Techniques innovantes pour l'enseignement supérieur

Un jeune ingénieur doit-il être innovant ?

Posté par Jean-Marie Gilliot le 8 février, 2010

En décembre dernier, un comité de programmes a été organisé à Télécom Bretagne. Journée intéressante s’il en est et riche en échanges avec les participants, mais dont la synthèse s’est déroulée dans la précipitation.

Une question est ainsi restée sans réponse, disons sans discussion à l’issue de cette journée : Un jeune ingénieur doit-il être innovant ?

En fait, la question est mal posée, puisque tout le monde ne comprend pas le verbe doit de la même façon.

Dans l’atelier du matin, nous avions conclu que tous les ingénieurs n’étaient pas forcément innovants tout le temps, que l’équilibre d’une entreprise était basée sur un ensemble de personnes, certaines étant plus innovantes, d’autres plus dans l’organisation. Tous les métiers de l’ingénieur n’étant pas forcément dans l’innovation, on ne pouvait rendre la capacité d’innovation obligatoire dans une formation.

En ce sens, tout ingénieur ne doit pas être innovant, au sens où ce n’est pas une obligation pour obtenir le titre d’ingénieur.

Mais cela s’accompagnait d’une réflexion qui consistait à essayer d’imaginer une culture d’école qui permette aux jeunes d’exprimer, voir de développer leur capacité d’innovation. Il s’agît déjà d’un véritable challenge lorsque l’on prend conscience que toute la scolarité que nos élèves ont suivi est basée sur une sélection qui inhibe cette créativité (ce qu’exprime très bien Ken Robinson dans sa démonstration ) et qui nécessite de développer une véritable culture interne (avec des enseignants/chercheurs qui eux ne sont pas toujours dans cette culture). Notre propos est donc que l’institution doit donner aux jeunes tous les moyens de développer leur capacité d’innovation/créativité. Et là, on est bien dans la notion d’obligation, car cela est effectivement vital pour la société et les entreprises.

L’étonnement d’une participante qui s’est exclamée que le jeune ingénieur doit être force d’innovation dans une entreprise peut s’entendre que c’est un but que nous pouvons nous donner, en donnant une formation qui permette de développer cette capacité, mais aussi comme on l’entend depuis longtemps en leur donnant accès à des outils, des techniques, des fondements nouveaux, non encore utilisés en entreprise. Mais là, on est dans la capacité des enseignants/chercheurs d’être en (légère) avance de phase.

Cela peut aussi s’entendre dans le sens où il doit être dans une posture questionnante et une volonté d’amélioration, de coopération. Mais ceci est aussi une question de motivation, qu’il appartient à l’entreprise d’entretenir.

Mais, malgré tout, cela veut-il dire que tout ingénieur doive être innovant ?

Publié dans Enseigner dans le supérieur | Taggé: , , , , | 2 Commentaires »

Le cycle des données du web

Posté par Jean-Marie Gilliot le 23 janvier, 2010

Avez vous remarqué que vos données circulent de plus en plus dans Internet ? Qu’elles sont accessibles partout et notamment dans votre mobile, à l’endroit et au moment où vous en avez besoin ? Que vous avez également accès à celles de votre réseau social, ou des internautes en général, au travers de conseils, de notes ? Oui, bien sûr !

Mais tous ces aspects sont ils déconnectés, indépendants ? Non, bien sûr !

Je vous propose de faire le lien entre ces facettes, en faisant une analogie avec une représentation classique, celle du cycle de l’eau.

Cycle de l'eau

cycle de l'eau (Wikimedia commons)

Qu’est ce que l’eau dans Internet ? Qu’est ce qui circule, qui change de nature, se transforme, se regroupe, se sépare, accède partout ? Les données, évidemment. Avec une « petite » différence, c’est qu’elles ont une mémoire, et qu’ils est possible de les marquer pour les différentier les unes des autres.

Aujourd’hui, la donnée peut être acquise depuis n’importe quel équipement électronique de notre entourage. Pour expliquer notre cycle intéressons à une goutte, pardon une information donnée. Disons à la photo que vous venez de prendre du local de votre association. Comme vous utilisez le super mobile offert à Noël, vous pouvez lui adjoindre sa position GPS (on dit géolocaliser), un petit nom … et directement l’envoyer sur Internet dans un silo de données (FlickR, Picasa, Facebook, …il y a le choix).

