Techniques innovantes pour l'enseignement supérieur

Des exemples de projets de wikibooks inter-institutions

Posté par Jean-Marie Gilliot le 9 novembre, 2009

Résumé de l’article  : The tensions of transformation in three cross-institutional wikibook projects Pages 126-135 Curtis J. Bonk, Mimi Miyoung Lee, Nari Kim, Meng-Fen Grace Lin du journal Internet and Higher Education (2009- vol3-4)

Bookcover of Web 2.0 and Emerging Learning Technologies d'une des wikibooks cité dans l'article

Cet excellent article tire des enseignements sur la mise en place de wikibooks entre différentes institutions dans des enseignements. Il devrait nous permettre d’avancer dans notre réflexion sur l’utilisation des wikis dans les enseignements.

Les auteurs soulignent l’intérêt de la mise en place de wikis dans le sens où il s’agit d’une situation “authentique”  pour les étudiants, dans le sens où leurs écrits trouvent naturerellement une audience et que le processus d’apprentissage devient un processus de production et de participation. Ils soulignent que cela permet également de développer les compétences du XXIème siècle : l’expression créative, la communication, l’interprétation d’informations trouvées en ligne et la collaboration. Ils citent notamment Vygotsky au sens où l’”apprentissage est un processus social”.

Ils identifient différents usages possibles : du glossaire au livre complet, en passant par les résumés, les rapports sur des articles, les dissertations de classe, le journal de classe, le partage de ressources (conférences, sites web, exemples …).

Les 3 exemples d’utilisation montrent leur progression dans l’utilisation de wikibooks dans un cours, en affinant les modalités pédagogiques et la progression. Pour des élèves non utilisateurs de wikis, plusieurs étapes peuvent être distinguées : l’apprentissage technique du wiki en classe, la correction de wikibooks existants pour la prise de confiance et réaliser que l’écrit d’un wiki n’est pas définitif, l’écriture simple ensuite, la relecture et la correction croisée pour affirmer la dimension de collaboration et finalement l’écriture collaborative de wikibooks ayant vocation à exister après le cours (je pense ici notamment à des exemples de cours où l’objectif est explicitement la création de livres). On parle aussi de rôles différenciés avec l’idée d’un éditeur en chef, en charge de la qualité globale du wiki. Notons que ces exemples de wikis collaboratifs portent une fois de plus sur soit des étudiants en éducation, soit un cours sur le web2.0.

Par ailleurs, ils constatent qu’il faut du temps pour que les étudiants s’adaptent à ce style d’écriture. La longueur du semestre semble nécessaire et les élèves doivent pouvoir dégager du temps pour ce type d’exercices.

La partie la plus intéressante de cet article est qu’il énumère un bon nombre de points clés à prendre en compte pour la mise en place de telles expériences dans un cours :

