Les MOOC au cœur du tsunami numérique

En ce début d’avril, Emmanuel Davidenkoff nous propose un nouveau livre au titre évocateur « le tsunami numérique ». Il se fait le témoin de nombreux changements en cours, de signaux que le monde numérique investit l’éducation. Cela l’amène à nous annoncer que le passage au numérique de l’école, de l’éducation va amener à une refonte totale des systèmes de formation. Tout comme le numérique a largement bouleversé l’industrie de la musique et du cinéma, du journalisme, de l’information, l’éducation va connaître sa révolution.

Les acteurs sont tous en place et ont déjà démarré : les entreprises de la Silicon Valley qui s’intéressent de très près au sujet, les startups qui cherchent des offres de valeur en rupture, les grandes marques de la formation qui cherchent à étendre leur influence, la demande de la société qui constate que la formation n’est plus en adéquation avec les besoins du XXIème siècle, les utilisateurs (élèves, étudiants, employés, parents, professeurs) qui ne se satisfont plus de la structure actuelle, les institutions qui veulent répondre aux nouveaux besoins, être plus efficaces, et diminuer leurs coûts …

Les MOOC sont au cœur de la démonstration d’Emmanuel Davidenkoff, qui leur consacre un chapitre entier. En effet, si les MOOC sont une réponse institutionnelle à un besoin qui existe depuis longtemps (ce n’est pas de moi, mais je ne retrouve plus la source), ces nouveaux dispositifs posent bien des questions aux institutions (quels cours, quelle place dans les formations, quelles certifications … ). Mais ils débordent largement le cadre de la formation initiale et impactent nombre d’autres missions de la formation (recrutement, harmonisation, formation continue, validation des acquis de l’expérience, université ouverte ou de tous les savoirs, notamment).

Et surtout, ils sont repris, retravaillés, hackés par les entreprises, les professionnels, les amateurs, les curieux. C’est bien au delà du périmètre de la formation initiale qu’on voit aujourd’hui se presser nombre d’entreprises qui cherchent à exploiter cette nouvelle approche de la formation. Les MOOC concentrent l’intérêt de tous et constituent une vraie rupture par rapport aux publics visés, et sur l’impact pressenti dans les formations.

Emmanuel Davidenkoff se concentre sur la difficulté – l’impossibilité ? – qu’a l’institution de se réformer par elle même. Plaidoyer pour que l’innovation devienne possible dans la formation, on comprend à le lire qu’il faudrait d’abord reconstruire la confiance au sein de l’institution, tenir le débat public  et avoir une vision et un courage politique qui n’a pas encore émergé. Il n’ignore pas que la dimension pédagogique prime sur la forme numérique, et montre bien qu’il faut laisser de la liberté aux acteurs dans une démarche d’innovation continue.

Par ce choix néanmoins, il laisse de coté tout le volet de la formation tout au long de la vie qui est pourtant aussi une des grandes promesses du passage au numérique de la formation et de son ouverture. Ce qui laisse de l’espace pour d’autres livres.

Les journalistes aiment bien les faits, et Emmanuel Davidenkoff est un journaliste reconnu de la sphère éducative. Son dernier livre fourmille donc de faits, d’événements, de création de nouvelles startup dans le domaine de la formation. Et c’est à ce titre qu’il nous dresse un impressionnant panorama des « signaux faibles » qui annoncent un « tsunami numérique dans l’éducation ». Son constat est d’ores et déjà connu et partagé outre atlantique, par exemple par la présidente Diana Oblinger de l’association Educause. Mais c’est bien la première fois qu’il est rédigé en français avec force détails et implication sur notre système de formation.

Cette conviction que l’éducation va être réformée est touchée par le numérique est déjà partagée par un certain nombre d’acteurs. Certains l’ont écrit dans des chroniques sans doute trop peu lues. Mais dans certains milieux on raisonne sur cette hypothèse, comme par exemple lors de l’assemblée générale de Pasc@line durant laquelle autour d’une table ronde sur « une approche pragmatique des MOOC », nombre de directeurs d’école échangeaient sur leur conviction que leur structure allait être profondément impactée par cette transformation numérique dans les formations. 

Crédit photo : « Saint Guénolé » par Sigalou licence CC-by-nd

Participant ou concepteur de MOOC, mooc.fr devient un site pour partager votre expérience d’apprentissage

Mooc.fr se propose d’accueillir dès aujourd’hui vos retours d’expérience, que ce soit en tant que participant, ou en tant que concepteur, animateur de MOOC. L’idée est donner à voir ce qui se passe vraiment sur le terrain, dans les MOOC pour qu’ensemble nous puissions mieux comprendre ensemble ce qui fait sens, ce qu’il faut retenir de ces nouvelles formes de cours.