Les ruisseaux, les rivières, les fleuves qui vont recueillir cette goutte (eh oui, 1 Mo, c’est une goutte) sont les réseaux des opérateurs, (remarquez bien il n’y en a que quelques uns). Ils transportent toutes les données produits de tous les équipements dispersés sur le territoire, vers la mer.

Les mers sont ces silos de données (Google, qui intègre Picasa, étant un océan) qui recueillent toutes ces données mélangées, les laisse reposer et s’accumuler. Physiquement, ce sont les disques des serveurs, regroupés aujourd’hui en fermes de serveurs. Certaines données s’enfonceront au fond des océans, d’autres ressortiront

Étape suivante, l’évaporation. Vous trouvez ? Les moteurs de recherche de chacun de ces silos vont extraire les données sélectionnées, demandées par les nuages qui s’amoncèlent au dessus de la mer.

Là haut, l’analogie marche parfaitement. Qui n’a pas entendu parler de « cloud computing » (ou informatique dans les nuages) qui va effectuer des traitements, regrouper des données, les associer, les analyser, les traiter … et ramener notre goutte d’information vers nous.

Toutes ces données retombent via les multiples services qui sont proposés sur la toile, et comme d’habitude vous pourrez regarder cette pluie (d’informations) en regardant par la fenêtre (de votre navigateur).

Essayons de retrouver notre goutte du départ. Bien sûr, elle apparaît sur notre compte, mais aussi sur une carte, avec celle de vos voisins, ou par tag, etc. Au fait, regardons la carte, elle aussi est composée de données issues du monde réel. Dans le cas d’OpenStreetMap, elles ont été saisies par des utilisateurs comme vous et moi avec leur GPS, envoyées vers un serveur, déposées, retraitées, extraites et regroupées avec notre petite photo. Peut être également, se seront ajoutées les remarques de vos amis, ou de personnes inconnues qui commenteront votre photo, ou son sujet.

Votre téléphone ? Votre ordinateur ? C’est le seau qui recueille l’eau qui coule de la gouttière et qui déborde régulièrement d’informations que vous n’arriverez pas toujours à exploiter.

Si on veut vraiment boucler le cycle et réinjecter notre donnée dans la réalité, il suffit de la retrouver dans votre environnement. Pour comprendre ce retour, regardons les nouvelles applications de réalité augmentée, dont Wikitude est un bon exemple. Sur l’écran de votre téléphone, vous allez pouvoir visualiser votre environnement par la caméra, et dessus se superposent des petits drapeaux qui indiquent les informations disponibles aux endroits que vous regardez ! Demain, ce pourra être intégré dans vos lunettes, ou les informations pourront être déposées directement dans l’environnement.

Et ainsi le cycle est complet. La donnée, la photo a été extraite du monde réel, a effectué un long voyage (moult données sont hébergées aux états unis), et est revenue s’intégrer dans notre environnement, sous forme de réalité augmentée. Entre temps, il a pu lui arriver pas mal de choses, être exploitée par beaucoup de nuages, avant de revenir à sa place originale dans notre environnement.

Ce cycle de données est aujourd’hui balbutiant, mais trouve des applications multiples et est amené à se généraliser. Prenons par exemple l’application WideNoise de la société WideTag, qui via les réseaux sociaux permet de recueillir les niveaux de bruits partout où il y a des personnes avec téléphone mobile et de proposer une carte mondiale des niveaux sonores.

Que pensez vous de cette analogie ? Est-elle claire ? intéressante ?

Publié dans Internet des objets | Taggé: , , , , , , , , | 1 commentaire »

Nos élèves 2.0 seront les ingénieurs 3.0 (et plus encore)

Posté par Jean-Marie Gilliot le 22 janvier, 2010

Our students 2.0 will be the engineers 3.0 (and more)

Nos élèves ont une culture numérique, principalement ancrée dans les réseaux d’amis dans Facebook ou Messenger, mais aussi autour de la musique, des jeux, des téléphones… Nous pouvons les appeler «natifs du numériques » ou élèves 2.0 (pour coller au titre du billet). C’est un constat, une prise en compte de leur acquis, mais cela ne guide pas sur ce qu’il faut leur faire acquérir. Ce qui est m’intéresse ici, c’est qu’il ne faut pas confondre cet état de fait avec l’objectif d’en faire des professionnels demain. Voici donc quelques objectifs à intégrer dans une formation d’élèves 2.0 futurs ingénieurs 3.0.

Par rapport à l’Internet et son utilisation.