  • Les questions d’ingénierie pédagogique (instructional issues)
    • Prendre en compte le background des élèves : plein temps ou non, habitude des technologies et nombre de plate-formes utilisées (wiki + CMS + email + …) …;
    • Contrôle des étudiants sur le wikibook. Plus ils sont responsables, plus la qualité sera au rendez vous ;
    • La coordination entre pairs de différentes institutions est importante, bien que difficile. Les périodes de travail des élèves doivent être compatibles pour permettre les interactions. La planification est indispensable ;
    • Le degré de structure et l’organisation. Des échéances sont nécessaires, ainsi que des aides, des critères clairs d’évaluation, des exemples et des encouragements de l’encadrement. La structure doit être maitrisée en fonction des objectifs, mais doit permettre la créativité et l’expression d’idées ;
    • Les temps des activités doivent être gérés. Une rencontre via vidéo entre institutions peut être intéressante, en lancement pour créer des liens, ou pour une présentation (par les élèves) en fin de cours ;
    • La coordination entre institutions et le planning sont indispensables ;
    • Quel apprentissage. Comment le mesurer, comment l’évaluer ? Reste-on sur les connaissances ou prend-on en compte l’apprentissage de compétences du XXIème siècle. L’article affirme que cela nécessite des recherches ultérieures ;
    • Contrôle par l’instructeur et prise de risque. Il semble qu’une expérience de pédagogie par projet dans laquelle on donne plus de latitude aux étudiants soit bénéfique. En effet, ce type d’apprentissage collaboratif prend d’autant plus de sens que l’on laisse de la liberté aux élèves. Il faut donc apprendre à naviguer dans un environnement plus ouvert, sans sombrer dans le chaos ;
    • Réutilisation du wikibook. Est-il à usage unique ou peut-il être utilisé comme base, repris, étendu, remodelé. Cela nécessite sans doute une approche pédagogique différente dans l’évolution d’un enseignement ;
    • Meta-réflexion sur les principes de wikibooks (i.e transfert des idées liées aux wikis) ;
    • Techniques de motivation. Mettre une note permet de forcer le démarrage (motivation extrinsèque), mais il faut ensuite d’autres facteurs de motivation pour déclencher une réelle dynamique : l’encouragement, l’objectif final, la revue par les pairs, la collaboration internationale, des interactions intelligemment préétablies, sont des facteurs de motivation intrinsèques ;
  • Les questions de collaboration
    • Perception de la collaboration entre étudiants de différentes institutions. Celle-ci paraît intéressante mais la valeur ajoutée n’est pas ressentie de manière très appuyée ;
    • Prise de perspective. Cette apprentissage impose la prise en compte d’autres perspectives et d’autres idées ;
    • Collaboration des instructeurs et retour. Ces retours sont essentiels. Le positionnement des instructeurs (je dirais bien tuteur) peut être variable : donnant des indications, il peut devenir collaborateur à part entière. Ce positionnement dépend des objectifs et des habitudes des institutions ;
    • Compétences linguistiques. Les exemples cités sont dissymétriques entre des étudiants américains et des asiatiques devant traduire en anglais ;
    • Autres : choix des partenaires, des cours, …
  • Les questions liées aux wikibooks
    • Règles et procédures. Si le wikibook est développé dans un site déjà existant, il est nécessaire de se plier aux règles de la communauté, notamment au niveau des copyrights de document (images avec des droits compatibles dans wikibook.org) ;
    • Sélection des sujets de chapitres. Issu de l’enseignant ou d’une réflexion et d’un choix des étudiants ;
    • Contrôle de l’édition des chapitres. Certains étudiants ont des difficultés avec l’idée que leurs écrits puissent être repris. Ce facteur doit être pris en compte pour permettre le développement d’échange entre pairs et de revues croisées ;
  • Les questions de construction de connaissance et questions de communautés.
    • Acceptation de la construction de connaissances et processus de négociation . Il faut du temps pour passer les tensions, notamment parce qu’habituellement l’évaluation est individuelle et met en avant les idées apportées par chacun. Il est également nécessaire d’apprendre à accepter la critique et à adopter une attitude mesurée et constructive ;
    • Difficulté de développer des communautés dans les limites d’un cours ;
    • Tactiques de construction de communautés. Il faut amener la contribution de manière progressive (par exemple commencer par une espace de partage de ressources), organiser des rencontres …

Les difficultés sont réelles mais l’enjeu en vaut la chandelle.

Publié dans construction de supports pédagogiques, cours OER, former les enseignants du supérieur, pédagogie méthodes, ressources pédagogiques, références, scénarios d'apprentissage, wiki | Taggé: , , , , , , , | 2 Commentaires »

Conférences généralistes Ingénieur et Pédagogie

Posté par Jean-Marie Gilliot le 4 novembre, 2009

Les enseignants réflexifs, les pédagogues, les spécialistes des sciences de l’éducation sont chacun actifs dans leur communautés propres. Il y a néanmoins quelques rendez vous importants pour leur permettre de se rencontrer. L’année prochaine, cela se passera à Montréal ou au Maroc. C’est aussi une excellente occasion de valoriser le travail pédagogique qui se fait dans les établissements.

2 conférences qui nous tiennent particulièrement à cœur se dérouleront l’une à la suite de l’autre sur les rives du Saint Laurent :

  • Questions de pédagogie dans l’enseignement supérieur du 8 au 11 juin qui reprend la formule de Brest 2008 et se penchera plus particulièrement sur les questions de professionnalisation. L’appel est disponible sur le site du colloque : http://www.colloque-pedagogie.org/workspaces/colloque_2010/appel
  • International CDIO Conference du 15 au 18 juin, qui propose des formules de présentation variées et aborde explicitement les aspects d’enseignements par projets, d’internationalisation, de leadership … et dont le thème sera “Making Change Last: Sustaining and Globalizing Engineering Educational Reform”. L’appel à com est ici : http://cdio.polymtl.ca/presentations/callpapers/index.htm

Ces deux conférences sont des lieux privilégiés pour présenter et valoriser nos activités autour de la pédagogie.  Les thèmes sont indicatifs, toute contribution dans l’esprit des colloques (voir appels) est possible. Dans les deux cas, il est nécessaire de prévoir un papier d’environ 6 pages, la sélection se fait sur résumé long ou papier complet. Le dépôt est début janvier (8 et 11 janvier respectivement).

