuration. Les mobiles sont ici à la fois sujet d’étude et outils de travail. Le travail en groupe avec des outils collaboratifs est plébiscité, tant comme moyen d’apprentissage, que comme future pratique de leur métier d’ingénieur

Parmi les motivations qui ont sous tendu la mise en place de ces enseignements, nous avons cherché à nous rapprocher de démarches projets équipées d’outils mobiles, qui correspondent à une part importante de l’activité des ingénieurs dans les activités d’innovation. Il nous semble également important de sensibiliser nos étudiants aux problématiques du développement de l’identité numérique.

Au delà de ces expérimentations s’ouvrent des questions liées à la généralisation. Nous en identifions deux qui découlent directement de notre expérience. La première est de savoir s’il est possible et comment de diffuser plus largement de telles approches dans la formation.

La seconde adresse les modes d’intégration du numérique dans la classe, que ce soit au niveau de l’environnement d’apprentissage personnel [8] en complément à l’ENT, ou au niveau de l’équipement des étudiants (démarche AVAN pour « Apportez Vos Équipements Numériques » [9]) plutôt que systématiquement dans des salles dédiées. Une approche centrée étudiants présente plusieurs avantages. Elle permet d’intégrer les outils mobiles naturellement, de mieux lier les apprentissages au sein de l’institution et les usages externes que ce soit dans des cadres d’apprentissage ultérieurs, professionnels ou d’innovation.

références :

[1] rapport de l’association Pascaline (2011) : économie numérique, innovation et enseignement : quelles conséquences ?

[2] Gilster, P., Ed. (1997). Digital Literacy, Wiley.

[3] Franklin, T. and M. Harmelen. (2007). « Web 2.0 for content for learning and teaching in higher education. », from http://ie-repository.jisc.ac.uk/148/1/web2-content-learning-and-teaching.pdf.

[4] Mangels J. (2009) Fabrication labs let student and adult inventors create products, solve problems et

[5]Fing 2008 Faire émerger et connecter des fablabs en France

[6] Bothorel C., Gilliot J.M (2011) CodeCamp : un non-cours pour apprendre à programmer sur un mobile

[7] Mellis, D. A., M. Banzi, D. Cuartielles und T. Igoe (2007) Arduino: An Open Electronics Prototyping Platform. In: CHI 2007, San Jose, USA, Apr. 2007. ACM Press.

[8] Chatti, M. A., M. Jarke, et al. (2007). « The future of e-learning: a shift to knowledge networking and social software  » International Journal of Knowledge and Learning 3(4/5): 404-420.

[9] Gilliot J.M. (2012) Equipements à l’école. Et si on jouait à l’AVAN ?

Ajout 30 mai : le lien vers la vidéo de la présentation à Paris Descartes

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