Quelques compétences de base transverses à toute formation de niveau master :

  • la digital literacy, qui regroupe compétences de recherche, d’évaluation, d’utilisation et de synthèse d’information numérique, ainsi que la capacité d’exprimer ses idées de manière numérique. C’est assez différent de l’habileté de manipuler des objets techniques, cela passe plutôt par une acquisition d’un esprit critique numérique, qui ne leur est pas naturel ;
  • la capacité à argumenter, agréger, participer à des communautés, voire à les animer. Cela correspond à une vision élargie à la capacité à convaincre et à travailler en groupe.

Ces aspects correspondent en fait à un niveau minimal pour un niveau master, traduit dans l’environnement numérique, conforme à ce qu’on appelle les descripteurs de Dublin au niveau européen. Nous avions d’ailleurs présenté un article autour de cette idée là il y a déjà deux ans.

Intégrer la dimension de l’Internet

Mais, pour un ingénieur, il faut aussi intégrer la compréhension des phénomènes techniques liés à Internet – en termes de dynamique – de grand système, de facteur de convergence. Cela est important car l’intégration de ces dimensions impacte tous les domaines techniques actuels. La convergence, dite NBIC (pour nanotechnologies, les technologies du vivant, la science informatique et les sciences de la cognition). La conférence de Rémi Sussan dans le cadre de l‘intersemestre sur le post-web2 proposé cette semaine par Gwendal Simon en montrait bien les enjeux. Les autres conférences montraient en quoi la virtualisation du monde, couplée à la projection tangible des informations du web dans le monde réel au travers de l’internet des objets (pour faire court) amenait à reconsidérer la perception du monde réel (écouter par exemple le speech que David Orban nous a fait dans Second Life). Par ailleurs, la dimension de l’Internet transforme totalement la dimension de la capacité de calcul, d’acquisition et de traitement de l’information.

Pour le travail des ingénieurs Télécom aussi cela a un impact sur la gestion des données, les architectures et les infrastructures techniques, ainsi que sur la manière de penser l’algorithmique.

De manière générale, cette dimension nouvelle des problèmes d’ingénierie, cette complexification des systèmes encourage à conserver un volet d’expertise scientifique et technique dans la formation.

Quels enjeux de vie auxquels nos élèves auront à faire face ?

La vie n’est pas un long fleuve tranquille. Internet est un vecteur important de changement, il est d’ailleurs en perpétuelle évolution (en passant, avez vous remarqué que les évolutions de l’électronique ne se mesurent plus en puissance de calcul, mais en niveau d’intégration dans Internet et en débit), tant dans ses capacités, que dans sa sphère d’influence. Cela amène au niveau de l’activité à des dynamiques inconnues, qui nécessitent donc de l’adaptativité. Celle-ci ne peut s’obtenir que s’ils ont confiance en eux, qu’ils aient une motivation suffisante. Par ailleurs, il y a une nécessité d’éthique renforcée, liée au fait que les systèmes technique impactent de manière renforcée des enjeux de pouvoir, de démocratie, les enjeux liés à la vie de la planète entière et de ses habitants. En bref il faut acquérir une conscience des choix de société qui sont devant nous (dans quel meilleur des mondes vivront nous ?)

Quels défis les attendent ?

De manière évidente, dans les 40 ou 50 ans à venir, ils auront à gérer des systèmes intégrant les composantes des NBIC, à imaginer les usages, et à développer les applications qui y seront liées. Mais cette intégration se fera avec un objectif qui va devenir de plus en plus prioritaire : le développement durable dans ses trois composantes : sociale, écologique et économique.

Prospectif ? Peut-être, mais tellement vital pour notre société, comme le rappelle Bruce Sterling.

PS1 : au départ, je suis parti juste du titre proposé dans un billet twitter, que j’ai eu envie de reprendre. Le reste vient en fin de « semaine prospective » de manière un peu courte ou abrupte. Certaines parties peuvent nécessiter un discours un peu plus long. Prêt à en discuter avec qui voudra…

PS2 : je n’ai pas intégré grand chose de la journée « internet du futur » qui se concentrait plus sur une problématique accès aux données, architecture du réseau lui-même avec le débat liberté versus contrôle nécessaire, qui me parait tellement biaisé, bien que sans doute vital pour l’avenir.