Une autre conférence pédagogique francophone importante est celle de l’AIPU qui couvre un public plus large, aux contributions parfois inégales, mais avec certaines excellentes présentations et une plus grande ouverture à l’enseignement universitaire au sens large. Celle-ci se déroulera à Rabat du 17 au 21 mai. Appel à résumé pour le 30 novembre. La page de présentation est la suivante : http://aipu2010-rabat.refer.org/v0/

Publié dans Formation enseignants, former les enseignants du supérieur, pédagogie, évaluation des enseignants | Taggé: , , , | Laisser un commentaire »

Visualiser les informations d’un objet.

Posté par Jean-Marie Gilliot le 30 octobre, 2009

have a look at the structure of an object

Have a look at the structure of an object will allow you to understand it !

Pour donner du corps à l’idée d’apprendre via les objets, il est intéressant de regarder la vidéo venant du groupe Fluid Interfaces du MIT, et présenté il y adéjà quelques temps par 01net dans son article “Le MIT a les moyens de faire parler les objets” ou dans coopératique dans son article Le téléphone mobile : cet appareil tellement dépassé… d’où j’ai extrait l’image de mise en bouche.

voici ce que cela proposent les gens du MIT :

On voit que l’on peut afficher ce que l’on veut sur n’importe quel objet, et interagir, nous sommes donc bien dans une optique de réalité augmentée dans la rue. Donc, pas de problème pour visualiser un éclaté de l’objet considéré et commencer à rentrer dans la structure interne de l’objet et donc de commencer à comprendre comment il est fait.

Je viens de proposer un sujet sur le prototypage d’un apprentissage au sein d’un l’objet, qui a été choisi par une de nos élèves de dernière année. Je suis impatient de voir ce qu’il est possible de proposer.

Publié dans Internet des objets, apprentissage avec mobiles, goût aux sciences | Taggé: , , , | Laisser un commentaire »

Devenir Ingénieur via les objets

Posté par Jean-Marie Gilliot le 21 octobre, 2009

http://www.flickr.com/photos/dalbera/2739290486/ : dalbera

http://www.flickr.com/photos/dalbera/2739290486/ : dalbera

Comme on l’a vu, une approche de type Apprendre via les Objets est, selon une approche par compétence telle que celle développée par le CDIO, est  une modalité pédagogique intéressante.

En effet, s’il est possible d’associer des ressources pédagogiques pour mettre en situation des notions scientifiques ou techniques, il est également possible d’envisager nombre d’activités complémentaires.

Entrer dans les savoirs par une entrée de ce type permet de mettre en exergue le caractère profondément interdisciplinaire des objets qui nous entourent. Cette interdisciplinarité est bien entendu technique, mais elle aborde aussi les aspects environnementaux, ou durables,  comme le propose Bruce Sterling. Elle permet de poser la question de l’utilité sociale de l’objet, son intégration dans des systèmes englobants qu’ils soient techniques, organisationnels ou sociaux.

L’approche “Apprendre via les objets” permet de construire différents types de sujets de type projet :

  • construire une réponse à des utilisateurs qui veulent pouvoir adapter un objet existant pour un usage nouveau. L’accès aux données des objets (rendu possible par des protocoles tels qu’OpenSpime , aux outils de reconstruction des objets (lié à la notion de Spime de Bruce Sterling). C’est une approche qui oblige à analyser l’existant et la demande, deux aspects importants pour le futur ingénieur ;
  • imaginer, analyser des conceptions alternatives en faisant varier des paramètres de type coût, nombre d’exemplaires, l’approche consistant à pouvoir faire du sur-mesure change en effet les critères qui ont conduit à la coneption de nombre d’objets qui nous entourent qui ont été conçus selon une approche d’échelle mondiale avec une personnalisation au niveau informatique ou de l’emballage ;
  • travailler avec des designers, ou d’autres. En effet les données étant partageables, partagées il devient possible de mettre en place des projets ou des campus distants collaborent. Le projet, la collaboration se fait autour de l’objet ;
  • l’internet des objets est également une source d’innovation qui permet d’envisager des innovations et des modèles économiques modernes comme l’a prouvé l’emblématique lapin Nabaztag

En bref, il est possible d’envisager des projets motivants, avec l’intégration des connaissances techniques, sociales, économiques, durables …

crédit photographique : http://www.flickr.com/photos/dalbera/2739290486/ par Dalbera en licence CC-by.