Controverse Mooc #QN2014 #MOOCGdP pic.twitter.com/OnvyAHuNHk par @fritz_c

Controverse Mooc #QN2014 #MOOCGdP pic.twitter.com/OnvyAHuNHk par @fritz_c

Les MOOC (Massive Open Online Course), ou CLOM (Cours en Ligne Ouvert et Massif), voire FLOT (Formation en Ligne Ouvert à Tous) sont une opportunité pour faire bouger les lignes des formations de l’enseignement supérieur. Pour cela, au delà d’ouvrir simplement l’accès aux cours, nous vous proposons également d’une part d’ouvrir ensemble les coulisses pour partager les avancées de chacun au profit de tous, et d’autre part de laisser à chacun exprimer son expérience, ses retours, ses avis, ses découvertes, pourquoi il a choisi tel cours, ou ce qu’il peut lui apporter. Ainsi chacun pourra se forger sa propre opinion sur des témoignages issus de tous les acteurs d’un MOOC. Les points de vue des plate-formes ou des entreprises sont donc également les bienvenus.

Ce site participatif a pu voir le jour grâce à l’appui de l’Institut Mines-Télécom, mais il est ouvert à tous. Toute institution qui se sent concernée par l’approche peut devenir partenaire, pour contribuer à porter ce projet. Quelques personnes motivées à relayer cette initiative se sont regroupées dans un comité éditorial qui permet notamment de valider les contributions, et de relayer cette initiative.

Pourquoi mooc.fr ? Tout simplement parce que c’est sur ce site qu’ont été hébergé les 2 saisons du MOOC ITyPA (Internet Tout y est Pour Apprendre), et qu’à ce titre il a donc déjà été lieu de débat et d’échanges, de co-construction sur les sujets qui nous intéressent.

Sur les modèles de @-brest, Framablog, innovation-pedagogique.fr, ou bien d’autres, nous vous proposons un site participatif, ouvert, lieu d’échanges et de débat sur ce phénomène que sont les MOOC.

Ce site attend donc les propositions de tous, ce peut être simplement d’indiquer un MOOC existant, de l’apprécier ou de le commenter. Vous pouvez également proposer un article sur le sujet qui vous motive. Cet article n’a pas besoin d’être original. Si sa licence le permet, vous pouvez le recopier sur ce site, en indiquant la source bien entendu. Si le cœur vous en dit, vous pouvez également proposer des traductions sur le modèle de Framablog. N’hésitez pas à nous contacter si vous avez des questions ou des suggestions.

N’hésitez donc pas à apporter votre participation à ce site. Nous avons voulu sa forme attrayante. Il ne reste plus qu’à l’alimenter. Bienvenue sur mooc.fr !

 

Crédit image  : Controverse Mooc  par @fritz_c (Christelle Fritz).  Reproduction avec l’accord de l’auteur.

 

MOOC – un écosystème

Depuis longtemps, on sent l’intérêt des entreprises pour les MOOC. Vus par certaines comme un outil à disposition de leurs formations propres, ou pour les formations de leurs clients, de leurs prospects. Vus par d’autres comme un outil de recrutement pour détecter des candidats potentiels.

Mais surtout, l’écosystème des MOOC se dote d’entreprises qui identifient ces dispositifs comme vecteur de développement, soit comme nouveau débouché pour des services existants, soit comme débouché principal en cherchant à capter la valeur que l’on attache aux MOOC : diffusion de connaissance, certification, produits dérivés …

Je me suis fait un diaporama pour me clarifier cela. J’avais prévu de le présenter à l’occasion d’une réunion "Open Coffee" à Morlaix le 27 février, mais je vais sans doute me le réserver pour une autre occasion. Il parait en effet trop typé par rapport au public prévu.

 

Pourquoi j’adore Twitter …

Twitter est un réseau social dynamique, très ouvert, dont les messages courts obligent à aller à l’essentiel.

Il me permet d’avoir accès en temps réel à ce qui intéresse les personnes que je suis, à avoir des informations sur les événements du moment, aux informations clés qui sont échangées dans une conférence. Ainsi cette semaine pendant la conférence eMOOCs, tout en suivant l’une des 4 sessions proposées en parallèle, je pouvais partager les ponts qui me paraissaient saillants et accéder aux éléments relevés par l’ensemble des twittos de la conférence qui suivaient les autres sessions. Ce n’est pas de l’ubiquité, mais cela aide à assumer un choix inévitable.