Publié dans Enseigner dans le supérieur, Internet des objets | Taggé: , , , , , , , , , , | 1 commentaire »

Une semaine prospective Internet à Télécom Bretagne

Posté par Jean-Marie Gilliot le 17 janvier, 2010

Certaines semaines font particulièrement apprécier de travailler dans des établissements comme Télécom Bretagne. La semaine qui démarre devrait en être un exemple parfait. Au programme un cours d’intersemestre, dite Post-Web2, comme on n’en trouve nulle part ailleurs et une retransmission de la conférence « Quel futur pour l’Internet ? » en amphi !

Le cours d’intersemestre est une spécialité brestoise qui consiste à proposer sur une semaine un ensemble de cours sur des thèmes qui paraissent intéressants ou qui tiennent au cœur des enseignants -chercheurs de l’école. Cela va du théâtre au nanotechnologies en passant par le leadership, le design, ou le secours en montagne, etc. Bref, il y en a pour tous les goûts, et l’objectif est bien d’élargir la culture de nos élèves ingénieurs.

Dans ce cadre, @gwendal Simon nous concocte depuis quelques années un cours autour du Web2. Mais contrairement aux autres cours sur le sujet, la prise de recul par rapport aux technologies est importante, puisque son approche est de faire intervenir des experts qui donnent leur vue sur l’évolution des usages et des possibilités offertes par l’Internet moderne. Cette année, le thème est le « post-web2 ». L’idée est donc de dépasser l’exploration habituelle du web communautaire, collaboratif, pour aller encore plus loin.

Ainsi, les deux moments forts de cette année seront les présentations de Rémi Sussan et Hugobiwan.

  • Rémi Sussan, va nous éclairer sur la société numérique avec la vision prospective qu’on lui connait sur InternetActu, entre post-humanisme et science-fiction.
  • Hugues Aubin nous accueillera sur Second Life pour nous parler de réalité mixte, d’hommes et territoires augmentés. Il semble qu’il ait réussi à convaincre plusieurs autres participants (d’après ses derniers tweets, on compterait sur @loichay @richwhite @dr_manhattan @davidorban @yannleroux @yannleguennec, si vous ne savez pas qui ils sont, je vous le laisse découvrir et … les suivre sur twitter).

N’oublions pas non plus la présentation de Cécile Bothorel (@CecileBothorel), une collègue experte dans l’analyse des réseaux sociaux.

L’aspect pratique n’est malgré tout pas oublié. Les élèves auront comme objectif de tenir un stand dans un exploriou camp, version locale des explorcamps, dans laquelle ils présenteront à toutes les personnes présentes sur le campus un thème qui a retenu leur attention. Pour cela, ils disposeront des après midi pour faire leurs recherches, leurs essais d’outils, et préparer leur argumentaire. Ma participation à ce cours se cantonnera d’ailleurs à participer à l’animation de cet aspect du cours.

Ce cours devrait non seulement remplir d’aise les geeks modernes, mais toutes les personnes un peu intéressées par la prospective dans le domaine des usages de l’Internet. En effet ces cours, et l’exploriou camp sont ouverts à tous ceux qui sont intéressés. N’hésitez pas à prendre contact.

Quel futur pour l’Internet est une conférence multi-site avec Vinton Cerf, Bob Kahn et Louis Pouzin, autrement dit les figures historiques de l’Internet qui ont une compréhension du phénomène et une vision qui méritent sans contexte qu’on les écoute. Leur intervention sera suivie de quelques autres pointures nationales, d’après le programme :

  • Jean-François C. Morfin, dit « Jefsey », Chair de l’IUCG@IETF qui nous parlera du travail engagé vers l’Intersem (l’internet des pensées).
  • Michel Riguidel, professeur émérite de Télécom ParisTech qui nous présentera de l’Internet polymorphe.
  • Michel Charron, directeur des opérations, Amesis qui évoquera la sécurité à l’horizon 2015, 2020 …
  • Nicolas Arpagian, rédacteur en Chef de la revue Prospective Stratégique, sur le thème : Une cyberguerre est-elle possible ? probable ?
  • Joao Schwarz Da Silva, Commission Européenne : l’Internet du futur, ce qu’en pense l’Europ.

Bref quelques beaux sujets de réflexion. La conférence est ouverte à tous et les inscriptions gratuites sont à indiquer à l’AFEIT pour Brest.

En tout cas, l’objectif d’ouvrir les esprits devrait être atteint, et pas seulement pour les élèves.

ean-François C. MORFIN, dit « Jefsey », Chair de l’IUCG@IETF qui nous parlera du travail engagé vers l’Intersem (l’internet des pensées).