Publié dans Internet des objets, goût aux sciences, scénarios d'apprentissage | Taggé: , , , , | Laisser un commentaire »

Guides de lecture pédagogiques

Posté par Jean-Marie Gilliot le 5 octobre, 2009

Quand on abord un domaine avec des habitudes de “recherche”, il est toujours important de se constituer une bibliographie, mais cela peut être long.

Quelques points d’entrée permettent de gagner du temps et de trouver ce qui peut être vraiment intéressant de lire :

  • eLearning Reviews, en anglais et allemand donne quelques 300 points de vue
  • le Life (Laboratoire de recherche Innovation-Formation-Education) donne sa liste de livres à (re)lire. Mais sans doute à utiliser pour voir une information sur un livre déjà détecté.

Publié dans Formation enseignants, former les enseignants du supérieur, références | Laisser un commentaire »

ECTEL 09 et sa lanterne magique

Posté par Jean-Marie Gilliot le 5 octobre, 2009

J’ai eu la chance de participer à la conférence ECTEL 2009 (European Conference on Technology Enhanced LEarning “Learning in the Sinergy of Multiple Disciplines”). D’excellents papiers, des keynotes speakers convaincants (notamment Mike Sharples qui nous convie à une recherche interdisciplinaire et globalisée, tout en restant au contact de la réalité de la classe).

J’ai participé avec Serge Garlatti à un workhsop appelé “Future Learning Landscapes: Towards the Convergence of Pervasive and Contextual computing, Global Social Media and Semantic Web in Technology Enhanced Learning”. L’objet était de réfléchir au futur des environnements d’apprentissage dans une perspective d’intégration des apects pervasifs, sociaux, mobiles et sémantiques. Nous avons présenté notre point de vue au travers d’un papier “An Adaptive and Context-Aware Architecture for Future Pervasive Learning Environments“. La présentation orale que j’ai faite permet d’aborder cela d’une manière plus graphique :

Parmi les présentations auxquelles j’ai assisté, j’ai particulièrement apprécié celle de l’EPFL (Hamed Seiied Alavi, Frederic Kaplan and Pierre Dillenbourg). Leur article Distributed Awareness for Class Orchestration part de l’étude d’un problème très pratique : l’intervention d’assistants dans un bureau d’études (recitation in english), passe à un niveau d’analyse très poussé, puis propose une solution pragmatique et particulièrement idoine : une lanterne qui donne le numéro de l’exercice traité (via la couleur), le temps passé (via l’intensité), le fait qu’ils demandents de l’aide (une couleur clignotante) et depuis combien de temps (fréquence du clignotement). Le travail de thèse d’Hamed Seiied Alavi semble porter sur l’oganisation spatiale des apprentissage et permet donc ce recul nécessaire pour proposer ce genre d’innovation

Je suis impatient de pouvoir utiliser ce genre d’objet dans mes BE.

Une vidéo trouvée sur une page décrivant ce projet à l’EPFL du Craft vous permettra de mieux en juger.

Publié dans Internet des objets, pervasive learning, ressources pédagogiques, web3.0 | Taggé: , , , , | Laisser un commentaire »

Rationale for a CDIO approach : Apprendre via les objets !

Posté par Jean-Marie Gilliot le 5 octobre, 2009

Je décrivais hier ce qu’est l’approche CDIO. Ce matin, j’écoute l’introduction du meeting.

Je reprend ici une diapo titrée “Rationale for a CDIO approach”

  • Most engineers tend to learn from a concrete to the abstract, e.g.in manipulating objects to understand theoritical concepts ;
  • Many students arrive at university lacking personal experience in building or repairing objects
  • Design-implement activities and other forms of experiential learning build the cognitive framework students need to understand the fundamentals more deeply
  • In a CDIO approach, learning activities have a dual impact of deepening technical knowledge while developing product, process, and system building skills

Un plaidoyer pour développer une approche moderne de la compréhension des objets. J’appelle cela “Apprendre via les objets

Publié dans Internet des objets, goût aux sciences | Taggé: , , , | 1 commentaire »

CDIO, quézaco

Posté par Jean-Marie Gilliot le 4 octobre, 2009

Partant une deuxième fois pour un meeting du CDIO (la Finlande cette fois-ci) et je m’aperçois que je n’ai toujours rien écrit là dessus (enfin juste un peu sur Wikipédia, mais cela ne compte pas vraiment). Alors voici un premier jet.