Je peux suivre qui je veux sur twitter, des spécialistes mondiaux et locaux dans l’e-education ou les MOOCs, et dans tous les aspects connexes du numérique, aussi bien que des collègues, nos étudiants, et quelques institutionnels. Et s’abonne à mon flux qui veut, par intérêt, par curiosité, par amitié sait-on jamais.

Car ce qui est sans doute aussi important, contrairement à ce qu’affirmait  Pierre Lévy lors de son intervention au colloque de pédagogie QPES, c’est le coté humain, émotionnel permis par ces messages courts, faciles à émettre ou à relayer. Ainsi l’humour est souvent présent, ce qui aide à prendre du recul sur les thématiques sur lesquelles chacun échange sur Twitter.

Des messages d’encouragement, des relais d’informations, des réponses rapides à toute sorte de question aident également à développer la confiance indispensable pour le caractère social de ces réseaux. Ce lien social permet de dépasser le cadre purement intellectuel et formel de l’échange universitaire pour développer des liens qui ressemblent terriblement à de l’empathie, voire de l’amitié. Et qui se transforment naturellement en solidarité.

Ainsi hier soir à l’occasion de la tempête Ulla qui a coupé la pointe de la Bretagne du reste du monde, alors que j’essayai de rejoindre Brest, je me suis retrouvé à errer sur les rails pour finalement débarquer à Rennes. J’ai donc pu en twittant (et en envoyant 1 SMS) ma mésaventure m’apercevoir qu’un collègue était bloqué à Morlaix et ne pouvait revenir sur Rennes, un autre était à Paris, recevoir un message d’encouragement, avoir une proposition d’hébergement et un rendez-vous dans un bar avec un autre naufragé du rail. Pas si mal :-)

Bref, Twitter permet à la fois un partage d’information inégalé, et une construction sociale réelle. Et c’est bien cette alchimie que l’on appelle réseau social, même et surtout quand on l’aborde comme un outil pour apprendre, donc de développement personnel. La motivation est bien un couplage informatif et social. Oublier l’un des deux, c’est comme pour la vision, c’est perdre la 3ème dimension qui donne de l’épaisseur.

Crédit photo : Twitter Eggs at OSCON par Garrett Heath licence CC-by

Promouvoir les MOOC – France Université Numérique vue par un breton

J’ai eu la chance d’être invité à un panel à la conférence européenne eMOOCS à Lausanne à un panel "How to support & promote MOOCs".

Plutôt que de me concentrer sur le processus interne à mon établissement qui est finalement très proche de celui de l’EPFL (Pierre Dillenourg était également du panel) j’ai préféré montrer comment, partant d’une aventure comme #ITyPA, je me suis retrouvé à échanger de plus en plus largement, jusqu’à ce que l’initiative telle que France Université Numérique incluant les premiers créateurs de MOOC en France et fédérant les établissements avait finalement permis d’enclencher une dynamique nationale, créer une communauté active et nous permettre d’envisager d’aller plus loin.

En conclusion, pour promouvoir les MOOC, je crois à l’importance de permettre leur articulation dans les cursus de formation, et de créer des ponts entre des publics différents.

Je retiens que le mot clé de cette présentation semble être "enthousiasme". Celui des professeurs qui ont fait des MOOC, et sur lequel il faut s’appuyer pour diffuser ces dispositifs.

Journée des MOOC à Nantes – que sont les MOOC ?

Les organisateurs de la Journée des MOOC m’ont gentiment invité à faire l’ouverture de leur journée ce 24 janvier 2014 à Nantes en répondant à la question « Que sont les MOOC ? ». Vous pouvez retrouver les enregistrements vidéos assurés par OpenTV en ligne. Cécil Michaut nous a également proposé son compte rendu sur son blog.

 

Les tables rondes associant universitaires et entreprises ont fait de mon point de vue la réussite de cette journée. Les orateurs que j’ai pu écouter, Patrick Jermann de l’EPFLet Matthieu Nebra de OpenClassRooms ont fait leur show avec passion.