Michel RIGUIDEL, professeur émérite de Télécom ParisTech qui nous présentera de l’Internet polymorphe.

Michel CHARRON, directeur des opérations, Amesis qui évoquera la sécurité à l’horizon 2015, 2020 …

Nicolas ARPAGIAN, rédacteur en Chef de la revue Prospective Stratégique, sur le thème : Une cyberguerre est-elle possible ? probable ?

Joao SCHWARZ DA SILVA

Publié dans Enseigner dans le supérieur, web2.0 | Taggé: , , , , , , , , | 1 commentaire »

Interagir avec les élèves en amphi via leurs mobiles

Posté par Jean-Marie Gilliot le 11 janvier, 2010

Comment rendre un amphi interactif ? Il faut pouvoir solliciter les étudiants, les interroger, les interpeller sans pour cela les mettre position de défense, bref le rendre actif pour capter son attention. Et pourquoi ne pas utiliser les équipements dont ils disposent (mobiles ou PC portables) pour interagir plus facilement ?

Amphithéâtre de l'Acropolis

En effet, un cours en en amphi uniquement magistral, sans sollicitation des élèves présente plusieurs défauts :

  • on perd en général l’attention des élèves ;
  • l’élève ne mémorise pas grand chose et peut considérer qu’il est aussi efficace de lire les éléments de ce cours plutôt que de les écouter, que ce soit au travers des supports de cours, ou d’autres sources (livres ou plus probablement Internet) ;
  • et de plus cela ne permet pas d’avoir de retour sur ce que l’étudiant a effectivement compris du discours.

Cette mise en activité peut se faire au travers de questions, de petits exercices, d’activités de discussions en petits groupes… Le CDIO parle d’apprentissage actif et a d’ailleurs intégré cet aspect dans un de ses 12 standards. Un étape importante est de recueillir les retours de cette réflexion. Cela se fait bien au travers d’un vote (qui peut être une Question à Choix Multiples), qui permet ensuite de rebondir et d’expliquer au travers des réponses fausses quelques difficultés classiques. D’autres types d’interactions pourront sans doute se mettre en place après l’appropriation des outils.

Le recueil peut se faire à main levée, mais on voit également apparaitre des dispositifs techniques qui peuvent permettre d’aller plus loin, ou d’interagir plus facilement :

  • la société TurningTechnologies propose des systèmes complets intégrant des boitiers distribués aux élèves, un boitier de réception sur le PC du prof et l’intégration dans PowerPoint. Simple à utiliser, efficace, mais limité aux QCMS, chaque élève peut voter une fois. Et d’après l’Université Technique de Delft, cela marche bien. Mais cela nécessite un équipement dédié, à distribué et à récupérer au début et à la fin du cours ;
  • la société TxtTools nous a donné accès lors de l’école thématique de Brest sur le mobile learning à son système basé sur SMS. On peut ainsi recueillir les avis ou des questions de n’importe quel utilisateur enregistré, ce qui est plus large qu’un QCM. Il est également possible d’envoyer des messages à tous ou à des groupes, ce qui peut être pratique avant d’entrer dans la salle ou après. Par contre, le système est relativement fermé, et ne fonctionne que par SMS, qui ont malheureusement un certain coût au moins en France ;
  • PollEverywhere propose une solution plus orientée web, acceptant plusieurs modes d’entrée (web, twitter, SMS), ce qui permet de s’adapter à l’équipement de la personne qui répond, et permet l’affichage des résultats dans un navigateur ou dans un diaporama Powerpoint (sans installation spécifique) ;
  • Math4Mobile est un projet qui va plus loin que le QCM, puisqu’il permet d’interagir sur un téléphone mobile avec un objet mathématique (une équation et sa courbe). L’exercice peut être récupéré via un QR-code, et les résultats des différents élèves peuvent être affichés au tableau. Ce système permet également le vote. Comme c’est un projet local, le système est développé sur la base d’une servlet Java, et est donc limité en termes de diffusion.

Dans les systèmes approchants, on peut noter que dans un certain nombre de conférences, des systèmes basés sur des services web2 comme twitter pour la saisie de commentaires ou de questions, et un navigateur pour l’affichage via vidéoprojecteur, avec un outil d’affichage (on parle aussi de Metawall) qui peut être choisi suivant ses préférences. L’avantage est que si la conférence est retransmise sur le web, n’importe qui peut interagir depuis n’importe quel point du monde. Ces solutions sont actuellement à ma connaissance bricolées (principe des mashups) pour chaque événement.