CDIO est à la fois un acronyme (Conceive – Design – Implement – Operate, que l’on peut traduire par Imaginer – Concevoir – Réaliser – Exploiter) visant à mettre l’accent sur le fondement du métier d’ingénieur : développer des systèmes, et une initiative regroupant un nombre croissant de formations d’ingénieurs du monde entier, avec dans les membres fondateurs le MIT, les universités suédoises (KTH, Chalmers …).

L’initiative CDIO se propose de refondre la formation des ingénieurs en interrogeant toutes les composantes de l’organisation d’une formation. Pour cela la fondation a adopté une démarche de développement classique d’un modèle éducationnel complet, partant des besoins jusqu’à son exploitation en passant par la conception détaillée. Cette démarche se veut itérative et vise à permettre la construction d’un programme de formation complet.

Elle s’intéresse ainsi aux objectifs finaux de la formation, à son organisation, aux méthodes pédagogiques utilisées. L’esprit du CDIO est de proposer un ensemble de ressources. L’idée n’est pas d’être prescriptif, mais force de proposition et de changement dans les formations d’ingénieurs.

La première ressource est donc le syllabus, (ou référentiel de formation) union des compétences souhaitables pour l’ensemble des ingénieurs. Un formation couvrira donc logiquement un sous-ensemble des ces compétences, suivant les orientations du diplôme proposé. Ce syllabus est organisé autour de 4 éléments principaux :

  • les connaissances scientifiques et techniques ;

  • les compétences personnelles et professionnelles ;

  • les compétences interpersonnelles : travail en groupe et communication ;

  • les compétences liées aux métiers de l’ingénieur : Imaginer, concevoir, réaliser et exploiter des systèmes dans un contexte sociétal et d’entreprise.

Ce découpage vise bien à mettre les aspects scientifiques, techniques et transverses de la formation d’ingénieur en perspective en référence au métier de base. Il peut ainsi servir de base pour la construction du référentiel d’une école, et d’outil de discussion avec les partenaires industriels ou académiques. Ce syllabus est la traduction sous forme de référentiel du contexte de la formation d’ingénieurs.

Au delà de cela, on trouve un regroupement de bonnes pratiques sous forme de standards. Ces standards permettant de mettre l’accent sur les éléments stratégiques de la formation.

Actuellement au nombre de 12, il couvrent aussi bien des éléments pédagogiques (encouragement de la formation par projet et de la pédagogie active) qu’organisationnels (formation des enseignants, évaluation des programmes)

L’adhésion à cette initiative permet d’entrer dans une démarche collaborative internationale de réflexion et d’amélioration de la formation des ingénieurs. Pour cela, le CDIO organise annuellement deux meetings, dont une conférence, et développe des groupes régionaux. En France, pour l’instant seule Télécom Bretagne a rejoint cette initiative. Notons également comme autre institution francophone l’école Polytechnique de Montréal.

Le CDIO regroupe à travers le monde, une quarantaine d’universités au rang de collaborateurs sur tous les continents, sans compter 18 écoles chinoises, l’association australienne pour la formation des ingénieurs.

Parmi les travaux actuels au sein du CDIO, signalons une mise à jour du syllabus, la proposition d’un standard autour de l’internationalisation des formations, la préparation de ressources autour de projets et de la pédagogie active, la réflexion sur une possible certification CDIO. Les pistes de progression sont donc nombreuses.

Un livre “Rethinking Engineering Education: The Cdio Approach” de Edward Crawley, Johan Malmqvist, Soren Ostlund, et Doris Brodeur (2007) décrit en profondeur tous les éléments de l’initiative, des éléments plus concis peuvent être trouvés sur le site du CDIO. Il est bien entendu aussi possible d’en discuter directement … A Télécom Bretagne, nous sommes convaincus de la cohérence de la démarche !

crédit photo : Lounge! http://www.flickr.com/photos/loungeonflickr/2674483278/ CC-by-nc

Publié dans pédagogie, ressources pédagogiques, référentiel de formation | Taggé: , , , , | 1 commentaire »

Gros mots pour grands enjeux

Posté par Jean-Marie Gilliot le 29 septembre, 2009

L’enjeu central est ici de permettre aux élèves/apprenants/étudiants (rayer les mentions qui ne vous conviennent pas) de progresser dans leurs apprentissages et de pouvoir les utiliser.