Une petite mention amicale aux organisateurs qui m’ont proposé deux challenges amusants, bien qu’impromptus :

  • le premier a été de me faire démarrer mon intervention sans diaporama et de me le rétablir au bout de quelques minutes. Comme je m’appuyai sur mon PC pour tenir le discours et que l’affichage était assuré par un autre, j’ai eu un peu de mal à m’y retrouver. J’espère que les participants ne m’en voudront pas trop ;
  • Le second a été de me proposer au dernier moment de participer à une table ronde sur les modèles économiques. Je me suis retrouvé à préparer mon discours pendant que les autres invités faisaient leur tour de table (cela se voit peut-être sur la vidéo, mais je crois que le discours était cohérent) ;

Merci à eux donc de m’avoir aidé à prendre confiance dans ma capacité d’improvisation:-) Cela a également permis à l’équipe de ITyPA de se retrouver, ce qui nous a permis de passer un week-end agréable et de faire enfin notre bilan.

La dynamique de France Université Numérique pour les MOOC

France Université Numérique (FUN), c’est évidemment bien plus que la question des MOOC. C’est un agenda qui s’articule autour de 18 actions, dont la troisième concerne la plate-forme de MOOC. Ce qui veut dire que la plate-forme de MOOC entre à la fois dans une logique globale et préfigure ce que doit devenir FUN.

Depuis le printemps dernier, Catherine Mongenet qui est l’âme de FUN, en tout cas la chargée de mission, s’attache à fédérer les acteurs autour des MOOC, notamment les établissements offreurs de cours, mais également les acteurs de la recherche, tout en gardant des relations cordiales avec les différents acteurs économiques. Chacun semble trouver ses marques, et à trouver sa place, entre les plate-formes privées ou alternatives, les soutiens à la conception de MOOC, les approches éditoriales. Bref, l’écosystème prend forme et semble plus serein. On verra comment la mise en place de la fondation FUN (action 9) permettra à cet écosystème de se développer.

La mise en place de la plate-forme a été un peu compliquée, mais s’est faite avec une vraie volonté d’associer les acteurs, notamment les premiers concepteurs de MOOC. C’est une bonne chose car cela a permis d’éviter de construire une structure déconnectée de la réalité. Si tout le monde n’y a pas trouvé tout ce qu’il espérait, le résultat est issu d’un consensus entre volonté politique, impératifs techniques, et besoins des producteurs de cours. Cela donne toutes ses chances à une telle plateforme. Beaucoup reste à faire, et certains trouvent que cela n’avance pas assez vite, mais au moins cela avance de manière concertée. On peut également regretter que celle-ci ne soit pas très innovante, mais elle a au moins le mérite d’exister et de fédérer.

Plus intéressant, ce dispositif n’est pas que technique, il y a un véritable accompagnement pour développer les pratiques. Cela a débuté par la mise à disposition d’un ensemble de documents, de nombreux messages pour informer le public des 22 cours mis à disposition. Il y a eu la mise en place de personnes-relais dans les différents établissements, qui sont régulièrement informés. Il y a des réunions d’échanges entre concepteurs, des sites de partage … bref, on cherche à construire un communauté.

La seconde phase est maintenant de proposer des formations sur la conception de MOOC sur FUN en 2 jours. Si celles-ci sont en présentiel, elle s’applique le principe de la classe inversée, en proposant des vidéos de présentation à consulter avant la session. Certaines sont en ligne ici ou . Reste à développer son pendant en ligne, sous forme de MOOC évidemment. On en reparlera :-)

Le MOOCamp marque une nouvelle étape qui a ravi un certain nombre d’entre nous. On va ici au delà de la communauté technique pour proposer des approches d’innovation ouverte qui permettent de sortir des sentiers battus. Et l’écosystème des MOOC y est sensible et prêt à jouer le jeu.

De manière intéressante, ce n’est qu’après que ces premières étapes soient en place que l’on annonce la mise en place d’un fond pour l’équipement des universités. Un fond d’équipement de laboratoire d’enregistrement est prvéu. Il pourra s’appuyer sur un ensemble varié de solutions explorées. Les fonds de soutien pour la formation professionnelle et pour les investissements d’avenir, prendront place dans un écosystème qui aura déjà décanté des premières pistes. Les aides pourront donc être décidées sur des éléments plus fiable que sur des intentions.

Bref au travers de cette initiative, l’enseignement supérieur semble enfin intégrer dans son fonctionnement les éléments clés d’une réussite du numérique : écosystème, coproduction, accompagnement, innovation ouverte…

crédit photo : #jiscwebminar what is a MOOC ? par  giulia.forsythe licence CC-by-sa-nc

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