Loic Hay, grand expert de la chose présente l’architecture technique qu’il a retenu pour Autrans2010. On retrouve bien une architecture en 3 étapes :

  1. la saisie et l’adaptation des différentes sources
  2. le regroupement sur un serveur (ici twitter)
  3. l’exploitation et l’affichage

Dans le cas des solutions d’interaction avec les étudiants, il y a clairement un protocole sous-jacent pour permettre l’exploitation à la volée et souvent une interface de type RF ou bluetooth dans l’amphi. Cela peut être vu comme un cas particulier du projet de Sylvain Galand de l’année dernière

Concernant les solutions proposées, on constate plusieurs manques. D’une part elles sont toujours partielles : soit au niveau des moyens de saisie, soit au niveau des moyens d’affichage (uniquement PowerPoint par exemple), soit sur les modalités d’interactions. Et de plus comme ce sont des solutions fermées, il n’est pas possible de les adapter pour d’autres types d’interactions.

Une solution libre ou open-source serait particulièrement bienvenue. Une solution mashup basée sur des composants libres, pourrait être élégante.

Qulequ’un connait-il des solutions libres permettant de mettre en oeuvre s éléments décrits ici ?

PS : certains éléments cités ici sont repris d’un article d’Elena Pasquinelli dans le journal des Tice qui présente un bon résumé sur les potentialités du mobile learning et qui rappelle en introduction l’interdit en France pour les mobiles de la maternelle au lycée. Cet a priori sur les nouvelles technologies et la volonté de légiférer contre les technologies démontre une réticence sur les nouvelles technologies. Pour l’instant pas d’interdiction dans les universités, même si certains enseignants voient dans ces outils des rivaux pour capter l’attention des élèves. La compréhension de ces technologies doit pouvoir les faire passer du statut de rival à celui de compagnon.

Publié dans Apprentissages | Taggé: , , , , , | Laisser un commentaire »

Réseaux apprenants ou Apprentissage social ?

Posté par Jean-Marie Gilliot le 22 décembre, 2009

Steve Hargadon a mis en ligne dernièrement un papier titré « Educational Networking: The Important Role Web 2.0 Will Play in Education » et justifie dans son introduction de ne pas utiliser la terminologie « Social learning », qu’il jugeait connoté négativement. J’avoue que cela m’a questionné, et au final je continue à préférer la deuxième expression.

Steve, donc, considère que les réseaux sociaux sont connotés négativement, notamment pour les problèmes de réputation et d’activités dangereuses qui inquiéteraient les parents. Il les renomme casinos (lieux dangereux ou au mieux où l’on perd son temps). Des réseaux sociaux, on garde donc le terme réseaux auquel il ajoute le qualificatif éducatifs. Florence Meichel (animatrice du réseau Apprendre2.0) m’a rappelé dans un tweet qu’elle utilisait effectivement la terminologie de réseaux apprenants.

Le problème c’est que pour moi le terme réseaux s’apparente soit à une technologie (Ethernet, Internet), soit à un groupe d’influence (mon réseau), soit à une globalité (le réseau) et que les termes éducatifs ou apprenants polarisent trop la notion d’apprentissage. Educatif parce qu’il sous-tend un contexte formel, apprenants parce qu’il semble considérer qu’il n’y a que des apprenants.

Or, le concept de social learning est plus large que cela. Il englobe les notions d’apprentissage formel et informel, avec des temps et des situations élargis. Et si chacun à son tour apprend, apprend à apprendre, ou réflechit à ses modalités d’apprentissage, cela se déroule dans un contexte où les rôles varient, évoluent au cours du temps, et ou la construction se déroule dans des relations variées.

Il n’y a pas que des apprenants, mais aussi des donneurs d’informations, des guides, des accompagnateurs …, bref des rôles variés et variables que l’on appelait autrefois enseignant. Ce rôle est maintenant partagé, éclaté, mais ces fonctions sociales sont nécessaires à l’entretien d’une dynamique d’apprentissage.

De plus, pour moi le terme social renvoie vers l’échange, le lien, la participation, bref tout ce qui fait de l’apprentissage social une traduction plus acceptable pour l’expression anglaise « social learning ».