Trois éléments sont centraux à l’issue d’un apprentissage, mais ils s’expriment par des termes un peu compliqués :

  • décontextualisation : phase qui permet de nommer les apprentissages pour prendre conscience des nouveaux acquis. Cette phase est une pratique réflexive indispensable pour l’apprendre à apprendre.
  • institutionalisation : valider les apprentissages pour éviter les fausses conceptions. L’institution, via ses enseignants valide les acquis. Indispensable pour pouvoir construire sur des apprentissages valides/validés.
  • transférabilité : Il s’agît de projeter pour pouvoir envisager de réutiliser les apprentissages à de nouvelles situations.

L’ensemble forme une conclusion complète d’une “séquence” d’apprentissage. Merci à Pierre Tchounikine d’avoir rapproché ces trois termes dans les résultats de l’atelier de réflexion prospective sur les EIAH dans le cadre du programme ANR PIRSTEC (Prospective Interdisciplinaire en Réseau pour les Sciences et TEchnologies Cognitives).

Publié dans Formation enseignants, pédagogie | Taggé: , | Laisser un commentaire »

Apprendre via les Objets

Posté par Jean-Marie Gilliot le 29 septembre, 2009

L’Internet des Objets nous promet de pouvoir accéder aux données liées à un objet. L’idée de ce billet est d’envisager comment utiliser ce nouveau lien entre le réel et les données pour susciter une découverte des technologies et des sciences.

Ou comment Redonner le goût aux sciences…

Bruce Sterling nous parle de l’Internet des Objets comme d’un moyen de repenser le monde. L’accès aux informations permet d’accéder à la conception d’un objet, de connaître sa vie. Il en déduit une foule de comportements qui deviennent possible : changer son usage, le faire évoluer, améliorer son empreinte, être au courant de son impact environnemental. Il reste à envisager cet objet comme moyen, ou au moins comme prétexte à apprendre.

Si l’on se place du goût de la découverte des technologies et des sciences, l’idée est que l’on peut via un objet chercher à comprendre comment il est fait, et aussi comment il s’intègre dans son environnement physique et technologique.

Si l’on considère que les plans qui ont conduit à sa conception sont disponibles, il devient possible de proposer ces informations à quelqu’un qui veut comprendre comment l’objet a été conçu ou fabriqué. Il est alors possible de parcourir ces plans pour comprendre quels sont ces composants, qu’ils soient physiques, intégrés ou logiciels. Sa construction redevient lisible !

Ainsi quand je suis face à un objet et que je me demande comment il fonctionne, il suffit de l’interroger pour pouvoir accéder à son fonctionnement interne. Il est ainsi possible de commencer à susciter ma curiosité au moment où je suis prêt à être intéressé.

Ce parcours peut évidemment s’adapter à différents critères : mon âge, mon niveau de connaissances, mon envie d’approfondissement, mes intérêts actuels (je peux m’intéresser actuellement à la découverte de l’électronique, à l’impact environnemental des objets, à l’histoire des sciences …). Il y a là de la matière pour tous les niveaux d’apprentissage. Pour faire une analogie avec le travail d’un collègue : chaque objet devient un musée virtuel dont il est possible de choisir un parcours.

Pour prendre une autre analogie, un certain nombre d’ingénieurs avouent en privé être venus à ce métier par un goût du démontage des objets qui les entouraient du temps de leur enfance. Qui de se souvenir d’une boite de vitesse, de son solex, d’une radio … Les avancées technologiques ont été suffisamment importantes pour que la technologie deviennent invisibles, et tous les objets qui nous entourent indémontables. De la à expliquer le moindre intérêt des jeunes pour la technologie, il n’y a qu’un pas. Cet accès aux plans de l’objet peut le rendre à nouveau « démontable », au moins virtuellement.

Dans cette perspective, l’Internet des objets peut devenir un moyen de comprendre le monde.

Moi cette perspective me branche assez, et vous, qu’en pensez-vous ?

Publié dans Internet des objets, apprentissage avec mobiles, goût aux sciences, web3.0 | Taggé: , , , , , , , , | Laisser un commentaire »