Juste un mot encore, j’ai par contre bien aimé la réflexion de Steve Hargadon sur le fait que les réseaux sociaux pourraient bien être enfin l’application informatique qui justifie pleinement l’usage de l’ordinateur dans la classe, au même titre que le traitement de textes et le tableur ont  entrainé la diffusion massive des ordinateurs dans les bureaux. Et ce parce qu’elle entraine un changement profond des pratiques !

Publié dans Apprentissages | Taggé: , , , , | Laisser un commentaire »

Pourquoi privilégier la licence Creative Commons Paternité (CC BY) dans l’éducation ?

Posté par Jean-Marie Gilliot le 8 décembre, 2009

Cette question nous ramène à pourquoi mettre des ressources en ligne ?

Plusieurs raisons peuvent nous amener à cela :

  • pour nous faire connaître ou pour faire connaître notre institution ;
  • pour diffuser des connaissances vers un public plus large que celui que nous avons devant nous ;
  • pour permettre à d’autres de réutiliser nos productions ;
  • pour participer à un mouvement qui nous permettra à notre tour de pouvoir utiliser des ressources d’autres personnes ;

Si vous êtes convaincus de tout cela, je vous encourage à mettre dans vos favoris le billet d’Alexis Kauffmann sur Framablog : Privilégier la licence Creative Commons Paternité (CC BY) dans l’éducation. L’article démontre clairement que toute limitation possible par la licence CC, peut limiter la diffusion des ressources et des connaissances qui y sont incluses.

Empêcher la modification, la commercialisation (NC) ou forcer la conservation de la licence empêchera son utilisation dans certains cas, et cela sans que l’auteur en tire quelque bénéfice. Simplement la diffusion sera limitée, sans que cela ne serve la diffusion des connaissances, ni l’avènement des ressources éducatives libres.

En tout cas, de mon coté, je suis convaincu, j’enlève la restriction SA de mes documents.

Et je reprend le dernier paragraphe :

Ce document est hautement abrégé. Pour plus d’informations à propos de ces sujets, ou d’autres sujets liés, rendez vous sur le site de Creative Commons (NdT : ou sur le site de Creative Commons France).

Publié dans Construction de supports pédagogiques, Enseigner dans le supérieur | Taggé: , , , , | Laisser un commentaire »

Fab-Lab : un outil pour apprendre et innover dans un monde durable

Posté par Jean-Marie Gilliot le 26 novembre, 2009

Pourquoi s’intéresser aux technologies dans le monde du XXIème siècle ? Le concept du Fab Lab nous donne quelques beaux arguments !

La Fing qui cherche à fédérer un mouvement de Fab Lab en France le définit ainsi :

« Un Fab Lab (abréviation de Fabrication laboratory) est une plate-forme ouverte de création et de prototypage d’objets physiques, « intelligents » ou non. Il s’adresse aux entrepreneurs qui veulent passer plus vite du concept au prototype ; aux designers et aux artistes ; aux étudiants désireux d’expérimenter et d’enrichir leurs connaissances pratiques en électronique, en CFAO, en design ; aux bricoleurs du XXIe siècle… »

Son engagement est le suivant :

« L’innovation ouverte en France a besoin qu’émergent des « Fab Labs ». En coopération avec d’autres acteurs de l’innovation, de la création, de l’éducation et de la recherche et des technologies, la Fing s’engage pour les aider à émerger et se connecter. »

On peut donc voir ces outils technologiques comme support à l’innovation. La maîtrise de ces outils aide donc à être innovant . Cela est d’autant plus vrai que cela aide à s’ancrer dans le réel, à concrétiser une idée.

Si maintenant on regarde un peu plus loin, on s’aperçoit que ce concept est intéressant dans un contexte de développement durable. En effet, il permet d’envisager de rapprocher le lieu de production du lieu de consommation, puisqu’il devient possible de produire artisanalement des objets sophistiqués. Il créé du lien entre des utilisateurs du monde entier, et vous permet donc de mettre à disposition et de collaborer avec tout type de personnes, pour permettre de résoudre rapidement et localement tout type de problème dans des contrées reculées. Vous voulez pouvoir participer au mouvement du développement durable ? Apprenez-à utiliser les outils de production, qu’ils soient mécaniques, électroniques ou informatique.

Et si on revient à mon idée d’Apprendre via les objets, ou aux nombreuses idées de Bruce Sterling sur le web des objets dans son livre Shaping Things (traduit par Daniel Kaplan sous le titre Objets bavards), il est intéressant de pouvoir passer de la compréhension à la construction et à l’évolution d’objets existants. Là encore, si on veut retrouver la dimension du bricolage pour comprendre, le Fab Lab est un excellent support.

Au fait, Shaping Things est édité par le MIT, le Fab Lab est un programme issu du Center for Bits and Atoms, (CBA) du MIT.

Publié dans Internet des objets | Taggé: , , , , , | Laisser un commentaire »

Causerie entre Christophe Batier et Mario Asselin sur la mise en place des ENT – une vidéo Campus

Posté par Jean-Marie Gilliot le 18 novembre, 2009

un résumé précis et si juste du problème lié aux ENT !

more about « Dailymotion – Causerie avec Mario Ass…« , posted with vodpod


Pas grand chose à ajouter au constat ! Vous  tenez à un peu de texte ? Allez voir le billet de Florence Meichel : Travailler sous contrôle avec les LMS ? C’est un bon complément possible.

Publié dans web2.0 | Taggé: , | Laisser un commentaire »

Ressources éducatives libres dans le monde francophone ?

Posté par Jean-Marie Gilliot le 17 novembre, 2009

J’ai participé il y a déjà presque 2 ans à un cours en anglais sur la wikiversité sur les Ressources Educatives Libres, ce qui m’avait amené à ouvrir un blog d’élève de ce cours à l’époque. J’ai eu envie de faire un petit tour sur l’état des lieux notamment dans le monde francophone. Voici ce que j’ai trouvé.

"borne" par dalberaSur les ouvrages de fond : rien en français pour l’instant. Notons quelques documents intéressants en anglais :

Au niveau des introductions, on trouve quelques textes, notamment sur les sites des organisations précédemment citées. Citons néanmoins deux textes plus importants :

En anglais, des cours ouverts ont été organisés :

Coté ressources, citons pour montrer que c’est possible plutôt que comme liste :

  • Sésamath ;
  • le REL-AF (ou Ressources éducatives libres en Afrique Francophone) hébergé sur wikieducator ;
  • la liste sous forme de wiki de sites publiant en licence CC autour de l’éducation. Ce qui prouve bien qu’il existe une communauté convaincue ;
  • sans oublier wikibooks et wikiversité ;

Quelques questions/remarques qui me viennent suite à ce petit tour sur la toile :

  • est ce que l’idée de « ressources éducatives libres » est-il nécessairement synonyme de lien avec l’Afrique, ou vient-il dans un second temps en ouverture comme le fait Sésamath ?
  • Le fait que le mouvement semble porté principalement par des ONG semble ramener ce concept directement à la notion de solidarité internationale. Est ce la bonne manière pour créer un tel mouvement au niveau français du moins ?
  • Plusieurs ONG ont fait un travail sur le sujet des REL, comment s’articule l’action de : l’Unesco, de l’Ocde, du commonwealth ? Par quelle porte entrer ? Sans parler de la wikiversité, des wikibooks et autres projets ?
  • Quels sont les sites de ressources en français pour les « ressources éducatives libres » ? Où/comment recenser ces ressources ?
  • Dans le monde anglo-saxon, il existe un certain nombre d’organismes porteurs de ce concept (outre le commonwealth) comme l’Open University, l’Open Training Platform de l’Unesco, l’initiative Open Course Ware

De mon point de vue deux initiatives sont à lancer dans le monde francophone :

  • une création d’un document expliquant pourquoi et comment créer des Ressources éducatives libres. Il peut être basé sur un document existant comme les livres des institutions cités en début de document. Il doit sans doute plutôt être refait à partir de ces documents pour citer des références, des sites en français. Ce pourrait être l’objectif d’un « cours » qui permettrait de fédérer les bonnes volontés, et dont la production pourrait être un wikibook ;
  • créer/fédérer des portails d’accès. Cela peut prendre différentes formes : certaines institutions supérieures ont compris l’intérêt d’une initiative comme Open Course Ware en proposant des portails (voir para exemple Savoirs partagés), des associations disciplinaires comme Sésamath ou Weblettres permettent de créer des bases thématiques, mais il faut peut être réfléchir à proposer un portail de ressources fédérant les initiatives et pouvant accueillir d’autres initiatives, sauf si l’on considère que ce qui existe est suffisant. à voir …

Et vous qu’en pensez vous ?

Publié dans Construction de supports pédagogiques | Taggé: , , | Laisser un commentaire »